Il était temps : Terres rares : Bruxelles passe à l’offensive… mais les obstacles écologiques pourraient tout bloquer
La Commission européenne va présenter mercredi 3 décembre un plan ambitieux visant à réduire la dépendance des industries européennes à la Chine pour les matières premières critiques, en particulier les terres rares.
Ces métaux indispensables à la fabrication de batteries, d’aimants permanents et d’équipements de défense sont au cœur de la souveraineté industrielle de l’Union européenne (UE).
Comme le rappelle Stéphane Séjourné, vice-président exécutif chargé de la stratégie industrielle, la Chine a, à plusieurs reprises, utilisé ses positions de force pour limiter les exportations de graphite, gallium, germanium et désormais de terres rares, créant un risque stratégique majeur pour l’UE.
Pour répondre à cette vulnérabilité, Bruxelles propose une approche multiple : diversification des approvisionnements via des partenariats internationaux (Ukraine, Australie, Canada, Afrique du Sud), ouverture de nouvelles mines en Europe, notamment deux projets de lithium en France, et création d’un centre « CRM » chargé d’évaluer les besoins européens, de constituer des stocks stratégiques et d’acheter au nom des Vingt-Sept.
La Commission prévoit également un soutien financier de 3 milliards d’euros et des mesures pour simplifier l’octroi de permis d’extraction et de transformation. À horizon 2030, l’UE souhaite produire au moins 10 % de ses besoins d’extraction, 40 % de sa transformation et 25 % de son recyclage, tout en limitant sa dépendance à un seul pays à 65 %.
Mais ce plan ambitieux se heurte déjà à un obstacle majeur : l’opposition des mouvements écologistes. Alors que l’Europe est en retard sur la production de terres rares et sur le recyclage (moins de 1 % des terres rares sont recyclées sur le continent), les écologistes risquent de bloquer toute nouvelle mine ou tout projet de forage, comme ils l’ont déjà fait pour le gaz de schiste. Les techniques modernes, pourtant moins polluantes – telles que l’extraction par micro-ondes plutôt que par fracturation hydraulique – sont souvent rejetées au nom de la protection environnementale, reléguant l’UE à une sorte de « moyen âge énergétique » où la souveraineté industrielle est sacrifiée sur l’autel du dogme vert.
Le plan de Bruxelles inclut également un volet recyclage ambitieux : interdire l’exportation des déchets d’aimants permanents hors de l’UE et imposer des taxes sur les déchets d’aluminium. Des entreprises comme Carester et Solvay en France ou Inspiree en Italie pourraient ainsi contribuer à la production de 3 800 tonnes d’aimants, soit 20 % de la demande actuelle. Ces initiatives pourraient réduire partiellement la dépendance vis-à-vis de la Chine, mais elles nécessitent des investissements lourds et une accélération de la chaîne de production européenne.
Au-delà du recyclage et de l’extraction, la Commission insiste sur la nécessité pour les entreprises de diversifier leurs achats et de constituer des stocks stratégiques. Le message est clair : le coût de l’indépendance est élevé, mais celui de la dépendance est encore plus lourd. Les États-Unis, engagés dans une stratégie de découplage de la Chine, achètent déjà à tour de bras sur le marché mondial, et l’Europe ne peut pas se permettre d’être à la traîne.
Le plan de Bruxelles est ambitieux et techniquement cohérent, mais il se heurte à un double défi : accélérer l’extraction et le recyclage tout en contournant le blocage potentiel des écologistes.
Si ces derniers imposent leur vision stricte, l’UE risque de rester dépendante de Pékin, au détriment de sa souveraineté industrielle et de sa capacité à innover dans les technologies stratégiques. La question centrale demeure : l’Europe saura-t-elle trouver un équilibre entre protection de l’environnement et sécurité économique, ou restera-t-elle prisonnière d’un dogme qui bride toute initiative industrielle moderne ?
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