Rechercher dans ce blog

mardi 17 mars 2026

Norouz 2026, fête de la Liberté pour les Perses ... JBCH N° 2603 - 949










On a privé de liberté le peuple perse depuis plus de 40 ans, L'Islam Chiite et ses ayatollah ont pris en ôtage ce peuple qui a 3000 ans, Aujourd'hui en 2026 ce peuple va retrouver sa liberté, son honneur, sa dignité et surtout sa Liberté; Nowruz 2026 :restera gravé dans l'histoire le printemps triomphe enfin


À quelques jours seulement de l’équinoxe de printemps, des millions de foyers iraniens, afghans, tadjiks, kurdes et azéris s’animent déjà d’une effervescence particulière. Le vendredi 20 mars 2026, à exactement 14:46 UTC (soit 18:16 en Iran), le soleil franchira le point équinoxial et marquera le début officiel de Nowruz, le Nouvel An perse vieux de plus de 3 000 ans. Cette année encore, la fête ne tombe pas le 21 mars traditionnel, mais au moment précis où jour et nuit s’équilibrent, symbole cosmique du renouveau.




Patrimoine immatériel de l’humanité depuis 2009 selon l’UNESCO, Nowruz (« nouveau jour » en persan) transcende les religions et les frontières politiques. Il unit des peuples d’Asie centrale à l’Anatolie en passant par le Caucase, bien au-delà des seuls musulmans, chrétiens, zoroastriens ou laïcs qui le célèbrent.



Les racines de Nowruz plongent dans l’Iran antique, à l’époque achéménide et surtout zoroastrienne. Le prophète Zarathoustra y voyait déjà le triomphe annuel d’Ahura Mazda, dieu de la lumière et de la sagesse, sur les forces des ténèbres.


La légende raconte que le roi mythique Jamshid, héros du grand poème épique Shahnameh de Ferdowsi, aurait institué la fête après avoir vaincu les démons de l’hiver et ramené la fertilité sur terre.

Malgré les conquêtes arabes, mongoles, turques puis les révolutions modernes, Nowruz a conservé son caractère laïc et universel. En Iran, il reste le moment le plus fédérateur de l’année, loin des clivages politiques ou religieux.

Le rituel du Haft-Sin, cœur poétique de la célébration

Au centre de chaque maison trône la table Haft-Sin : sept objets dont le nom commence par la lettre « sin » (س) en persan, chargés de symboles pour l’année à venir :

  • Sabzeh (germes de blé ou lentilles) → renaissance et croissance
  • Samanu (pudding sucré de germes de blé) → abondance
  • Senjed (fruits d’olivier de Bohême) → amour
  • Seer (ail) → santé
  • Sib (pomme) → beauté
  • Somaq (sumac) → lever du soleil et patience
  • Serkeh (vinaigre) → maturité et sagesse

Autour s’ajoutent un miroir (pureté et réflexion), des bougies (lumière), un poisson rouge (vie), des pièces d’or (prospérité), des œufs décorés et souvent un recueil de poésie de Hafez.


Les festivités débutent bien avant l’équinoxe avec Chaharshanbe Suri, le « mercredi rouge » : les gens sautent par-dessus des feux de joie en criant « donne-moi ta rougeur et prends ma pâleur ! » pour se purifier et conjurer le malheur.




Le jour J, on savoure le plat emblématique : sabzi polo ba mâhi, riz parfumé aux herbes fraîches (persil, coriandre, aneth, ciboulette…) accompagné de poisson grillé ou frit, symbole de vie et de fertilité. S’y ajoutent kuku sabzi (omelette aux herbes), dolmeh, salades, yaourts et desserts riches en fruits secs, baklava ou halva.


Les 13 jours suivants sont consacrés aux visites familiales (dans l’ordre des aînés), aux cadeaux (eidi pour les enfants) et au pardon. Le 13e jour, Sizdah Bedar, tout le monde sort pique-niquer dans la nature ; les femmes nouent des nœuds dans les germes de sabzeh pour conjurer le célibat, puis on jette le tout dans l’eau courante pour emporter les malheurs de l’année écoulée.




