Le camouflet est bien réel. Les 14-15 avril 2026, Israël et le Liban ont tenu à Washington leurs premières discussions directes (ambassadeurs) depuis 1993, sous médiation exclusive américaine (Secrétaire d’État Marco Rubio).
Israël a clairement exclu la France, qualifiée d’« inutile » et de « non positive » par l’ambassadeur israélien Yechiel Leiter, notamment parce que Paris est perçu comme ayant trop ménagé le Hezbollah et n’ayant pas poussé concrètement au désarmement au Liban.
Cette mise à l’écart n’est pas anecdotique. Elle reflète un affaiblissement structurel de l’influence française au Proche-Orient, déjà visible depuis plusieurs années. La France conserve des liens historiques forts avec le Liban (mandat, culture, diaspora), mais sa diplomatie y est souvent vue comme ambiguë : elle classe seulement l’aile « militaire » du Hezbollah comme terroriste, dialogue avec sa branche « politique », et a parfois privilégié la « stabilité » libanaise au détriment d’une ligne ferme contre l’emprise iranienne via le Hezbollah.
Beyrouth (gouvernement officiel) et Jérusalem s’accordent aujourd’hui sur un point : Paris n’est plus un médiateur crédible impartial. Les initiatives françaises récentes (propositions de moratoire, offre d’accueillir des pourparlers à Paris, aide humanitaire doublée) n’ont pas compensé cette perte de confiance, surtout après des positions macroniennes perçues comme critiques envers Israël dans le contexte plus large (Iran, Gaza, appui et bien plus aux arabes de Judée Samarie etc.enfin la question d'un Jérusalem que des présidents francais : Chirac, Sarkozy, Macron croient françaises !!! ).
À l’approche de 2027 (fin du second mandat Macron), la question se pose : qui pourra redresser cette diplomatie ? Le Quai d’Orsay a une expertise réelle, des réseaux au Liban et une tradition d’engagement.
Mais restaurer la crédibilité exigera probablement un changement de posture plus nette : distinction claire entre soutien au peuple libanais et complaisance envers le Hezbollah, alignement plus réaliste avec les priorités de sécurité d’Israël et des partenaires arabes sunnites, et une diplomatie moins « en même temps ».
n s'aperçoit que des pays comme l'Arabie Saoudite et le Qatar s'éloignent des positions françaises et trouvent plus d'intérêt dans un rapprochement avec Israël
La France n’est pas condamnée à l'exclusion. Elle pourrait encore jouer un rôle utile sur l’humanitaire, la reconstruction libanaise ou le soutien à l’armée régulière libanaise.
Mais pour redevenir un acteur stratégique, il faudra sortir de l’illusion que ménager toutes les parties y compris les terroristes, garantit l’influence.
Dans un Moyen-Orient brutal et polarisé, la crédibilité se gagne par la clarté et la fermeté, pas seulement par l’histoire ou les bonnes intentions ... et l'année prochaine, exit Macron !
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