L'Histoire de l'écriture
De tous temps, l’Homme a cherché à communiquer, il a inventé le langage, ce qui le différencie des animaux, voire des végétaux, puis le dessin, les représentations en sorte de sculptures, les plus anciennes traces sont retrouvées dans les grottes, avec les peintures rupestres, et d’autres signes, ont été créés afin de communiquer avec les divinités, sur des sites tels les Dolmen, les Menhirs, les statues de l’ile de Pâques, les dessins des Nazca, des olmèques, et les premières écritures que l’on a trouvé en Mésopotamie et en Égypte.
Le silence est souvent associé à la réflexion, à la méditation et à la prudence.
L'écriture peut être perçue comme un outil pour documenter et réfléchir sur son propre cheminement personnel et spirituel. Cela peut inclure la tenue d'un journal de réflexion, la rédaction de discours maçonniques, de planches . Voilà pourquoi on conçoit des planches, écrites avec patience, avec le recul et la réflexion, ou même la création d'œuvres artistiques.
Vous le comprendrez, comme il y a un avant et un après usage de la parole, il y aura un avant et un après au sujet de l’écriture. En effet l’écriture permet de sortir des sociétés orales, celles-ci existent encore et perdurent en Afrique par le biais des griots qui tels les troubadours voyagent de villages en villages afin de transmettre la mémoire, d’un clan, d’un peuple, d’une nation.
L'invention de l'écriture est l'un des événements les plus fondamentaux de l'histoire de l'humanité, marquant le passage de la préhistoire à l'histoire et permettant le développement de civilisations complexes
Claude Lévi-Strauss sépare la pensée sauvage, la pensée mythique et magique de la pensée domestiquée, celle du monde dit moderne, porté par la pensée scientifique.
Avec l’écriture, la pensée devient plus avancée que dans les sociétés sans écriture, car elle est un outil à la portée de tous.
Si la parole, que nous appelons Dvar, d’où vient le mot Débir, est liée à la personne qui parle, elle procède à la communicationnel face à face, alors que l’écriture se situe en dehors du contexte immédiat.
La pensée critique est facilitée par l’écriture, je peux me relire, rectifier ma phrase, la bonifier, le temps agit sur ma pensée, alors qu’avec la parole, il est difficile de revenir en arrière. La Logique semble être du côté de l’écriture,
Quant à l’Histoire, sans l’écriture, c’est difficile , car le passé sans l’écrit s’évanouit, il y a des histoires, des évènements, qui sont restreints, car la mémoire ce n’est pas l’Histoire
Mais les peuples sans écriture, on l’a dit précédemment, en Afrique, ont une pensée philosophique, j’ai personnellement assisté en Afrique a des palabres où lorsqu’on évoque les questions du « Bien et du Mal » ou de l’origine de l’Humanité on y retrouve la distinction entre les éléments , en général : le Feu, l’Air, le Sang et l’Eau, et bien d’autres techniques héritées de génération en génération.
Bien qu’il ait existé des systèmes graphiques découverts dans les grottes, et sur des monuments néolithiques qui datent de 10 000 à 5 000 ans, l'écriture est apparue de manière indépendante dans différentes régions du monde, avec des systèmes distincts comme le cunéiforme en Mésopotamie, les hiéroglyphes en Égypte, utilisés pendant trois mille ans, de-3150 à la fin du IVème siècle, puis les caractères chinois en Chine, et l'alphabet en Phénicie.
C’est avec Champollion qu’on a véritablement décrypté les hiéroglyphes par le biais de la découverte de la pierre de Rosette, et découvert la splendeur d’une civilisation, puis on a pu relire des papyrus, écrits par des scribes.
Toujours au 19ème siècle, les tablettes en écritures cunéiformes, ont été retrouvées en Mésopotamie, et en Perse. Ainsi on a pu connaitre le Code d’Hammourabi, la légende de Gilgamesh …
C’est ainsi qu’au sortir d’une captivité de 70 ans à Babylone, où ils ont côtoyé une multitude de civilisations, que les juifs, libérés par Cyrus rentrent avec leur trésor rendu , et se rendent en Judée pour reconstruite le second Temple, conduits par Zorobabel, entouré du prophète Néhémie, et surtout du scribe Ezra.
C’est Ezra qui va sortir l’hébreux de son cocon cunéiforme, et créer l’alphabet hébraïque en combinant vingt-deux consonnes sans voyelles, et crée la lettre la plus majestueuse, la plus élégante le Lamed peut être la lettre la plus fondamentale Lamed, enseigner, transmettre et de l’autre côté : Le mot hébreu Lamed signifie autant enseigner qu’« étudier »,. Graphiquement, la lettre Lamed dépasse les autres lettres, ce qui peut renvoyer à la notion d’élévation par l’apprentissage. Lamed est la douzième des 22 lettres de l’alphabet hébraïque. Elle correspond au lambda grec, et à la lettre L de notre alphabet. Ezra a donc réécrit les cinq livres qui composent le Torah, et cette écriture est présente depuis 2500 ans.
Chez les Précolombiens, l’écriture est présente depuis au moins 28 siècles ; les Olmèques puis les Mayas utilisaient une écriture idéographique, c’est une écriture dite glyphique sous forme de calendriers, les Aztèques aussi ils peignaient sur stuc, ou sur papier végétal, mais on estime que ce sont les Olmèques qui ont inventé l’écriture méso-américaine, les Incas avaient aussi leur écriture. Il va de soi que les conquistadors accompagnés des clercs ont détruit tout ce qu’ils pouvaient sur leur passage dévastateur.
L’écriture alphabétique nous apparait comme un système simple et évident. On l’apprend en France dès la maternelle et cela constitue le « B.-A.-BA » Pourtant on parle d’alphabétisation à propos de pays dont l’écriture n’est pas alphabétique comme la Chine ou l’Inde.
En fait, l’écriture moderne va émerger sur les côtes méditerranéennes de l’Asie, en Phénicie et en Judée.
Les Grecs reconnaissent devoir aux phéniciens la naissance de leur écriture, les phéniciens, grands navigateurs avaient avec leurs voisins établis des comptoirs commerciaux partout en méditerranée et aussi le long des côtes africaines. Le Punique et son dérivé l’araméen et l’hébreu ont alors perduré avec 22 consonnes .
Les Grecs se sont approprié non seulement cette écriture, mais aussi la forme des lettres et leur ordre. Aleph, Beth, Gimmel en hébreux sont devenus Alpha Beta, Gamma …
Cette écriture est simple et s’adapte ; elle n’a pas la pesanteur de l’écriture chinoise, ni celle des Égyptiens. C’est là un système démocratique, ouvert à tous, la culture livresque s’ouvre à tous, fini le monopole des scribes.
Les religions dites du Livre , en premier lieu le Judaïsme, sont nées dans ces sociétés où on connaissait l’alphabet.
La philosophie a pu à partir d’Athènes se faire connaitre, la mise en écrit des Lois, et de la représentation du monde, l'écriture des textes sacrés, des rituels religieux, des mythes et des légendes. Finalement, ce sont toutes les civilisations et leurs mémoires qui dépendent de cette invention.
Il a fallu rassembler les textes, sur les tablettes sumériennes , c’était mission impossible , sur les papyrus, c’était plus facile, il suffisait de coudre les morceaux écrits, puis plus tard sur les gros volumes, il a fallu coudre les pages et fabriquer des codex, dont on tourne les pages, les ancêtres de nos livres.
Malheureusement la majorité des originaux et de leurs premières copies ont disparu.
A Alexandrie, le roi Ptolémée a eu l’idée de conserver, de protéger les livres, il construisit à cet effet un monument pour l’Humanité, la fameuse Bibliothèque d’Alexandrie, détruite partiellement et involontairement par Jules César.
Au VIIème siècle, Nous voilà à Alexandrie, la ville est jeune, cosmopolite, les ruelles grouillent de marchands, passants, mendiants,
Nous sommes en l’an 642, le 22 décembre, les troupes arabes du Calife Omar viennent d’entrer en triomphateurs dans la Ville, et là au détour d’une rue, ils se trouvent face à la Grande Bibliothèque d’Alexandrie, la plus célèbre du Monde, qui renfermait des millions de documents, de manuscrits et qui va en cette journée disparaître pour toujours…
Le calife Omar Ier, questionné sur ce qu'on devait faire de tous ces livres, de tous ces documents répondit : « S’ils sont conformes au Coran, ils sont inutiles, s’ils sont contraires au Coran, ils sont pernicieux : donc il faut les détruire ». En conséquence, son gouverneur Amrou ibn al-Asi fit distribuer les millions de manuscrits de papyrus de tablettes et de livres dans les bains d'Alexandrie qu’ils chauffèrent durant plus de deux ans.
On raconte que les écrits des philosophes grecs, les tablettes sumériennes et les papyrus sacrés disparurent. Tout comme les originaux de la septante ! un désastre pour la Mémoire de l'Humanité.
La transmission se faisait par la copie, les scribes pouvaient alors à leur gré, rectifier, modifier , embellir l’original qui était devant lui, souvent selon son inspiration, plus souvent selon les tendances philosophiques et politiques, c’est-à-dire imposer une sorte de censure. Qui n’a pas un jour été fasciné par les manuscrits, tous écrits à la main, ces splendides textes calligraphiés sur parchemin, enluminés, scellés.
