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dimanche 27 avril 2025

 La Goulette et le  parfum inoubliable du jasmin



À l’arrêt du TGM de La Goulette, le quai vibrait d’une vie foisonnante dès les premières heures du matin. Sous les auvents de toile effilochée, les pêcheurs maltais, bronzés comme des noix, vendaient à la criée les dorades, les rougets et les pieuvres, luisants encore d’eau de mer.

Le tout dans un brouhaha mêlant l’italien, le maltais, l’arabe et le français, un charabia délicieux qui sentait l’aventure. Les terrasses des cafés débordaient de chaises en rotin, où les vieux Maltais sirotaient de l’anisette glacée ou un « café maure » tout en jouant aux dominos.

À quelques pas, des enfants pieds nus couraient sur les pavés brûlants, une glace, une granite au citron dégoulinante à la main  servie dans de fragiles cornets de papier.

En descendant du TGM, les familles citadines — souvent habillées de blanc pour éviter la chaleur — se hâtaient vers les plages de La Goulette, descendant l'avenue Pasteur, surtout celle dite “La Petite Sicile”, où les parasols de fortune faisaient comme un patchwork bariolé. 

Mais ma famille préférait se baigner à Kheireddine ou à Gammarth, loin de toute pollution , celles des balancelles, celle des bateaux et celles de la ville et des égouts.

10 Avenue Pasteur, c'était là que résidait de Juin a Rosh Hachana Mamy De Paz, ma grand-mère  un énorme palmier de dressait au centre du jardin. des figuiers meublaient les contours.

À quelques pas de la station du TGM, en remontant une ruelle baignée d’ombre, s’ouvrait le Café des Psaumes — un lieu unique, presque hors du temps. Ici, sous un auvent blanc jauni par le sel, les anciens de la communauté juive — en djellabas claires ou costumes froissés — se retrouvaient chaque après-midi. On les voyait souvent assis sur des bancs de bois usé, un verre de thé à la menthe posé sur une table cabossée, en train de chanter les psaumes de David, dans un mélange d’hébreu ancien et de accents judéo-arabes.

Les voix s’élevaient, profondes et vibrantes, couvrant parfois les éclats de rires des enfants ou le grincement lointain du TGM qui longeait le canal de La Goulette. Certains jours, entre deux psaumes, on entendait aussi des piyyoutim (poèmes liturgiques) entonnés en chœur, notamment lors de Lag BaOmer, ou encore de grandes prières pour la pluie durant les sécheresses.

Nous n'oublierons jamais les bomboloni, frits dans de l'huile et nappés de sucre en poudre, achetés sous le casino, des beignets de rêve ... 







Le café n’était pas un café ordinaire car on ne servait pas d’alcool, mais du thé, du café turc et des pâtisseries maison (makrouds au miel, vies du Bey ou guizadas), Et surtout, il y avait une immense étagère contre le mur : des livres de prières, des Tehilim (Psaumes) effeuillés par les ans, aux couvertures de cuir élimées. Le vendredi, à la veille du Shabbat, le café se transformait en petite synagogue improvisée, les chants montant dans la lumière dorée du soir.



Mais pour beaucoup, le Café des Psaumes était plus qu’un lieu de rencontre : c’était un îlot de mémoire et de fidélité, un fragment vivant de Jérusalem en exil, bercé par les vents marins de la Méditerranée. Des odeurs… c’était un vrai kaléidoscope  : L’odeur entêtante des sardines grillées sur des braseros de fortune, le parfum capiteux des figuiers de Barbarie et des jasmins, la senteur lourde de la mer et du varech, cette odeur génante et imprégnante des algues millénaires.

Mais le Restaurant le plus cèbre c'était chez Bichi, une fumée dense se dressait jusqu'au ciel, des sardines, des rougets et tous les poissons de la pêche du jour grillaient et les odeurs étaient si présentes qu'il fallait aérer nos vêtements en rentrant ... une carte simple mais ô combien suffisante tous les plats étaient accompagnés de frites et de la fameuse "Slata Mechouia" et au dessert : Melons et pastèques ou sabayon ...  accompagnés d'un thé vert à la menthe, servi dans un verre duralex.

Le samedi soir et le dimanche, l’ambiance se transformait : on sortait les guitares, les mandolines, la darbouka, on dansait au son du tarentelle ou de la musique andalouse, pendant que d’autres organisaient de véritables festins de spaghetti  sur la plage.

Je passais des après midi assis au bord du canal, une bouteille, retenue à une ficelle et un appas au fond afin de capturer du poisson... je n'ai jamais ramené de poisson comestible et je rejetais toujours ce que j'avais pêché.





Je ne manquais jamais de passer devant le marchand de boutargue de thon, coupé en larges tranches, met délicieux, mais si salé qu il fallait le mâcher avec un gros morceau de pain italien.

Mais la fête la plus importante et respectée de tous se passait le 15 Août, lorsque maltais et siciliens sortaient la Madone pour une procession de plusieurs heures, ils la portaient en marchant sur leurs genoux sanguinolents ... Toute les habitants de la Goulette étaient présents quelque soient leurs religion.



La Goulette, c’était l’Italie, la France, la Tunisie, Malte, la Sicile et l’Espagne, fusionnées en un même souffle sous le grand ciel bleu méditerranéen. Un petit monde où l’on parlait six langues en un seul juron… et où chacun partageait, le temps d’une journée de lumière, la même nostalgie heureuse.



