TIN HINAN
La reine fondatrice des Touaregs
Tin-Hinan est une figure emblématique et mythique de l’histoire des Touaregs, souvent considérée comme leur “reine ancestrale” ou même leur mère fondatrice. Son nom signifie probablement “celle des tentes” ou “la femme de la tribu”, et elle incarne l’identité des peuples berbères nomades du Sahara central.
Selon les traditions touarègues, Tin-Hinan était une noble femme berbère, probablement judaïsée, qui aurait traversé le désert du sud marocain jusqu’à l’Ahaggar (Hoggar) dans le sud de l’Algérie. Elle aurait vécu entre le 4ᵉ et le 5ᵉ siècle, bien qu’il soit difficile de dater précisément son époque.
Elle est décrite comme une cheffe charismatique et respectée, souvent associée à des qualités de sagesse, de justice et de bravoure.
En 1925, des archéologues français ont découvert un tombeau monumental à Abalessa, dans le massif du Hoggar (sud de l’Algérie).
Ce tombeau est attribué à Tin-Hinan, bien que certains débats subsistent sur l’identité exacte de la femme enterrée.
Tin-Hinan est un symbole majeur de l’identité touarègue, notamment chez les Kel Ahaggar, l’une des confédérations touarègues. Elle incarne la filiation matrilinéaire dans certaines sociétés touarègues (où l’héritage passe par la mère).
Son image a été reprise dans des chansons, des romans et même des revendications identitaires touarègues modernes. Le Roman de Pierre Benoit Antinéa (1919) retrace la mythologie attachée à sa vie et à ses combats.
La plupart des traditions touarègues rapportent que Tin-Hinan était une noble berbère, venue du Tafilalet (sud du Maroc actuel). Elle serait arrivée dans l’Ahaggar avec sa servante Takamat, fuyant des troubles ou guidée par une vision spirituelle.
De nombreux chercheurs ont évoqué qu’elle devait venir d’un groupe juif berbère installé dans le sud marocain. En effet, certains juifs berbères vivaient au 4ème siècle dans la région du Tafilalet ou de l’Atlas, bien avant l’islamisation et probablement bien avant l’arrivée des romains. Il n’est donc pas impossible qu’elle fasse partie de ces communautés.
En effet, Il existait bel et bien des tribus berbères judaïsées, notamment les Djeraoua, dont la reine Kahina (7ᵉ siècle) est la plus célèbre. Cela ouvre la possibilité, pour nombre de chercheurs, que Tin-Hinan ait été influencée ou issue de ces milieux.

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