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samedi 7 février 2026

Economie : L'Europe doit changer ... Brian Albrecht (dans Politico). JBCH N° 2602 - 858

Brian Albrecht : lu dans Politico USA : 

 Quand l’économie réelle rappelle l’Europe à l’ordre  !


Alors que l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies dominent les débats politiques et économiques, Brian Albrecht, économiste en chef de l’International Center for Law & Economics, invite à un retour aux fondamentaux. 


Dans un entretien récent, il défend une idée simple mais souvent négligée : ce ne sont pas les technologies elles-mêmes qui créent la richesse, mais la manière dont elles s’intègrent aux marchés, aux institutions et aux usages réels.




Selon lui, la loi de l’offre et de la demande reste l’outil le plus puissant pour comprendre l’avenir du travail et de l’innovation. Depuis soixante ans, la baisse du coût des logiciels n’a pas détruit l’emploi, elle l’a transformé. En rendant certaines tâches plus faciles, elle a stimulé la demande, créé de nouveaux métiers et revalorisé les compétences des utilisateurs. L’IA suit aujourd’hui la même trajectoire : elle ne remplace pas simplement l’humain, elle modifie la structure de la production.





Albrecht met toutefois en garde contre une fascination excessive pour le logiciel. Les agents d’IA “tout-en-un”, capables d’automatiser des chaînes entières de travail, sont selon lui largement surestimés. L’économie réelle reste complexe, désordonnée, dépendante de contraintes humaines, logistiques et sociales que les algorithmes ne maîtrisent pas. Se focaliser uniquement sur le code revient à ignorer l’essentiel : la rencontre entre l’offre, la demande et les besoins concrets.


Sur le rôle de l’État, l’économiste plaide pour une approche pragmatique. Plutôt que de sur-réglementer, les gouvernements devraient aider à créer de nouveaux marchés. Il cite l’exemple des enchères de fréquences aux États-Unis ou la possibilité d’organiser un marché plus flexible de l’électricité pour les data centers. En structurant intelligemment les échanges, les pouvoirs publics peuvent favoriser l’investissement et l’innovation sans les étouffer.





Sa réflexion s’appuie aussi sur l’histoire économique. Inspiré par l’ouvrage How the World Became Rich, Albrecht rappelle que la croissance repose sur trois piliers : la technologie, la culture et les institutions. Sans règles claires, sans confiance et sans ouverture aux échanges, même les inventions les plus brillantes restent stériles.


Il se dit néanmoins impressionné par l’intensité de la concurrence dans l’IA. Contrairement aux réseaux sociaux, dispersés sur plusieurs marchés, les grands acteurs de l’IA générative se livrent aujourd’hui une bataille frontale sur un même terrain. Cette rivalité accélère les progrès et fait affluer les capitaux.


Ce que l’Europe risque de rater : Dans ce paysage en recomposition, l’Europe apparaît en retrait. Obsédée par la régulation, la protection des données et la lutte contre les géants du numérique, elle peine à créer les conditions d’un véritable marché de l’innovation. Là où les États-Unis structurent, financent et laissent expérimenter, l’Union européenne multiplie les normes.


Le risque est clair : devenir un continent de consommateurs de technologies étrangères, dépendant des plateformes américaines ou asiatiques, sans maîtriser les chaînes de valeur. En négligeant l’articulation entre innovation, marché et institutions, l’Europe pourrait manquer la prochaine phase de croissance mondiale.


Le message de Brian Albrecht est limpide : l’avenir ne se jouera pas dans la seule course aux algorithmes, mais dans la capacité à transformer ces outils en prospérité réelle. 


À défaut de revoir sa stratégie, l’Europe pourrait rester spectatrice d’une révolution qu’elle avait pourtant les moyens de conduire. Bref, on regarde passer le train ! 



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