Palmer Luckey, le « milliardaire en tongs » qui veut réinventer la guerre
À 33 ans seulement, Palmer Luckey incarne le nouveau visage de l’industrie de défense américaine : tongs aux pieds, casquette de gamer vissée sur la tête et fortune estimée à 3,5 milliards de dollars.
Fondateur et CEO d’Anduril Industries, cet excentrique milliardaire a transformé une start-up de garage en géant de la défense high-tech, en misant sur l’intelligence artificielle, les drones autonomes et les systèmes de combat futuristes.
Tout commence en 2017, sous le premier mandat de Donald Trump. Anduril décroche alors son tout premier contrat gouvernemental. Depuis, l’entreprise n’a cessé de grandir.
Aujourd’hui forte de 7 000 employés, elle développe une gamme complète de capteurs, d’avions sans pilote, de « drones suicides » low-cost et d’IA capable de piloter les champs de bataille en temps réel. Sa philosophie est simple : remplacer les coûteux équipements traditionnels par des solutions autonomes et abordables, parfaitement adaptées aux conflits modernes.
Le parcours de Luckey lui-même relève du roman. Passionné de jeux vidéo depuis l’enfance, il est surtout l’inventeur du légendaire casque de réalité virtuelle Oculus, vendu à Facebook pour plus de 2 milliards de dollars en 2014. Renvoyé de Meta en 2017 pour ses opinions politiques jugées trop tranchées, il fonde Anduril avec une idée fixe : remettre l’Amérique (et ses alliés) en tête de la course technologique militaire.
Parmi ses soutiens de poids figure Peter Thiel, cofondateur de PayPal et « techno-gourou » de Donald Trump. L’histoire d’Anduril est d’ailleurs intimement liée à celle du président américain : contrats juteux, lobbying intensif, vision commune d’une armée « intelligente » et moins dépendante des géants traditionnels.
Un sioniste radical à Tel-Aviv
Mais l’actualité récente du jeune milliardaire se joue de l’autre côté de l’Atlantique. Non juif mais autoproclamé « sioniste radical », Palmer Luckey ne cache pas son admiration pour le high-tech israélien. Il vient d’effectuer une visite de deux jours en Israël, où il a été reçu par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, des hauts responsables du ministère de la Défense et plusieurs start-ups du secteur defense-tech.
Anduril entretient déjà une coopération étroite avec Tsahal. La firme a fourni des systèmes de défense autonomes et des drones de reconnaissance et de combat utilisés sur le terrain. Selon des sources proches du dossier, ces technologies auraient démontré leur efficacité dans les opérations récentes au Moyen-Orient. « Israël est à la pointe mondiale de la défense technologique », répète souvent Luckey, qui voit dans l’État hébreu un partenaire stratégique idéal pour tester et améliorer ses innovations.
Alors que les tensions géopolitiques s’intensifient, Palmer Luckey, le milliardaire en tongs, apparaît comme l’un des personnages clés de la nouvelle course aux armements du XXIe siècle : un geek devenu marchand de guerre high-tech, convaincu que l’avenir des conflits se jouera non plus dans les chars et les avions pilotés, mais dans les algorithmes et les essaims de drones autonomes. Et il compte bien que son Anduril – et ses alliés israéliens – soient en première ligne.
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