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lundi 2 novembre 2026

Perte de souveraineté due à nos chers ecoles ! JBCH N° 2611 - 305






JBCH Réflexions N° 303                   2 Novembre 2026


Énergie · Souveraineté


La loi Hulot est elle une loi scélérate ?  Perte de Fessenheim, et de tous les hydrocarbures et  les gaz de schiste


Erreurs depuis 2011 ... avec la Loi Jacob, erreurs qui ont fait reculer la France de la tête des Nations industrielles , 

Erreur qui ne nous permet plus d'installer des data centers, faute d'energie ... Erreur, erreus par simles bettises dogmatiques !


Résumé exécutif

La loi n°2017-1839 du 30 décembre 2017, dite loi Hulot, a organisé la fin de la recherche et de l'exploitation des hydrocarbures conventionnels et non-conventionnels sur l'ensemble du territoire national à horizon 2040, ce qui semble impossible aujourd'hui !!!


Couplée à la fermeture anticipée de la centrale nucléaire de Fessenheim en 2020 et à la loi énergie-climat de 2019 sur le charbon, elle constitue un tournant qui a accru par plus de 20 la dépendance importatrice de la France.

Le chiffrage consolidé fait ressortir trois postes de pertes :

Fessenheim : 6 à 12 Md€ de coûts directs et indirects (indemnisation, démantèlement, manque à gagner de production).
Gaz et huiles de schiste : 100 à 294 Md€ sur 30 ans de valeur brute gelée selon le rapport Montebourg, avec une valorisation médiatique à plus de 290 Md€ 
Dépendance structurelle : 55 Md€ en 2024, 71 Md€ en 2023, 124 Md€ en 2022 de facture énergétique nette, dont 50 à 70 Md€/an d'importations d'hydrocarbures selon RTE 

En cumulé, l'abandon d'une production bas-carbone pilotable et le verrouillage du sous-sol ont transformé un exportateur net d'électricité en importateur net en 2022, au plus mauvais moment de la crise des prix.

JBCH Réflexions1 / 5

1. Cadre juridique : ce que dit la loi Hulot

La loi met fin à la recherche ainsi qu'à l'exploitation des hydrocarbures et porte diverses dispositions relatives à l'énergie et à l'environnement 6. Depuis cette loi, il n'est plus possible de délivrer de nouveaux permis d'exploration sur l'ensemble du territoire national, y compris ultramarin [7].

Contenu clé :

  • Interdiction de tout nouveau permis de recherche d'hydrocarbures liquides ou gazeux, conventionnels et non-conventionnels (gaz et huile de schiste, gaz de réservoir compact) 8
  • Non-renouvellement des concessions existantes au-delà de 2040 ; 64 gisements restaient actifs en 2024 principalement dans les bassins aquitain et parisien
  • Application à la Guyane et à l'outre-mer, avec une dérogation sénatoriale discutée en 2026 pour renouvellement post-2040

Production résiduelle : la production française représente environ 1% de la consommation nationale selon l'Ufip Énergies et Mobilités 9. 

En 2023, l'extraction totale était de 0,6 Mtep 10. Les réserves prouvées exploitables d'ici 2036 sont évaluées de 5 à 10 millions de tonnes, soit l'équivalent de vingt années de consommation au rythme actuel 11.

Centrale nucléaire de Cattenom, Moselle
Une centrale nucléaire française en activité : Cattenom (Moselle). Photo : Wikimedia Commons

2. Fessenheim : le coût d'une fermeture politique

2.1 Historique et production perdue

Fessenheim était la plus ancienne centrale française, avec près de 430 TWh produits depuis 1977, soit l'équivalent d'une année de consommation française 12. 

En 2019, record à 11,9 TWh, soit 85% de la production électrique alsacienne [13]. La moyenne historique est de 11,6 TWh/an. Le calcul théorique avec 1,8 GW x 8760h x 0,85 donne 13,4 TWh 14.

La Cour des comptes a qualifié la fermeture de processus de décision chaotique, caractérisée par une indemnisation qui est trop coûteuse pour l'État 15.

JBCH Réflexions2 / 5

2.2 Chiffrage direct

PosteMontantSource
Indemnisation fixe490 M€ (100 M€ en 2019 + 80% en 2021)Protocole EDF-État 2017 16
Indemnisation variable jusqu'en 2041Jusqu'à 4 Md€ selon mécanisme prix de marché x volumes 900 MWProtocole variable [17] ; rapport parlementaire Mariton/Goua 5 Md€
Démantèlement1,4 Md€ sur 22 ans jusqu'en 2048 (700 M€ par réacteur)EDF 2026 18
Manque à gagner annuel EDF200 M€/an de rentabilité x 20 ans = 4 Md€Rapport parlementaire 2014 19
Surcoût provision initiale 100 M€ vs revendication EDF 2-3 Md€Négociation août 2016

Total direct : 5,9 à 9,9 Md€ selon réalisation de la part variable.

