Éditorial · Ordre républicain
Tu casses, tu paies
Arc de Triomphe saccagé, Trocadéro incendié, mobilier urbain pulvérisé : la facture finit toujours chez le contribuable. Le temps de l'impunité doit s'achever, et quand le casseur est mineur, ses parents doivent répondre.
JBCH N° 201 · 4 octobre 2026
Il y a des images qu'un pays ne devrait jamais s'habituer à voir. L'Arc de Triomphe tagué et pillé en décembre 2018, au-dessus de la tombe du Soldat inconnu.
Et le 30 mai dernier, la victoire du PSG en Ligue des champions fêtée à coups de vitrines brisées, de commerces pillés et de voitures en flammes jusqu'au Trocadéro.
Chaque fois, le même rituel : indignation, promesses, puis l'oubli. Et la facture, toujours la même destinataire : la collectivité, c'est-à-dire vous et moi.
Enfin un texte
Le gouvernement a présenté le 16 septembre en Conseil des ministres le projet de loi dit « casseurs-payeurs ». Son principe est simple et juste : ceux qui participent à un groupement violent ou restent dans un attroupement après les sommations pourront être tenus solidairement responsables des dégâts, jusqu'à 10 000 euros chacun. Le recouvrement par l'État sera facilité.
Il était temps. La loi de 2019 posait déjà le principe, mais elle se heurtait à l'identification des auteurs et ne récupérait que des sommes dérisoires. Désormais, se fondre dans la foule ne protégera plus.
Condamner, sans trembler
Mais payer ne suffit pas. Celui qui dégrade un monument public, une mairie, une école, un mémorial, ne commet pas une simple « incivilité ». Il s'attaque à ce qui nous appartient à tous, à ce que la nation a bâti et transmis.
Il doit être poursuivi et condamné, avec des peines réellement exécutées, et des travaux d'intérêt général sur les lieux mêmes qu'il a souillés.
Et les parents des mineurs
Reste la question qui fâche : beaucoup de casseurs sont mineurs. Le droit civil rend déjà les parents responsables de plein droit des dommages causés par leurs enfants. Encore faut-il l'appliquer, et systématiquement.
Un mineur de 15 ans qui casse à minuit n'est pas un orphelin de la République : il a des parents qui ne savaient pas où il était, ou qui ont laissé faire.
Que ces parents paient la réparation, quitte à étaler les versements. Ce n'est pas de la cruauté, c'est de la responsabilité. L'autorité parentale est un droit ; elle est d'abord un devoir.
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