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jeudi 4 décembre 2025

Terres Rares : L'Europe se réveille JBCH N° 2512 - 700

Il était temps : Terres rares : Bruxelles passe à l’offensive… mais les obstacles écologiques pourraient tout bloquer


La Commission européenne va présenter mercredi 3 décembre un plan ambitieux visant à réduire la dépendance des industries européennes à la Chine pour les matières premières critiques, en particulier les terres rares. 


Ces métaux indispensables à la fabrication de batteries, d’aimants permanents et d’équipements de défense sont au cœur de la souveraineté industrielle de l’Union européenne (UE). 



Comme le rappelle Stéphane Séjourné, vice-président exécutif chargé de la stratégie industrielle, la Chine a, à plusieurs reprises, utilisé ses positions de force pour limiter les exportations de graphite, gallium, germanium et désormais de terres rares, créant un risque stratégique majeur pour l’UE.



Pour répondre à cette vulnérabilité, Bruxelles propose une approche multiple : diversification des approvisionnements via des partenariats internationaux (Ukraine, Australie, Canada, Afrique du Sud), ouverture de nouvelles mines en Europe, notamment deux projets de lithium en France, et création d’un centre « CRM » chargé d’évaluer les besoins européens, de constituer des stocks stratégiques et d’acheter au nom des Vingt-Sept. 



La Commission prévoit également un soutien financier de 3 milliards d’euros et des mesures pour simplifier l’octroi de permis d’extraction et de transformation. À horizon 2030, l’UE souhaite produire au moins 10 % de ses besoins d’extraction, 40 % de sa transformation et 25 % de son recyclage, tout en limitant sa dépendance à un seul pays à 65 %.




Mais ce plan ambitieux se heurte déjà à un obstacle majeur : l’opposition des mouvements écologistes. Alors que l’Europe est en retard sur la production de terres rares et sur le recyclage (moins de 1 % des terres rares sont recyclées sur le continent), les écologistes risquent de bloquer toute nouvelle mine ou tout projet de forage, comme ils l’ont déjà fait pour le gaz de schiste. Les techniques modernes, pourtant moins polluantes – telles que l’extraction par micro-ondes plutôt que par fracturation hydraulique – sont souvent rejetées au nom de la protection environnementale, reléguant l’UE à une sorte de « moyen âge énergétique » où la souveraineté industrielle est sacrifiée sur l’autel du dogme vert.




Le plan de Bruxelles inclut également un volet recyclage ambitieux : interdire l’exportation des déchets d’aimants permanents hors de l’UE et imposer des taxes sur les déchets d’aluminium. Des entreprises comme Carester et Solvay en France ou Inspiree en Italie pourraient ainsi contribuer à la production de 3 800 tonnes d’aimants, soit 20 % de la demande actuelle. Ces initiatives pourraient réduire partiellement la dépendance vis-à-vis de la Chine, mais elles nécessitent des investissements lourds et une accélération de la chaîne de production européenne.


Au-delà du recyclage et de l’extraction, la Commission insiste sur la nécessité pour les entreprises de diversifier leurs achats et de constituer des stocks stratégiques. Le message est clair : le coût de l’indépendance est élevé, mais celui de la dépendance est encore plus lourd. Les États-Unis, engagés dans une stratégie de découplage de la Chine, achètent déjà à tour de bras sur le marché mondial, et l’Europe ne peut pas se permettre d’être à la traîne.


Le plan de Bruxelles est ambitieux et techniquement cohérent, mais il se heurte à un double défi : accélérer l’extraction et le recyclage tout en contournant le blocage potentiel des écologistes. 


Si ces derniers imposent leur vision stricte, l’UE risque de rester dépendante de Pékin, au détriment de sa souveraineté industrielle et de sa capacité à innover dans les technologies stratégiques. La question centrale demeure : l’Europe saura-t-elle trouver un équilibre entre protection de l’environnement et sécurité économique, ou restera-t-elle prisonnière d’un dogme qui bride toute initiative industrielle moderne ? 


Macron rentre d'une visite officielle en Chine ... Le seul résultat  médiocre : Un prêt d'un couple de pandas ... 




La géothermie. JBCH N° 2512 - 699

Si il y a moyen d'éviter les énergies fossiles, il y a une autre source, celle de la Géothermie


Du captage très profond aux systèmes plus superficiels. L’objectif est double : vulgariser une technologie encore peu connue du grand public et crédibiliser son potentiel en la mettant sur le même plan que les grandes filières existantes (nucléaire, solaire, éolien). 


Le champ lexical de “révolution”, de “nouveau potentiel”, de “source d’énergie verte” contribue à construire un récit de promesse.


Dans un second temps, le texte adopte un point de vue plus économique et stratégique. Il insiste sur les avantages de la géothermie : énergie pilotable (contrairement à l’éolien et au solaire), faible empreinte carbone, disponibilité continue, usage pour le chauffage urbain et éventuellement la production d’électricité. Il s’agit de montrer que cette filière répond à plusieurs problèmes simultanés : réduction des émissions, sécurité d’approvisionnement, stabilisation du réseau. Par ce biais, l’article participe à la mise à l’agenda d’une technologie encore marginale : il ne se contente pas de décrire, il milite implicitement pour son développement.



Structure argumentative: On devine une progression assez classique : une introduction qui pose le constat (la géothermie longtemps négligée, “l’heure” qui viendrait enfin) ; un premier bloc qui en détaille le fonctionnement et le triptyque production / chaleur / électricité ; plusieurs sous-parties qui examinent les technologies (géothermie profonde, systèmes en boucle fermée, innovations de forage, etc.) ;  un volet “potentiel” qui chiffre ou au moins décrit les réserves estimées, les bassins favorables, les projets pilotes ; enfin, une partie plus critique qui pointe les obstacles : coûts élevés, incertitudes techniques, risques sismiques ressentis, cadres réglementaires lents.
Cette organisation donne une impression de sérieux et de complétude. L’article commence par “vendre” la filière, puis nuance le propos en rappelant les limites. Mais l’équilibre reste orienté : la place accordée aux promesses (titre, visuel central séduisant) est plus grande que celle réservée aux risques, relégués en fin de colonne ou dans des encadrés plus discrets. On est dans une logique de plaidoyer modéré plutôt que dans une neutralité pure.



Stratégies rhétoriques : L’autorité technico-scientifique : références aux innovations de forage, aux nouvelles méthodes qui évitent la fracturation hydraulique, à la hausse de température atteignable en profondeur. Ces éléments rassurent sur la modernité et la sécurité de la filière. L’analogie implicite avec le nucléaire : la géothermie est présentée comme une énergie de base, pilotable, susceptible de devenir “aussi importante que le nucléaire” ou de le compléter dans le mix bas carbone. Cela permet de parler au lectorat français, fortement habitué à raisonner en termes de puissance continue. 


L’appel à l’urgence climatique : l’article suggère que la géothermie est une solution disponible, “sous nos pieds”, qui pourrait contribuer rapidement aux objectifs climatiques si les investissements suivent. Cette mise en récit de l’urgence est un classique de la presse économique verte.


L’iconographie renforce ce discours : le schéma central donne à voir un système propre, contrôlé, standardisé, très éloigné de l’imaginaire des puits pétroliers sales ou des mines dévastatrices. La maquette, en vert et beige, évoque visuellement la “transition verte” tout en conservant les codes de sérieux d’un quotidien financier.
Place de la régulation et des risques




Les cadre. La question des micro-séismes, des risques pour les nappes phréatiques, du coût de forage en grande profondeur est vraisemblablement évoquée dans la seconde moitié. Cependant, le simple choix du titre (“l’heure a enfin sonné”) annonce une conclusion optimiste : les obstacles sont présentés comme surmontables grâce aux progrès technologiques et à un meilleur encadrement. La régulation n’apparaît pas comme un frein insurmontable, mais comme une condition à affiner.



