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lundi 8 décembre 2025

La Loi de 1905 sur la laïcité est en danger JBCH N° 2512 - 703

Laïcité : 120 ans d’un pilier républicain sous tension


La loi de 1905, qui consacre la séparation des Églises et de l’État, fête ses 120 ans. Ce texte fondateur, conçu pour garantir la liberté de conscience, protéger l’État de toute ingérence religieuse et assurer l’égalité de tous devant la loi, demeure au cœur du pacte républicain.


Une étude publiée à l’occasion de cet anniversaire retrace un siècle d’histoire et examine l’évolution du modèle français face aux défis contemporains. Elle interroge la capacité de la laïcité à rester fidèle à ses principes tout en répondant aux fractures culturelles, sociales et identitaires d’une France en mutation, et d'un islam intégriste grimpant.


Au-delà de la commémoration, un débat sensible refait surface : celui de l’adaptation  ou non  du modèle laïque. Emmanuel Macron a plusieurs fois laissé entendre qu’une « ré-interprétation » serait possible pour mieux répondre à l’explosion des revendications religieuses dans l’espace public. 


Aristide Briand


Si aucune remise en cause formelle de la loi de 1905 n’a été engagée, ces déclarations ont nourri les inquiétudes de nombreux défenseurs de la laïcité, qui y voient le risque d’un affaiblissement du socle républicain au profit d’une logique communautaire.


Car le cœur du débat réside là : la France doit-elle adapter la laïcité pour tenir compte de pratiques religieuses spécifiques, notamment au sein de l’islam ? 


Certains représentants musulmans plaident pour un aménagement du cadre laïque afin de prendre en compte des normes religieuses particulières, y compris  pour beaucoup la reconnaissance symbolique d’éléments de la charia dans la vie civile. 




Mais ces demandes se heurtent à l’opposition ferme de la majorité des constitutionnalistes et des responsables publics : intégrer une législation religieuse, même partiellement, contredirait le principe même de laïcité et créerait un précédent incompatible avec l’universalité républicaine. Ce serait une infâmie !


L’étude rappelle ce point essentiel : la laïcité n’est pas une opinion contre une autre. C’est un cadre protecteur qui garantit la neutralité de l’État, l’égalité des citoyens et la liberté de pratiquer  ou de ne pas pratiquer  une religion. 


Modifier ce cadre pour répondre aux pressions communautaires reviendrait à rompre l’équilibre patiemment construit depuis un siècle.



À l’heure où la société française est confrontée à la montée des radicalismes, au repli identitaire, et à la contestation toujours plus vive des valeurs communes, les auteurs de l’étude appellent à un sursaut : renforcer la transmission des principes laïques, affirmer la souveraineté de la loi civile, et renouer avec l’esprit originel de 1905, celui qui faisait de la laïcité un espace de liberté et non de confrontation.


Cent vingt ans après sa naissance, la loi de 1905 apparaît plus que jamais comme un repère indispensable. 


Non pas un dogme figé, mais une garantie d’unité dans une France multiple. Et peut-être, la dernière digue solide face aux assauts de toutes les formes de séparatisme.





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