La Republika Srpska,
J'avoue ma totale ignorance au sujet du SRPSKA ! c'est quoi ? et c'est en lisant le Jerusalem Post cette semaine que je l'ai découvert.
... Au cœur des Balkans, au sein d’une Bosnie-Herzégovine souvent perçue comme un État fragile et divisé, existe une entité largement ignorée du grand public européen : la Republika Srpska. Ce territoire majoritairement serbe, doté de son propre gouvernement, de son parlement et de ses institutions, représente l’une des deux composantes du pays, aux côtés de la Fédération croato-musulmane.
Née des accords de Dayton en 1995, qui mirent fin à la guerre de Bosnie, la Republika Srpska dispose d’une large autonomie. Mais depuis plusieurs années, ses relations avec Bruxelles et les institutions internationales se tendent. Son dirigeant, Milorad Dodik, dénonce régulièrement ce qu’il considère comme une tutelle occidentale déguisée, limitant selon lui le droit à l’autodétermination de son entité.
C’est dans ce contexte qu’il forge une comparaison audacieuse : la Republika Srpska serait « l’Israël des Balkans » Pour Dodik, comme pour ses partisans, le parallèle est avant tout politique. À l’image du mouvement sioniste mené autrefois par Ze’ev Jabotinsky, il affirme défendre une souveraineté menacée par des pressions extérieures. L’Union européenne, les représentants internationaux en Bosnie et certaines ONG sont accusés d’imposer des normes perçues comme intrusives.
Dans cette narration, la Republika Srpska serait un petit territoire obligé de se battre pour préserver son identité, sa sécurité et son autonomie, face à des acteurs plus puissants — une situation que Dodik rapproche de l’histoire d’Israël, car au-delà du discours politique, les liens entre Serbes et Juifs reposent aussi sur une mémoire tragique partagée. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les deux communautés furent victimes du régime oustachi croate, notamment dans le camp de Jasenovac, où des dizaines de milliers de Juifs et de Serbes furent assassinés.
Ces traumatismes nourrissent encore aujourd’hui un sentiment de destin commun, souvent invoqué dans les relations entre responsables serbes et israéliens. La Bosnie possède également l’une des plus anciennes traditions juives d’Europe du Sud-Est. Dès l’Antiquité, puis surtout après l’expulsion des Juifs d’Espagne en 1492, Sarajevo devint un centre séfarade important. L’Haggadah de Sarajevo, manuscrit médiéval sauvé à plusieurs reprises des guerres et des persécutions, incarne cette histoire singulière.
Durant la Shoah comme lors de la guerre des années 1990, des actes de solidarité mutuelle entre Juifs et musulmans bosniens ont marqué les mémoires, renforçant cette image de coexistence et de résilience.
Dans ce contexte, la visite récente du Premier ministre de la Republika Srpska en Israël n’a rien d’anodin. Elle marque un rapprochement assumé avec l’État hébreu, à contre-courant de certaines positions européennes. Poutine l'a bien compris, et ce territoiredevient un levier pour les russes et un facteur de déstabilisation de l'Europe
Dodik et son entourage ont multiplié les gestes symboliques : soutien à Israël à l’ONU, illumination de bâtiments officiels aux couleurs du drapeau israélien après le 7 octobre 2023, participation à des événements commémoratifs. La remise du prix Jabotinsky à Dodik par des responsables israéliens a consacré cette proximité idéologique.
Pour Israël, ce partenariat offre un soutien diplomatique dans une région où les positions sont souvent plus critiques. Pour la Republika Srpska, il renforce son image de bastion souverain face aux pressions internationales.
Ces comparaisons restent toutefois controversées. De nombreux observateurs estiment qu’elles servent avant tout à légitimer une politique contestée, notamment face aux accusations de dérive autoritaire ou de tentations séparatistes.
La Bosnie-Herzégovine n’est pas Israël, et la Republika Srpska n’est pas un État indépendant. Mais en se plaçant dans ce miroir symbolique, Milorad Dodik tente de transformer une entité marginalisée en acteur reconnu, inscrit dans une alliance de valeurs fondée sur la survie, l’identité et la résistance.
Dans une Europe absorbée par ses propres crises, ce petit territoire des Balkans rappelle ainsi qu’au-delà des grandes capitales, des recompositions discrètes sont en cours et que certaines passent désormais par Jérusalem.
Jérusalem cette ville magique au Centre du monde que les Nations convoitent tant et voudraient la séparer (mission impossible) du monde juif qui l'a créé depuis trois mille ans !
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