Ce point est intéressant du point de vue critique : là où, sur d’autres sujets (gaz de schiste, mines de terres rares), la presse souligne souvent le blocage écologiste ou le rejet local, ici le cadrage semble plus consensuel. La géothermie est présentée comme “verte” par construction ; les oppositions sociales potentielles sont peu visibles. On voit ainsi comment un même journal peut traiter différemment des technologies voisines, selon qu’elles collent ou non à l’imaginaire dominant de la transition.
Ce que dit le texte du débat énergétique


La recherche de solutions bas carbone pilotables pour compléter le nucléaire et limiter la dépendance aux importations fossiles. La géothermie est mise en avant comme une ressource intérieure, non soumise aux chocs géopolitiques, qui pourrait réduire la vulnérabilité liée au gaz ou au pétrole. Le discours rejoint celui sur les “terres rares” ou le lithium : revaloriser les ressources du sous-sol européen, mais en l’occurrence dans une version plus “acceptable”, car associée à la chaleur plutôt qu’à l’extraction minière.



L’analyse critique peut donc se résumer ainsi : le texte fonctionne comme une pièce de pédagogie et de promotion de la géothermie, dans un registre d’analyse économique. Il informe sur les technologies et les usages, tout en participant à la construction d’une image très positive de cette filière. 





Les risques sont mentionnés mais cadrés ; les résistances sociales et environnementales potentielles restent en arrière-plan. C’est précisément ce qui en fait un bon modèle de mise en récit si vous souhaitez, en miroir, écrire sur les terres rares en montrant comment, cette fois, le “blocage écologique” prend beaucoup plus de place dans la narration que dans le cas d’une énergie perçue comme intrinsèquement verte.



Apres l'Ukraine Objectif Moldavie pour Moscou. JBCH N° 2512 - 698

La Transnistrie, provice de Moldavie contrôlée par Moscou est la prochaine carte maîtresse de Moscou dans son jeu géopolitique


Dans l’ombre du conflit ukrainien, une enclave oubliée refait surface comme un potentiel foyer de tensions : la Transnistrie. 


Cette république autoproclamée, coincée entre la Moldavie et l’Ukraine, pourrait-elle devenir le prochain levier stratégique de la Russie pour déstabiliser l’Europe orientale ? 


Depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, le Kremlin n’a cessé de renforcer son emprise sur cette région séparatiste, alimentant les craintes d’une intégration de facto ou d’une annexion ouverte.  Après la Crimée et le Donbass, la Transnistrie sera-t-elle le prochain domino à tomber dans l’orbite russe ?




Le concept de « sécurité » à la russe – « bezopasnost », littéralement « sans danger » – révèle une doctrine offensive : éliminer les menaces plutôt que les contenir. L’invasion ukrainienne n’était pas qu’une conquête territoriale ; elle visait à réaffirmer une sphère d’influence postsoviétique, à gagner en profondeur stratégique face à l’OTAN et à consolider un récit impérial pour unir le « monde russe ». Face à une OTAN renforcée aux frontières russes, Moscou multiplie les leviers : survols de zones alliées, opérations grises et, potentiellement, activation de zones tampons comme la Transnistrie ou la Gagaouzie en Moldavie.





La Transnistrie, ce « maillon faible » du flanc est européen, intrigue particulièrement. Séparatiste depuis 1992, cette bande de terre de 4 000 km², peuplée de 450 000 habitants majoritairement russophones, n’est reconnue par personne – sauf implicitement par Moscou. Elle abrite 1 500 « troupes de maintien de la paix » russes et un arsenal vétuste, mais stratégique. Son économie, dominée par le conglomérat Sheriff (contrôlant tout, du football aux supermarchés), dépend des subventions gazières russes gratuites, bien que 80 % de ses exportations aillent vers l’UE. La guerre en Ukraine a ébranlé ce fragile équilibre : Moscou a coupé le gaz en 2025 pour rappeler à l’ordre une élite locale trop autonome.





