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vendredi 10 avril 2026

Comment les Mollahs ont pépétré les esprits occidendaux JBCH N° 2604 - 1002



 

Réseau d’influence iranien aux États-Unis et en Europe : 

une pénétration idéologique de longue durée


Depuis la Révolution islamique de 1979, la République islamique d’Iran a poursuivi un projet stratégique central : l’exportation de son modèle d’islam politique au-delà de ses frontières.


Inspirée par la doctrine de l’exportation de la révolution formulée par Khomeini et institutionnalisée sous Ali Khamenei, cette entreprise repose sur une conception transnationale de l’ummah chiite et sur une vision du monde opposant l’islam authentique à l’impérialisme occidental.



Contrairement aux opérations spectaculaires (actions clandestines, cyberattaques ou soutien à des groupes armés), l’Iran a développé aux États-Unis une stratégie d’influence structurelle, patiente et institutionnelle, plus discrète mais potentiellement plus résiliente. Comme le souligne un récent rapport du National Union for Democracy in Iran, cette approche vise à s’ancrer durablement dans le tissu social et politique américain, en construisant une « infrastructure idéologique » capable de survivre aux alternances politiques et aux sanctions.


Cette infrastructure se compose d’un ensemble interconnecté d’institutions en apparence autonomes : mosquées et centres religieux, écoles et programmes éducatifs, associations caritatives, ONG et réseaux de jeunesse. Ces structures fonctionnent comme des nœuds d’un réseau décentralisé, assurant à la fois la diffusion d’un narratif aligné sur Téhéran (victimisation de l’Iran, critique du « Grand Satan », promotion de la résistance anti-impérialiste) et la formation de relais locaux.




Au cœur de ce dispositif figure la Alavi Foundation, basée à New York. Propriétaire d’un immeuble prestigieux de 36 étages sur la Cinquième Avenue, cette fondation, dont les liens avec les autorités iraniennes ont été documentés par des procédures judiciaires américaines, finance ou soutient plus de trente-cinq organisations à travers le pays. Elle joue un rôle de redistribution de ressources et de coordination, tout en maintenant une façade légale et philanthropique.




Adaptée au contexte américain — société civile ouverte, pluralisme religieux et primauté du droit —, cette stratégie diffère radicalement de celle déployée au Moyen-Orient (où prévalent les proxies armés comme le Hezbollah). Ici, l’influence s’exerce par des voies légales et culturelles : programmes interconfessionnels, activités éducatives pour la jeunesse, partenariats académiques et mobilisation communautaire.




Elle cible prioritairement les élites progressistes et les milieux universitaires, où un discours anti-impérialiste et tiers-mondiste trouve un écho favorable, mais elle a également su pénétrer certains segments conservateurs isolationnistes ou critiques de l’interventionnisme américain, notamment au sein de l’aile « America First » la plus radicale, par le biais d’un discours commun de rejet des guerres sans fin au Moyen-Orient.


Quarante ans après la prise d’otages de l’ambassade américaine à Téhéran, ce réseau témoigne d’une forme sophistiquée de soft power théocratique. Il illustre comment un État autoritaire peut, par une logique gramscienne d’hégémonie culturelle, investir les espaces de la société civile pour infléchir perceptions, débats publics et, à terme, orientations politiques. Les enjeux sont multiples : sécurité nationale (risque d’espionnage et de captation d’influence), cohésion sociale (polarisation communautaire) et transparence démocratique (difficulté à distinguer activités légitimes d’agendas idéologiques extérieurs).

Influence des mollahs en Europe :

une infiltration toxique d’un régime paria et assassin

Quarante ans après la prise du pouvoir par les mollahs, la République islamique d’Iran — régime paria international, assassin de masse de son propre peuple et commanditaire de terrorisme d’État — a étendu la même stratégie d’infiltration idéologique sur le sol européen. À travers un réseau dense de centres islamiques, mosquées et instituts culturels (notamment l’Islamic Centre of England à Londres, l’ex-Islamic Centre Hamburg en Allemagne ou l’Imam Ali Islamic Centre à Stockholm), le régime des ayatollahs diffuse sa doctrine totalitaire de velayat-e faqih, glorifie le Guide suprême et légitime le Hezbollah et les milices chiites. Ces structures, souvent financées ou pilotées depuis Téhéran via des imams formés à Qom, servent non seulement à endoctriner les diasporas chiites, mais aussi à espionner les opposants iraniens en exil, à propager la haine antisémite et anti-occidentale, et à exercer un lobbying discret auprès des élites politiques et académiques. Des enquêtes européennes ont révélé des liens directs avec le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC), organisation terroriste responsable d’attentats déjoués (comme celui d’Anvers en 2018) et d’assassinats ciblés sur le continent. Contrairement à une influence « culturelle » anodine, il s’agit d’une entreprise systématique de subversion par un régime théocratique sanguinaire qui, tout en réprimant dans le sang les femmes, les minorités et les contestataires à l’intérieur de ses frontières, cherche à corrompre les sociétés libres d’Europe en y implantant son idéologie obscurantiste et mortifère.

En somme, la stratégie iranienne aux États-Unis et en Europe ne relève pas d’une infiltration ponctuelle mais d’une implantation systémique.

Elle révèle la capacité d’un régime révolutionnaire à transformer les contraintes du contexte libéral en opportunités, en s’ancrant patiemment dans les institutions éducatives, religieuses et associatives des pays qu’il désigne comme ses ennemis principaux.

Cette « longue marche » idéologique constitue l’un des exemples les plus aboutis de trans-
nationalisation de l’islam politique à l’ère de la mondialisation.








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