Rechercher dans ce blog

dimanche 1 novembre 2026

LFI infiltre tous les rouages du pouvoir JBCH N° 2611-299






JBCH Réflexions N° 299                                                            le 1er Novembre 2026

Ni à droite, ni à gauche… Réfléchissez, il est encore temps

Le micro n'est pas un tribunal


Quatre-vingts ans pour bâtir la paix entre nations qui s'entretuaient ; il suffirait d'un quinquennat pour la défaire.


Des journalistes payés par nos impôts se sont faits juges, procureurs et parfois militants. Personne ne les en empêche, car personne n'en a le pouvoir. Il est temps que la neutralité redevienne la règle, avant que les deux extrêmes, avec la bénédiction du Kremlin, ne finissent de casser ce que l'Europe a mis quatre-vingts ans à construire.

Il fut un temps où le journaliste de radio publique se tenait à sa place : derrière le micro, au service de l'auditeur, avec la réserve d'un fonctionnaire de la vérité. Ce temps est révolu. 

Aujourd'hui, sur certaines antennes que nous finançons tous, le journaliste ne rapporte plus les faits, il les juge. Il ne pose plus de questions, il délivre des verdicts. Il ne tend plus le micro, il distribue des brevets de civisme.

Et chaque matin, une partie de la France se lève avec le sentiment, fondé ou non, d'être sermonnée par des gens qui ne lui ressemblent pas et ne la respectent guère.

Le juge sans robe

On nous répondra que c'est un fantasme de la droite dure. Les faits disent autre chose. En septembre 2025, une vidéo tournée dans un restaurant parisien montre deux éditorialistes vedettes du service public, Thomas Legrand et Patrick Cohen, attablés avec deux dirigeants du Parti socialiste. 

On y entend le premier assurer, à propos de Rachida Dati, que les deux journalistes « font ce qu'il faut ». France Inter a suspendu son chroniqueur, qui a fini par quitter l'antenne. 

Les intéressés ont crié au montage et aux « propos volés ». Peut-être. Mais une phrase volée reste une phrase prononcée, et elle dit tout d'une connivence que beaucoup d'auditeurs devinaient depuis longtemps.



Ce n'est pas tout. En juin 2026, ce n'est ni un pamphlétaire ni un député en campagne, c'est le régulateur lui-même, l'Arcom, qui a mis en demeure Radio France. Motif : au premier trimestre, près de 60 % du temps de parole du Rassemblement national sur France Inter avait été diffusé entre minuit et six heures du matin, et plus de 70 % sur franceinfo. 

Autrement dit, on respectait le chronomètre en donnant la parole au premier parti de France à l'heure où dorment les électeurs. Radio France a plaidé « l'erreur technique ». Une erreur bien commode, et qui ne va jamais dans le même sens par hasard.

Je n'aime pas cette droite, ni le RN - FN, Mais un service public qui l'escamote ne le combat pas                il le fait grandir.

Car c'est là le paradoxe que ces censeurs de bonne conscience refusent de voir. On ne combat pas un parti en l'éteignant à l'antenne ; on lui offre le rôle de la victime, le plus rentable de tous en politique. 

Chaque indulgence pour la gauche radicale et pour les outrances de La France insoumise, chaque sourcil levé devant un élu de droite, chaque « décryptage » qui ressemble à un réquisitoire, apporte des voix à ceux qu'on prétend tenir à distance. La partialité n'est pas seulement une faute professionnelle. C'est une faute politique.


La carte de presse : un laissez-passer, pas un serment

On demande alors, naturellement : qui contrôle ces gens ? Qui leur donne leur carte, et qui peut la leur retirer ? La réponse va surprendre beaucoup de Français. La carte de presse est délivrée par la Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels, la CCIJP, un organisme paritaire composé de représentants des éditeurs et des syndicats de journalistes. 

Autrement dit, la profession se délivre à elle-même son propre laissez-passer. Le critère est essentiellement économique : tirer de cette activité le principal de ses revenus. 

Près de 35 000 cartes ont été accordées en 2024. Aucune n'est un serment d'impartialité, et la carte n'est même pas obligatoire pour exercer.

Le médecin a son Ordre, l'avocat son bâtonnier, l'expert-comptable son conseil. Le journaliste, lui, n'a de comptes à rendre qu'à son employeur et à sa conscience. Il existe bien, depuis 2019, un Conseil de déontologie journalistique et de médiation, le CDJM ; il rend des avis, il ne sanctionne personne. 

Je ne réclame pas un Ordre des journalistes placé sous la main de l'État : ce serait le remède pire que le mal, et la tentation de tous les pouvoirs autoritaires. Je constate seulement que, dans la République, il y a une profession qui juge tout le monde et que personne ne juge.

L'Arcom doit cesser d'avoir la main qui tremble

Ce contrôle existe pourtant, à condition de savoir où il se loge. L'Arcom ne sanctionne pas les journalistes un par un ; elle sanctionne les antennes. C'est la bonne échelle. Une mise en demeure est le dernier avertissement avant l'amende. Radio France l'a reçue. 

