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jeudi 4 décembre 2025

La géothermie. JBCH N° 2512 - 699

Si il y a moyen d'éviter les énergies fossiles, il y a une autre source, celle de la Géothermie


Du captage très profond aux systèmes plus superficiels. L’objectif est double : vulgariser une technologie encore peu connue du grand public et crédibiliser son potentiel en la mettant sur le même plan que les grandes filières existantes (nucléaire, solaire, éolien). 


Le champ lexical de “révolution”, de “nouveau potentiel”, de “source d’énergie verte” contribue à construire un récit de promesse.


Dans un second temps, le texte adopte un point de vue plus économique et stratégique. Il insiste sur les avantages de la géothermie : énergie pilotable (contrairement à l’éolien et au solaire), faible empreinte carbone, disponibilité continue, usage pour le chauffage urbain et éventuellement la production d’électricité. Il s’agit de montrer que cette filière répond à plusieurs problèmes simultanés : réduction des émissions, sécurité d’approvisionnement, stabilisation du réseau. Par ce biais, l’article participe à la mise à l’agenda d’une technologie encore marginale : il ne se contente pas de décrire, il milite implicitement pour son développement.



Structure argumentative: On devine une progression assez classique : une introduction qui pose le constat (la géothermie longtemps négligée, “l’heure” qui viendrait enfin) ; un premier bloc qui en détaille le fonctionnement et le triptyque production / chaleur / électricité ; plusieurs sous-parties qui examinent les technologies (géothermie profonde, systèmes en boucle fermée, innovations de forage, etc.) ;  un volet “potentiel” qui chiffre ou au moins décrit les réserves estimées, les bassins favorables, les projets pilotes ; enfin, une partie plus critique qui pointe les obstacles : coûts élevés, incertitudes techniques, risques sismiques ressentis, cadres réglementaires lents.
Cette organisation donne une impression de sérieux et de complétude. L’article commence par “vendre” la filière, puis nuance le propos en rappelant les limites. Mais l’équilibre reste orienté : la place accordée aux promesses (titre, visuel central séduisant) est plus grande que celle réservée aux risques, relégués en fin de colonne ou dans des encadrés plus discrets. On est dans une logique de plaidoyer modéré plutôt que dans une neutralité pure.



Stratégies rhétoriques : L’autorité technico-scientifique : références aux innovations de forage, aux nouvelles méthodes qui évitent la fracturation hydraulique, à la hausse de température atteignable en profondeur. Ces éléments rassurent sur la modernité et la sécurité de la filière. L’analogie implicite avec le nucléaire : la géothermie est présentée comme une énergie de base, pilotable, susceptible de devenir “aussi importante que le nucléaire” ou de le compléter dans le mix bas carbone. Cela permet de parler au lectorat français, fortement habitué à raisonner en termes de puissance continue. 


L’appel à l’urgence climatique : l’article suggère que la géothermie est une solution disponible, “sous nos pieds”, qui pourrait contribuer rapidement aux objectifs climatiques si les investissements suivent. Cette mise en récit de l’urgence est un classique de la presse économique verte.


L’iconographie renforce ce discours : le schéma central donne à voir un système propre, contrôlé, standardisé, très éloigné de l’imaginaire des puits pétroliers sales ou des mines dévastatrices. La maquette, en vert et beige, évoque visuellement la “transition verte” tout en conservant les codes de sérieux d’un quotidien financier.
Place de la régulation et des risques




Les cadre. La question des micro-séismes, des risques pour les nappes phréatiques, du coût de forage en grande profondeur est vraisemblablement évoquée dans la seconde moitié. Cependant, le simple choix du titre (“l’heure a enfin sonné”) annonce une conclusion optimiste : les obstacles sont présentés comme surmontables grâce aux progrès technologiques et à un meilleur encadrement. La régulation n’apparaît pas comme un frein insurmontable, mais comme une condition à affiner.



Ce point est intéressant du point de vue critique : là où, sur d’autres sujets (gaz de schiste, mines de terres rares), la presse souligne souvent le blocage écologiste ou le rejet local, ici le cadrage semble plus consensuel. La géothermie est présentée comme “verte” par construction ; les oppositions sociales potentielles sont peu visibles. On voit ainsi comment un même journal peut traiter différemment des technologies voisines, selon qu’elles collent ou non à l’imaginaire dominant de la transition.
Ce que dit le texte du débat énergétique


La recherche de solutions bas carbone pilotables pour compléter le nucléaire et limiter la dépendance aux importations fossiles. La géothermie est mise en avant comme une ressource intérieure, non soumise aux chocs géopolitiques, qui pourrait réduire la vulnérabilité liée au gaz ou au pétrole. Le discours rejoint celui sur les “terres rares” ou le lithium : revaloriser les ressources du sous-sol européen, mais en l’occurrence dans une version plus “acceptable”, car associée à la chaleur plutôt qu’à l’extraction minière.



L’analyse critique peut donc se résumer ainsi : le texte fonctionne comme une pièce de pédagogie et de promotion de la géothermie, dans un registre d’analyse économique. Il informe sur les technologies et les usages, tout en participant à la construction d’une image très positive de cette filière. 





Les risques sont mentionnés mais cadrés ; les résistances sociales et environnementales potentielles restent en arrière-plan. C’est précisément ce qui en fait un bon modèle de mise en récit si vous souhaitez, en miroir, écrire sur les terres rares en montrant comment, cette fois, le “blocage écologique” prend beaucoup plus de place dans la narration que dans le cas d’une énergie perçue comme intrinsèquement verte.



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