C'est une révolution annoncée dans un flacon minuscule. NanoDrops, la start-up israélienne issue des laboratoires de l'Université Bar-Ilan de Jérusalem, a présenté aux 26es Journées de Réflexions Ophtalmologiques du CNIT de Paris La Défense une technologie présentée par le Pr. David Smadja qui pourrait transformer radicalement la prise en charge de la myopie mondiale.
La solution développée par NanoDrops repose sur trois étapes : le calcul du patron réfractif personnalisé, la création d'un patron optique par laser superficiel, puis l'instillation des nano-gouttes. Les deux premières étapes sont réalisées par un médecin ou une clinique d'optométrie ; la troisième est effectuée de façon autonome par le patient lui-même.
La science derrière ce concept est aussi élégante qu'ambitieuse. Les nano-gouttes sont chargées de nanoparticules synthétiques conçues pour corriger les erreurs réfractives responsables de la myopie, de l'hypermétropie et de la presbytie — trois des troubles visuels les plus répandus au monde. Le mécanisme cible la cornée, qui représente 60 % de la puissance optique de l'œil, en modifiant localement son indice de réfraction pour recalibrer la trajectoire de la lumière vers la rétine.
La technologie est une co-création entre le Pr Zeev Zalevsky de la faculté d'ingénierie Alexander Kofkin, le Pr Jean-Paul Lellouche du département de chimie de Bar-Ilan, et le Dr David Smadja, directeur de l'unité de recherche en ophtalmologie au Shaare Zedek Medical Center de Jérusalem.
Les résultats pré-cliniques sont solides. Les tests sur yeux de porcs — dont le système optique est très proche de l'humain — ont montré une amélioration significative de la correction réfractive aussi bien pour la myopie que pour l'hypermétropie. Des essais sur l'humain ont depuis été initiés, et si l'efficacité sur l'astigmatisme reste à prouver, les chercheurs restent confiants quant au potentiel révolutionnaire de cette technologie pour l'ophtalmologie mondiale.
Un bémol subsiste néanmoins : l'effet des nano-gouttes n'est pas permanent. Le laser étant superficiel, l'œil se régénère naturellement et le traitement doit être renouvelé environ tous un à deux mois. Un modèle d'abonnement thérapeutique plutôt qu'une guérison définitive — ce qui n'en diminue pas moins l'intérêt clinique considérable pour des millions de patients réfractaires à la chirurgie laser traditionnelle.
Dans un marché mondial de la lunetterie évalué à 167 milliards de dollars, NanoDrops incarne l'ambition d'Israël de s'imposer comme puissance de premier plan en medtech ophtalmologique.
La présentation au CNIT de Paris aura convaincu plus d'un ophtalmologiste français que la prochaine grande révolution visuelle se jouera peut-être non pas au bloc opératoire, mais dans un simple flacon de gouttes.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire