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mercredi 1 avril 2026

Parcoursup fait fuir les étudiants ... JBCH N° 2604 - 988

 C’est un mouvement encore discret, mais en nette progression. Chaque année, des milliers de lycéens français, lassés par l’incertitude ou recalés par la plateforme Parcoursup, choisissent de contourner le système national en se tournant vers les universités européennes. Une stratégie d’évitement qui redessine, à la marge, la carte des études supérieures.



À mesure que les réponses tardent ou s’accumulent sous forme de listes d’attente, certains candidats prennent les devants. Direction la Belgique, l’Espagne, le Portugal ou encore la Roumanie. Dans ces pays, les procédures d’admission apparaissent souvent plus lisibles, parfois moins sélectives, et surtout plus rapides. « Au moins, on sait où on va », confie un étudiant parti suivre des études de médecine à Cluj.


Les filières en tension concentrent l’essentiel de ces départs. Médecine, kinésithérapie, droit ou encore STAPS figurent parmi les cursus les plus concernés. En Belgique, malgré l’instauration de quotas pour limiter l’afflux d’étudiants étrangers, les facultés de santé restent très demandées. En Roumanie, certaines universités proposent désormais des cursus francophones, facilitant l’intégration des étudiants français.





Ce mouvement s’explique aussi par une perception croissante d’injustice ou d’opacité du système français. Parcoursup, malgré ses évolutions, continue d’alimenter critiques et frustrations. L’algorithme, les critères locaux de sélection et l’absence de hiérarchisation claire des vœux contribuent à un sentiment de loterie chez certains candidats.





Pour autant, cet « exil académique » ne constitue pas une solution miracle. Les frais de scolarité peuvent être nettement plus élevés qu’en France, notamment en Espagne ou au Portugal. 



L’adaptation à un nouvel environnement linguistique et culturel n’est pas toujours aisée. Et si les diplômes européens sont en principe reconnus dans l’Union, certaines professions réglementées imposent des démarches complémentaires pour exercer en France.


Les autorités françaises observent ce phénomène avec attention, sans pour autant parler d’hémorragie. Car en volume, ces départs restent marginaux au regard des centaines de milliers d’inscriptions annuelles sur Parcoursup. Ils traduisent néanmoins une évolution des mentalités : les lycéens et leurs familles raisonnent de plus en plus à l’échelle européenne.





À terme, cette mobilité pourrait accentuer la concurrence entre systèmes universitaires et pousser la France à réinterroger ses propres mécanismes d’accès à l’enseignement supérieur. En attendant, pour une partie de la jeunesse, l’Europe n’est plus seulement un horizon… mais une alternative concrète.





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