L’influence russe y est omniprésente. L’éducation suit les manuels moscovites, réécrivant l’histoire – comme dans « Histoire de la Russie : 1945-début du XXIe siècle », où les faits sont alignés sur le récit du Kremlin. La russification est massive : passeports russes distribués, termes officiels imposés. En mars 2025, l’ex-ministre français des Armées Sébastien Lecornu a brisé le silence sur un plateau télévisé, qualifiant la Transnistrie de « possible foyer d’instabilité » – un signal dissuasif à Poutine, soulignant que Paris surveille de près.




Économiquement, Moscou tient les rênes : le renouvellement du contrat gazier en 2025, après une crise énergétique, renforce cette dépendance. La Transnistrie pourrait servir de « levier » pour pressurer la Moldavie et l’Ukraine. Dès 2014, le concept de « Novorossiya » (Nouvelle-Russie) envisageait un corridor reliant la Russie à la Transnistrie via le sud ukrainien, isolant Kiev de la mer Noire et corrigeant une « injustice historique ». Une annexion justifierait la protection des « citoyens russes » face à la « menace OTAN », s’inscrivant dans le révisionnisme de Poutine.




Quatre scénarios émergent pour l’avenir. Le premier, le plus probable : une « friction suspendue », où la Transnistrie sert de diversion sans engagement direct, forçant l’Ukraine à diviser ses forces vers Odessa. Le second : une mobilisation militaire totale, transformant l’enclave en bastion russe pour attaquer des villes comme Rozdilna ou Balta mais improbable, vu l’équipement obsolète. Le troisième : une intervention préventive ukraino-moldave pour neutraliser la menace, risquant une escalade. Le quatrième : une réintégration pacifique en Moldavie, symbolisant un recul russe majeur, mais peu réaliste tant les liens avec Moscou sont forts.



Les élections moldaves de septembre 2025 illustrent la résilience pro-européenne : le parti PAS de Maia Sandu a raflé 50,2 % des voix, reléguant les pro-russes à 24 %. Malgré les ingérences – alertes à la bombe, blocages en Transnistrie, restriction des bureaux en Russie –, la diaspora a voté massivement pour l’UE. Pourtant, les foyers d’instabilité persistent : la Gagaouzie pro-turque et la Transnistrie restent des poudrières.


Ignorer la Transnistrie reviendrait à répéter l’erreur de 2014 avec la Crimée. Moscou y voit une opportunité symbolique pour restaurer son empire ; l’Europe, une menace directe. Avec l’Ukraine enlisée, Poutine pourrait activer ce « chapelet de menaces » pour surprendre. 


La France l’a compris : dissuader maintenant pour éviter l’irréversible. La Transnistrie n’est pas qu’une relique soviétique ; c’est un pion dans le grand échiquier où la Russie joue sa survie impériale. L’Europe retient son souffle.




Le Clan d'Oujda au pouvoir depuis 60 ans ... JBCH N° 2512 - 697


J’ai cherché à comprendre pourquoi l’Algérie s’est toujours tournée du côté de la force du Mal… vers le côté obscur de toute politique économique et sociale.



Tunis, 1956, avenue de Paris. Je suis à côté de mon papa, journaliste, et une voiture s’arrête au feu rouge à côté de nous. Mon papa me dit : « Ne regarde pas, il y a dans cette voiture trois fellaghas, tous chefs de la rébellion en Algérie. » Je regarde quand même, et ces visages sont restés gravés en moi jusqu’à ce jour… Pas du tout sympathiques : un style de tueurs à gages.

Ben Bella et Boumendienne

Plus tard, j’apprenais que c’étaient eux qui dirigeaient tous les attentats anti-Pieds-noirs et anti-juifs partout en Algérie, sans jamais se salir les mains, puisqu’ils étaient basés et protégés en Égypte par Nasser.
Le problème de l’Algérie a hanté mon adolescence. Oui pour la liberté des peuples. Non pour les méthodes sanguinaires, non au non-dialogue, non à l’hypocrisie, non au terrorisme.



Alors je me suis plongé dans les sources du comment et du pourquoi. D’abord, pourquoi les Français ont-ils conquis l’Algérie ? C’est à cause des esclaves et des otages capturés et revendus. Ensuite, la France s’est trouvée face à un seigneur implacable : le Cheikh Abdel Khader. 
Enfin, il a fallu recaser et redistribuer des terres à des colons venus principalement d’Alsace-Lorraine et d’ailleurs.



La fameuse loi Crémieux a donné la possibilité aux autochtones de devenir Français à condition d’abandonner les lois religieuses, la polygamie, et de placer au-dessus de tout les lois de la République. Les Juifs acceptèrent ; les musulmans refusèrent. Cette clause fut le ferment d’une discrimination qui a creusé le fossé communautaire. Et en 1958, la rupture totale fut entérinée par les accords d’Évian : 1,5 million de Français durent quitter l’Algérie pour la métropole, sans couverture de l’armée française que De Gaulle avait consignée dans ses casernes. Des massacres ont eu lieu partout, surtout contre les Juifs.




Depuis, l’Algérie de Ben Bella et de Boumedienne a choisi comme modèle économique l’Allemagne de l’Est, et comme modèle social, la Charria. On a déboisé, arraché les vignes, arrêté les cultures de céréales pour monter — avec les ressources du pétrole — une puissante industrie sidérurgique… qui n’a jamais donné de résultats. Les richesses du pétrole ont bouché les trous et subventionné pendant plus de 60 ans un régime bancal, à la merci d’un clan : celui de Boumedienne.





Il est le chef du clan d’Oujda, dont il a très vite pris le contrôle. Il a structuré l’armée des frontières, ne s’est pas épuisé dans l’affrontement avec l’armée française, et a attendu son heure pour prendre le pouvoir. 





Il était au départ sous le contrôle de Boussouf, chef de la wilaya 5 (celle de l’ouest), puis s’en est affranchi. Il attendait son heure. C’est un autocrate complet, sans aucun respect du collectif ou de la représentation des autres branches. Il a voulu un pouvoir islamiste, sous la bénédiction des zaouïas de l’ouest. 


Houari Boumédiène, de son vrai nom Mohamed ben Brahim Boukharouba, reste une figure énigmatique de l’histoire algérienne. Né le 23 août 1927 à Guelma, dans l’est du pays, d’un père paysan arabe d’origine berbère parlant à peine le français, ce fervent musulman a gravi les échelons pour devenir le deuxième président de l’Algérie indépendante, de 1965 à sa mort en 1978. 


Formé dans une école coranique puis à Constantine, il fuit en 1952 vers Le Caire pour étudier à Al-Azhar, où il rencontre Ahmed Ben Bella et rejoint le Front de libération nationale (FLN). Adoptant son nom de guerre – inspiré de saints patrons d’Oran et Tlemcen, à l’ouest – il devient colonel de l’Armée de libération nationale (ALN), chef d’état-major en 1960.



Sa carrière politique explose après l’indépendance en 1962 : ministre de la Défense sous Ben Bella, il orchestre un coup d’État sans effusion de sang en 1965, abolissant constitution et parlement. À la tête du Conseil révolutionnaire (1965-1976), il impose un régime socialiste panarabe, islamisant l’État et arabisant la société. 


Nationalisation du pétrole en 1971, industrialisation lourde dopée par le choc pétrolier de 1973 : l’Algérie passe d’une économie rurale à un géant maghrébin, avec une urbanisation galopante et un PIB par habitant multiplié par cinq. Leader du tiers-monde, il préside le Mouvement des non-alignés (1973-1976) et l’Organisation de l’unité africaine (1968-1969), soutenant PLO, ANC et Polisario et se positionnant toujours contre Israël .


