La TAQIYA
La question de l’utilisation de la tromperie stratégique (ou Taqiya, dans un sens élargi, bien que ce terme soit historiquement lié au contexte chiite) par les dirigeants palestiniens pour influencer l’opinion publique est un sujet débattu. Selon certains analystes, dont Gilles Kepel, des responsables palestiniens ont parfois utilisé un double discours et des techniques de communication spécifiques pour façonner la perception du conflit en leur faveur.
1. La manipulation du discours selon l’audience
• Un discours modéré en direction de l’Occident : Pour gagner le soutien des gouvernements occidentaux et de la société civile internationale, les dirigeants palestiniens (notamment Yasser Arafat, puis Mahmoud Abbas) ont souvent mis en avant des messages pacifiques, insistant sur la nécessité d’un processus de paix, sur les souffrances du peuple palestinien et sur leur engagement en faveur d’une solution diplomatique.
• Un discours plus radical pour la rue arabe : En parallèle, des discours en arabe ont parfois adopté un ton plus dur, insistant sur la résistance armée, le refus de toute concession à Israël et l’objectif d’une “libération totale de la Palestine”. Cela a notamment été le cas chez certains leaders du Hamas, qui prônent ouvertement la destruction d’Israël devant leur public local, tout en adoptant un ton plus diplomatique à l’international.
2. L’exploitation médiatique des conflits
Les dirigeants palestiniens et leurs alliés médiatiques auraient aussi utilisé des stratégies de communication spécifiques pour influencer l’opinion publique internationale :
• Mise en avant des victimes civiles palestiniennes : Les médias palestiniens et pro-palestiniens insistent sur les souffrances des populations sous occupation israélienne, ce qui permet de susciter l’émotion et la sympathie dans le monde entier. Des images d’enfants blessés ou tués sont souvent diffusées pour mobiliser l’opinion publique contre Israël.
• Exagération ou mise en scène de certaines situations : Il y a eu des cas où des vidéos ou des photos ont été utilisées de manière trompeuse, montrant des mises en scène d’attaques ou exagérant l’ampleur de certains événements (ce que certains ont appelé le phénomène de Pallywood, contraction de “Palestine” et “Hollywood”).
• Minimisation des attaques palestiniennes : Les actes de violence commis par des groupes palestiniens, notamment les attentats-suicides des années 1990-2000 ou les tirs de roquettes sur Israël, sont souvent présentés comme des actes de “résistance légitime”, occultant leur caractère terroriste.
3. L’influence sur l’opinion publique occidentale
• Dans les universités et les médias : La rhétorique palestinienne a trouvé un écho important dans les cercles intellectuels et universitaires occidentaux, où le conflit est souvent perçu sous l’angle d’une lutte contre le colonialisme et l’impérialisme. Cette approche a permis aux dirigeants palestiniens de rallier de nombreux soutiens à leur cause.
• Dans les instances internationales : L’Autorité palestinienne a également utilisé des narratifs forts au sein de l’ONU et d’autres organisations internationales pour présenter Israël comme un oppresseur et les Palestiniens comme un peuple colonisé, réussissant à obtenir des résolutions favorables à leur cause.
4. L’impact du mensonge et de la désinformation
• Perte de crédibilité sur le long terme : Si ces stratégies permettent de gagner du soutien, elles finissent aussi par susciter du scepticisme, notamment lorsque des manipulations sont dévoilées.
• Renforcement des clivages : La désinformation alimente la radicalisation des deux camps et rend encore plus difficile la recherche d’une solution pacifique.
• Utilisation par d’autres acteurs : Des groupes comme le Hamas, qui refusent toute négociation avec Israël, exploitent ces techniques pour justifier la lutte armée et maintenir un climat de tension permanent.
Conclusion
Si l’on suit l’analyse de Kepel et d’autres chercheurs, il semble que certaines stratégies de communication des dirigeants palestiniens intègrent une part de manipulation et de double langage pour influencer les opinions publiques, notamment en Occident. Cela ne signifie pas que toute la cause palestinienne repose sur des mensonges, mais plutôt que des techniques de propagande et de désinformation sont parfois utilisées pour maximiser le soutien international, comme c’est souvent le cas dans des conflits asymétriques.

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