2.3 Coût système

En 2022, pour la première fois depuis 1980, la France a été importatrice nette à hauteur de 16,5 TWh 20. Le solde commercial électrique s'est dégradé de plus de 10 Md€, soit 0,4% du PIB 21.

Si les 11 TWh de Fessenheim avaient été vendus en 2022 à 250-400 €/MWh (Q4 2022 à 910 €/MWh), le manque à gagner brut est de 2,7 à 4,4 Md€ pour la seule année 2022. 

La fermeture a aussi entraîné +5 Mt CO2 par recours aux thermiques et +3,1 Mt via importations.


Pompe de puits de pétrole
Un puits de pétrole en exploitation. Photo : Wikimedia Commons

3. Hydrocarbures et gaz de schiste : le sous-sol gelé

3.1 Potentiel technique

L'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) évalue le potentiel techniquement récupérable français à 3 900 milliards de m3 de gaz de schiste, deuxième d'Europe après la Pologne 22. 

Le bassin Sud-Est concentrerait 3 900 Md m3 et le Bassin parisien 100 millions de m3 techniquement exploitables en huiles, l'un des plus prometteurs d'Europe 23 24.

Autres estimations : Bassin parisien 1 à 2 Md barils d'huiles et 500 Md m3 de gaz Sud-Est selon CGIET 2011.

JBCH Réflexions3 / 5

3.2 Valorisation en euros

Un rapport commandé sous Arnaud Montebourg évalue le gain à 103 à 294 Md€ sur 30 ans et 225 000 emplois potentiels 

La presse économique vulgarise à 290 Md€ la valeur totale des réserves non-conventionnelles bloquées depuis 2017 , décomposée à 210 Md€ pour le seul gaz de schiste.

Pour la Guyane : potentiel offshore prolongeant Guyana/Suriname. Les géologues évoquaient 30 Md barils selon OPEP, puis 5 Md barils exploitables en hypothèse haute, soit 290 Md€ à 60$ le baril 27 L'exploration a été stoppée juridiquement par la loi Hulot de 2017 

RessourceVolume techniqueValeur marché (ordre de grandeur)
Gaz de schiste SE + Paris3 900 Md m3210 Md€
Huile de schiste Bassin parisien100 Mm3 (0,6 Md barils)30-50 Md€
Guyane offshore (hyp. haute)5 Md barils290 Md€
Total conventionnel + non-conv. métropole16 Md équivalent barils = 26 ans conso

Même en retenant un taux de récupération de 10%, la perte de souveraineté correspond à 15-20 ans de consommation gazière nationale, soit 77 ans de consommation selon EIA si 100% était récupéré.

Méthanier transportant du gaz naturel liquéfié
Un méthanier : c'est ainsi qu'arrive désormais le gaz importé (GNL). Photo : Vslv / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

3.3 Coût d'opportunité annuel

Ce qui devrait être scandaleux et que tout le monde médiatique tait : La France importe 99% de son pétrole et 98% de son gaz 30. Avec 45,6 Mt importées en 2024 à 80-85$ le baril, la dépense pétrole est d'environ 37 Md€ 31. 

RTE indique que les importations fossiles coûtent 50 à 70 Md€ chaque année, et même près de 120 Md€ lors de la crise 32 33.

Si la loi n'avait pas interdit l'exploration, une production à 10% de la consommation (objectif réaliste à 10 ans selon professionnels) économiserait 5 à 7 Md€/an de déficit commercial, soit 150 à 210 Md€ à horizon 2040.

JBCH Réflexions4 / 5

4. Bilan souveraineté : addition globale

4.1 Flux financiers

  • Facture énergétique nette : 71,2 Md€ en 2023, 124,1 Md€ en 2022 record 34, 57,8 Md€ en 2024 35, 53 Md€ en 2025 pour les fossiles 36
  • Part des fossiles : 99% pétrole importé 37, 98% gaz
  • GNL : 27% des importations viennent des États-Unis en 2024 (vs 11% en 2023), la France premier importateur européen de GNL avec 19% du total européen

En 2022, 16,5 TWh d'import élec à 250 €/MWh moyen = 4,1 Md€ sortis, sans compter le bouclier tarifaire 5 Md€ et les 59 M€/jour d'importations évoqués lors des pics.


