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dimanche 17 mai 2026

Le réveil de l'antisémitisme ... JBCH N° 2605 - 1069

BLOIS, 1171 — 2026 : LE MENSONGE ÉTERNEL

Du bûcher médiéval aux campus d'élite : la haine qui ne meurt pas

Le printemps 1171 à Blois restera comme l'un des épisodes les plus sombres de la France médiévale non parce qu'un crime fut commis par des Juifs, mais parce qu'un crime fut commis contre eux, avec la complicité délibérée de ceux qui auraient dû les protéger. 

Sous tous les continents, dans l'espace et dans le temps on a tué, massacré des juifs, sans autre forme de procès parce qu'ils étaient juifs ! 



Tout commence par un cheval ombrageux. Isaac ben Elazar, marchand juif, s'arrête au bord de la Loire pour abreuver sa monture. Une peau de fourrure glisse sous son manteau. Le cheval d'un noble s'effraie. 

Son valet, incapable de le maîtriser, rentre bredouille — et invente, pour justifier son échec, une histoire de meurtre rituel : un Juif aurait jeté le cadavre d'un enfant chrétien dans le fleuve.

Le noble ne croit pas un mot de cette fable. Mais il y voit une occasion. Pulcelina, influente veuve juive et prêteuse d'argent, le tient par les dettes. Le comte Thibaut V de Blois, souverain du lieu, est lui aussi son débiteur  son comté, héritage de cadet dans l'ombre du prospère comté de Champagne, étouffe sous les créances. La comtesse Alix, fille de Louis VII, élevée dans le luxe et déçue par la médiocrité de Blois, considère Pulcelina comme une ennemie personnelle. Trois puissants, un même créancier, une même dette à effacer.


La mécanique judiciaire du mensonge s'emballe. Une quarantaine de Juifs sont arrêtés et jetés en prison. Aucun cadavre ne sera jamais retrouvé. Aucun enfant chrétien ne manque à l'appel. Aucune famille ne porte plainte. L'affaire devrait s'effondrer d'elle-même. 


Un prêtre intervient alors pour la sauver. Il propose de soumettre le valet à l'épreuve de l'eau — procédure médiévale où flotter signifie dire vrai. Le résultat, soigneusement arrangé, est sans surprise : le valet flotte. Les Juifs sont condamnés à mort.


Le 20 Sivan — 26 mai 1171 — Pulcelina et une trentaine de Juifs, dont des femmes enceintes et des nourrissons, sont conduits au bûcher. On leur propose la vie sauve contre la conversion. Ils refusent à l'unanimité. Leurs bourreaux chrétiens eux-mêmes furent troublés par la beauté du chant qui s'éleva des flammes — la prière Aleynu, hymne de gratitude au Créateur, chantée à pleine voix jusqu'à la mort.


La réaction juive fut immédiate et digne. Les communautés d'Orléans, Paris et Troyes se mobilisèrent pour racheter les survivants et se rendre auprès du roi Louis VII. Sa réponse fut sans équivoque : "Thibaut a gravement péché. Je ne crois pas que les Juifs aient jamais tué un chrétien. N'ayez crainte, je renforcerai votre protection." Le propre frère du comte condamna lui aussi l'exécution. Thibaut V avait obtenu ce qu'il voulait : ses dettes effacées dans les flammes.


2026 !! : MÊME BÛCHER, AUTRE FORME


On aurait pu croire la leçon retenue. On aurait tort.
En 2026, l'antisémitisme ne porte plus de torches. Il porte des pancartes. Il s'exprime en amphi, se diffuse sur les réseaux, se drape dans le vocabulaire des droits humains pour mieux cibler un seul peuple. Et il prospère là où on l'attendait le moins : dans les universités les plus prestigieuses du monde occidental, ces temples de la raison et de l'esprit critique qui auraient dû être les premiers remparts contre la haine.


À Harvard, Columbia, Sciences Po, la "London School of Economics", dans ces institutions qui forment les élites de demain — des étudiants juifs témoignent d'une atmosphère devenue hostile et parfois dangereuse. 


Des conférenciers juifs ou israéliens sont empêchés de parler. Des associations juives sont exclues de coalitions, de blogs, de comités,  Des professeurs signent des pétitions appelant au boycott académique d'Israël seul État au monde à subir ce traitement. La calomnie du génocide, répétée jusqu'à la nausée sans souci de définition ni de preuve, est devenue le nouvel accusé de réception intellectuel dans certains milieux universitaires. Certains partis politiques prennent position pour le mensonge d'une façon nauséabonde.




La mécanique est identique à celle de Blois. Une accusation choc, hier le meurtre rituel d'enfants chrétiens, aujourd'hui le massacre systématique de civils présenté sans contexte ni nuance. La majorité des victimes étant des terroristes armés. Des institutions puissantes prêtes à l'amplifier sans exiger de preuve. Une communauté juive contrainte, une fois de plus, de prouver l'impossible, de justifier son existence, de se défendre contre des chimères.


Le New York Times publie, sans vérification, une chronique affirmant qu'Israël entraîne des chiens pour violer des prisonniers palestiniens. L'accusation est reprise, partagée dans le monde , commentée, puis discrètement démentie. 

Peu importe. Le mal est fait. En 1171, le valet avait vu un Juif jeter un cadavre dans la Loire.  Le mécanisme du mensonge n'a pas changé d'une virgule en huit siècles.


Ce qui a changé, en revanche, c'est l'absence de Louis VII. En 1171, le roi de France avait eu le courage de dire publiquement : "Je ne crois pas que les Juifs aient jamais tué un chrétien.





" Aujourd'hui, combien de présidents d'université, de directeurs de grandes écoles, de ministres de l'Éducation ont la clarté morale de prononcer une phrase aussi simple et aussi juste ? 


Combien préfèrent la prudence diplomatique, l'équilibre de façade, le silence confortable de ceux qui ne veulent froisser personne ?


Les rabbins du XIIe siècle instituèrent un jour de jeûne le 20 Sivan pour que la mémoire des martyrs de Blois ne s'éteigne pas. Ils avaient compris une vérité que notre époque peine à admettre : l'antisémitisme n'est pas une anomalie historique. C'est une tentation permanente, qui refait surface dès que les garde-fous — moraux, institutionnels, politiques s'abaissent. En 1171, le bûcher était de bois et de flammes. 




En 2026, il est fait de mots, d'algorithmes et de lâchetés académiques. Les Juifs de Blois avaient chanté l'Aleynu jusqu'à la mort pour dire qu'ils refusaient de devenir ce qui les détruisait. 

C'est peut-être la seule réponse qui vaille encore aujourd'hui : rester debout, rester fier, et ne pas laisser le mensonge sans réplique.

Certaines choses méritent d'être rappelées précisément parce qu'elles ne cessent de se reproduire.




Sources Aish

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