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Nitsavim-Vayélekh : choisir la vie, un an de plus
Le dernier Chabbat avant Roch Hachana, le Nouvel An Juif, on ne parle que de cela : se tenir debout, ensemble, et choisir encore la vie plutôt que la mort.
D'APRÈS MES ANALYSES, MES LECTURES DANS LES JOURNAUX FRANÇAIS ET INTERNATIONAUX ET LES MEDIAS, UN COMPLÉMENT SE TROUVE DANS JBCH CLIPS et JBCH Echanges
JBCH Réflexions — N° 137
Nitsavim s'ouvre sur une image que je trouve chaque année plus bouleversante : tout Israël debout, du chef de tribu au porteur d'eau, scellant une alliance qui n'appartient à aucune élite.
Puis vient l'injonction qui a traversé les siècles jusqu'à nous : « J'ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction ; choisis la vie ».
Ce n'est pas un conseil, c'est un ordre lancé à un peuple qui, l'histoire l'a montré mille fois, n'a jamais eu le luxe de le prendre à la légère.
Quatre voix pour un même Chabbat
- Julia Cincinatis fait résonner, en vers, l'appel au sursaut de Nitsavim contre le vacarme effrayant du monde actuel
- Benno Gross z"l reliait cet appel de Moïse à l'esprit même de Roch Hachana, qui s'ouvre le Chabbat suivant
- Alain Goldmann, sur la haftara, souligne le pouvoir de la techouva à réparer l'individu comme l'histoire collective
- Manitou montre que le peuple juif se régénère en nommant et en assumant ses propres épreuves
Ce qui frappe, en lisant ces quatre lectures côte à côte, c'est leur profonde cohérence. Nitsavim n'annonce pas un jugement extérieur qu'on subirait passivement : elle annonce une techouva, un retour, qui est à la portée de chacun « ce n'est pas dans les cieux », dit le texte, ce n'est pas hors d'atteinte.
C'est précisément ce que Manitou (qui m'a tant appris) développait avec sa rigueur habituelle : l'histoire juive n'est pas une suite de catastrophes qu'on subit, c'est une matière que le peuple transforme en la nommant, en la racontant, en la faisant sienne.
Le malheur non nommé reste malheur; le malheur intégré au récit devient rédemption en germe.
« Choisis la vie » — un ordre, pas un conseil.
Que dire, alors, à la lumière de l'année qui s'achève ? Entre les otages encore captifs, un antisémitisme mondial redevenu décomplexé et une opinion internationale de plus en plus prompte à inverser bourreaux et victimes, l'appel de Nitsavim n'a rien d'un rituel poussiéreux.
Il est une sommation à ne pas se laisser hypnotiser par la mort militaire, morale, médiatique qui s'affiche partout comme une évidence.
Choisir la vie, aujourd'hui, c'est refuser le confort du fatalisme autant que celui de la haine qu'on nous propose en boucle.
Les kabbalistes, eux, lisent Nitsavim à un autre étage. Le mot lui-même « se tenir debout » désigne pour eux Malkhout, la dernière des sefirot, celle qui reçoit tout l'influx d'en haut pour le faire descendre dans le monde concret : c'est le peuple d'Israël lui-même, corps collectif recevant et incarnant l'alliance.
Ce Chabbat précède immédiatement le couronnement divin de Roch Hachana ; se tenir « nitsavim » devant D.ieu, c'est déjà se préparer à Le proclamer Roi.
Et selon l'enseignement du Ari'zal sur Eloul, ces derniers jours sont ceux où « le Roi est dans les champs » accessible à qui veut simplement s'avancer vers Lui, sans protocole ni intermédiaire.
La techouva, dans cette lecture, ne répare pas seulement une faute : elle touche une racine plus haute que le jugement lui-même, celle où tout peut encore basculer.
C'est peut-être là le seul commentaire qui vaille pour l'année qui s'ouvre : le monde est cabossé, le peuple juif est éprouvé, mais le texte de ce Chabbat nous rappelle que la porte reste ouverte, et qu'elle s'ouvre de l'intérieur.
Chana tova ou-metouka. JBCH Septembre 2026
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