En 2026, alors que de nombreuses communautés traversent encore des crises économiques, politiques ou climatiques, Nowruz rappelle avec force que l’hiver, aussi long soit-il, finit toujours par céder la place au printemps. C’est une célébration du cycle éternel, de l’harmonie avec la nature, du renouveau intérieur et collectif.


Norouz mobârak ! Que ce 20 mars 2026 apporte à tous lumière, paix et prospérité




Le dernier sultan ... JBCH N° 2603 - 948

Kemal Atatürk avait créé une Turquie moderne, transformant l'armée, la culture, l'alphabet et introduisant la laïcité ... Avec Erdogan, frere musulman qui est resté au pouvoir plus de 20 ans, ce pays est retourné un siècle en arrière, bien qu'il veuille dominer comme dans le passé historique la région et dominer les pays arabes ... Il va directement dans le mur.



Au cours des dernières années, la relation entre l’Europe et le président turc Recep Tayip Erdogan  s’est profondément détériorée, au point que beaucoup d’analystes considèrent aujourd’hui que le dirigeant turc est devenu un véritable paria politique pour une grande partie des capitales européennes. 


La récente résolution adoptée par le Parlement Européen  condamnant la politique d’Ankara dans le nord de la Syrie 363 voix contre 71, illustre cette rupture progressive après plus d’une décennie de relations ambivalentes entre l’Union Européenne et la Turquie.


Pendant longtemps, l’Europe a adopté une attitude prudente envers Ankara. La Turquie reste un acteur stratégique majeur : membre de l’OTAN puissance militaire régionale, gardienne d’une partie des routes migratoires vers le continent européen et partenaire économique important. 


Cette position a longtemps conduit Bruxelles à pratiquer ce que certains diplomates appelaient une “patience stratégique”, malgré les dérives autoritaires du pouvoir turc et les tensions répétées avec plusieurs États membres.


Mais cette stratégie semble aujourd’hui atteindre ses limites. Aux yeux de nombreux responsables européens, la politique étrangère d’Erdogan s’est transformée en projet néo-impérial visant à restaurer l’influence turque dans l’ancien espace ottoman. 


Cette ambition s’est manifestée dans plusieurs crises régionales : interventions militaires dans le nord de la Syrie, pressions en Méditerranée orientale contre la Grècet Chypre dont  la Turquie a annexé une bonne partie soutien actif à certaines factions armées dans les conflits régionaux et instrumentalisation des flux migratoires comme levier politique vis-à-vis de l’Europe.


La situation syrienne cristallise particulièrement les critiques. Plusieurs parlementaires européens accusent Ankara d’avoir contribué à déstabiliser durablement le nord de la Syrie, notamment par ses opérations militaires contre les forces kurdes et par la création de zones d’influence contrôlées indirectement par des milices locales soutenues par la Turquie. 


Certains rapports évoquent également le risque que ces opérations aient fragilisé la lutte contre les résurgence de l’Etat Islamique notamment en facilitant des évasions de détenus jihadistes dans des prisons mal sécurisées.


Dans ce contexte, la résolution du Parlement européen ne constitue pas seulement une critique ponctuelle. Elle marque un changement de ton politique. 


En parallèle de la condamnation d’Ankara, les députés européens ont approuvé un soutien financier de 620 millions d’euros destiné à renforcer la sécurité locale et la gouvernance dans certaines zones du nord de la Syrie, contournant ainsi indirectement l’influence turque.


Pour Erdogan, cette évolution représente un revers diplomatique important. Le président turc avait longtemps tenté de maintenir un équilibre délicat avec l’Europe : coopérer sur certaines questions — notamment les migrations — tout en poursuivant une politique régionale autonome et parfois conflictuelle. Mais la multiplication des crises a progressivement érodé la confiance des dirigeants européens.


Un autre facteur aggravant est la dérive autoritaire interne souvent dénoncée par les institutions européennes : arrestations de journalistes, pression sur l’opposition, affaiblissement de l’indépendance judiciaire et concentration du pouvoir exécutif. Ces évolutions ont pratiquement gelé le processus d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, autrefois présenté comme un objectif stratégique majeur.


Aujourd’hui, dans de nombreux cercles politiques européens, Erdogan est perçu moins comme un partenaire difficile que comme un acteur imprévisible susceptible de déstabiliser plusieurs régions simultanément : le Moyen-Orient, la Méditerranée orientale et même le Caucase. Cette perception renforce l’idée qu’il faut limiter son influence plutôt que tenter de l’intégrer dans un cadre de coopération.


Cependant, la rupture n’est pas totale. L’Europe ne peut pas ignorer la Turquie. Sa position géographique, son rôle dans la gestion des flux migratoires, ses communautés groupées autour de ses mosquées turques , son armée et son économie font d’Ankara un acteur incontournable.


 C’est pourquoi certains analystes parlent non pas d’une rupture définitive, mais d’une phase de confrontation froide, dans laquelle coopération et rivalité continueront à coexister.


En définitive, la résolution du Parlement européen symbolise surtout la fin d’une illusion diplomatique : celle selon laquelle la Turquie d’Erdogan évoluerait progressivement vers les standards politiques et stratégiques européens.


 Pour une partie croissante des dirigeants européens, cette hypothèse appartient désormais au passé, et Ankara est de plus en plus perçue comme une puissance régionale poursuivant ses propres intérêts, souvent en contradiction avec ceux de l’Europe.


lundi 16 mars 2026

Betsalel JBCH N° 2603 - 947

Dans les plaines arides du Sinaï, au trente-cinquième jour du troisième mois après la sortie d’Égypte, se déroula l’un des actes les plus étranges de l’histoire du peuple hébreu. 


Le peuple, à peine relevé de la faute du Veau d’or, avait reçu le pardon divin. Moïse, le fidèle serviteur, rassembla toute la congrégation d’Israël et proclama la volonté du Créateur.          « Voyez, l’Éternel a appelé par son nom Bétsalel, fils d’Ouri, fils de Hour, de la tribu de Juda. Il l’a rempli de l’esprit de Dieu, en sagesse, en intelligence, en connaissance et en toute espèce d’ouvrage. » 





Ainsi parlait Moïse, répétant les paroles mêmes que l’Éternel lui avait adressées sur la montagne. Bétsalel n’était pas un artisan ordinaire. Son nom même – « à l’ombre de Dieu » – trahissait sa vocation céleste. 


Âgé d’à peine trente ans, issu de la lignée noble de Juda, il portait en lui le souffle divin qui avait autrefois animé les patriarches. L’Éternel l’avait choisi pour concevoir et diriger la construction du Michkan, ce sanctuaire mobile qui deviendrait la demeure de la Présence divine au milieu des tribus errantes. 





Ni roi, ni prêtre, ni notable, mais simple homme du peuple, il reçut l’inspiration pour dessiner l’Arche d’Alliance en bois d’acacia recouvert d’or pur, le propitiatoire aux chérubins, la Table des pains, le Candélabre, les autels, les tentures de pourpre et d’écarlate.


 

Et voici la leçon qui traverse les millénaires jusqu’à nos jours. Car ce choix divin de Bétsalel n’est pas un épisode figé dans les sables du désert ; il est le modèle éternel de la manière dont le Très-Haut agit encore aujourd’hui, en pleine ère numérique et parmi les nations modernes. 


De nos jours, comme alors, l’Éternel ne choisit pas les puissants, les héritiers de dynasties ou les diplômés des plus hautes académies. Il appelle des hommes et des femmes ordinaires:ingénieurs, artistes, architectes, entrepreneurs, enseignants  issus de toutes les tribus du peuple juif ou même du monde entier, et Il les remplit de Son esprit.


Regardez : un jeune concepteur de logiciels, sans titre officiel, reçoit soudain l’inspiration pour créer une plateforme qui unit des communautés dispersées ; une architecte de Tel-Aviv dessine un centre communautaire qui devient un « michkan » vivant de prière et de culture ; 





Un artiste anonyme grave dans le marbre ou sur l’écran des œuvres qui élèvent l’âme. Ils ne sont pas élus par un vote, ni nommés par un conseil, ni issus d’une caste. Ils sont « appelés par leur nom », comme Bétsalel, parce qu'il a été doté de sagesse, d’intelligence et de connaissance pour bâtir des sanctuaires contemporains : aujourd'hui des synagogues modernes, des hôpitaux qui sauvent des vies, des aéroports, des canaux, des innovations qui rapprochent les cœurs, œuvres de tsedaka qui transforment l’or profane en lumière divine.





