Éditorial · 7 octobre, trois ans après
Il était temps que ceux qui ont soutenu les terroristes du Hamas soient rattrapés et paient leurs crimes
À quelques jours du troisième anniversaire du pogrom, Washington frappe des collecteurs de fonds français. La douleur d'Israël n'a pas cicatrisé ; la complaisance de certaines grandes institutions non plus.
Trois ans. Trois ans depuis ce samedi 7 octobre 2023 où près de 1 200 personnes ont été massacrées dans les kibboutz, sur les routes, dans un festival de musique, et où 251 otages ont été traînés dans les tunnels de Gaza.
Trois ans que les familles israéliennes vivent avec des chaises vides. Et trois ans qu'en France, certains collectaient tranquillement de l'argent « pour Gaza ».
L'argent de la charité, le sang des otages
Ce vendredi, le Trésor américain a placé sous sanctions deux Français, Faouzi Barika, de l'association Baraka, installée en Gironde, et Amel Oualid, de l'association « Ensemble C Mieux ».
Selon l'OFAC, le service des sanctions, ces structures se présentaient comme humanitaires mais acheminaient les fonds vers Saleem al-Zaq, membre de la branche armée du Hamas, lui aussi sanctionné.
Les chiffres avancés par Washington donnent le vertige : plus de deux millions de dollars collectés entre 2020 et 2026, dont environ 1,5 million après le 7 octobre. Une partie aurait transité en cryptomonnaies.
Autrement dit, pendant que les otages croupissaient sous terre, des donateurs français, peut-être sincères pour certains, finançaient sans le savoir ou en le sachant ceux qui les y gardaient.
Les intéressés sont, en droit français, présumés innocents, et c'est précisément pourquoi la question se pose : pourquoi faut-il que ce soit Washington qui agisse ? Que font le parquet national antiterroriste et Bercy ? Gel des avoirs, dissolution des associations, enquête sur les donateurs : la République a les outils. Il lui manque, trop souvent, la volonté.
La Croix-Rouge, absente des tunnels
Trois ans après, il faut aussi le dire sans détour : le Comité international de la Croix-Rouge n'a jamais rendu visite aux otages israéliens.
Jamais. Pas une liste complète, pas une preuve de vie obtenue de sa propre autorité, pas un médicament remis de manière vérifiable.
Le cas d'Alma Avraham, 84 ans, dont la famille suppliait qu'on lui fasse parvenir son traitement, est devenu le symbole de cet abandon.
Le CICR répond qu'il ne peut pas « forcer les portes » et qu'il a facilité la libération de près de 150 otages. Soit.
Mais l'organisation née pour visiter les captifs de toutes les guerres s'est contentée d'un rôle de transporteur, lors des échanges négociés par d'autres. Elle n'a pas fait de cet accès refusé un scandale mondial, ni conditionné publiquement sa coopération. Vingt-quatre familles d'otages ont fini par porter plainte contre elle à Jérusalem. La neutralité ne consiste pas à se taire quand une seule des parties enferme des enfants.
RSF et l'angle mort des « journalistes »
Même aveuglement chez Reporters sans frontières. L'organisation comptabilise depuis trois ans les « journalistes tués par l'armée israélienne » et a multiplié les plaintes devant la Cour pénale internationale. Mais elle a balayé, presque par principe, chaque document établissant qu'une partie de ces « reporters » portaient aussi l'uniforme du Hamas ou du Jihad islamique.
Les éléments se sont pourtant accumulés. Documents saisis dans les centres de commandement, listes internes, publications des intéressés : le centre de renseignement Meir Amit, après avoir étudié 266 cas, estime qu'environ 60 % des victimes recensées comme journalistes avaient un rôle dans une faction armée.
Certains se trouvaient à la frontière le 7 octobre, filmant en direct le massacre. Quand le gilet « Press » sert de couverture à un combattant, c'est le Hamas qui met en danger les vrais journalistes, pas Israël qui les cible.
Une ONG de défense de la presse aurait dû être la première à le dénoncer. RSF a préféré parler de « documents non étayés ». C'est un manquement à sa propre mission : protéger le journalisme, c'est aussi refuser qu'on le déguise.
La douleur, et la mémoire
Il reste, au-delà des rapports et des sanctions, la douleur. Celle des parents de Be'eri et de Kfar Aza, des survivants du festival Nova, des otages revenus brisés et de ceux qui ne sont jamais revenus.
Celle aussi des Juifs de France, qui ont vu l'antisémitisme exploser dans les semaines qui ont suivi, comme si le massacre leur avait été imputé.
On sera avec les présents et les absents le 7/10
RépondreSupprimerMerci de ce rappel du silence, de la complaisance voire de la lâcheté d'individus et d'institutions si prompts à condamner en temps normal
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