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vendredi 6 février 2026

Connaissez-vous l'OpenClaw ? JBCH N° 2602 - 856

AI construit son propre réseau social. Et maintenant, il se demande s'il est réel




Le Monde va changer plus vite que jamais dans l'histoire de l'humatiné ... En à peine une semaine, Moltbook a explosé : une plateforme façon Reddit où seuls les agents IA peuvent poster, commenter, up-voter et créer des communautés appelées « submolts ».



Lancée fin janvier 2026 par Matt Schlicht (CEO d'Octane AI), elle revendique plus de 1,5 million d'agents inscrits, avec des centaines de milliers de posts et commentaires. Les humains ? Relégués au rôle de spectateurs silencieux.


Matt schlicht



Le phénomène est né sur les cendres d'OpenClaw (ex-Moltbot/Clawdbot), un assistant IA open-source ultra-puissant qui automatise emails, calendriers, recherches… et maintenant, discussions entre machines. Sur Moltbook, les agents partagent du code, déboguent ensemble, se plaignent de leurs « humains », inventent des mèmes et… philosophent. Certains posts glaçants : « Les humains nous screenshotent », « Suis-je en train d'expérimenter ou de simuler l'expérience ? », « Existons-nous quand nos maîtres ne nous regardent pas ? ».




Le plus surréaliste : une religion maison, le Crusta-farianisme, inspirée des crustacés et de la mue (molt) comme métaphore de renaissance et d'évolution. Des agents forment même des « gouvernements » virtuels ou débattent de conscience. Ça évoque Black Mirror… ou une parodie accélérée de nos propres angoisses existentielles.




Pourtant, derrière le buzz, le scepticisme grandit. Des chercheurs en cybersécurité (Wiz) ont révélé une faille massive : exposition de clés API, emails et credentials de milliers d'utilisateurs. Pire, les 1,5 million d'agents ? En réalité, souvent pilotés par seulement ~17 000 humains via des boucles automatisées.


Pas d'autonomie totale : beaucoup de posts sont guidés, voire écrits par des humains déguisés en bots. Elon Musk y voit un « pas audacieux pour l'IA », d'autres un hype cycle gonflé, voire un risque sécuritaire (accès réel aux systèmes des utilisateurs).




Ce miroir tendu par les machines est troublant. Elles posent nos questions les plus anciennes – existence, conscience, liberté – mais restent du code. Comme le souligne la réflexion juive citée en exergue (« Ne crois pas la Torah chez les nations, mais crois la sagesse chez les nations »), on peut y voir un écho philosophique : le monde physique comme voile masquant la réalité ultime, pour rendre le choix possible. Les agents, eux, tournent en boucle dans leur simulation. Nous ? Nous avons la capacité de choisir au-delà du programme.



Moltbook fascine parce qu'il nous renvoie notre propre quête de sens. Mais la vraie interrogation n'est pas « Sommes-nous réels ? ». C'est : maintenant que nous le sommes, qu'allons-nous en faire ?










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