Boumédiène est indissociable du « Clan d’Oujda », ce groupe d’officiers basé à la frontière ouest algéro-marocaine pendant la guerre d’indépendance. 


Ce réseau, incluant Abdelaziz Bouteflika, a dominé les coulisses du pouvoir, fusionnant armée et FLN dans un État-parti unique. Si les militaires formaient l’ossature, c’est ce clan occidental – ancré dans l’ouest algérien – qui, selon certains analystes, écrasait toute dissidence, réprimant communistes et opposants au nom de la stabilité. Mort le 27 décembre 1978 d’une rare maladie du sang, après un traitement à Moscou, il laisse un vide comblé par Chadli Bendjedid. 


Teboune

Son legs ? Une Algérie industrialisée, une population jeune mais éloignée des stat'Up, mais inégalitaire, où l’ombre du clan et de l’armée pèse encore sur les libertés, comme en témoigne la crise persistante. 


Pour les uns, un visionnaire anti-impérialiste ; pour les autres, l’artisan d’un autoritarisme clanique qui étouffe toujours le pays. Le parti qui détient toute l'Algérie, le tient en ôtage, 
c'est bien le Clan d'Oujda ... 






Vers la fin des Ayatollah JBCH. N° 2512 - 696

La chute libre du rial iranien : c'est le signe d’un régime au bord du gouffre : Jeudi 4 décembre 2025


Quand un animal est blessé … il devient mortellement dangereux … très dangereux !


Téhéran – Le rial iranien a franchi un nouveau seuil historique ce mercredi : 1,2 million pour un dollar sur le marché libre, un effondrement qui étrangle un peu plus l’économie de la République islamique. 




Les cambistes du bazar de Téhéran, habitués aux soubresauts de la monnaie nationale, évoquent un « plancher sans fond » alors que les négociations nucléaires avec Washington semblent irrémédiablement bloquées. Cette dégringolade, la pire depuis la révolution de 1979, n’est pas qu’un indicateur macroéconomique : elle est le symptôme d’un régime sous pression, miné par une défaite militaire cuisante face à Israël et une coalition occidentale impitoyable. Pour beaucoup, c’est le début de la fin – ou du moins, le craquement audible d’un système qui vacille.



Le contexte est glaçant. En juin dernier, Israël a lancé une offensive éclair de 12 jours contre l’Iran, qualifiée de « victoire absolue » par Tel-Aviv. Soutenue par les États-Unis sous Donald Trump, l’opération a visé des sites nucléaires clés – Natanz, Fordow, Ispahan – et décapité une partie du haut commandement des Gardiens de la Révolution. 


L’Iran, qui avait enrichi de l’uranium à 60 % en vue d’une arme nucléaire, s’est retrouvé humilié : ses proxies régionaux (Hezbollah, Houthis) affaiblis, son programme atomique retardé de décennies. Les sanctions de l’ONU, réactivées via le mécanisme « snapback » en septembre par la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, ont suivi comme une sentence. Résultat : l’exportation de pétrole, pilier de l’économie, est tombée à un filet de 500 000 barils par jour, contre 2,5 millions auparavant. 


La Chine, principal acheteur, réduit ses importations pour apaiser Washington. Le rial, déjà exsangue à 820 000 pour un dollar fin 2024, a plongé de 46 % en un an.   

Cette crise monétaire n’est pas un accident isolé, mais l’aboutissement d’une stratégie de « pression maximale » relancée par Trump dès son retour au pouvoir en janvier. Les pourparlers nucléaires, entamés en avril sur une lettre du président américain à l’ayatollah Khamenei – exigeant le démantèlement total du programme atomique –, ont capoté au sixième round, prévu en juin à Oman. L’Iran refusait toute concession sous la menace ; Israël a frappé. 





Aujourd’hui, Téhéran, via son ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, se dit ouvert à un « accord équilibré », mais Khamenei rejette toute négociation « sous la contrainte ». Washington, de son côté, maintient la porte entrouverte, mais conditionne tout allègement à un gel immédiat de l’enrichissement. 



