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dimanche 6 septembre 2026

Les Présidentielles ... Ca arrive ! JBCJ N° 2609 - 151


Présidentielle 2027
JBCH N° 151

Le retour du politique

Résumé de l'entretien avec Stéphane Rozès, par Arnaud Benedetti



À huit mois du premier tour, Stéphane Rozès voit s'ouvrir une présidentielle d'un genre nouveau : une campagne lancée tôt, dans un pays inquiet, rongé par le sentiment de déclassement et la perte de maîtrise de son destin collectif.

Deux forces néfastes dominent, selon lui, la dynamique politique : Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. 

Non que leurs projets se ressemblent   ils sont profondément contradictoires   mais parce qu'ils sont, pour l'heure, les seuls à proposer un chemin : une vision de la France, une lecture de la période, une stratégie. 

Cette confrontation funeste porterait une ombre sur la France, un Grand Malheur et l'abandon de notre "Europe" qui nous a pour la première fois dans l'histoire, garanti la Paix, Plus de 80 années de Paix !




De plus, financés par la Russie, ces deux partis rejoindront Poutine et sa dictature dès las premiers jours, s'ils sont élus. Alors réagissons, réfléchissons, car on peut se sortir de ce piège mortel.

Face à eux, les autres candidats apparaissent davantage comme des gestionnaires de contraintes que comme des porteurs de projet.

Le retour de la nation

La mondialisation a produit de la richesse, mais aussi un sentiment de dessaisissement : les peuples auraient perdu l'impression de décider de leur propre destin. La nation redevient un cadre de protection et de souveraineté. Rozès voit s'ouvrir en France un « moment bonapartiste »   le désir d'un État rendu à la nation.

C'est dans ce cadre qu'il lit la progression du RN, à rebours d'une idée reçue :

« Les idées politiques ne sont pas des virus. »

Ce serait Marine Le Pen qui aurait perçu la première le déplacement du centre de gravité du pays, pendant qu'une partie de la gauche abandonnait le social et qu'une partie de la droite délaissait la question nationale.




Le débat du Medef, un révélateur




L'exercice, centré sur l'économie, aurait réduit les candidats à un examen de compétence gestionnaire. 

Le Pen l'a franchi sans entamer son avantage électoral ; Mélenchon a choisi de ne pas y chercher d'approbation, fidèle à sa stratégie de conquête de la gauche. 

Mais pour Rozès, l'essentiel se joue ailleurs que sur les plateaux : médias et responsables politiques n'inventent pas les mouvements profonds de l'opinion, ils les cadrent tout au plus.


Les signaux faibles plutôt que les sondages

Rozès invite à observer l'affluence des meetings, les conversations ordinaires, les mots qui reviennent d'un candidat à l'autre  nation, République, laïcité, travail, immigration, Europe. Son diagnostic est sévère : les Français sentent le caractère exceptionnel du moment, mais jugent le personnel politique indigne de sa hauteur.

La question devient presque existentielle : 

Le souhaitable peut-il encore devenir possible ? L'élection se jouera peut-être moins entre des camps qu'entre deux tentations   rester avec le connu, si décevant soit-il, ou risquer un changement qui doit encore faire ses preuves.

Neuf mois, rappelle Stéphane Rozès, c'est le temps d'un enfantement. La campagne ne fait que commencer.




© JBCH Septembre 2026.          d'après HaBaYTa — Idées, société, pouvoir, France

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