Il est à noter que les arabes ont créé une calligraphie spectaculaire, avec la dynastie omeyyade. Les califes à la tête d’un empire établi sur trois continents ont voulu dépasser les écritures byzantines et perses sassanides, Il fallait qu’en regardant simplement le texte sacré, soit une phrase du Coran, on absorbe une bénédiction.
Les Chinois ont excellé dans la copie des textes, seul moyen de transmission de la connaissance, et ce n’est que vers 1644 que la production de livres, sous la dynastie des Ming a pu se développer.
Le fait le plus important est apparu avec l'invention miraculeuse de l'imprimerie par Gutenberg en 1454. C’est l’arrivée du Progrès, Plus jamais un texte quel qu’il soit ne sera trahi, par la volonté d'un seul homme. On assiste là à une véritable révolution, et à la fin des copistes, et des scribes. Mais fini l’art des pleins et des déliés, dessinés à la plume et qui nous réjouissent encore aujourd’hui.
L'invention de l'imprimerie par Johannes Gutenberg au XVe siècle a été une révolution majeure dans l'histoire de l'humanité et a profondément bouleversé l'ordre du monde à de nombreux niveaux. Voici quelques-unes des façons dont l'imprimerie a eu un impact significatif sur l'ordre du monde :
L'imprimerie a permis une reproduction rapide et moins coûteuse des livres, des journaux et d'autres documents, favorisant ainsi la diffusion des connaissances à une échelle sans précédent.
Cela a contribué à l'essor de la Renaissance, de la Réforme et des Lumières en Europe, stimulant le développement des arts, des sciences, de la philosophie et de la politique.
L'imprimerie a contribué à réduire les barrières à l'accès à l'information. Les livres imprimés sont devenus plus accessibles à un plus large éventail de personnes, ce qui a favorisé l'éducation et l'apprentissage chez les masses. Cela a également contribué à l'émergence d'une classe intellectuelle plus éclairée et a stimulé l'émergence de mouvements sociaux et politiques.
L'imprimerie a joué un rôle crucial dans la propagation des idées religieuses et politiques. Par exemple, elle a contribué à la diffusion des écrits de Martin Luther pendant la Réforme protestante, ce qui a eu des répercussions profondes sur la religion et la société en Europe. De même, les pamphlets imprimés ont été utilisés pour diffuser des idées politiques et mobiliser l'opinion publique lors de révolutions et de mouvements de réforme.
L'imprimerie a également eu un impact économique significatif en favorisant le développement du commerce et de l'économie. La production en masse de documents commerciaux tels que les contrats, les factures et les livres de compte a facilité les transactions commerciales et financières, contribuant ainsi à l'essor du capitalisme et du commerce international.
L'écriture a révolutionné la communication en permettant de transmettre des informa-tions sur de longues distances et à travers les générations. Cela a favorisé le développe-ment des échanges commerciaux, de la diplomatie, de la science, de la religion, et de la littérature.
L'écriture a contribué à l'organisation sociale en permettant la tenue de registres, la gestion des ressources, l'administration des lois et des règlements, ainsi que la hiérarchisation des sociétés en classes sociales ou en castes.
L'écriture a été essentielle au développement des connaissances et des savoirs. Les textes écrits ont permis la conservation des connaissances scientifiques, historiques, philosophiques, médicales et artistiques, favorisant ainsi l'accumulation et la transmission du savoir.
L'écriture a joué un rôle majeur dans le développement des religions et des croyances spirituelles en permettant l'écriture des textes sacrés, des rituels religieux, des mythes et des légendes.
L'alphabétisation, c'est-à-dire la capacité à lire et à écrire, est devenue une compétence essentielle pour la participation à la vie sociale, politique et économique des civilisations. L'éducation formelle a prospéré grâce à l'écriture qui a permis de conserver l'histoire des civilisations à travers les récits historiques, les chroniques, les inscriptions et les archives, offrant ainsi un aperçu précieux sur le développement des sociétés humaines.
L'écriture a contribué à l'évolution et à la standardisation des langues, facilitant la diffusion des cultures et des idées à travers les frontières géographiques et temporelles.
Attention au dicton : « C’est imprimé … donc c’est vrai » le faux en écriture apparait, et les tribunaux se mettent à juger les plagias, et les fausses nouvelles, si « verba volant » les écrits restent !
Les journaux se multiplient, et vont quotidiennement avoir des tirages de plusieurs millions d’exemplaires, la Liberté de la presse est garantie par la Constitution, les journaux satiriques vont jusqu’à critiquer les gouvernants, et même à faire pencher les opinions. A chacun de choisir et de se faire son opinion.
Voilà qu’à la fin du XXème et au début du XXIème siècle le monde change subitement, une nouvelle ère apparait, mettant de côté l’écriture, celle de l’Image … qui peut être déviée, tronquée, falsifiée, avec l’aide de Photoshop.