Et comme au désert, le peuple apporte ses dons – compétences, temps, argent, créativité – souvent en telle abondance que les projets doivent être freinés. 


Ainsi, le choix de Bétsalel nous enseigne que, en 2026 comme en 2448 avant l’ère commune,Israël, Start'up Nation,  est à l'avant garde des Nations et crée sans cesse des start up, et génère sans cesse des brevets ... 


Il confie son ombre à qui Il veut, afin que le ciel continue de toucher la terre, ici et maintenant, dans nos villes, nos écrans et nos vies, il se manifeste par l'innovation ... 


Telle est la parole gravée pour le Shabbat  dernier de Vayakhel-Pekoudéï : le Michkan n’est jamais achevé ; il es "mobile" ... il se construit encore, sous nos yeux,  et sous une pluie de missiles !

samedi 14 mars 2026

Le 15 Mars ... Nissan ...et "les Ides de Mars " JBCH N° 2603 - 946.

Le 15 mars occupe une place singulière dans la mémoire historique de l’humanité, car cette date se situe à la croisée de deux traditions symboliques majeures : la renaissance spirituelle célébrée dans le calendrier hébraïque et l’un des événements politiques les plus célèbres de l’Antiquité romaine. 


Dans le judaïsme, cette période correspond au mois de Nissan , qui marque le renouveau de la nature et la naissance historique du peuple d’Israël avec la fête de la Pâque juive. Nissan symbolise la libération,( la sortie de l'esclavage en Egypte)  le printemps et l’idée que l’histoire peut se transformer par la foi et la volonté humaine.



L’expression « franchir le Rubicon» renvoie à l’un des moments les plus décisifs de l’histoire romaine. En 49 av. J.-C., le général Jules César traverse ce petit fleuve qui marquait la frontière entre sa province militaire et le territoire de la République. 


Selon la loi romaine, aucun général n’avait le droit d’entrer en Italie avec son armée. En franchissant le Rubicon avec ses légions, César commet donc un acte de rébellion irréversible contre le Sénat. Il aurait alors prononcé la célèbre formule latine « Alea jacta est » – « le sort en est jeté ». Cet événement déclenche la guerre civile qui mènera à la chute de la République romaine et à la naissance de l’Empire. Depuis lors, l’expression signifie prendre une décision irrévocable aux conséquences historiques.À la même période du calendrier antique, les Romains célébraient les célèbres "Ides de Mars" 



Dans le calendrier romain, les ides marquaient le milieu du mois et possédaient une dimension religieuse et politique importante. Mais le 15 mars de l’an 44 avant notre ère est devenu immortel dans l’histoire lorsque  Jules César fut assassiné au Sénat par un groupe de sénateurs conspirateurs menés notamment dont son  fils adoptif Brutis




Selon la tradition littéraire, au moment où César aperçut Brutus parmi les conjurés, il aurait prononcé les mots restés célèbres : « Tu quoque, mi fili » — « Toi aussi, mon fils ». Cette phrase, devenue légendaire, symbolise la tragédie ultime de la trahison politique : celle qui vient d’un proche ou d’un héritier.  c'est dans la mémoire collective la chute d’un homme de pouvoir frappé par ceux qu’il considérait comme ses alliés.



L’assassinat de César constitue l’un des tournants majeurs de l’histoire occidentale. Les conjurés prétendaient sauver la République romaine d’une dérive monarchique, craignant que César ne devienne roi. 


Pourtant, leur geste eut l’effet inverse : la mort de César précipita la fin de la République et ouvrit la voie à l’Empire romain sous Octave-Auguste Ainsi, le 15 mars devint un symbole universel des paradoxes du pouvoir politique : un acte présenté comme une défense de la liberté peut parfois accélérer la naissance d’un régime plus autoritaire.




La coïncidence entre ces deux traditions – celle de Nissan et celle des ides de mars – illustre deux visions complémentaires de l’histoire. Dans la tradition biblique, l’histoire est marquée par la libération et la renaissance d’un peuple. Dans la tradition romaine, elle révèle la fragilité des institutions et la brutalité des luttes pour le pouvoir.



Pour l’historien, le 15 mars rappelle que les civilisations se construisent autant par des événements spirituels fondateurs que par des ruptures politiques dramatiques. 


Entre la mémoire de la libération biblique et celle du meurtre de César, cette date symbolise à la fois la possibilité du renouveau et la tragédie des ambitions humaines.














Farouk, dernier Roi d'Egypte. JBCH N° 2602 - 945

Savez vous que l'Empire Ottoman n'a jamais eu confiance et n'a jamais confié de grandes responsablilités aux arabes. En effet, les Beys de Tunis et d'Alger, le Roi Idriss de Libye; et le Roi Farouk avaient des origines albanaises, ils étaient effectivement d'excellents gestionnaires.


L’histoire de la dynastie de Mohammed Ali Pacha constitue l’un des chapitres les plus complexes de la formation de l’État égyptien moderne. Fondée en 1805, cette dynastie d’origine ottomane ne fut pas immédiatement perçue comme pleinement égyptienne. 




Pendant plus d’un siècle, ses souverains oscillèrent entre leur héritage impérial ottoman et la nécessité d’enraciner leur pouvoir dans la société locale. Ce processus d’« égyptianisation » progressive atteint son point culminant sous le règne du roi Farouk souvent considéré comme le premier souverain véritablement identifié à la nation égyptienne par son peuple.



Le fondateur de la dynastie, Muhammad Ali, se percevait avant tout comme un homme de l’Empire ottoman. Originaire d’Anatolie, il gouverna l’Égypte en vassal du sultan tout en bâtissant un État puissant et centralisé. Son fils, Ibrahim Pacha joua un rôle décisif dans l’évolution identitaire de la dynastie. Installé très jeune en Égypte, il adopta progressivement la langue arabe et affirma une vision plus proche du monde arabe que de la tradition ottomane. Cette orientation, parfois interprétée comme une forme précoce de panarabisme, s’opposait à la conception plus impériale de son père.



Cette évolution se poursuivit sous le règne de Ismaël Pacha . Soucieux de renforcer l’autonomie de l’Égypte, il modifia les règles de succession pour assurer la transmission du pouvoir dans sa branche familiale et obtint du sultan ottoman le titre de khédive, affirmant ainsi une souveraineté plus affirmée. Parallèlement, il encouragea la renaissance culturelle arabe et chercha à inscrire l’Égypte dans une modernité ouverte sur l’Europe, tout en exaltant son prestigieux passé pharaonique.


Cette construction identitaire fut consolidée par Fouad. Après l’indépendance formelle de l’Égypte en 1922, Fouad entreprit de rompre les derniers liens culturels avec l’héritage ottoman. La langue turque fut progressivement écartée du palais, et la monarchie s’efforça de promouvoir une identité nationale égyptienne fondée sur la culture arabe et l’islam. Dans cette perspective, l’éducation de son fils Farouk fut soigneusement pensée : il devait être un souverain profondément enraciné dans la société égyptienne.




Lorsque Farouk monta sur le trône en 1936, il fut accueilli avec un enthousiasme considérable. Jeune, parlant parfaitement l’arabe et issu en partie de la bourgeoisie égyptienne par sa mère, il apparaissait comme le premier roi véritablement national. Les premières années de son règne furent marquées par une grande popularité. Surnommé « Farouk le bien-aimé », il incarnait aux yeux de nombreux Égyptiens un souverain pieux, proche de son peuple et soucieux de réformes.


Durant cette période, plusieurs projets de modernisation furent engagés : développement des infrastructures, électrification du barrage d’Assouan, programmes d’extension agricole et initiatives sociales visant à améliorer les conditions de vie des populations rurales. Ces réformes visaient à renforcer l’indépendance économique du pays et à réduire les inégalités sociales. Dans le même temps, Farouk tenta d’affirmer une monarchie nationale indépendante des influences étrangères, notamment britanniques




Cependant, les bouleversements provoqués par la Seconde Guerre mondiale et les tensions politiques internes fragilisèrent progressivement le régime. À partir des années 1940, l’image du souverain se dégrada, tandis que l’armée et les mouvements nationalistes gagnaient en influence. Cette évolution conduisit finalement au renversement de la monarchie lors du coup d’État de 1952




Ainsi, le règne de Farouk apparaît aujourd’hui comme une période charnière de l’histoire égyptienne : l’aboutissement d’un siècle d’efforts pour transformer une dynastie d’origine étrangère en monarchie nationale, mais aussi le prélude à la naissance de l’Égypte républicaine moderne. 

Nasser a succèdé aux généraux, il a nationalisé le Canal de Suez, n'a cessé de lutter en vain contre Israël, il a expulsé tous les juifs , et a été humilié par la guerre des 6 Jours en 1967.





vendredi 13 mars 2026

Nissan ... Le Renouveau , La Liberté JBCH N° 2603 - 944

Ah Nissan, je me souviens de ma maman qui à la tombée de la nuit, à Tunis, prenait un verre, le remplissait d'eau puis d'huile d'olive, y posait une mèche et ramassait quatre bijoux en or : deux bracelets pour mon frère Michel et moi et deux bagues pour les parents ... 


Ainsi on fêtait, en allumant la mèche, souvent sans le savoir le premier mois de l'année hébraïque, un mois de joie, un mois magique, d'ailleurs souvent à cette époque une hirondelle profitait de l'ouverture de la fenêtre pour venir se réfugier dans le salon. Signe du destin , signe prémonitoire d'un monde d'harmonie et de paix entre humains, animaux, et de respect pour les végétaux et les minéraux.




Cette année Roch Hodech Nissan tombe Jeudi prochain .





Le mois de Nissan occupe une place unique dans la conscience spirituelle et historique du peuple d’Israël. Alors que Tishri marque la création du monde et l’ouverture de l’année civile juive, Nissan est considéré par la tradition comme le premier mois du calendrier biblique, celui du commencement national d’Israël. C’est en effet au premier jour de ce mois, appelé Roch Hodech Nissan, que s’ouvre symboliquement la période du renouveau, annonçant la délivrance et la transformation.


Dans la Torah, Nissan est le mois de la libération d’Égypte, l’événement fondateur raconté dans le livre de l’Exode et commémoré lorss de Pessah. Cette sortie de l’esclavage n’est pas seulement une victoire politique : elle est perçue comme une rupture métaphysique dans l’histoire humaine. Le peuple d’Israël passe d’un état d’oppression totale à une vocation spirituelle universelle. Dans la pensée juive, cette transition est qualifiée de Ness, terme hébreu signifiant « miracle » et "renaissance". Mais le mot Ness possède aussi une autre nuance : il évoque une élévation, quelque chose qui se dresse et qui révèle une dimension nouvelle de la réalité.


Ainsi, Nissan devient le mois des miracles révélés, ceux où l’intervention divine se manifeste ouvertement dans l’histoire. Contrairement à d’autres périodes où la providence agit de manière discrète, la sortie d’Égypte est marquée par des signes spectaculaires : les dix plaies, l’ouverture de la mer et la naissance d’un peuple libre. Les maîtres de la tradition expliquent que cette énergie spirituelle continue d’irriguer chaque année le mois de Nissan. C’est pourquoi on y ressent une atmosphère de renaissance : la nature elle-même se réveille au printemps, les arbres fleurissent, et la vie reprend après l’hiver.




Le message éducatif de ce mois est essentiel. Nissan comme sa traduction-délivrance -  enseigne que la libération est toujours possible, même lorsque la situation semble figée ou désespérée. Dans la tradition juive, l’Égypte symbolise l’enfermement et les limites humaines. Sortir d’Égypte signifie dépasser ses peurs, ses contraintes et ses dépendances. C’est un appel permanent à transmettre aux générations suivantes la conviction que l’histoire n’est pas immobile et que l’homme peut et même doit participer à son propre renouveau.


Ce mois invite aussi à cultiver la confiance dans la possibilité du miracle. Dans la culture juive, le miracle n’est pas seulement un événement surnaturel : il représente la capacité de voir une ouverture là où tout semblait fermé. Transmettre Nissan, c’est transmettre l’idée que la liberté n’est jamais définitivement acquise mais qu’elle doit être entretenue par la mémoire, la responsabilité et la solidarité.


Sur le plan géopolitique contemporain, cette symbolique prend une dimension particulière pour l’État d’Israël. Depuis sa création, Israël a souvent traversé des périodes où son existence même semblait menacée, mais il a aussi démontré une capacité remarquable de résilience et d’innovation. Dans ce contexte, Nissan rappelle que l’histoire du peuple juif est marquée par des retournements inattendus, où les crises peuvent devenir des moments de transformation stratégique.



Dans une région du Moyen-Orient où les équilibres restent fragiles, Nissan incarne donc un temps d’espérance et de vigilance. Il rappelle que la sécurité d’Israël ne dépend pas seulement de sa puissance militaire, mais aussi de son unité nationale, de sa capacité d’adaptation et de la force morale qui accompagne son projet historique. Comme lors de la sortie d’Égypte, l’avenir peut surgir de manière imprévisible et ouvrir des perspectives nouvelles.


Ainsi, chaque année, lorsque commence le mois de Nissan, la tradition juive invite à regarder l’histoire avec confiance : le miracle n’est pas seulement un souvenir du passé, il peut aussi être la promesse d’un renouveau pour l’avenir du peuple d’Israël, sans oublier que notre seul devoir est celui de la Transmission.






Histoire du Judaïsme : L art JBCH - 2603 - 943

jeudi 12 mars 2026

Pourquoi les Téfilines ? JBCH N° 2603 - 942

Les téfilines : un petit objet ancien face aux questions de la modernité



Chaque matin, dans les synagogues ou dans l’intimité d’un foyer, des hommes juifs enroulent autour de leur bras une lanière de cuir noir et posent sur leur front une petite boîte carrée. 


Cet objet discret, appelé Téfilines (ou phylactères), est l’un des symboles les plus anciens et les plus mystérieux du judaïsme.


                                

L’origine des téfilines remonte directement à la Torah. Dans plusieurs passages du livre du Deutéronome  et de l'Exode il est ordonné aux enfants d’Israël de « lier ces paroles comme un signe sur leur main » et de les placer « comme des frontaux entre leurs yeux ». 


La tradition rabbinique a interprété ces versets de manière concrète : deux petites boîtes de cuir contenant des parchemins où sont écrits des passages bibliques rappelant l’unité de Dieu et la sortie d’Égypte.





Les téfilines sont donc bien plus qu’un simple objet rituel. La boîte posée sur la tête symbolise l’esprit et la pensée, tandis que celle attachée au bras, tournée vers le cœur, représente l’action et l’émotion. Le message est clair : l’homme doit aligner pensée, cœur et actes avec les valeurs spirituelles qu’il proclame.




Mais dans un monde dominé par la technologie, les écrans et l’intelligence artificielle, quel sens peut encore avoir ce petit objet de cuir vieux de plus de trois mille ans ? Pour beaucoup de croyants, les téfilines agissent comme une pause spirituelle dans le flux du temps moderne. Quelques minutes chaque matin pour rappeler que l’identité humaine ne se réduit pas à la productivité ou à l’information.




Certains maîtres du judaïsme voient même dans les téfilines une sorte d’« interface » entre l’homme et le divin. Non pas un objet magique doté d’un pouvoir mystérieux, mais un outil de concentration spirituelle. En les portant, l’individu se souvient qu’il appartient à une histoire, à une mémoire collective et à une responsabilité morale.




Dans cette perspective, les téfilines peuvent être comparées à un ancrage dans un monde en mouvement. À une époque où les repères culturels et politiques changent rapidement, ce rituel quotidien rappelle une idée simple : l’homme ne contrôle pas tout, mais il peut orienter sa vie vers un sens.


Les téfilines ne promettent ni protection surnaturelle ni pouvoir mystique. Leur force réside ailleurs : dans la capacité d’un geste millénaire à reconnecter l’être humain à quelque chose de plus grand que lui. 


Un petit cube de cuir, posé entre le cerveau et le cœur, qui rappelle chaque matin que la spiritualité commence par une décision personnelle.