La France veut donc tourner la page de la « Françe-Afrique », mais sans véritable doctrine de remplacement. Dans son discours de Nairobi, cette semaine, Emmanuel Macron affiche une volonté de rupture avec les anciennes pratiques post-coloniales, tout en laissant apparaître un vide stratégique préoccupant.
Pendant des décennies, Paris a bénéficié d’une influence politique, militaire et économique littéraire privilégiée dans son ancien pré carré africain, sans bâtir un partenariat industriel durable ni véritable transfert de compétences, et sans respect des populations
Aujourd’hui, ce recul ressemble à un triple suicide : diplomatique, économique et géopolitique et littéraire.
La France perd progressivement son influence dans plusieurs capitales africaines, tandis que ses entreprises voient leurs positions contestées.
Dans le même temps, la Russie avance ses réseaux sécuritaires, la Chine impose sa puissance financière et les monarchies du Golfe investissent massivement dans les infrastructures et les ressources minières.
Les États-Unis eux-mêmes renforcent leur présence stratégique sur un continent devenu central pour les minerais critiques les terres rares et les routes commerciales.
Le retrait français crée ainsi un vide rapidement occupé par des puissances plus offensives et moins liées au passé colonial. Turquie, Iran, Russie, Chine sont déjà présents prêts à pillier nos ex partenaires.
Mais cette volonté de rupture reste largement théorique ; Les liens humains, migratoires, linguistiques et économiques entre la France et l’Afrique francophone demeurent bien heureusement profonds et structurels.
Des millions de familles vivent entre les deux rives, tandis que la langue française reste un outil d’influence majeur.
Paris découvre qu’il est plus facile de dénoncer la Françe-Afrique que de redéfinir une relation équilibrée avec ses anciens partenaires.
Faute de vision claire, la France perd à la fois son influence historique, ses marchés économiques et son rôle diplomatique sur un continent en pleine transformation.
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