4.2 Perte de souveraineté mesurable

  • Souveraineté électrique : passage d'exportateur structurel (50 TWh exportés en 2023 réduisant facture de 4 Md€) à importateur en 2022. 
  • La fermeture de 1,8 GW pilotable bas-carbone a coïncidé avec la chute de 25% de production nucléaire et a aggravé la crise.
  • Souveraineté fossile : interdiction d'explorer a figé la connaissance du sous-sol. Aucun forage d'évaluation depuis 2017, donc perte de compétence, de forages, de géologues.
  • Souveraineté territoriale : Guyane paie la vitrine climatique métropolitaine. Potentiel estimé à plusieurs milliards de barils côté Suriname/Guyana, 0 côté français par interdiction.

4.3 Synthèse chiffrée 2017-2040

CatégorieCoût avéré / geléNature
Fessenheim indemnisation + démantèlement1,89 Md€ minimumDépense publique directe
Fessenheim manque à gagner + surcoût variable4 à 8 Md€Perte EDF/État
Charbon (Cordemais, Saint-Avold) fermé 2027 vs 2022 prévu0,5 Md€ conversion manquée
Hydrocarbures conventionnels non développés5-7 Md€/an si 10% consoDéficit commercial évitable
Gaz/huile de schiste103-294 Md€ /30 ansValeur brute gelée
GuyaneJusqu'à 290 Md€ hypothèse hauteValeur brute gelée

Lecture souveraineté : même en retenant l'hypothèse basse (100 Md€ schiste + 6 Md€ Fessenheim + 5 Md€/an x 15 ans = 75 Md€), la loi Hulot et décisions connexes représentent plus de 180 Md€ de valeur non produite ou de coûts additionnels sur 2017-2040, sans compter les 50-70 Md€ annuels d'importations fossiles qui auraient pu être partiellement substitués.

Le bénéfice climatique est faible : la production française ne couvrait que 1% de la consommation , talors que l'importation de GNL américain a un bilan carbone bien plus supérieur au gaz domestique hypothétique (fuite méthane + liquéfaction +  transport).

Conclusion

La loi Hulot n'est pas une simple loi d'affichage : elle a verrouillé juridiquement le sous-sol, renoncé à plus de 3 900 Md m3 de gaz et à un bassin huilier comparable au Bakken, et servi de base doctrinale à la fermeture de Fessenheim, qualifiée de chaotique par la Cour des comptes.

Le coût n'est pas seulement budgétaire (1,4 Md€ de démantèlement, 0,49 Md€ d'indemnisation fixe), il est systémique : 10 Md€ de dégradation du solde électrique en 2022, 55-124 Md€ de facture énergétique annuelle, et une dépendance à 99% qui expose la France au prix du GNL américain et russe.

La souveraineté perdue se mesure en euros sortants : chaque TWh nucléaire fermé est un TWh importé à prix de crise, chaque baril interdit en Guyane est un baril acheté à l'étranger. À l'échelle 2017-2040, l'ordre de grandeur est de 150 à 300 Md€ de valeur énergétique non captée, pour un gain CO2 global nul à l'échelle mondiale puisque la consommation a été maintenue par importation.


LaFance a été dotée d'une grande richesse en Gaz de schiste .. Cette richesse nous est interdite par le fait de Lois mal conçues, et de fonctionnaire "idiots" ... On va bientôt des  retrouver dans les derniers des industriels, et notre déficit va s'accrotre d'une façon incontrôlée ..., 

© JBCH -Réflextions Novembre 2026

La Bataille des Présidentielles commence .... JBCH 2611 - 303


JBCH Réfexions N° 303.                            2 Novembre 2026


Le constat : l'élection n'est pas jouée, le réveil est en cours


La photo officielle de 2027 est déjà imprimée par les rédactions. On y voit les mêmes têtes : Marine Le Pen caracolant à 35% dans tous les sondages, Jordan Bardella en doublure, Jean-Luc Mélenchon en repoussoir, et les éternels candidats du bloc central. 

C'est l'histoire qu'on nous vend depuis un an.

Mais le futur Président n'est pas sur cette photo. Et c'est précisément ce que révèlent les 9 signaux faibles analysés par Bruno Jérôme dans Atlantico. 

Non pas dans les intentions de vote brutes, qui ne sont que du bruit, mais dans ce qui se cache derrière.

Le peuple français se réveille doucement. Assez,  ô combien assez ...  de la famille Le Pen comme horizon unique de l'alternance. 

Assez de l'outrance permanente des LFIstes qui ont fait de la conflictualité leur fonds de commerce. 

Les Français ne se laissent plus mener par le bout du nez ni par les sondages qui fabriquent du consentement, ni par les médias qui organisent les duels qui les arrangent.



