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lundi 2 novembre 2026

USA L'infiltration islamiste avance ? JBCH N° 2611 - 302





JBCH Réflexions  N° 302           2 Novembre 2026



États-Unis · Élections 2028-2032

Le scénario de l'infiltration

Le Capitole des États-Unis, siège du Congrès, Washington. Photo : Wikimedia Commons (domaine public)

Imaginons 2028-2032. Au lieu de quelques candidatures isolées comme celle d'El-Sayed, une stratégie coordonnée se met en place.

Elle ne s'appelle pas "islamiste" publiquement. Elle s'appelle "New Crescent Coalition" ou "Justice & Faith Alliance". Son idée est d'utiliser la structure même du Parti démocrate : primaires ouvertes, faible participation, besoin crucial du vote jeune et musulman dans les swing states.

1. La méthode :

Dans chaque district où le Parti démocrate a une primaire peu disputée, on présente un candidat. Profil type : 30-45 ans, né aux USA, diplôme en droit ou santé publique, discours parfaitement calqué sur celui de la photo : Medicare for All, climat, anti-lobby. 

La dimension religieuse n'apparaît jamais dans les tracts officiels, mais la mobilisation se fait via les mosquées, les associations étudiantes MSA, les réseaux WhatsApp communautaires et une levée de fonds nationale très efficace.

JBCH Réflexions1 / 4

D'ici 2030, on ne parle plus de 2 ou 3 candidats comme Ilhan Omar ou Rashida Tlaib, mais de 200 candidats à la Chambre et 15 au Sénat, tous se revendiquant démocrates.

Jour d'élection aux États-Unis, novembre 2022
Jour d'élection aux États-Unis, novembre 2022. Photo : Wikimedia Commons

2. La réaction interne :

Le Parti démocrate se coupe en trois.

  • L'aile progressiste historique les accueille : pour elle, c'est la diversité.
  • L'aile centriste type Whitmer / Shapiro / Buttigieg crie à l'entrisme et tente de financer des super-PACs pour les bloquer en primaire.
  • L'aile establishment panique parce que les oppositions républicaines récupèrent chaque vidéo et montent en épingle : "Le Parti démocrate est devenu le parti de la charia".
JBCH Réflexions2 / 4

Le résultat en 2032

C'est là que votre scénario devient contre-productif pour ses propres organisateurs.

Aux primaires démocrates de 2032 : le raz-de-marée a lieu, mais seulement localement. Sur les 200 candidats à la Chambre, environ 60 gagnent leur primaire, tous dans des districts D+15 ou plus : Dearborn, Minneapolis, Paterson, Houston, Seattle, etc. Sur les 15 au Sénat, 2 seulement passent : Michigan et Minnesota. 

Dans tous les États pivots - Pennsylvanie, Wisconsin, Arizona, Géorgie - les électeurs démocrates modérés votent massivement contre eux par réflexe de survie électorale.

Isoloir et machine de vote, Summit, New Jersey
Dans l'isoloir, élection de novembre 2012, Summit (New Jersey). Photo : Wikimedia Commons

Aux élections générales de novembre 2032 :





1. À la Chambre :

Les 60 candidats gagnent leurs sièges. Le Parti démocrate garde la Chambre de justesse, mais il a maintenant un bloc de 60-70 élus très disciplinés, qui votent ensemble et qui bloquent toute législation pro-Israël, toute loi sur la sécurité intérieure, et qui exigent des positions sur la politique étrangère. Le caucus devient ingouvernable.

2. Au Sénat :

C'est l'échec. Le candidat type "Abdul" perd dans le Michigan en générale à 48% contre 52% face au républicain, parce que les banlieues d'Oakland County, les ouvriers de Macomb et les noirs modérés de Detroit ne suivent pas. 

Même scénario dans la plupart des États contestés. Résultat : le Sénat passe à 55 sièges républicains.

JBCH Réflexions3 / 4

3. À la présidentielle :

Le grand perdant est le candidat démocrate à la présidentielle. L'image qui tourne en boucle à la télé conservatrice n'est plus celle de la photo de Detroit que vous avez envoyée : un homme jeune qui parle de santé - mais une compilation de 60 meetings similaires avec le drapeau américain à côté d'un discours sur Gaza. 

Le vote musulman, qui pèse 1% à l'échelle nationale, ne compense pas la perte de 3-4% de l'électorat juif, hispanique catholique et ouvrier blanc dans les swing states.

Façade est du Capitole des États-Unis
Le Capitole, façade est. Photo : Martin Falbisoner / Wikimedia Commons (CC BY-SA)

Conclusion du scénario :

L'infiltration réussit tactiquement - prendre le contrôle d'une partie de l'appareil démocrate par en bas est possible aux USA. 

Mais stratégiquement, elle provoque exactement ce que l'histoire du Tea Party a provoqué chez les Républicains en 2010-2012 : elle radicalise le parti, le rend plus homogène idéologiquement dans ses bastions, et le rend inéligible au niveau national. 

En 2032, le Parti démocrate ne devient pas islamiste, il devient minoritaire.

                © JBCH Réflexions  Novembre 20264 / 4

Shumuel Trigano : Son opinion JBCH 2611 - 301

 

Les élections israéliennes du 27 octobre 2026 ont-elles ouvert une brèche historique dans les fondements mêmes de l’État juif ? Pour Shmuel Trigano, philosophe et sociologue, professeur émérite des universités, le bouleversement ne se limite pas aux équilibres de la Knesset. Il touche à la souveraineté, à l’identité nationale et à l’avenir du sionisme. Dans cette tribune majeure, l’auteur livre une réflexion sans concessions sur les mutations du nationalisme palestinien, les responsabilités de la gauche israélienne et ce qu’il considère comme une nouvelle stratégie de confrontation avec Israël.


LA FIN DU SIONISME ?

Shmuel Trigano

Professeur émérite des Universités

Qui s’imagine, à la lumière des résultats des élections de la XXVI° Knesset, que tout pourra continuer comme avant ? La conquête de 19 sièges par les partis dits « arabes » change la donne à tous les points de vue et dévoile ce qui a changé déjà. Ce n’est pas uniquement la quantité de sièges obtenus qui fait la différence, c’est le fait que les partis « juifs » ne peuvent plus avoir la majorité si ce n’est en nouant des accords obligatoires avec leurs concurrents « juifs », avec obligation de passer sous leurs fourches caudines, sous la menace qu’ils pourraient exercer sur eux, en nouant alliance avec les voix arabes. En un mot, les partis juifs n’ont plus la majorité. Quand ils en auront une, ce sera contre leurs rivaux juifs, ce qui impliquera une dégradation de la vie politique sur tous les plans.

Ce distinguo reste cependant théorique, au vu de la réalité vécue sur le terrain qui est très claire et immédiate. Je ne parle pas seulement de la corruption du vote arabe par l’argent du Qatar, un scandale éventé le soir des élections dont on ne connait pas encore les conséquences. J’évoque plutôt d’autres scènes. À Nazareth les résultats ont été reçus avec l’hymne national palestinien Biladi. Un ancien député, Osama Saadi dédie la victoire « aux fils de notre peuple, à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem occupée, aux prisonniers dans les geôles israéliennes », ceux qui ont du sang sur les mains et Israël qualifie justement de terroristes …

Que doivent ressentir les parents des otages, des hommes morts au combat, de la tourmente du 7 octobre dont les plaies ne sont pas encore cautérisées ? Et ce député, Mansour Abbas, chef du parti Raam, qui n’arrive pas à qualifier le Hamas si ce n’est comme une association de bienfaisance (dans laquelle il joue effectivement un grand rôle !)

Au fait, pourquoi parle-t-on de partis « arabes » ? Parce que ces partis ne reconnaissent pas la légitimité des partis « sionistes », c’est-à-dire de l’Etat d’Israël dont ils sont en principe des représentants. La tentative d’exiger des candidats à la députation une reconnaissance sine qua non de la légitimité de l’existence de l’Etat a échoué, quoique inscrite dans la Déclaration d’indépendance qui fait office de constitution. La Cour suprême y est pour quelque chose, qui ne connait que des individus, comme sujets de droit bénéficiant des droits de l’homme, mais pas des identités collectives, version israélienne d’un problème mondial pour les démocraties aujourd’hui, quand les droits de l’homme sont opposés aux droits des citoyens, alors qu’Il n’y a eu de démocratie dans l’histoire que dans le cadre de l’Etat-nation, au sein duquel des « communautés » (les « minorités ») ont pu se développer, sous l’égide de la centralité de la nation et en renonçant à toute autonomie politique pour accéder aux droits individuels du citoyen. Les partis « arabes » sont donc ceux qui se définissent toujours comme appartenant au « peuple palestinien », le seul peuple légitime selon eux et dont ils sont déjà membres sur la terre de l’Etat d’Israël dont ils dénient par ailleurs la légitimité. Avec leur capacité de faire obstruction aux impératifs des partis « juifs », ils porteront nécessairement atteinte à tous les enjeux cruciaux auxquels sont confrontés les partis « sionistes », à la guerre notamment du monde musulman contre l’Etat d’Israël alors qu’aucun Arabe israélien n’a jamais eu à faire de service militaire. En somme, ils n’auront que des droits (ce qui ne les empêche pas d’accuser l’Etat et la nation de racisme) et aucun devoir envers la « nation ».

Ce divorce ouvre un abîme dans la période à venir.

L’existence, même inerte, de ces partis à la Knesset empêchera tout sentiment ou action des partis (« juifs ») notamment quand ils tenteront d’assumer l’envergure internationale que confère la diaspora juive à l’Etat d’Israël qui est comme la patrie culturelle, religieuse et civilisationnelle de la dispersion juive. Toute une gamme d’actions et de cérémonies se verront ainsi interdite,s « Génocide oblige ! », déplacées car les citoyens arabes sont censés relever d’un autre monde (la Nakba). Proposer une loi sur l’alya, discuter le programme de l’enseignement juif obligatoire, chanter la Hatikva, lancer des opérations armées contre les ennemis, autant d’actes impossibles qui se heurteront à l’exigence d’un « « retour des « réfugiés » palestiniens.

L’Etat juif n’est plus chez lui ! Il est aux mains de squatters qui s’en sont emparés dans l’absence à eux-mêmes de ses locataires (la « gauche » israélienne).

L’histoire rendra compte des responsabilité de la gauche « progressive » israélienne dans cet état de faits, la course au bouc émissaire contre Netanyahou, le démantèlement des systèmes identitaires juifs, le dévoiement de la démocratie, la prise du pouvoir par le pouvoir judiciaire…

La nouvelle stratégie palestinienne : l’alter-jihadisme

Il faut cependant comprendre les mutations qui se produisent dans l’évolution dont nous constatons les effets. Je la définirai très simplement. Les Palestiniens ont changé de stratégie. Ils n’attaquent plus tellement Israël du dehors de ses frontières mais du dedans. Les Accords d’Oslo, ont en effet installé l’Autorité palestinienne au coeur du pays, et donc dans la vicinité des Arabes d’Israël. Désormais le nationalisme palestinien attaque Israël du dedans des frontières d’Israël.

Pour comprendre cette nouvelle donne, il faut resituer la réalité dans le discours parlant arabe. Il y a en effet un discours destiné aux Arabes musulmans et un autre, ambivalent, très différent, adressé aux occidentaux naïfs qui jouent le rôle de ceux que Lénine avait nommé les « idiots utiles ». « Musulman », car le nouveau discours ne s’entend qu’à travers ce prisme-là, le prisme de la Sharya,la loi polititico-religieuse de l’islam. C’est capital pour comprendre quelque chose à la situation car le mensonge, la takya, est une stratégie religieusement autorisée dans le djihad mondial. La chose est très documentée à la fois pour la sharia et son usage pour des finalités djihadiques : tromper l’ennemi avec des paroles de circonstance pour foncer ensuite sur lui et le dominer.H

Or, ces dernières années, il s’est produit une évolution de la stratégie djihadique. L’opération « Shomer homot /Gardien des murs» ( en 2021) contre le Hamas a été paradigmatique avec le « pogrome » perpétré dans la ville s Lod où l’on a vu des Arabes israéliens attaquer leurs concitoyens juifs par surprise. L’attaque du 7 octobre s’inscrit parfaitement dans ce cadre-là : une invasion surprise, massive et meurtrière. D’autres parallèles djihadiques se manifestent aujourd’hui : l’invasion surprise du 7 octobre à Gaza, et, dans une autre sphère, l’invasion de Ceuta par 80 000 Marocains, et que se passera-il demain en Europe de l’ouest, au Canada et qui réactivera la geste des invasions islamiques des premiers siècles de islam ?

Aujourd’hui, Tsahal se prépare à une invasion surprise qui viendrait de la Judée-Samarie. Autour du théatre d’ombres de l’Autorité palestinienne en Samarie se trouve en effet une quasi armée de plus de 70 000 soldats (« policiers ») palestiniens, armés et soutenus par la triste Union Européenne. La prochaine attaque viendra de là. II faut rappeler qu’en Judée Samarie vivent environ 600 000 israéliens qui sont là parce que c’est le coeur historique et stratégique de la Terre d’Israël que l’armée d’invasion de la Transjordanie (capitale Amman) avait réduite, par endroit dans la zone centrale du pays, à un territoire d’une épaisseur de 15 kilomètres, lors de la guerre d’indépendance de 1948. C’est alors qu’est née la « Cisjordanie ».

A entendre Mansour Abbas, chef du parti Raam, champion de la takya, l’Etat palestinien existe déjà dans les territoires qui sont au dedans d’Israël. Il désigne ainsi avec ambivalence l’Autorité palestinienne de Ramallah (la Samarie), à 15km de Jérusalem mais aussi tout le territoire Israélien. Pourquoi ne demanderait-il pas au parlement israélien, une administration autonome en Galilée ou au Negev où il y a un déficit démographique juif ?…

Ce changement d’orientation repose sur toute une doctrine théologico-politique : le djihad civique, citoyen, comme le définit une fatwa de l’imam Qaradawi (1926-2022), basé au Qatar et jouissant d’une grande influence dans le monde musulman, notamment en Europe et aux Amériques. Qaradawi distingue entre différents djihads. Aujourd’hui, le djihad économique et financier comme le djihad médiatique (Al Jazira) peuvent s’appuyer sur l’argent du Qatar tout comme le djihad intellectuel qui convertit les universités occidentales à travers de nombreux financements. Le Qatar peut s’appuyer sur la Turquie d’Erdogan pour pallier sa petitesse, une Turquie très présente en Occident même.

C’est là l’origine de l’alliance entre gauchisme et islamisme qui fleurit en France, en Angleterre, en Italie et aux Amériques (LFI à Paris, Mandani à New York, Al Sayed à Minneapolis. L’investissement de la sphère politique occidentale (parlements, mairies, institutions) et démocratique prépare en fait une prise du pouvoir quand le moment sera favorable.

Avec le massacre du 7 octobre et l’élection de la XVI° Knesset°, on tient les deux extrémités de la même corde du djihad…

© Shmuel Trigano Novembre 2026

Professeur émérite des Universités



Euronaval 2026 : Le nouveau Boycott d'Israël ... JBCH N° 2611 - 300

 Défense · Europe · Israël

L'INS Drakon 


Euronaval : la France s'éloigne de ses valeurs, l'Allemagne et Israël font cap ensemble

JBCH N° 300.                                                                2 Novembre 2026


Panneaux de bois installés autour des stands israéliens au salon Eurosatory, juin 2026
Panneaux de bois autour des stands de l'industrie de défense israélienne, salon Eurosatory, Paris, juin 2026. © Ministère de la Défense

Un salon sous haute restriction

La France se méfie d'Israël, étant devenu un ennemi d'Israel, elle y combat aussi un redoutable concurrent dans ce domaine

Le salon Euronaval ouvre ses portes près de Paris du 3 au 6 novembre. Cette année encore, le gouvernement français a posé un « cadre très défini et restrictif » aux exposants israéliens  : ils ne peuvent présenter librement leurs armements considérés comme offensifs, et seuls les équipements de défense antiaérienne, antimissile et antibalistique sont tolérés. 

Selon le commissaire général du salon, une « petite demi-douzaine » d'entreprises israéliennes seulement se sont inscrites. Les start'up qui apportent l'innovation n'ont pas fait le voyage devant tant d'hostilité.




Une série de brimades

Ce n'est pas un accident. En octobre 2024, les entreprises israéliennes avaient déjà été exclues du salon, avant qu'un tribunal de commerce parisien n'annule cette interdiction. 

Depuis, la même logique se poursuit, et des responsables israéliens soupçonnent qu'une manœuvre similaire vise désormais le Salon du Bourget 2027. 





Israël est traité en pestiféré, comme si l'on pouvait invoquer la fraternité des démocraties tout en barrant la porte à l'une d'entre elles, l'une des rares à faire face chaque jour à des menaces existentielles.




JBCH Réflexions1 / 3

Une France qui s'éloigne de ses valeurs

Il y a là, à mon sens, un reniement. La France se présente volontiers comme la patrie des droits de l'homme et des alliances entre nations libres. 

Or, en fermant partiellement ses salons à un partenaire démocratique, au nom de considérations politiques, elle s'éloigne de ses propres valeurs et se prive d'innovations technologiques dont ses alliés tirent profit.


Le sous-marin INS Drakon
L'INS Drakon, sixième sous-marin livré par l'Allemagne à la marine israélienne. © Tsahal

L'Allemagne, un partenaire fidèle

Pendant ce temps, Berlin et Jérusalem approfondissent leur coopération. L'INS Drakon, livré à la marine israélienne, est le sixième sous-marin en provenance d'Allemagne, et Israël a signé en 2022 un accord d'environ 3 milliards d'euros avec ThyssenKrupp Marine Systems, qui comprend aussi trois futurs sous-marins de classe Dakar. 





Le flux va dans les deux sens : en février 2026, Israël Aerospace Industries a remis à la marine allemande, à Eckernförde, un grand drone sous-marin baptisé BlueWhale, et en septembre 2026 la marine allemande a testé avec succès, depuis l'un de ses navires, le système de missiles balistiques LORA d'IAI.


Vue d'artiste du futur sous-marin de classe Dakar
Vue d'artiste du futur sous-marin israélien de classe Dakar. © TKMS
JBCH Réflexions2 / 3
Le drone sous-marin BlueWhale en plongée
Le drone sous-marin BlueWhale en plongée. © IAI
Remise du BlueWhale à la marine allemande à Eckernförde
Remise du BlueWhale à la marine allemande, Eckernförde, février 2026. © IAI

Un leadership naval et sous-marin

Cette union mérite d'être saluée. En associant l'excellence industrielle allemande et l'inventivité technologique israélienne, les deux pays se hissent, selon moi, au premier rang dans le domaine naval et sous-marin, là où la France choisit de se mettre elle-même à l'écart. Le contraste est frappant : d'un côté des portes qui se ferment, de l'autre un partenariat qui avance, au profit de la sécurité de tout l'Occident.

Conclusion


Paris aura beau multiplier les restrictions, elles ne feront qu'accélérer le rapprochement entre Israël et ses véritables partenaires. L'histoire retiendra ceux qui ont choisi la coopération plutôt que l'ostracisme.





© JBCH Réflexions Novembre 2026

dimanche 1 novembre 2026

LFI infiltre tous les rouages du pouvoir JBCH N° 2611-299






JBCH Réflexions N° 299                                                            le 1er Novembre 2026

Ni à droite, ni à gauche… Réfléchissez, il est encore temps

Le micro n'est pas un tribunal


Quatre-vingts ans pour bâtir la paix entre nations qui s'entretuaient ; il suffirait d'un quinquennat pour la défaire.


Des journalistes payés par nos impôts se sont faits juges, procureurs et parfois militants. Personne ne les en empêche, car personne n'en a le pouvoir. Il est temps que la neutralité redevienne la règle, avant que les deux extrêmes, avec la bénédiction du Kremlin, ne finissent de casser ce que l'Europe a mis quatre-vingts ans à construire.

Il fut un temps où le journaliste de radio publique se tenait à sa place : derrière le micro, au service de l'auditeur, avec la réserve d'un fonctionnaire de la vérité. Ce temps est révolu. 

Aujourd'hui, sur certaines antennes que nous finançons tous, le journaliste ne rapporte plus les faits, il les juge. Il ne pose plus de questions, il délivre des verdicts. Il ne tend plus le micro, il distribue des brevets de civisme.

Et chaque matin, une partie de la France se lève avec le sentiment, fondé ou non, d'être sermonnée par des gens qui ne lui ressemblent pas et ne la respectent guère.

Le juge sans robe

On nous répondra que c'est un fantasme de la droite dure. Les faits disent autre chose. En septembre 2025, une vidéo tournée dans un restaurant parisien montre deux éditorialistes vedettes du service public, Thomas Legrand et Patrick Cohen, attablés avec deux dirigeants du Parti socialiste. 

On y entend le premier assurer, à propos de Rachida Dati, que les deux journalistes « font ce qu'il faut ». France Inter a suspendu son chroniqueur, qui a fini par quitter l'antenne. 

Les intéressés ont crié au montage et aux « propos volés ». Peut-être. Mais une phrase volée reste une phrase prononcée, et elle dit tout d'une connivence que beaucoup d'auditeurs devinaient depuis longtemps.



Ce n'est pas tout. En juin 2026, ce n'est ni un pamphlétaire ni un député en campagne, c'est le régulateur lui-même, l'Arcom, qui a mis en demeure Radio France. Motif : au premier trimestre, près de 60 % du temps de parole du Rassemblement national sur France Inter avait été diffusé entre minuit et six heures du matin, et plus de 70 % sur franceinfo. 

Autrement dit, on respectait le chronomètre en donnant la parole au premier parti de France à l'heure où dorment les électeurs. Radio France a plaidé « l'erreur technique ». Une erreur bien commode, et qui ne va jamais dans le même sens par hasard.

Je n'aime pas cette droite, ni le RN - FN, Mais un service public qui l'escamote ne le combat pas                il le fait grandir.

Car c'est là le paradoxe que ces censeurs de bonne conscience refusent de voir. On ne combat pas un parti en l'éteignant à l'antenne ; on lui offre le rôle de la victime, le plus rentable de tous en politique. 

Chaque indulgence pour la gauche radicale et pour les outrances de La France insoumise, chaque sourcil levé devant un élu de droite, chaque « décryptage » qui ressemble à un réquisitoire, apporte des voix à ceux qu'on prétend tenir à distance. La partialité n'est pas seulement une faute professionnelle. C'est une faute politique.


La carte de presse : un laissez-passer, pas un serment

On demande alors, naturellement : qui contrôle ces gens ? Qui leur donne leur carte, et qui peut la leur retirer ? La réponse va surprendre beaucoup de Français. La carte de presse est délivrée par la Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels, la CCIJP, un organisme paritaire composé de représentants des éditeurs et des syndicats de journalistes. 

Autrement dit, la profession se délivre à elle-même son propre laissez-passer. Le critère est essentiellement économique : tirer de cette activité le principal de ses revenus. 

Près de 35 000 cartes ont été accordées en 2024. Aucune n'est un serment d'impartialité, et la carte n'est même pas obligatoire pour exercer.

Le médecin a son Ordre, l'avocat son bâtonnier, l'expert-comptable son conseil. Le journaliste, lui, n'a de comptes à rendre qu'à son employeur et à sa conscience. Il existe bien, depuis 2019, un Conseil de déontologie journalistique et de médiation, le CDJM ; il rend des avis, il ne sanctionne personne. 

Je ne réclame pas un Ordre des journalistes placé sous la main de l'État : ce serait le remède pire que le mal, et la tentation de tous les pouvoirs autoritaires. Je constate seulement que, dans la République, il y a une profession qui juge tout le monde et que personne ne juge.

L'Arcom doit cesser d'avoir la main qui tremble

Ce contrôle existe pourtant, à condition de savoir où il se loge. L'Arcom ne sanctionne pas les journalistes un par un ; elle sanctionne les antennes. C'est la bonne échelle. Une mise en demeure est le dernier avertissement avant l'amende. Radio France l'a reçue. 

CNews aussi, quelques jours plus tard, pour d'autres manquements. Fort bien : la règle doit être la même pour tous, la chaîne d'un milliardaire comme la radio de l'État. ET Cnews ne cherche pas a calmer la situation, et profite et abuse de la liberté d'experssion ... mais cen est pas avec nos sous.

Il est vrai que le service public lui doit davantage, parce que c'est nous qui le payons. Le régulateur l'a rappelé lui-même : l'impartialité s'impose à lui avec une exigence particulière.

Il faut donc passer des rappels à l'ordre aux actes. Publier chaque mois les temps de parole par tranche horaire, et pas seulement en totaux qui maquillent tout. 

Inscrire noir sur blanc la neutralité dans le cahier des charges des chaînes publiques, avec des sanctions financières réelles en cas de récidive. 

Exiger des chroniqueurs qu'ils déclarent leurs engagements partisans, comme on l'exige d'un élu. Et rappeler à la direction de Radio France et de France Télévisions que ce sont elles, et non les syndicats de rédaction, qui répondent devant la nation. Faire aussi pression sur le Groupe Bolloré.

Attention cependant à ne pas confondre réforme et démolition. La commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public a rendu au printemps un rapport de 551 pages, adopté de justesse par douze voix contre dix, et que son propre président a accusé de préparer les esprits à la privatisation. 

Je ne veux pas plus d'un audiovisuel public aux ordres de Vincent Bolloré qu'aux ordres de Jean-Luc Mélenchon. Je veux un service public qui appartienne à tous les Français, ce qui suppose qu'il n'appartienne à aucun camp. Et c'est aussi le cas de l'AFP qui est aux ordres qu Quai d'Orsay et qui a relayé sans pudeur, ni vérifications pendant des mois les mensonges du Hamas, du Hezbollah

Pendant ce temps, Moscou se frotte les mains

Pourquoi cette affaire de micros dépasse-t-elle de loin les querelles de studio ? Parce que la confiance dans l'information est devenue un champ de bataille, et que la France est en première ligne. 

Selon le service européen pour l'action extérieure, notre pays est désormais la deuxième cible des manipulations de l'information russes, juste après l'Ukraine. (Le RN et LFI reçoivent le soutien des Russes)

Viginum, le service de l'État chargé de les traquer, a encore documenté cet été des opérations prorusses, comme les réseaux Matriochka et Storm-1516, visant Édouard Philippe, Raphaël Glucksmann et Gabriel Attal à quelques mois de la présidentielle.

Le Kremlin n'a pas besoin d'inventer la défiance : il lui suffit de l'arroser. Chaque fois qu'un journaliste public se comporte en militant, il fournit gratuitement à la propagande russe la preuve que « les médias mentent ». 

Et sur ce terreau poussent les deux extrêmes, qui se détestent en apparence et se rejoignent sur l'essentiel. D'un côté, un parti qui a emprunté en 2014 plus de neuf millions d'euros à une banque russe et qui n'a jamais rompu tout à fait avec ses tendresses pour Moscou. 

De l'autre, un mouvement qui a voté en mars 2024 contre l'accord de sécurité entre la France et l'Ukraine, et qui trouve toujours une excuse à l'agresseur au nom de l'anti-atlantisme. Les deux ont la même cible : l'Europe, coupable à leurs yeux d'exister. Leurs positions sont mortelles pour notre démocratie, et pour notre Liberté.

Quatre-vingts ans pour bâtir la paix entre nations qui s'entretuaient ; il suffirait d'un quinquennat pour la défaire.

Ma génération sait ce que l'Europe nous a coûté et ce qu'elle nous a donné. Elle sait aussi qu'une démocratie meurt rarement d'un coup d'État : elle meurt d'abord de la perte de confiance dans ses institutions, puis dans ses informations, enfin en elle-même. Un service public d'information impartial n'est pas un luxe de pays riche. C'est une pièce de notre défense nationale.

