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jeudi 4 décembre 2025

Vers la fin des Ayatollah JBCH. N° 2512 - 696

La chute libre du rial iranien : c'est le signe d’un régime au bord du gouffre : Jeudi 4 décembre 2025


Quand un animal est blessé … il devient mortellement dangereux … très dangereux !


Téhéran – Le rial iranien a franchi un nouveau seuil historique ce mercredi : 1,2 million pour un dollar sur le marché libre, un effondrement qui étrangle un peu plus l’économie de la République islamique. 




Les cambistes du bazar de Téhéran, habitués aux soubresauts de la monnaie nationale, évoquent un « plancher sans fond » alors que les négociations nucléaires avec Washington semblent irrémédiablement bloquées. Cette dégringolade, la pire depuis la révolution de 1979, n’est pas qu’un indicateur macroéconomique : elle est le symptôme d’un régime sous pression, miné par une défaite militaire cuisante face à Israël et une coalition occidentale impitoyable. Pour beaucoup, c’est le début de la fin – ou du moins, le craquement audible d’un système qui vacille.



Le contexte est glaçant. En juin dernier, Israël a lancé une offensive éclair de 12 jours contre l’Iran, qualifiée de « victoire absolue » par Tel-Aviv. Soutenue par les États-Unis sous Donald Trump, l’opération a visé des sites nucléaires clés – Natanz, Fordow, Ispahan – et décapité une partie du haut commandement des Gardiens de la Révolution. 


L’Iran, qui avait enrichi de l’uranium à 60 % en vue d’une arme nucléaire, s’est retrouvé humilié : ses proxies régionaux (Hezbollah, Houthis) affaiblis, son programme atomique retardé de décennies. Les sanctions de l’ONU, réactivées via le mécanisme « snapback » en septembre par la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, ont suivi comme une sentence. Résultat : l’exportation de pétrole, pilier de l’économie, est tombée à un filet de 500 000 barils par jour, contre 2,5 millions auparavant. 


La Chine, principal acheteur, réduit ses importations pour apaiser Washington. Le rial, déjà exsangue à 820 000 pour un dollar fin 2024, a plongé de 46 % en un an.   

Cette crise monétaire n’est pas un accident isolé, mais l’aboutissement d’une stratégie de « pression maximale » relancée par Trump dès son retour au pouvoir en janvier. Les pourparlers nucléaires, entamés en avril sur une lettre du président américain à l’ayatollah Khamenei – exigeant le démantèlement total du programme atomique –, ont capoté au sixième round, prévu en juin à Oman. L’Iran refusait toute concession sous la menace ; Israël a frappé. 





Aujourd’hui, Téhéran, via son ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, se dit ouvert à un « accord équilibré », mais Khamenei rejette toute négociation « sous la contrainte ». Washington, de son côté, maintient la porte entrouverte, mais conditionne tout allègement à un gel immédiat de l’enrichissement. 



L’Europe, unie derrière les sanctions, pousse pour une reprise, mais les divergences persistent : l’Iran accuse l’AIEA d’espionnage au profit de Tel-Aviv. Dans ce vide diplomatique, le rial paie l’addition : sanctions financières qui bloquent l’accès à SWIFT, gel des avoirs à l’étranger, et une inflation galopante à 45 %.   


L’impact sur la vie quotidienne est dévastateur. Les prix des denrées de base – riz, viande, pain – ont flambé de 64 % en un an, selon le Centre statistique iranien, plaçant l’Iran au deuxième rang mondial pour l’inflation alimentaire, derrière le Soudan du Sud. 



À Téhéran, un kilo de bœuf, pilier de l’alimentation nationale, avoisine désormais 1 million de rials – une semaine de salaire pour un ouvrier. Les supermarchés rationnent les produits importés, les files d’attente s’allongent pour l’essence (subventionnée, mais menacée de hausse), et le pouvoir d’achat s’effondre : 57 % des Iraniens souffrent de malnutrition modérée, d’après le ministère du Bien-être social. Les entreprises, asphyxiées par les coûts d’importation, ferment en cascade – 175 000 milliards de tomans de pertes privées en neuf mois, selon le président Masoud Pezeshkian. Le chômage des hommes de 25-40 ans frôle les 50 %, et la classe moyenne, éviscérée, se rue sur l’or et les cryptomonnaies pour sauver ses économies.    

Les économistes, même pro-régime, sonnent l’alarme : la Banque mondiale prévoit une contraction de 1,7 % du PIB en 2025, puis 2,8 % en 2026 – un « spirale récessionniste » dopée par l’hyperinflation. Le FMI pointe la dépréciation du rial, les déficits budgétaires et les sanctions comme carburants d’une crise endémique, qui a déjà provoqué des émeutes en 2022 après la mort de Mahsa Amini. 



Aujourd’hui, les tensions sociales couvent : grèves dans les transports, manifestations sporadiques contre la corruption endémique, et un exode massif – 3 000 infirmières par an fuient le pays. Sur X (ex-Twitter), les appels à la résistance pullulent : « Le rial s’effondre, le régime suit », tweete un utilisateur anonyme, relayé par des opposants en exil comme le CNRI.  

Sous ces « coups de boutoir », comme les qualifie l’opposition, le régime des mollahs est acculé. Les autorités, sous pression, préparent un relèvement de la monnaie (suppression de quatre zéros pour passer au toman) et une réforme des subventions au carburant, mais cela risque d’attiser le feu. Pezeshkian, réformateur modéré, plaide pour un « dialogue égal » avec les États-Unis, mais Khamenei, intransigeant, refuse toute capitulation. Israël, fort de sa victoire, et l’Europe, lassée des surenchères nucléaires, maintiennent le garrot. Washington, pragmatique, pourrait rouvrir la voie si Téhéran lâche du lest – mais pour l’instant, la « main tendue » de Trump ressemble à un ultimatum.



Cette chute du rial n’est pas qu’économique : c’est un verdict géopolitique. Vainqueur absolu de la guerre des 12 jours, Israël a brisé l’illusion d’une menace nucléaire iranienne, tandis que les sanctions occidentales achèvent d’étrangler un régime qui a misé sur l’exportation de la révolution au détriment de son peuple. 


Les tensions sociales s’exacerbent, et les économistes avertissent : sans allègement, des troubles massifs pourraient éclater d’ici 2026. 


Pour les Iraniens, épuisés par 46 ans de sanctions et de promesses trahies, la question n’est plus « si », mais « quand » le régime craquera. Un espoir fragile ? Les murmures de dissidence grandissent, et l’histoire, impitoyable, pourrait bien donner raison à ceux qui voient dans ce chaos le prélude à un changement.




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