Le palais de l'Élysée, Paris


Le signal le plus massif est là, sous nos yeux : 46% des électeurs déclarant une intention de vote disent pouvoir changer d'avis. C'est 16 à 17 millions de voix. En 2022 à la même époque, on était à 41%. L'électorat n'est pas figé, il est liquide. Seuls deux pôles sont solides : le RN et LFI, avec plus de 75% de sûrs de leur choix. Entre les deux, tout est ouvert. C'est dans cet espace immense que se fera 2027.

JBCH Réflexions1 / 5

La crise de crédibilité : le plafond de verre des favoris

Deuxième signal faible, et il est dévastateur pour la classe politique installée : personne n'est à la hauteur.

Après les violences du 17 octobre, 55% des Français ne trouvent AUCUNE personnalité politique dont la réaction ait été à la hauteur. 83% chez les sans préférence partisane. Chez les abstentionnistes de 2022, c'est 75%. On ne parle plus de déception, on parle de vide.

Façade du palais Bourbon, Assemblée nationale
Le palais Bourbon, siège de l'Assemblée nationale, Paris. Photo : Wikimedia Commons

C'est le signal le plus important : la crédibilité. Comme le rappelle Jérôme, la crédibilité, c'est la balance entre ce qu'on a annoncé et ce qu'on a réalisé. 

Or les trois derniers Présidents culminent à 35% de satisfaits en moyenne. La com' a remplacé l'action.

Conséquence directe : l'érosion des favoris.

Marine Le Pen inculpée, dont l'avenir judiciare est inconnu, et qui reste à 51% de "ferait une bonne présidente" selon Toluna Harris, Bardella à 47%, mais selon Ipsos BVA, ils reculent : Bardella 33% (-3), Le Pen 32% (-4) sur la satisfaction en cas de victoire. 

C'est le début du contre-bandwagon effect. On se rallie au vainqueur annoncé jusqu'au moment où on doute de sa capacité à gagner vraiment, notamment avec le pourvoi en cassation de Marine Le Pen qui plane.

Même logique sur le rejet : selon Cluster17, Marine Le Pen est à 62% de rejet, ce qui reste énorme. 

Mais selon Odoxa, le moins rejeté n'est pas elle, c'est David Lisnard à 36% de rejet, devant Glucksmann (38%) et Philippe (41%). 

Le Pen et Bardella sont à 46% dans ce même sondage. Les indicateurs sont volatils d'un institut à l'autre, mais la tendance est là : le plafond de verre du RN est toujours là.

Le troisième signal confirme : "aucun" est devenu le premier parti. 40% n'accordent de crédit à aucun candidat sur l'honnêteté, 33% sur la capacité à améliorer la vie. 

Le futur Président est celui qui répondra à cette demande d'incarnation et de comportement moins court-termiste. Il n'est pas sur la photo parce qu'on ne l'attendait pas là.

JBCH Réflexions2 / 5

La droite classique est le champ de bataille ouvert

C'est là que se joue la vraie présidentielle. Et c'est là que les sondages traditionnels, qui n'ont pas testé Lisnard pendant des mois, se sont trompés.

Signal 4 : les préférences programmatiques sans nom. 83% des sympathisants RN veulent une baisse des impôts au prix de moins de dépenses publiques, devant LR à 74%. L'électorat RN est plus libéral que le programme social de Marine Le Pen. Il y a une dissonance cognitive majeure. 

Une partie de cet électorat est instable et peut basculer vers un candidat qui correspond mieux à ses préférences révélées : Lisnard ou Sarah Knafo.


Une nouvelle tendance met en avant Christine Lagarde !!!

 

Signal 5 et 6 : porosité et orphelins. Chez Cluster17, les courbes Lisnard (8%) et Retailleau (7%) se croisent. Lisnard prend à LR, aux macronistes et à Zemmour. 

Mais surtout : 15% de son électorat vient des "sans parti", contre 17% de LR. Ce sont les orphelins de la droite, ceux qui n'ont plus voté depuis 2012, ou qui ont été privés de second tour en 2017 et 2022. Ils n'ont rallié ni Macron ni le RN. Ils attendent. Ils sont 83% à ne trouver personne à la hauteur après le 17 octobre. 

C'est un réservoir de millions de voix que ni les sondages ni les médias ne comptent.




Sur le régalien, le signal est brutal pour le bloc central : chez les sympathisants de la majorité présidentielle, seuls 22% jugent la réaction d'Edouard Philippe à la hauteur après le 17 octobre, contre 36% pour Lecornu. 

Et sur ce même terrain, Lisnard est jugé capable de gérer la situation par 39% des sympathisants LR, contre 13% pour Philippe. Chez les électeurs Pécresse 2022, il devance même Marine Le Pen (43% contre 39%). Edouard Philippe décroche jusque dans son propre camp.