 La Tour Blanche ... La Marsa ... sur la Route de Gammarth



Les soirées Miss Air France semblent dater des années 1950 à 1956.

  • La Tour Blanche, bâtiment emblématique de la Marsa, surplombant la mer, était souvent utilisée pour des réceptions élégantes, des bals, des soirées mondaines, ou encore des concours de beauté.
  • Claude de Paz, étudiant en pharmacie organisateur, (le nom De Paz est connu dans la communauté juives grana comme famille portugaise venue de Livourne.



Le concours “Miss Air France” était typique de l’époque :


  • Il liait l’image glamour de la compagnie Air France, symbole d’élégance et de modernité, avec l’ambiance festive et très occidentalisée de la Tunisie d’avant les grands départs des années 60.
  • Ces soirées attiraient non seulement les membres d’Air France, des notables tunisois, mais aussi des personnalités du spectacle local.



Ambiance :

On peut imaginer des dames en robes longues, des orchestres jouant du jazz ou du mambo, du cha-cha-cha , du rock , des buffets somptueux avec des pâtisseries tunisiennes et françaises, du champagne, et cette lumière particulière des soirées d’été à la Marsa, face à la Méditerranée…


vendredi 25 avril 2025

 



Les Dogons



J’avais 24 ans et j’ai vécu parmi eux,  au sud de Mopti, face aux énormes falaises de Bandiagara, … Les Dogons, ce peuple animiste et chrétien va bientôt disparaitre
L’Islam qui avance de 7 Km par an en Afrique,  a entouré ce petit territoire y a construits contre l’avis des habitants plusieurs mosquées, trahissant les accords ancestraux basés sur la sagesse et la Paix

Les Dogons, un peuple vivant principalement dans la région de la falaise de Bandiagara au Mali, possèdent une culture riche et complexe, notamment en ce qui concerne leurs us et coutumes et leur culte de la mort. Certains aspects de leurs croyances et rituels peuvent rappeler certaines pratiques ou symboliques présentes dans la franc-maçonnerie, bien que leurs origines et significations soient très différentes.




1. Us et coutumes des Dogons

Les Dogons sont connus pour leur organisation sociale structurée, leur spiritualité animiste et leur symbolisme fort. Voici quelques aspects clés de leur culture :
• Organisation sociale : La société dogon est fortement hiérarchisée, avec un conseil des anciens et des castes spécialisées (forgerons, chasseurs, agriculteurs, etc.).
• Cosmologie et religion : Ils croient en un dieu créateur, Amma, et en des entités intermédiaires, comme les Nommo, des esprits aquatiques considérés comme des guides de l’humanité.
• Architecture et habitat : Leurs villages sont construits en harmonie avec la nature, et chaque maison, sanctuaire ou grange possède une signification symbolique.





2. Le culte de la mort chez les Dogons
Les Dogons ont un rapport particulier avec la mort, qu’ils considèrent comme une transition et non une fin.


Les funérailles et le culte des ancêtres

• Le “Dama” : C’est une cérémonie de clôture du deuil qui a lieu plusieurs années après la mort d’un individu. Elle marque le passage définitif de l’âme dans le monde des ancêtres.
• Masques et danses rituelles : Des masques en bois, représentant des esprits ou des animaux totémiques, sont utilisés lors des cérémonies funéraires.
• Sacrifices et offrandes : Les Dogons honorent les ancêtres à travers des offrandes de nourriture ou de boissons, censées assurer la protection du village.


La notion de secret et d’initiation

• Les Dogons possèdent une tradition initiatique forte, avec des savoirs ésotériques réservés aux initiés.
• Le “Sigui”, une cérémonie qui a lieu tous les 60 ans, est une grande initiation collective où des enseignements sur la vie, la mort et l’univers sont transmis.
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Idée de la transformation de l’être humain :

 Chez les Dogons, la mort est vue comme une transformation et non une fin, ce qui rejoint certaines idées philosophiques maçonniques sur l’évolution spirituelle.

Les Dogons ont une culture profondément enracinée dans leur vision du monde animiste et cosmologique, avec une tradition initiatique et un culte de la mort très structuré et  en termes de symbolisme, de transmission du savoir et de hiérarchie initiatique, il ne s’agit pas d’une influence directe mais plutôt d’une convergence de principes universels liés aux sociétés initiatiques à travers le monde.


Le début de la fin :


L’arrivée des groupes islamistes dans la région du pays Dogon, située dans le centre du Mali, a profondément modifié la dynamique géopolitique, religieuse et socio-économique de cette zone. Cette présence a exacerbé les tensions intercommunautaires, notamment entre les Dogons, principalement agriculteurs, et les Peuls, traditionnellement éleveurs nomades.

Depuis 2012, le Mali est confronté à une insurrection islamiste qui s’est progressivement étendue du nord vers le centre et le sud du pays. Des groupes tels que le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, et l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) ont renforcé leur présence dans la région, menaçant la stabilité du pays.   

Cette expansion a conduit à une radicalisation de certaines communautés et à une instrumentalisation des différences religieuses et culturelles, exacerbant les conflits intercommunautaires. Les Dogons, majoritairement animistes ou chrétiens, et les Peuls, majoritairement musulmans, se sont retrouvés au cœur de ces tensions. Les relations entre les communautés dogon et peule se sont détériorées, en grande partie à cause de l’amalgame entre les Peuls et les groupes djihadistes. 

Cette situation a conduit à la formation de milices d’autodéfense, telles que Dan Na Ambassagou pour les Dogons, et à des affrontements violents entre les deux communautés. Par exemple, le massacre d’Ogossagou en mars 2019, où plus de 160 civils peuls ont été tués, illustre tragiquement cette escalade de la violence.  Le pessimisme sur lal'existence de ce peuple d'agriculteurs est plus que jamais à l'ordre du jour.


Impact sur l’agriculture : 


La violence persistante a perturbé les activités agricoles dans la région. Les agriculteurs, craignant pour leur sécurité, ont réduit leurs déplacements et leurs travaux dans les champs. Ils sont pauvres et culivent l’ail et l’oignon outre le mil et le sorgho et d’autres céréales locales Cette situation a affecté la production de cultures essentielles, notamment l’ail et l’oignon, qui sont des sources de revenus importantes pour les communautés locales. 


Victimes chez les Dogons 


Les Dogons ont également subi des attaques meurtrières. Les affrontements avec les groupes armés peuls affiliés à des organisations djihadistes ont entraîné des pertes humaines et des déplacements de populations.

 Les violences intercommunautaires ont ainsi touché les deux communautés, alimentant un cycle de représailles et d’insécurité.

L’incursion des groupes islamistes dans le pays Dogon a profondément déstabilisé la région, exacerbant les tensions entre communautés et perturbant les modes de vie traditionnels. 

La situation demeure complexe, nécessitant des efforts concertés pour rétablir la paix, la sécurité et la cohésion sociale entre les différentes communautés du centre du Mali. 

Le Mali est gouverné depuis 2022 par des militaires avec l'aide des milices russes de Wagner.




 La Ghriba de Sfax 


Le char allemand,  un Panzer arrêté devant la Ghriba : récit d’un miracle silencieux


Dans la vieille ville de Sfax, là où se tenait autrefois la Ghriba,  joyau spirituel de la communauté juive locale, circule encore un récit empreint de mystère et de foi. Tout comme Kairouan, pourtant fondée par des juifs, Sfax était pendant des siècles une ville sainte qui leur était interdite.

Nous sommes en 1942, en pleine occupation allemande de la Tunisie. Sfax est la seule ville où on a obligé les juifs de porter l’étoile jaune. 

Alors que les blindés de l’armée nazie avancent dans les rues étroites de la ville, un char allemand, dirigé vers la Ghriba, aurait reçu l’ordre de détruire la synagogue. 

Mais au moment d’accomplir son œuvre de profanation, le char s’enlisa soudainement, devant l’édifice, sans raison apparente. Impossible de le faire redémarrer. Le véhicule, figé, fut laissé là, vaincu par l’invisible. La Ghriba fut à nouveau épargnée. Parceque ce phénomène s'était déjà produit dans l'antiquité,.

Aucune archive militaire n’atteste ce fait, et pourtant, la mémoire des anciens l’a conservé comme un miracle. 

Car la Ghriba n’était pas qu’un lieu de prière ; elle était l’âme vivante d’un peuple enraciné à Sfax depuis des siècles. 

Ce récit, transmis de bouche à oreille, résonne comme une preuve silencieuse que la main divine ne sommeille jamais, même au cœur des ténèbres.


Les anciens voyaient dans cet événement un signe. Ils murmuraient, en fermant les yeux :


“שומר ישראל, שמור שארית ישראל”

Shomer Israel, Shmor she’erit Israel

“Gardien d’Israël, veille sur le reste

Le Portugal au Maroc



Le Maroc portugais (portugais : Marrocos português) est le nom donné à la partie du Maroc occupée militairement par le Portugal depuis le 15 août 1415, à la prise de Ceuta par Jean Ier, jusqu'au 11 mars 1769, quand Dinis Melo e Castro (pt), dernier gouverneur et capitaine-général de Mazagan, rend au Maroc cette dernière place portugaise sur le sol marocain, sur ordre du Premier ministre, marquis de Pombal. Mazagan était à cette époque assiégée par le sultan du Maroc, et sa reprise permit la signature du tout premier traité de paix luso-marocain, cette même année. La plupart des habitants de la ville furent transférés aux frais de l'État en Amazonie, brésilienne, où les colons reçurent argent, terres, maisons, pour fonder la Nouvelle Mazagan, actuellement simplement Mazagão, en Amapá.


Géographie

Le territoire du Maroc portugais commençait à Boujdour comprenant ainsi les villes de Agadir (Santa Cruz do Cabo de Gué, en portugais), Essaouira, Casablanca (Anfa), Safi, El Jadida (Mazagan en portugais), Kénitra et suivait toute la côte atlantique marocaine jusqu'à Ceuta, où il contrôlait la navigation, le passage et les accès de la Méditerranée, au détroit de Gibraltar.


Histoire

Depuis le XVe siècle, le royaume du Portugal s'est étendu au-delà du continent européen, visant notamment le contrôle du détroit de Gibraltar, puis la domination de la côte atlantique.




L'Algarve d'Outre-Mer

Le Maroc portugais était dénommé par les Lusitaniens l'Algarve d'Outre-Mer (le terme Algarve, en arabe, signifie l'Ouest - de l'Andalousie - de même que le Maroc est nommé Al gharb ou Maghrab signifiant l'Ouest - de l'Afrique du Nord -). En effet, les rois du Portugal portaient le titre de roi de Portugal et des Algarves, en deçà et au-delà des mers en Afrique (titre officiel complet de : roi de Portugal et des Algarves, en deçà et au-delà des mers en Afrique, Seigneur de Guinée (pour toute l'Afrique au sud du Maroc), de la conquête, navigation et commerce de l'Éthiopie (toute l'Afrique Orientale), Arabie, Perse et Inde). 

Pourtant, si l'Algarve d'au-delà était le Maroc portugais, les Algarves d'au-delà, au pluriel, sur leur titre, ne finissaient pas au Maroc portugais, puisque Al Gharb veut dire l'Occident, en langue arabe, et donc le nom Algarves au pluriel désignait génériquement toute la côte africaine et le reste de l'Empire portugais, jusqu'à Macao, sauf le Brésil, dont ils ne se feront princes, puis rois et empereurs, qu'à partir du XVIIIe siècle.


Le Maroc était donc la deuxième Algarve portugais, l'Algarve (au singulier) d'au-delà des mers. Il faisait face géographiquement au royaume d'Algarve européen, l'Algarve d'en deçà des mers, auquel il était fortement attaché économiquement et militairement, puisque se faisant face. Les îles de Madère, des Açores et du Cap-Vert complétaient, de par leur proximité, le triangle atlantique naval, économique et militaire portugais[3].


Par la prise de Ceuta en 1415, celle d'Assilah puis de Tanger en 1471, le détroit est conquis.


Prise de Ceuta (1415)


Drapeau municipal de Ceuta, le même que celui de Lisbonne, avec les armes du royaume de Portugal superposées comme signe de sa valeur de joyau de la couronne, et de la faveur royale

La conquête surprise de Ceuta en 1415 par débarquement, le jour de l'Assomption, fut fêtée triomphalement en toute l'Europe chevaleresque comme la prouesse de leur temps, étant la première ville islamique à être conquise depuis l'échec des croisades, et la première que la Reconquête péninsulaire prenait hors du continent européen, sur la terre de ses envahisseurs même, afin de barrer en mer comme sur terre l'avancée corsaire musulmane de la Méditerranée sur l'Atlantique. Le pape y établit le premier évêché européen d'outre-mer.


La conquête de Ceuta fut aussi une grande et riche entreprise de chevalerie, que Jean Ier, l'ancien grand-maître de chevalerie de l'Ordre d'Aviz, le roi de Bonne mémoire, voulut offrir à ses trois fils aînés, qui se sont armés eux-mêmes chevaliers sur le champ de bataille lors de la conquête de la ville. Le plan de conquête avait été élaboré par eux. Il s'agit du futur roi Édouard Ier, de l'Infant Pierre, duc de Coimbra, futur régent de Portugal, dit le Prince des Sept Parties du Monde, et d'Henri le Navigateur, duc de Viseu.


Pour tout ce patrimoine d'honneur chevaleresque et militaire, Ceuta, qui demeurera la ville la plus importante du Maroc portugais, suivie de Tanger, reçoit les armoiries et les privilèges de la ville de Lisbonne, et sa mosquée, convertie en première cathédrale de l'expansion maritime coloniale, sous le titre de Santa Maria de África (Sainte Marie d'Afrique) aura longtemps juridiction ecclésiastique chrétienne autour de la planète, pour tous territoires à conquérir et découvrir hors d'Europe, jusqu'à l'établissement du patriarcat primatial d'Orient, à Goa, capitale de l'Inde portugaise depuis le XVIe siècle.


Dès 1490 l’inquisition s’installa … les juifs ne revinrent que lors du départ des Portugais. Les communautés juives marocaines, implantées depuis l’Antiquité et renforcées après l’expulsion d’Espagne de 1492, étaient profondément enracinées dans le tissu urbain, économique et intellectuel du Maroc. Mais leur destin bascula avec l’arrivée des Portugais. Car l’occupation ne fut pas seulement militaire : elle importait avec elle l’idéologie de la Reconquête chrétienne et surtout celle de l’Inquisition, qui poursuivait sa mission d’éradication des « infidèles » — juifs, musulmans, et même convertis soupçonnés d’hérésie.

Dans les territoires portugais marocains, les Juifs furent soumis à des pressions croissantes : conversions forcées, expulsions, interdiction d’exercer certaines fonctions, interdiction de la pratique du judaïsme, et dans certains cas, des procès inquisitoriaux transférés vers Lisbonne. Beaucoup de Juifs s’exilèrent au sud du Maroc, en Algérie ou en Tunisie



Expansion atlantique

Le Portugal continue à développer son emprise sur le littoral atlantique nord-africain, en établissant sa suzeraineté sur les ports de Safi (1481), d'Azemmour (1486), Massa (1497), et y faisant construire régulièrement des forteresses, jusqu'à totalement conquérir ces villes vassales (Assilah en 1471, Safi en 1508, Azemmour en 1513, Mazagan en 1514). L'année suivante, la défaite de Maamora face aux troupes Wattassides met un coup d'arrêt à l'expansion portugaise – mais pas à ses ambitions, puisque jusqu'en 1525, le Portugal tente de conquérir l'ensemble du territoire, dont la défense est alors affaiblie par le déclin de la dynastie wattasside[ Toutefois, limités par une faible démographie et leurs ressources financières[5], une partie des souverains portugais préfèrent le développement de leurs colonies américaines et asiatiques, ce qui ne permet pas aux ambitions marocaines de se concrétiser davantage


Echecs face aux Saadiens et retrait définitif sous les Alaouites

Du côté marocain, l'émiettement du pouvoir central wattasside laisse la place à des mouvements tribaux, qui se coordonnent sous l'influence de chefs religieux, motivés par le rejet de l'étranger. La bataille de Maamora en 1515 ayant mis à jour la vulnérabilité des troupes portugaises, la pénétration plus profonde dans le territoire des incursions conquérantes soude les populations autour des chefs spirituels ou politiques locaux, comme le chérif Abou Abdallah al-Qaim qui va fonder la dynastie des Saadiens. 


La lutte vise d'abord les personnalités susceptibles de contrecarrer leurs plans : le gouverneur de Safi Nuno Fernandes de Ataíde (pt) meurt en 1516 en luttant contre la révolte des tribus d'Oulad Amrane ; le « général des Maures alliés » Yahya est empoisonné en 1518. Les fils d'al-Qaim, Ahmed al-Araj et Mohammed ech-Cheikh, vont œuvrer à reconquérir la position portugaise la plus méridionale, Santa Cruz do Cabo de Aguer, qui tombe en 1541. Safi et Azemmour, jugées indéfendables par Jean III (qui préfère la conquête des Indes), sont évacuées la même année ; Ksar Sghir et Assilah en 1550


La victoire décisive saadienne à Ksar El Kebir en 1578 brise la dernière tentative de conquête portugaise au Maroc et profitera à Philippe II d'Espagne qui réalisera l'Union Ibérique en 1580.


Au retour de la souveraineté totale portugaise sous Jean IV en 1640, les dernières colonies sont délaissées les unes après les autres:


•⁠  ⁠Tanger (cédée à l'Angleterre en 1661 à la suite du mariage de Catherine de Bragance avec Charles II).


•⁠  ⁠Ceuta (cédée à l'Espagne en 1668 par le traité de Lisbonne).


•⁠  ⁠Anfa (abandonnée en 1755 à la suite du tremblement de terre cette même année).


•⁠  ⁠Mazagan (reprise par les Marocains en 1769 et conduit à la signature d'un traité de paix avec le sultan Mohammed III)., 

Culture  

La majestueuse citerne du château portugais, à Mazagan : sa noble architecture souterraine comporte assez d'eau pour toute une ville souvent assiégée et assoiffée, dans le passé

Le Maroc portugais ayant vécu une guerre permanente, la présence portugaise s'y voit encore aujourd'hui dans les grandes et majestueuses forteresses où se cachaient ses villes principales, à l'abri de grosses murailles.


Les fortifications portugaises de Mazagan ont été classées patrimoine de l'Humanité en 2004 par l'UNESCO. De cet ensemble monumental de l'actuelle ville d'El Jadida fait partie l'église de l'Assomption (igreja da Assunção), en style manuélin. Ce patrimoine est un croisement renouvelé entre le Portugal et son voisin, entre les cultures portugaise et marocaine, croisement transplanté du Portugal au Maroc après la sortie des maures (nom donné aux musulmans par les chrétiens pendant la Reconquista) à la fin de la reconquête chrétienne de l'Algarve par le roi Alphonse III du Portugal en 1249. Cela tant dans l'architecture civile et militaire que dans les technologies développées, et aussi dans l'urbanisme rationnel précoce que le Portugal y a pratiqué à titre d'essai, pour ensuite l'exporter vers les autres parties de son empire grandissant.

 

Le Judaïsme face au Protestantisme




Les traditions religieuses du calvinisme, du luthéranisme et du judaïsme présentent des similitudes et des différences notables en matière de récits historiques et de philosophie. Voici une analyse approfondie de leurs convergences et divergences.



Fondements scripturaires et théologiques




 

Sola Scriptura et étude des textes


Le calvinisme et le luthéranisme, deux branches majeures du protestantisme, mettent l’accent sur le principe de Sola Scriptura, affirmant que la Bible est l’unique autorité en matière de foi et de pratique. Cette approche valorise la lecture personnelle et directe des Écritures, s’opposant à l’interprétation exclusive par le clergé. 


De même, le judaïsme accorde une importance centrale à l’étude des textes sacrés, notamment la Torah et le Talmud, encourageant une lecture et une interprétation communautaires et individuelles. Cette convergence souligne une valorisation commune de l’engagement intellectuel et de la responsabilité personnelle dans la compréhension des textes sacrés.  


Grâce et élection

Dans le calvinisme, la doctrine de la prédestination affirme que Dieu a choisi, de toute éternité, ceux qui seront sauvés, indépendamment de leurs actions. Le luthéranisme, tout en reconnaissant la grâce divine, insiste davantage sur la foi personnelle comme moyen de salut. 

Le judaïsme, quant à lui, met l’accent sur l’alliance entre Dieu et le peuple juif, soulignant la responsabilité collective et individuelle dans l’observance des commandements. Ainsi, bien que les concepts de grâce et d’élection soient présents dans les trois traditions, leur interprétation et leur application varient considérablement. 


Récits historiques et interactions


Interactions historiques

Au cours de l’histoire, des interactions significatives ont eu lieu entre les communautés juives et protestantes. Par exemple, à Amsterdam au XVIIe siècle, des échanges culturels et intellectuels ont été observés, notamment l’appréciation par les élites juives des œuvres bibliques produites en milieu protestant.  


De plus, certains concepts théologiques, tels que la prédestination, ont des racines communes ou des parallèles dans les deux traditions.  


Philosophie et éthique



Calvin


Approches philosophiques

Le calvinisme met l’accent sur la souveraineté absolue de Dieu et la prédestination, influençant une vision du monde où chaque événement est perçu comme faisant partie du plan divin.  Le luthéranisme, quant à lui, insiste sur la justification par la foi et la liberté chrétienne, offrant une perspective plus centrée sur la relation personnelle avec Dieu. Le judaïsme, avec sa riche tradition philosophique, explore des questions éthiques et métaphysiques à travers des penseurs tels que Maïmonide et Salomon Maïmon, mettant l’accent sur la raison et l’étude comme moyens de comprendre la volonté divine.  Joseph Caro, Isaac Louria, ont consolidé et remis en scène la Kabbale, puis Moses Mendelssohn, Heinrich Heine, Franz Rosenweig, Martin Buber, Emmanuel Levinas et bien d’autres.


Synthèse

Bien que le calvinisme, le luthéranisme et le judaïsme partagent certaines valeurs, telles que l’importance de l’étude des textes sacrés et la reconnaissance de l’autorité divine, leurs doctrines, pratiques et philosophies présentent des différences significatives. Ces distinctions reflètent des compréhensions variées de la relation entre l’humanité et le divin, de la nature du salut et de la manière dont les croyants doivent vivre leur foi au quotidien.

L’antisémitisme chez certains protestants, loin d’être systématique ni inhérent à la doctrine protestante elle-même, a existé dans l’histoire et s’est manifesté de plusieurs manières, selon les époques, les lieux et les figures religieuses. Voici une analyse en profondeur de ses sources, ses expressions et ses paradoxes.



Martin Luther et l’antisémitisme théologique



Luther



Les écrits tardifs de Luther

  • Martin Luther (1483–1546), fondateur du luthéranisme, a eu une évolution radicale dans sa vision des Juifs.
  • Au début de sa carrière, il espérait convertir les Juifs au christianisme en leur présentant une foi débarrassée des dogmes catholiques.
  • Mais face à leur refus, il publie en 1543 un pamphlet intitulé “Des Juifs et de leurs mensonges”, dans lequel il exprime une haine virulente :

Il y recommande la destruction de leurs synagogues, de leurs livres, la suppression de leurs droits civils et même leur expulsion.

  • Ces textes, bien qu’écrits dans un contexte particulier, ont été instrumentalisés des siècles plus tard, notamment par les antisémites allemands et les nazis, qui y voyaient une caution historique.

⚠️ Important : De nombreux protestants modernes (notamment luthériens) ont depuis condamné sans ambiguïté ces écrits et pris position en faveur de la mémoire de la Shoah et du dialogue judéo-chrétien.


 

Théologie de la substitution

Certains courants protestants ont hérité ou reproduit, consciemment ou non, la théologie de la substitution (comme chez les catholiques avant Vatican II) :

  • Cette doctrine considère que l’Église chrétienne a remplacé le peuple juif comme peuple élu de Dieu.
  • Cela a parfois conduit à une hostilité doctrinale ou culturelle envers le judaïsme considéré comme “ancien”, “aveugle” ou “dépassé”.
  • Cette idée a été remise en cause par des théologiens protestants modernes, notamment dans les courants libéraux et œcuméniques.



Variabilité selon les contextes nationaux

L’attitude des protestants envers les Juifs varie énormément selon les régions et les périodes :


🇫🇷 France

  • Les protestants français, souvent eux-mêmes minoritaires et persécutés (notamment après la Révocation de l’Édit de Nantes), ont parfois manifesté de la solidarité envers les Juifs.
  • Mais certains cercles réformés ont aussi pu développer des stéréotypes antijuifs, notamment à travers un prisme théologique ou social.
  • La majorité des protestants de France ont protégé et caché des juifs, nombreux sont ceux qui ont été nommés « Justes parmi les Nations » par le Yad Vachem
  • Le Chambon sur Lignon est une commune reconnue par tous pour avoir su protéger avec succès les juifs pendant l’occupation 

🇩🇪 Allemagne

  • En Allemagne, certains milieux protestants conservateurs du XIXe et XXe siècle ont nourri un antijudaïsme culturel, teinté de nationalisme.
  • Certaines Églises protestantes ont collaboré ou gardé le silence sous le nazisme, alors que d’autres, comme la “Bekennende Kirche” (Église confessante), ont résisté.


Protestantisme contemporain et dialogue judéo-chrétien

Depuis la Seconde Guerre mondiale :

  • De nombreuses Églises protestantes ont officiellement reconnu leur responsabilité ou leur silence face à l’antisémitisme.
  • Des engagements fermes ont été pris pour le dialogue interreligieux, la mémoire de la Shoah, la lutte contre l’antisémitisme et l’enseignement du respect mutuel.
  • Le pasteur Roland Poupin a été une figure centrale du dialogue entre protestants et juifs en France. En tant que président de la Commission des relations avec le judaïsme de la Fédération protestante de France (FPF), il a œuvré pour renforcer les liens entre ces deux traditions religieuses.  
  • Par ailleurs, le pasteur Christian Krieger, président actuel de la FPF, joue un rôle actif dans le dialogue interreligieux. Il a notamment contribué à la rédaction d’un appel à la paix et à la fraternité publié par la Conférence des responsables de culte en France (CRCF), soulignant l’importance du dialogue entre les différentes confessions, y compris entre protestants et juifs.  
  • D’autres personnalités protestantes, telles que le pasteur Serge Wüthrich, ont également participé à des initiatives de dialogue avec des représentants juifs, comme la rabbin Pauline Bebe, illustrant la diversité des engagements en faveur de la compréhension mutuelle entre ces deux traditions.  
  • Ces efforts collectifs témoignent de l’engagement continu des responsables protestants en France pour promouvoir un dialogue respectueux et constructif avec la communauté juive.

Par exemple :

La Fédération luthérienne mondiale a reconnu en 1983 la gravité des propos de Luther et leur rejet explicite.

En 2017, à l’occasion des 500 ans de la Réforme, de nombreuses Églises protestantes ont réaffirmé leur volonté de réconciliation avec les Juifs.

 


Contexte général : le dialogue interreligieux

          La France a connu une période sanglante et difficile dont l’apogée se situe le24 Août 1572 … c’est la Saint Barthélemy, cette nuit des dizaines de milliers de huguenots sont massacrés par les catholiques. 

          Il y a donc une similitude historique avec la déportation des juifs de France pendant la seconde guerre mondiale, ce qui rapproche les deux communautés.

 

  • Après la Shoah et avec les évolutions sociétales du XXe siècle, les Églises chrétiennes — dont les protestants — ont entrepris une réflexion profonde sur leurs relations avec le judaïsme.
  • En France, cela a encouragé un rapprochement entre les institutions religieuses juives et protestantes, dans une volonté commune de respect mutuel, de mémoire partagée (notamment de la Shoah) et de défense des libertés religieuses.


Relations officielles entre le Consistoire et la FPF

  1. Dialogue interreligieux structuré
    • La Commission des relations avec le judaïsme de la FPF est chargée de maintenir et de développer les liens avec les instances juives.
    • Le Consistoire, en tant que représentant officiel du judaïsme consistorial, participe aux échanges, aux rencontres et aux commémorations.
  1. Commémorations communes
    • Participation régulière aux cérémonies de mémoire de la Shoah, au Yom HaShoah, à la Journée nationale du souvenir des victimes de la déportation, etc.
    • Appels communs contre l’antisémitisme, les actes de haine ou d’exclusion.
  1. Déclarations conjointes et prises de position publiques
    • Sur des sujets comme la laïcité, les valeurs républicaines, ou les droits des minorités religieuses, les deux institutions ont souvent signé des textes communs ou convergents.
  1. Formations et conférences
    • Organisation de tables rondes, colloques ou conférences sur des sujets communs : Bible, spiritualité, État et religion, place de la foi dans la société, etc.
    • Participation de rabbins à des événements protestants, et vice versa.


Valeurs partagées

  • Le judaïsme consistorial et le protestantisme français ont en commun :
    • Un attachement à la Bible hébraïque.
    • Une forte tradition d’étude et de lecture critique des textes.
    • Un rapport libre et personnel à Dieu, valorisant l’intelligence de la foi.
    • Un respect de la conscience individuelle.
    • Une histoire de persécutions et de résilience.


Points de vigilance

  • Le protestantisme français n’est pas homogène : la FPF regroupe plusieurs courants (réformés, évangéliques, luthériens…), certains plus engagés dans le dialogue juif-protestant que d’autres.
  • Les positions théologiques varient également sur la lecture de l’Ancien Testament ou sur la légitimité de l’existence de l’Etat d’Israël

  • Exemples de coopérations concrètes
  • Participation du Grand Rabbin de France à des conférences organisées par la FPF.
  • Présence de représentants protestants à des cérémonies officielles du Consistoire.
  • Les jamborées de scouts protestants et d’éclaireurs israélites
  • Signature de déclarations interreligieuses communes (par exemple contre l’antisémitisme ou pour la liberté religieuse).


L’antisémitisme chez certains protestants est un phénomène historique, souvent lié à des interprétations théologiques ou des contextes politiques précis. Il ne peut être généralisé à tout le protestantisme, qui comprend des traditions très diverses, et dont de nombreuses branches ont aujourd’hui une posture résolument favorable au dialogue avec le judaïsme.


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COHEN-HADRIA ... COHEN-TANUDJI




La famille Cohen-Tanudji, issue des Cohen de Tanger, représente un exemple frappant de continuité et d’adaptation au fil des siècles, tout en préservant un riche héritage spirituel et intellectuel. Fuyant l’occupation portugaise et l’Inquisition au début du XVe siècle, ils ont quitté Tanger vers 1415 et se sont réfugiés en Algérie, avant de trouver une nouvelle terre d’accueil en Tunisie. Cette migration forcée, conséquence de la répression religieuse et politique, n’a pas seulement marqué un déplacement géographique, mais a également forge un esprit résilient et une tradition de transmission de la sagesse à travers les générations.





En Tunisie, Yehudah ben Abraham Cohen-Tanudji, figure centrale de cette lignée, a exercé les fonctions de grand rabbin d’abord à Sousse, puis à Tunis, où il a laissé une empreinte indélébile dans le domaine religieux et spirituel. Sa fin de vie à Safed, l’un des berceaux de la mystique juive, où il étudia avec dévotion la Kabbale lourianique, renforce l’idée d’une quête permanente de lumière et de vérité. Ses enseignements sont rassemblés dans son ouvrage majeur, le “Sepher Haziccarone”, sous-titré “Hadria”, où le terme “Hadria” symbolise la lumière divine. Cette lumière est un concept central dans la Kabbale, représentant la connaissance profonde du divin, une lumière qui éclaire l’âme et les esprits des chercheurs de vérité.


Le choix de faire imprimer “Sepher Haziccarone” à Ferrare (Italie) n’est pas anodin. À cette époque, Ferrare était un centre culturel important, notamment pour les Juifs, qui avaient trouvé refuge dans cette ville après les persécutions. L’impression de l’ouvrage à Ferrare illustre le lien entre la diaspora juive et les grands centres de savoir. Cela marque également une époque où les livres et les idées circulaient malgré les frontières, et où la sagesse kabbalistique se diffusait au-delà des terres d’Israël.


Au-delà de l’œuvre spirituelle, la lignée des Cohen-Tanudji a également été marquée par une forte composante intellectuelle et scientifique. Le nom de Claude Cohen-Tanudji, prix Nobel de physique, en est la preuve la plus éclatante. Claude Cohen-Tanudji, descendant direct de Yehudah ben Abraham, incarne la transmission de l’esprit de recherche et de quête de vérité, qu’elle soit spirituelle ou scientifique. Son prix Nobel, remporté dans le domaine de la physique, montre que les valeurs d’excellence, d’engagement intellectuel et de recherche de compréhension universelle sont profondément ancrées dans la famille.


Les Cohen-Tanudji ont toujours cherché à comprendre et à expliquer le monde, que ce soit à travers l’étude mystique de la Kabbale ou la recherche scientifique dans le domaine de la physique. Ils ont démontré qu’il n’y a pas de véritable contradiction entre la recherche de la lumière divine et la quête de la vérité scientifique. En effet, les ancêtres de Claude Cohen-Tanudji, à travers leur engagement dans l’étude de la Kabbale, ont toujours cherché à comprendre l’ordre divin, à percevoir cette lumière cachée qui régit l’univers, une quête qui trouve des résonances dans les découvertes modernes de la science.


L’histoire des Cohen-Tanudji, depuis leur fuite de Tanger jusqu’aux réalisations contemporaines, symbolise l’importance de l’héritage spirituel et intellectuel dans la construction d’une identité. Les valeurs d’excellence, de transmission du savoir et de recherche de la vérité ont guidé leur trajectoire à travers les siècles et les continents. Aujourd’hui, cet héritage continue de marquer l’âme et la pensée juives, tout en restant profondément ancré dans l’évolution des savoirs.


L’impact de cette lignée sur les domaines spirituel et scientifique, de la Kabbale à la physique moderne, témoigne de la continuité d’une recherche ininterrompue de sens et de vérité. Les Cohen-Tanudji montrent que les grandes traditions intellectuelles, qu’elles soient mystiques ou scientifiques, sont toutes liées par la même quête profonde du savoir et de la lumière.


En effet, il est essentiel de ne pas omettre le lien avec le Hadria de Cohen-Hadria, un élément fondamental de l’héritage intellectuel et spirituel de la famille Cohen-Tanudji. Jacques-Bernard Cohen-Hadria, un descendant direct de cette lignée, a non seulement porté ce nom en hommage à ses ancêtres, mais il a aussi prolongé leur quête de vérité à travers des travaux contemporains, qui continuent de refléter l’esprit de recherche et de lumière divines propres à la famille.


Le terme Hadria, qui signifie en hébreu “splendeur de Dieu” (ou Hadar Achem), résonne particulièrement à travers l’œuvre de Yehudah ben Abraham Cohen-Hadria, et représente un prolongement de la tradition spirituelle et mystique qui a traversé les âges. Ce concept de lumière divine est au cœur de l’ouvrage de Yehudah ben Abraham Cohen-Tanudji, un “Sepher Haziccarone”, où le Hadria est un symbole de la lumière qui éclaire le chemin spirituel et intellectuel.


Yehudah ben Abraham, s’inscrit dans cette  démarche de transmission et d’élévation spirituelle, qu’il s’agisse des recherches mystiques ou des approches modernes. Ce nom, Hadria, porte l’empreinte d’une famille qui, à travers ses différentes époques, a cherché à illuminer l’esprit humain, à travers la Kabbale et les sciences modernes, dans une quête de sens et de connaissance.


Dans cette lignée, Cohen-Hadria ne se contente pas seulement d’être le porteur d’un héritage ancien, mais il continue de diffuser la lumière du savoir à travers ses propres recherches et contributions contemporaines. Le Hadria, qu’il porte, continue d’éclairer les chemins de ceux qui cherchent à comprendre le monde tant sur le plan spirituel que scientifique.


Le mot Hadria, comme la lumière divine qu’il évoque, transcende les siècles et continue d’illuminer les travaux des descendants de cette lignée exceptionnelle. Aujourd’hui, il représente un pont entre l’ancien et le moderne, entre la mystique et la science, et symbolise un engagement constant dans la quête du savoir et de la vérité.


Le Hadria de Cohen-Hadria ne fait donc pas que refléter un héritage spirituel ; il représente également la perpétuation de cette tradition de recherche, d’excellence et de transmission d’un savoir universel, tel qu’incarné par les ancêtres de cette lignée. Ce nom, cette lumière, continue de briller à travers les générations, et ses rayons éclairent toujours les pensées et les actions de ceux qui y sont associés.