Antisémitisme, ingérences numériques et guerre de l’information en Europe : À l’approche des grandes campagnes électorales européennes, un phénomène inquiétant prend de l’ampleur : la montée fulgurante de l’antisémitisme sur les réseaux sociaux, alimentée par des ingérences étrangères, des influenceurs radicaux et une manipulation massive de l’opinion publique.
La guerre de l’information n’est plus théorique : elle se joue tous les jours dans nos téléphones, nos fils d’actualité et nos conversations numériques.
Les forces hostiles à l’Europe ont compris que la conquête des esprits vaut parfois plus que la conquête des territoires. Les troupes numériques de Moscou — près de 100 000 soldats du net, actifs en 75 langues, déployés comme une véritable armée — inondent les réseaux de contenus manipulateurs, complotistes et antisémites.
Leur objectif : fracturer la société européenne, délégitimer ses institutions, attiser la haine des minorités, et fragiliser le soutien à Israël. Ces campagnes s’appuient sur des réseaux d’agitateurs sur le terrain, des influenceurs infiltrés et des médias alignés sur les intérêts du Kremlin.
Parallèlement, la Turquie mène ses propres opérations d’influence, inondant les plateformes sociales de récits falsifiés, de propagande anti-occidentale et d’un discours de victimisation instrumentalisé pour attiser les divisions communautaires. Les récits anti-israéliens et antisémites sont amplifiés, recyclés et mis en scène pour toucher la jeunesse européenne.
Dans ce contexte explosif, les médias traditionnels eux-mêmes ne sont plus épargnés : en France, BFM, sous influence du groupe Saadé, est souvent perçu comme un relais bienveillant de la ligne présidentielle ; CNews, pour sa part, alimente le narratif du clan Le Pen ; d’autres chaînes sont instrumentalisées de l’étranger, consciemment ou non.
La frontière entre information et manipulation devient poreuse. Plusieurs influenceurs, financés ou guidés en sous-main par des puissances étrangères, intensifient leurs attaques contre Israël et contre les Juifs d’Europe, en utilisant les outils de l’IA générative : faux témoignages, images truquées, conversations simulées, deepfakes de dirigeants israéliens ou communautaires. Ces techniques, banalisées et distribuées à grande échelle, amplifient un climat de suspicion, de haine et de violence symbolique.
La conséquence directe est une explosion de l’antisémitisme en ligne : hashtags hostiles, caricatures haineuses, falsifications historiques, comparaisons nazifiantes, récits complotistes liés au 7 octobre ou au conflit au Proche-Orient. Les Juifs d’Europe deviennent à nouveau les boucs émissaires, ciblés dans une guerre hybride où la haine devient une arme stratégique destinée à affaiblir la cohésion démocratique.
Face à cette offensive coordonnée, une seule réponse est possible : conscience, vigilance et détermination. Les citoyens doivent comprendre que leurs fils d’actualité sont devenus des champs de bataille. Les démocraties européennes doivent renforcer la régulation des plateformes, dévoiler les réseaux d’influence étrangers, protéger les minorités, et éduquer chacun à reconnaître la manipulation numérique.
L’antisémitisme n’est pas un simple “effet secondaire” des réseaux sociaux : c’est une stratégie ciblée, un outil de déstabilisation, une arme numérique entre les mains de puissances hostiles. La lucidité collective est désormais notre première ligne de défense.