La règle et l'exception

Alors redisons-le simplement. La neutralité doit être la règle, la censure l'exception, et l'exception doit être justifiée, publique et contrôlée. Le journaliste du service public n'est ni un juge ni un procureur : il est un témoin. 

Qu'il ait des opinions, c'est son droit de citoyen. Qu'il les impose à l'antenne, avec notre argent, c'est un abus. 

À l'Arcom de le faire savoir avec autre chose que des lettres recommandées. Aux directions de chaînes d'assumer. Et à nous, citoyens, de refuser à la fois les censeurs de la gauche radicale et les démolisseurs de l'autre bord, qui travaillent, chacun à sa manière, pour la même cause : celle d'un pays à plat et d'une Europe en miettes.

Réfléchissez, il est encore temps.


© JBCH Novembre 2026

Georges Perec Une écriture sans la lettre "E". JBCH 2611- 298


HOMMAGE A GEORGES PEREC 

à la BNF 


JBCH N° 298                                                   1er Novembre 2026      


                  

Fils de réfugiés juifs polonais, né à Paris en 1936, il a cru en la France comme on croit en une promesse. La France a tué son père à la guerre et livré sa mère à Auschwitz. De ce vide, il a fait l'une des œuvres les plus joueuses et les plus graves du siècle. La Bibliothèque nationale lui rend enfin justice. Profitez-en.




Icek Judko Perec, que tout le monde appelait André, était un ouvrier juif venu de Pologne. En 1940, il s'engage volontaire pour défendre le pays qui l'avait accueilli. Il tombe le 16 juin, en pleine débâcle, quelques jours avant l'armistice. Il avait à peine trente ans. Son fils n'en avait pas quatre.

Sa femme, Cyrla, dite Cécile, tenait un salon de coiffure rue Vilin, à Belleville. En 1941, sentant l'étau se refermer, elle confie le petit Georges à un convoi de la Croix-Rouge, gare de Lyon, comme « orphelin de guerre ». Elle ne le reverra jamais.

Le 23 janvier 1943, elle est raflée et internée à Drancy. Ce camp n'est pas une invention allemande perdue dans la brume : jusqu'en juillet 1943, c'est la préfecture de police de la Seine qui l'administre. Le 11 février, Cyrla part vers l'Est. On ne sait ni le jour ni le lieu exact de sa mort. Elle n'a pas de tombe. Un décret de 1958 la déclarera « officiellement décédée ».

Le père mort pour la France,
la mère livrée par la France.Tout Perec tient dans cet écart

L'enfant, lui, survit caché à Villard-de-Lans, dans le Vercors, chez sa tante paternelle Esther Bienenfeld. Il en reviendra en 1945 sans parents, sans tombe où se recueillir et, dira-t-il, sans souvenirs d'enfance. Une enfance confisquée, puis effacée par la mémoire elle-même.

Ce n'est donc pas un « petit réfugié » au sens strict : Georges est né Français, dans une maternité du XIXe arrondissement. Mais il est l'enfant de deux réfugiés qui avaient misé sur la France des droits de l'homme. C'est précisément ce qui rend la trahison vertigineuse : on ne l'a pas chassé d'un pays étranger, on l'a dépouillé dans le sien.

Le reste de sa vie sera une longue tentative de remplir ce trou, avec des listes, des inventaires, des jeux de lettres et des immeubles entiers. Il passera par la psychothérapie avec Françoise Dolto dès 1949, puis par deux psychanalyses. Et surtout par l'écriture.

1936Naissance à Paris, le 7 mars
1940Le père, engagé volontaire, est tué
1941Convoi de la Croix-Rouge vers le Vercors
1943La mère, internée à Drancy, déportée
1965Les Choses, prix Renaudot
1982Mort à Ivry, à 45 ans

De la société de consommation à l'Oulip



Les Choses, puis la lettre qui manque

Le succès arrive en 1965 avec Les Choses, prix Renaudot. Jérôme et Sylvie, jeunes psychosociologues, rêvent de beaux meubles, de belles étoffes et de vies de catalogue. C'est le premier grand roman de la société de consommation : froid, précis, cruel. Le fils d'immigrés regarde la France des Trente Glorieuses s'acheter un bonheur à crédit, et il en dresse l'inventaire.

En 1967, il publie Un homme qui dort, récit d'un étudiant qui se retire du monde ; il le portera lui-même à l'écran en 1974. La même année 1967, il entre à l'Oulipo, l'Ouvroir de littérature potentielle de Queneau et Le Lionnais, où l'on écrit sous contrainte comme d'autres composent des fugues.

Et en 1969 paraît le livre-énigme : La Disparition. Trois cents pages sans un seul « e », la lettre la plus fréquente du français. On a voulu n'y voir qu'une prouesse de potache. Erreur. Le roman raconte la disparition d'un certain Anton Voyl. Il compte vingt-six chapitres, comme l'alphabet, mais le cinquième, celui du E, manque. Et tous les personnages qui approchent du secret meurent.





E

Prononcez la lettre à voix haute : « E », c'est « eux ». Eux, les disparus. Le père, la mère, la tante, les deux grands-pères. Le livre le plus drôle de Perec est aussi, sous son masque, l'un des premiers récits français nés du génocide. Il ne dit pas ce qui manque : il le fait manquer. Si l'on cherche la trace de la trahison dans l'œuvre, elle est là, dans ce blanc, plus que dans un réquisitoire.

Trois ans plus tard, en 1972, viennent Les Revenentes, où le « e » est au contraire la seule voyelle permise. Le titre dit tout : ce qu'on a chassé revient, et il hante.

Puis, en 1975, le livre de la vérité : W ou le souvenir d'enfance. Deux récits alternent. L'un, en italique, décrit une île de Terre de Feu entièrement vouée au sport, où l'idéal olympique se mue peu à peu en machine concentrationnaire. L'autre, en romain, rassemble les rares souvenirs, incertains et raturés, d'un enfant sans parents. Le livre est dédié « pour E ».

« L'écriture est le souvenir de leur mort et l'affirmation de ma vie. »Georges Perec, W ou le souvenir d'enfance, 1975

Tout est là : l'écriture n'est pas une consolation, c'est une stèle. Faute de tombe pour sa mère, Perec élève des livres.




Il y aura aussi Espèces d'espaces (1974), Tentative d'épuisement d'un lieu parisien (1975), où il recense pendant trois jours tout ce qui passe place Saint-Sulpice, et Je me souviens (1978), 480 souvenirs anodins et partagés. L'homme qui disait ne pas avoir de mémoire est devenu le greffier de la mémoire de tous.

1978 · Prix MédicisLa Vie mode d'emploi, un immeuble pour tout un monde

La façade de l'immeuble du 11, rue Simon-Crubellier, découpée en cent cases. Perec la parcourt selon la marche du cavalier aux échecs, une pièce par chapitre. Mais le livre n'a que 99 chapitres : une case reste vide. Encore une fois, il manque quelque chose.

Des années de préparation, près de sept cents pages, des centaines d'histoires emboîtées : La Vie mode d'emploi (1978) est le grand roman de Perec. Il fige un immeuble parisien à un instant précis, le 23 juin 1975, peu avant huit heures du soir, et ouvre une à une ses pièces, comme on soulève le toit d'une maison de poupée.





Au centre, le milliardaire Bartlebooth a consacré sa vie à un projet absurde : peindre cinq cents aquarelles de ports du monde, les faire découper en puzzles, les reconstituer, puis les effacer. Une vie entière pour qu'il ne reste rien. Il meurt devant son quatre cent trente-neuvième puzzle, une pièce en forme de W à la main, alors que le trou à combler a la forme d'un X.

Le W de l'île maudite, le X de la rature : même la dernière image du livre dit l'impossible réparation.

Le livre reçoit le prix Médicis et Perec peut enfin quitter son poste de documentaliste en neurophysiologie au CNRS pour vivre de sa plume. Il n'en aura guère le temps. Un cancer du poumon l'emporte le 3 mars 1982, à l'hôpital d'Ivry-sur-Seine, à quarante-cinq ans, quatre jours avant son anniversaire. Il laisse inachevé 53 jours, un roman policier.




Depuis, l'œuvre n'a cessé de grandir : traduite dans le monde entier, étudiée, imitée, elle entre en 2017 dans la Bibliothèque de la Pléiade. La BnF, qui conserve ses archives à l'Arsenal depuis 1984, lui consacre aujourd'hui sa première grande exposition.

La France a mis du temps. Elle a broyé la mère et honoré le fils, dans cet ordre. Elle lui doit au moins cela : regarder en face, dans la lumière d'une galerie nationale, l'homme qui a écrit tout un livre autour d'une lettre qu'on lui avait arrachée.

À voir jusqu'au 14 février 2027

« Georges Perec, modes d'emploi »

BnF François-Mitterrand, Galerie 1, quai François-Mauriac, Paris 13e. Du mardi au samedi de 10 h à 19 h, le dimanche de 13 h à 19 h. De 10 à 15 €.

Près de 300 pièces : manuscrits, cahiers des charges des romans, et une révélation, Perec dessinateur et peintre. En annexe, gratuite, « Le vrai du faux » à la bibliothèque de l'Arsenal.

Sources : BnF, Georges Perec modes d'emploi · Paris.fr · Université de Rouen, Écrisoi · Claude Burgelin, W et la mémoire juive de Perec · Alban Perrin, Mémorial de la Shoah, sur Drancy

© JBCH Novembre 2026