CNews aussi, quelques jours plus tard, pour d'autres manquements. Fort bien : la règle doit être la même pour tous, la chaîne d'un milliardaire comme la radio de l'État. ET Cnews ne cherche pas a calmer la situation, et profite et abuse de la liberté d'experssion ... mais cen est pas avec nos sous.

Il est vrai que le service public lui doit davantage, parce que c'est nous qui le payons. Le régulateur l'a rappelé lui-même : l'impartialité s'impose à lui avec une exigence particulière.

Il faut donc passer des rappels à l'ordre aux actes. Publier chaque mois les temps de parole par tranche horaire, et pas seulement en totaux qui maquillent tout. 

Inscrire noir sur blanc la neutralité dans le cahier des charges des chaînes publiques, avec des sanctions financières réelles en cas de récidive. 

Exiger des chroniqueurs qu'ils déclarent leurs engagements partisans, comme on l'exige d'un élu. Et rappeler à la direction de Radio France et de France Télévisions que ce sont elles, et non les syndicats de rédaction, qui répondent devant la nation. Faire aussi pression sur le Groupe Bolloré.

Attention cependant à ne pas confondre réforme et démolition. La commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public a rendu au printemps un rapport de 551 pages, adopté de justesse par douze voix contre dix, et que son propre président a accusé de préparer les esprits à la privatisation. 

Je ne veux pas plus d'un audiovisuel public aux ordres de Vincent Bolloré qu'aux ordres de Jean-Luc Mélenchon. Je veux un service public qui appartienne à tous les Français, ce qui suppose qu'il n'appartienne à aucun camp. Et c'est aussi le cas de l'AFP qui est aux ordres qu Quai d'Orsay et qui a relayé sans pudeur, ni vérifications pendant des mois les mensonges du Hamas, du Hezbollah

Pendant ce temps, Moscou se frotte les mains

Pourquoi cette affaire de micros dépasse-t-elle de loin les querelles de studio ? Parce que la confiance dans l'information est devenue un champ de bataille, et que la France est en première ligne. 

Selon le service européen pour l'action extérieure, notre pays est désormais la deuxième cible des manipulations de l'information russes, juste après l'Ukraine. (Le RN et LFI reçoivent le soutien des Russes)

Viginum, le service de l'État chargé de les traquer, a encore documenté cet été des opérations prorusses, comme les réseaux Matriochka et Storm-1516, visant Édouard Philippe, Raphaël Glucksmann et Gabriel Attal à quelques mois de la présidentielle.

Le Kremlin n'a pas besoin d'inventer la défiance : il lui suffit de l'arroser. Chaque fois qu'un journaliste public se comporte en militant, il fournit gratuitement à la propagande russe la preuve que « les médias mentent ». 

Et sur ce terreau poussent les deux extrêmes, qui se détestent en apparence et se rejoignent sur l'essentiel. D'un côté, un parti qui a emprunté en 2014 plus de neuf millions d'euros à une banque russe et qui n'a jamais rompu tout à fait avec ses tendresses pour Moscou. 

De l'autre, un mouvement qui a voté en mars 2024 contre l'accord de sécurité entre la France et l'Ukraine, et qui trouve toujours une excuse à l'agresseur au nom de l'anti-atlantisme. Les deux ont la même cible : l'Europe, coupable à leurs yeux d'exister. Leurs positions sont mortelles pour notre démocratie, et pour notre Liberté.

Quatre-vingts ans pour bâtir la paix entre nations qui s'entretuaient ; il suffirait d'un quinquennat pour la défaire.

Ma génération sait ce que l'Europe nous a coûté et ce qu'elle nous a donné. Elle sait aussi qu'une démocratie meurt rarement d'un coup d'État : elle meurt d'abord de la perte de confiance dans ses institutions, puis dans ses informations, enfin en elle-même. Un service public d'information impartial n'est pas un luxe de pays riche. C'est une pièce de notre défense nationale.

La règle et l'exception

Alors redisons-le simplement. La neutralité doit être la règle, la censure l'exception, et l'exception doit être justifiée, publique et contrôlée. Le journaliste du service public n'est ni un juge ni un procureur : il est un témoin. 

Qu'il ait des opinions, c'est son droit de citoyen. Qu'il les impose à l'antenne, avec notre argent, c'est un abus. 

À l'Arcom de le faire savoir avec autre chose que des lettres recommandées. Aux directions de chaînes d'assumer. Et à nous, citoyens, de refuser à la fois les censeurs de la gauche radicale et les démolisseurs de l'autre bord, qui travaillent, chacun à sa manière, pour la même cause : celle d'un pays à plat et d'une Europe en miettes.

Réfléchissez, il est encore temps.


© JBCH Novembre 2026

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire