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dimanche 4 octobre 2026

"Tu casses, tu paies." JBCH N° 2610 - 201

 Éditorial · Ordre républicain

Gabriel  Attal "Tu casses, tu payes"



Tu casses, tu paies



Arc de Triomphe saccagé, Trocadéro incendié, mobilier urbain pulvérisé : la facture finit toujours chez le contribuable. Le temps de l'impunité doit s'achever, et quand le casseur est mineur, ses parents doivent répondre.

JBCH  N° 201 · 4 octobre 2026

Il y a des images qu'un pays ne devrait jamais s'habituer à voir. L'Arc de Triomphe tagué et pillé en décembre 2018, au-dessus de la tombe du Soldat inconnu. 

Et le 30 mai dernier, la victoire du PSG en Ligue des champions fêtée à coups de vitrines brisées, de commerces pillés et de voitures en flammes jusqu'au Trocadéro.

Chaque fois, le même rituel : indignation, promesses, puis l'oubli. Et la facture, toujours la même destinataire : la collectivité, c'est-à-dire vous et moi.





Enfin un texte

Le gouvernement a présenté le 16 septembre en Conseil des ministres le projet de loi dit « casseurs-payeurs ». Son principe est simple et juste : ceux qui participent à un groupement violent ou restent dans un attroupement après les sommations pourront être tenus solidairement responsables des dégâts, jusqu'à 10 000 euros chacun. Le recouvrement par l'État sera facilité.

Il était temps. La loi de 2019 posait déjà le principe, mais elle se heurtait à l'identification des auteurs et ne récupérait que des sommes dérisoires. Désormais, se fondre dans la foule ne protégera plus.

Un monument de la République n'est pas un défouloir. C'est notre patrimoine commun.



Condamner, sans trembler

Mais payer ne suffit pas. Celui qui dégrade un monument public, une mairie, une école, un mémorial, ne commet pas une simple « incivilité ». Il s'attaque à ce qui nous appartient à tous, à ce que la nation a bâti et transmis. 

Il doit être poursuivi et condamné, avec des peines réellement exécutées, et des travaux d'intérêt général sur les lieux mêmes qu'il a souillés.

Et les parents des mineurs

Reste la question qui fâche : beaucoup de casseurs sont mineurs. Le droit civil rend déjà les parents responsables de plein droit des dommages causés par leurs enfants. Encore faut-il l'appliquer, et systématiquement. 

Un mineur de 15 ans qui casse à minuit n'est pas un orphelin de la République : il a des parents qui ne savaient pas où il était, ou qui ont laissé faire.

Que ces parents paient la réparation, quitte à étaler les versements. Ce n'est pas de la cruauté, c'est de la responsabilité. L'autorité parentale est un droit ; elle est d'abord un devoir.




Le débat qui reste ouvertPlusieurs députés veulent aller plus loin et suspendre les allocations familiales des parents de mineurs condamnés. Le gouvernement s'y dit défavorable. Le texte doit passer d'abord au Sénat avant d'arriver à l'Assemblée.
La liberté de manifester et la joie de célébrer ne sont pas des permis de détruire. Le message doit être clair pour chaque casseur, et pour ses parents s'il est mineur : ce que tu brises, tu le répares. Ce que tu salis, tu le paies.
© JBCH octobre 2026 d'après le  projet de loi relatif à la réparation des dommages résultant de violences ou de dégradations commises dans l'espace public (Conseil des ministres, 16 septembre 2026) ; Banque des Territoires ; Assemblée nationale.

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