JBCH Réflexions3 / 5

La dynamique invisible que les sondeurs ne voient pas

Dernier signal, et c'est celui qui explique pourquoi le futur Président n'est pas sur la photo : la dynamique de terrain et numérique.

Pendant que les médias testent en boucle les mêmes duels, Nouvelle Énergie a misé sur la capillarité, comme Fillon en 2016. Résultat invisible dans les sondages au début :

+156 000 abonnés Instagram en 14 jours, 463 000 au total. +39 000 sur TikTok sur la même période, contre 2 000 pour Philippe. 4 fois plus que Retailleau sur Instagram. Réfléchissez !!
De 30 000 à 89 602 adhérents payants en un mois. LR est à 77 000, le RN à 112 319. Ce sont des chiffres déclaratifs, mais la dynamique est réelle.
Parti de 3,5%, Lisnard est passé à  9% en un mois selon Ifop et Cluster17.
Bureau de vote en France, élections régionales 2015
Dans un bureau de vote, élections régionales de 2015. Photo : Wikimedia Commons

Ce n'est pas une prédiction, c'est un signal faible au sens d'Igor Ansoff : une information de faible intensité, minoritaire au départ, qui anticipe un changement profond. La spirale du silence de Noelle-Neumann l'explique : longtemps les électeurs ne révèlent pas leur vraie opinion par crainte d'ostracisme. 

Ça a été le cas pour le FN hier, ça l'est aujourd'hui pour un vote libéral-conservateur assumé.

Neuvième signal : les marchés de prédiction comme Polymarket. Lisnard est monté à 13%, pic à 17%. 

Signal à manier avec précaution, car manipulable. Mais il confirme que quelque chose bouge hors des radars classiques.

JBCH Réflexions4 / 5

Conclusion pour dentielle 2027

La présidentielle 2027 n'est pas jouée. Elle est même plus ouverte que 2017 et 2022.

Les sondages d'intention de vote sont du bruit. Les 9 signaux faibles disent autre chose :

  • Un électorat liquide à 46%
  • Une crise de crédibilité à 53% de "aucun"
  • Un plafond de verre et un rejet qui restent massifs pour les favoris
  • Une dissonance programmatique chez l'électorat RN
  • Une porosité qui s'organise autour d'un outsider
  • Des millions d'orphelins sans parti qui attendent un recours
  • Une prime à la satisfaction et à la capacité à améliorer la vie concrète
  • Une dynamique numérique et militante invisible pour les médias
  • Des marchés qui commencent à anticiper
Le palais de l'Élysée vu de la cour d'honneur
Le palais de l'Élysée. Photo : Eric Pouhier / Wikimedia Commons (CC BY-SA)

Le futur Président n'est pas sur la photo parce qu'il n'est pas encore connu du grand public, parce qu'on a longtemps refusé de le tester, donc de l'inviter, donc de le faire émerger. C'est le piège médiatique parfait.

Assez de famille Le Pen comme seule alternative. Assez de l'outrance LFI. Les Français ne veulent plus d'un vote par défaut ou d'un vote contre. Ils cherchent le "mieux d'Etat pour moins d'Etat", le trait d'union entre les orphelins de Sarkozy et de Fillon, celui qui parlera aux salariés des classes moyennes du privé comme du public.

Il ne sera pas désigné par les sondages. Il sera désigné par les Français quand ils se réveilleront complètement.

             © JBCH Réflexions Novembre 2026

USA L'infiltration islamiste avance ? JBCH N° 2611 - 302





JBCH Réflexions  N° 302           2 Novembre 2026



États-Unis · Élections 2028-2032

Le scénario de l'infiltration

Le Capitole des États-Unis, siège du Congrès, Washington. Photo : Wikimedia Commons (domaine public)

Imaginons 2028-2032. Au lieu de quelques candidatures isolées comme celle d'El-Sayed, une stratégie coordonnée se met en place.

Elle ne s'appelle pas "islamiste" publiquement. Elle s'appelle "New Crescent Coalition" ou "Justice & Faith Alliance". Son idée est d'utiliser la structure même du Parti démocrate : primaires ouvertes, faible participation, besoin crucial du vote jeune et musulman dans les swing states.

1. La méthode :

Dans chaque district où le Parti démocrate a une primaire peu disputée, on présente un candidat. Profil type : 30-45 ans, né aux USA, diplôme en droit ou santé publique, discours parfaitement calqué sur celui de la photo : Medicare for All, climat, anti-lobby. 

La dimension religieuse n'apparaît jamais dans les tracts officiels, mais la mobilisation se fait via les mosquées, les associations étudiantes MSA, les réseaux WhatsApp communautaires et une levée de fonds nationale très efficace.

JBCH Réflexions1 / 4

D'ici 2030, on ne parle plus de 2 ou 3 candidats comme Ilhan Omar ou Rashida Tlaib, mais de 200 candidats à la Chambre et 15 au Sénat, tous se revendiquant démocrates.

Jour d'élection aux États-Unis, novembre 2022
Jour d'élection aux États-Unis, novembre 2022. Photo : Wikimedia Commons

2. La réaction interne :

Le Parti démocrate se coupe en trois.

  • L'aile progressiste historique les accueille : pour elle, c'est la diversité.
  • L'aile centriste type Whitmer / Shapiro / Buttigieg crie à l'entrisme et tente de financer des super-PACs pour les bloquer en primaire.
  • L'aile establishment panique parce que les oppositions républicaines récupèrent chaque vidéo et montent en épingle : "Le Parti démocrate est devenu le parti de la charia".
JBCH Réflexions2 / 4

Le résultat en 2032

C'est là que votre scénario devient contre-productif pour ses propres organisateurs.

Aux primaires démocrates de 2032 : le raz-de-marée a lieu, mais seulement localement. Sur les 200 candidats à la Chambre, environ 60 gagnent leur primaire, tous dans des districts D+15 ou plus : Dearborn, Minneapolis, Paterson, Houston, Seattle, etc. Sur les 15 au Sénat, 2 seulement passent : Michigan et Minnesota. 

Dans tous les États pivots - Pennsylvanie, Wisconsin, Arizona, Géorgie - les électeurs démocrates modérés votent massivement contre eux par réflexe de survie électorale.

Isoloir et machine de vote, Summit, New Jersey
Dans l'isoloir, élection de novembre 2012, Summit (New Jersey). Photo : Wikimedia Commons

Aux élections générales de novembre 2032 :





1. À la Chambre :

Les 60 candidats gagnent leurs sièges. Le Parti démocrate garde la Chambre de justesse, mais il a maintenant un bloc de 60-70 élus très disciplinés, qui votent ensemble et qui bloquent toute législation pro-Israël, toute loi sur la sécurité intérieure, et qui exigent des positions sur la politique étrangère. Le caucus devient ingouvernable.

2. Au Sénat :

C'est l'échec. Le candidat type "Abdul" perd dans le Michigan en générale à 48% contre 52% face au républicain, parce que les banlieues d'Oakland County, les ouvriers de Macomb et les noirs modérés de Detroit ne suivent pas. 

Même scénario dans la plupart des États contestés. Résultat : le Sénat passe à 55 sièges républicains.

JBCH Réflexions3 / 4

3. À la présidentielle :

Le grand perdant est le candidat démocrate à la présidentielle. L'image qui tourne en boucle à la télé conservatrice n'est plus celle de la photo de Detroit que vous avez envoyée : un homme jeune qui parle de santé - mais une compilation de 60 meetings similaires avec le drapeau américain à côté d'un discours sur Gaza. 

Le vote musulman, qui pèse 1% à l'échelle nationale, ne compense pas la perte de 3-4% de l'électorat juif, hispanique catholique et ouvrier blanc dans les swing states.

Façade est du Capitole des États-Unis
Le Capitole, façade est. Photo : Martin Falbisoner / Wikimedia Commons (CC BY-SA)

Conclusion du scénario :

L'infiltration réussit tactiquement - prendre le contrôle d'une partie de l'appareil démocrate par en bas est possible aux USA. 

Mais stratégiquement, elle provoque exactement ce que l'histoire du Tea Party a provoqué chez les Républicains en 2010-2012 : elle radicalise le parti, le rend plus homogène idéologiquement dans ses bastions, et le rend inéligible au niveau national. 

En 2032, le Parti démocrate ne devient pas islamiste, il devient minoritaire.

                © JBCH Réflexions  Novembre 20264 / 4

Shumuel Trigano : Son opinion JBCH 2611 - 301

 

Les élections israéliennes du 27 octobre 2026 ont-elles ouvert une brèche historique dans les fondements mêmes de l’État juif ? Pour Shmuel Trigano, philosophe et sociologue, professeur émérite des universités, le bouleversement ne se limite pas aux équilibres de la Knesset. Il touche à la souveraineté, à l’identité nationale et à l’avenir du sionisme. Dans cette tribune majeure, l’auteur livre une réflexion sans concessions sur les mutations du nationalisme palestinien, les responsabilités de la gauche israélienne et ce qu’il considère comme une nouvelle stratégie de confrontation avec Israël.


LA FIN DU SIONISME ?

Shmuel Trigano

Professeur émérite des Universités

Qui s’imagine, à la lumière des résultats des élections de la XXVI° Knesset, que tout pourra continuer comme avant ? La conquête de 19 sièges par les partis dits « arabes » change la donne à tous les points de vue et dévoile ce qui a changé déjà. Ce n’est pas uniquement la quantité de sièges obtenus qui fait la différence, c’est le fait que les partis « juifs » ne peuvent plus avoir la majorité si ce n’est en nouant des accords obligatoires avec leurs concurrents « juifs », avec obligation de passer sous leurs fourches caudines, sous la menace qu’ils pourraient exercer sur eux, en nouant alliance avec les voix arabes. En un mot, les partis juifs n’ont plus la majorité. Quand ils en auront une, ce sera contre leurs rivaux juifs, ce qui impliquera une dégradation de la vie politique sur tous les plans.

Ce distinguo reste cependant théorique, au vu de la réalité vécue sur le terrain qui est très claire et immédiate. Je ne parle pas seulement de la corruption du vote arabe par l’argent du Qatar, un scandale éventé le soir des élections dont on ne connait pas encore les conséquences. J’évoque plutôt d’autres scènes. À Nazareth les résultats ont été reçus avec l’hymne national palestinien Biladi. Un ancien député, Osama Saadi dédie la victoire « aux fils de notre peuple, à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem occupée, aux prisonniers dans les geôles israéliennes », ceux qui ont du sang sur les mains et Israël qualifie justement de terroristes …

Que doivent ressentir les parents des otages, des hommes morts au combat, de la tourmente du 7 octobre dont les plaies ne sont pas encore cautérisées ? Et ce député, Mansour Abbas, chef du parti Raam, qui n’arrive pas à qualifier le Hamas si ce n’est comme une association de bienfaisance (dans laquelle il joue effectivement un grand rôle !)

Au fait, pourquoi parle-t-on de partis « arabes » ? Parce que ces partis ne reconnaissent pas la légitimité des partis « sionistes », c’est-à-dire de l’Etat d’Israël dont ils sont en principe des représentants. La tentative d’exiger des candidats à la députation une reconnaissance sine qua non de la légitimité de l’existence de l’Etat a échoué, quoique inscrite dans la Déclaration d’indépendance qui fait office de constitution. La Cour suprême y est pour quelque chose, qui ne connait que des individus, comme sujets de droit bénéficiant des droits de l’homme, mais pas des identités collectives, version israélienne d’un problème mondial pour les démocraties aujourd’hui, quand les droits de l’homme sont opposés aux droits des citoyens, alors qu’Il n’y a eu de démocratie dans l’histoire que dans le cadre de l’Etat-nation, au sein duquel des « communautés » (les « minorités ») ont pu se développer, sous l’égide de la centralité de la nation et en renonçant à toute autonomie politique pour accéder aux droits individuels du citoyen. Les partis « arabes » sont donc ceux qui se définissent toujours comme appartenant au « peuple palestinien », le seul peuple légitime selon eux et dont ils sont déjà membres sur la terre de l’Etat d’Israël dont ils dénient par ailleurs la légitimité. Avec leur capacité de faire obstruction aux impératifs des partis « juifs », ils porteront nécessairement atteinte à tous les enjeux cruciaux auxquels sont confrontés les partis « sionistes », à la guerre notamment du monde musulman contre l’Etat d’Israël alors qu’aucun Arabe israélien n’a jamais eu à faire de service militaire. En somme, ils n’auront que des droits (ce qui ne les empêche pas d’accuser l’Etat et la nation de racisme) et aucun devoir envers la « nation ».

Ce divorce ouvre un abîme dans la période à venir.

L’existence, même inerte, de ces partis à la Knesset empêchera tout sentiment ou action des partis (« juifs ») notamment quand ils tenteront d’assumer l’envergure internationale que confère la diaspora juive à l’Etat d’Israël qui est comme la patrie culturelle, religieuse et civilisationnelle de la dispersion juive. Toute une gamme d’actions et de cérémonies se verront ainsi interdite,s « Génocide oblige ! », déplacées car les citoyens arabes sont censés relever d’un autre monde (la Nakba). Proposer une loi sur l’alya, discuter le programme de l’enseignement juif obligatoire, chanter la Hatikva, lancer des opérations armées contre les ennemis, autant d’actes impossibles qui se heurteront à l’exigence d’un « « retour des « réfugiés » palestiniens.

L’Etat juif n’est plus chez lui ! Il est aux mains de squatters qui s’en sont emparés dans l’absence à eux-mêmes de ses locataires (la « gauche » israélienne).

L’histoire rendra compte des responsabilité de la gauche « progressive » israélienne dans cet état de faits, la course au bouc émissaire contre Netanyahou, le démantèlement des systèmes identitaires juifs, le dévoiement de la démocratie, la prise du pouvoir par le pouvoir judiciaire…

La nouvelle stratégie palestinienne : l’alter-jihadisme

Il faut cependant comprendre les mutations qui se produisent dans l’évolution dont nous constatons les effets. Je la définirai très simplement. Les Palestiniens ont changé de stratégie. Ils n’attaquent plus tellement Israël du dehors de ses frontières mais du dedans. Les Accords d’Oslo, ont en effet installé l’Autorité palestinienne au coeur du pays, et donc dans la vicinité des Arabes d’Israël. Désormais le nationalisme palestinien attaque Israël du dedans des frontières d’Israël.

Pour comprendre cette nouvelle donne, il faut resituer la réalité dans le discours parlant arabe. Il y a en effet un discours destiné aux Arabes musulmans et un autre, ambivalent, très différent, adressé aux occidentaux naïfs qui jouent le rôle de ceux que Lénine avait nommé les « idiots utiles ». « Musulman », car le nouveau discours ne s’entend qu’à travers ce prisme-là, le prisme de la Sharya,la loi polititico-religieuse de l’islam. C’est capital pour comprendre quelque chose à la situation car le mensonge, la takya, est une stratégie religieusement autorisée dans le djihad mondial. La chose est très documentée à la fois pour la sharia et son usage pour des finalités djihadiques : tromper l’ennemi avec des paroles de circonstance pour foncer ensuite sur lui et le dominer.H

Or, ces dernières années, il s’est produit une évolution de la stratégie djihadique. L’opération « Shomer homot /Gardien des murs» ( en 2021) contre le Hamas a été paradigmatique avec le « pogrome » perpétré dans la ville s Lod où l’on a vu des Arabes israéliens attaquer leurs concitoyens juifs par surprise. L’attaque du 7 octobre s’inscrit parfaitement dans ce cadre-là : une invasion surprise, massive et meurtrière. D’autres parallèles djihadiques se manifestent aujourd’hui : l’invasion surprise du 7 octobre à Gaza, et, dans une autre sphère, l’invasion de Ceuta par 80 000 Marocains, et que se passera-il demain en Europe de l’ouest, au Canada et qui réactivera la geste des invasions islamiques des premiers siècles de islam ?

Aujourd’hui, Tsahal se prépare à une invasion surprise qui viendrait de la Judée-Samarie. Autour du théatre d’ombres de l’Autorité palestinienne en Samarie se trouve en effet une quasi armée de plus de 70 000 soldats (« policiers ») palestiniens, armés et soutenus par la triste Union Européenne. La prochaine attaque viendra de là. II faut rappeler qu’en Judée Samarie vivent environ 600 000 israéliens qui sont là parce que c’est le coeur historique et stratégique de la Terre d’Israël que l’armée d’invasion de la Transjordanie (capitale Amman) avait réduite, par endroit dans la zone centrale du pays, à un territoire d’une épaisseur de 15 kilomètres, lors de la guerre d’indépendance de 1948. C’est alors qu’est née la « Cisjordanie ».

A entendre Mansour Abbas, chef du parti Raam, champion de la takya, l’Etat palestinien existe déjà dans les territoires qui sont au dedans d’Israël. Il désigne ainsi avec ambivalence l’Autorité palestinienne de Ramallah (la Samarie), à 15km de Jérusalem mais aussi tout le territoire Israélien. Pourquoi ne demanderait-il pas au parlement israélien, une administration autonome en Galilée ou au Negev où il y a un déficit démographique juif ?…

Ce changement d’orientation repose sur toute une doctrine théologico-politique : le djihad civique, citoyen, comme le définit une fatwa de l’imam Qaradawi (1926-2022), basé au Qatar et jouissant d’une grande influence dans le monde musulman, notamment en Europe et aux Amériques. Qaradawi distingue entre différents djihads. Aujourd’hui, le djihad économique et financier comme le djihad médiatique (Al Jazira) peuvent s’appuyer sur l’argent du Qatar tout comme le djihad intellectuel qui convertit les universités occidentales à travers de nombreux financements. Le Qatar peut s’appuyer sur la Turquie d’Erdogan pour pallier sa petitesse, une Turquie très présente en Occident même.

C’est là l’origine de l’alliance entre gauchisme et islamisme qui fleurit en France, en Angleterre, en Italie et aux Amériques (LFI à Paris, Mandani à New York, Al Sayed à Minneapolis. L’investissement de la sphère politique occidentale (parlements, mairies, institutions) et démocratique prépare en fait une prise du pouvoir quand le moment sera favorable.

Avec le massacre du 7 octobre et l’élection de la XVI° Knesset°, on tient les deux extrémités de la même corde du djihad…

© Shmuel Trigano Novembre 2026

Professeur émérite des Universités