L’Europe, unie derrière les sanctions, pousse pour une reprise, mais les divergences persistent : l’Iran accuse l’AIEA d’espionnage au profit de Tel-Aviv. Dans ce vide diplomatique, le rial paie l’addition : sanctions financières qui bloquent l’accès à SWIFT, gel des avoirs à l’étranger, et une inflation galopante à 45 %.   


L’impact sur la vie quotidienne est dévastateur. Les prix des denrées de base – riz, viande, pain – ont flambé de 64 % en un an, selon le Centre statistique iranien, plaçant l’Iran au deuxième rang mondial pour l’inflation alimentaire, derrière le Soudan du Sud. 



À Téhéran, un kilo de bœuf, pilier de l’alimentation nationale, avoisine désormais 1 million de rials – une semaine de salaire pour un ouvrier. Les supermarchés rationnent les produits importés, les files d’attente s’allongent pour l’essence (subventionnée, mais menacée de hausse), et le pouvoir d’achat s’effondre : 57 % des Iraniens souffrent de malnutrition modérée, d’après le ministère du Bien-être social. Les entreprises, asphyxiées par les coûts d’importation, ferment en cascade – 175 000 milliards de tomans de pertes privées en neuf mois, selon le président Masoud Pezeshkian. Le chômage des hommes de 25-40 ans frôle les 50 %, et la classe moyenne, éviscérée, se rue sur l’or et les cryptomonnaies pour sauver ses économies.    

Les économistes, même pro-régime, sonnent l’alarme : la Banque mondiale prévoit une contraction de 1,7 % du PIB en 2025, puis 2,8 % en 2026 – un « spirale récessionniste » dopée par l’hyperinflation. Le FMI pointe la dépréciation du rial, les déficits budgétaires et les sanctions comme carburants d’une crise endémique, qui a déjà provoqué des émeutes en 2022 après la mort de Mahsa Amini. 



Aujourd’hui, les tensions sociales couvent : grèves dans les transports, manifestations sporadiques contre la corruption endémique, et un exode massif – 3 000 infirmières par an fuient le pays. Sur X (ex-Twitter), les appels à la résistance pullulent : « Le rial s’effondre, le régime suit », tweete un utilisateur anonyme, relayé par des opposants en exil comme le CNRI.  

Sous ces « coups de boutoir », comme les qualifie l’opposition, le régime des mollahs est acculé. Les autorités, sous pression, préparent un relèvement de la monnaie (suppression de quatre zéros pour passer au toman) et une réforme des subventions au carburant, mais cela risque d’attiser le feu. Pezeshkian, réformateur modéré, plaide pour un « dialogue égal » avec les États-Unis, mais Khamenei, intransigeant, refuse toute capitulation. Israël, fort de sa victoire, et l’Europe, lassée des surenchères nucléaires, maintiennent le garrot. Washington, pragmatique, pourrait rouvrir la voie si Téhéran lâche du lest – mais pour l’instant, la « main tendue » de Trump ressemble à un ultimatum.



Cette chute du rial n’est pas qu’économique : c’est un verdict géopolitique. Vainqueur absolu de la guerre des 12 jours, Israël a brisé l’illusion d’une menace nucléaire iranienne, tandis que les sanctions occidentales achèvent d’étrangler un régime qui a misé sur l’exportation de la révolution au détriment de son peuple. 


Les tensions sociales s’exacerbent, et les économistes avertissent : sans allègement, des troubles massifs pourraient éclater d’ici 2026. 


Pour les Iraniens, épuisés par 46 ans de sanctions et de promesses trahies, la question n’est plus « si », mais « quand » le régime craquera. Un espoir fragile ? Les murmures de dissidence grandissent, et l’histoire, impitoyable, pourrait bien donner raison à ceux qui voient dans ce chaos le prélude à un changement.