En ce qui concerne la vision maçonnique de l'écriture et de son utilisation, la franc-maçonnerie valorise l'éducation, la connaissance et la communication. L'écriture est considérée comme un outil essentiel pour transmettre des idées, des valeurs et des enseignements maçonniques.
Dans les rituels maçonniques, des symboles et des allégories sont souvent utilisés pour illustrer des concepts plus profonds, et l'écriture peut être utilisée pour documenter et transmettre ces enseignements de génération en génération
Et l’écriture tombe dans le panneau celle des réseaux sociaux, par le biais de l’Internet, ces nouveaux médias peuvent être pervers, ils ont permis la diffusion de messages islamiques, d’embrigadement d’esprits faibles, de diffusion par des états autoritaires de « fake-news », pour faire basculer et déstabiliser nos démographies.
L’écriture numérique bouleverse notre monde, c’est une révolution , elle va déclasser le livre, fini le plaisir sensuel de feuilleter un ouvrage, fini le plaisir de sentir le papier et l’encre ; pour nous un livre est une entité, il y a un début et une fin, l’électronique permet de se porter directement sur le paragraphe le plus saillant, trahissant le sens donné et le but de l’écrivain.
L’écriture numérique est à prendre avec précaution, elle dématérialise, elle désacralise le texte, il faut impérativement enseigner et faire porter un nouveau regard critique, afin d’éviter le danger du copier-coller ; de nouvelles formes d’écrit apparaissent : les SMS, les textos, les courriels avec l’@, les Tweets ou « X ». le quoi 2-9 est apparu !! ainsi que l’apparition des nouvelles calligraphies transformées en icones appelée smileys. Et nous revenons donc aux hiéroglyphes.
Mais voilà qu’il y a quelques mois, une nouvelle application bouleverse l’écriture … c’est l’arrivée sur le marché de l’intelligence artificielle, laquelle offre probablement une prime à la paresse. L'intelligence artificielle (IA) est déjà en train de bouleverser l'écriture, la lecture et l'enseignement de multiples façons, et ces tendances sont susceptibles de se renforcer à l'avenir.
Les outils d'écriture assistée par l'IA, tels que les correcteurs grammaticaux avancés, les générateurs de contenu automatiques et les assistants d'écriture, peuvent accélérer le processus d'écriture et d’améliorer la qualité des textes produits. Cependant, cela soulève des questions sur l'authenticité et l'originalité des œuvres créées, ainsi que sur la dépendance excessive à ces outils.
Les systèmes d'IA utilisés par les plateformes de lecture numérique et les réseaux sociaux analysent les préférences et les comportements de lecture des utilisateurs pour proposer des recommandations personnalisées. Cela peut enrichir l'expérience de lecture, mais cela peut aussi conduire à une bulle de filtrage où les lecteurs sont exposés uniquement à des contenus similaires à leurs préférences existantes, limitant ainsi leur exposition à de nouvelles idées et perspectives.
L'IA sera utilisée dans l'éducation pour créer des systèmes d'apprentissage personnalisés et adaptatifs.
Ces systèmes peuvent analyser les performances des élèves, identifier leurs lacunes et adapter les cours et les exercices en conséquence. Cela peut améliorer l'efficacité de l'enseignement, bien sûr, sous le contrôle de l’enseignant, mais cela soulève également des préoccupations concernant la confidentialité des données des élèves et la pertinence des évaluations automatisées.
Les systèmes d'IA peuvent reproduire et amplifier les biais présents dans les données sur lesquelles ils sont entraînés, ce qui peut entraîner des décisions injustes ou discriminatoires, notamment dans le domaine de l'éducation.
Une dépendance excessive à l'IA dans les processus d'écriture, de lecture et d'enseignement pourrait conduire à une déshumanisation des interactions, réduisant la créativité, l'empathie et les compétences sociales.
L'utilisation généralisée de l'IA soulève des préoccupations quant à la perte de contrôle sur les processus décisionnels et la manipulation de l'information, en particulier lorsque les algorithmes sont opaques et non réglementés.
Il va falloir dompter, maîtriser cette nouvelle technologie, et une fois, les règles établies, l’adopter, car il en va du progrès. Ainsi l’IA deviendra une chance pour élever le niveau d’éducation.
L’arrivée de l’écriture a donc transformé l’humanité en profondeur en facilitant la gestion des sociétés, en transmettant la connaissance et en favorisant le progrès. Elle a permis aux hommes de se libérer des limites de la mémoire orale et d'initier une civilisation écrite qui a changé pour toujours le cours de l’histoire humaine. Elle marque le passage de la préhistoire à l'histoire et continue d'être au cœur du développement culturel et scientifique de l’humanité.
Aujourd’hui, dans le Monde quatre adultes sur cinq sont alphabétisés.
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