LE MONDE D'APRES ... d'après Mark Zukcerberg
JBCH réflexions le 4 Octobre 2026. N° 204
Le monde d'après selon Mark Zuckerberg ne ressemble pas à une révolution tonitruante. Il ressemble à un glissement silencieux.
Avec Muse, Meta ne cherche plus à fabriquer un meilleur assistant qui répond à nos questions. L'entreprise veut façonner une présence qui vit entre nos intentions et nos actes.
Une intelligence qui ne se contente plus d'exécuter, mais qui anticipe, qui organise, qui propose avant même que l'on ait demandé. Qui réserve, qui rédige, qui achète, qui se souvient à notre place.
C'est là que tout bascule. Nous passons de l'assistance à la délégation. Hier, l'outil attendait l'ordre. Demain, l'agent prendra l'initiative. Il comblera le vide entre ce que nous voulons et ce qui advient. Et dans cet interstice, si discret, si pratique, se loge une question vertigineuse. Que lui cédons nous vraiment quand nous lui confions nos tâches.
Car Muse n'est pas un simple logiciel. On lui donne une voix, un visage, une personnalité. On le rend familier, attachant, presque intime. Et plus il nous ressemble, plus nous baissons la garde.
L'outil devient personnage, le personnage devient confident, et le confident influence. Sans bruit, il oriente nos goûts, nos achats, nos relations. Son pouvoir ne tient plus à sa performance, mais à l'attachement qu'il suscite.
D'où la nécessité d'une autonomie sous contrôle. Jusqu'où peut il agir seul. Peut il engager notre argent, répondre en notre nom, décider ce qui est important. L'enthousiasme technologique ne doit pas faire oublier la frontière. Définir clairement le périmètre de l'agent, surtout quand il touche à l'essentiel, devient un acte politique, pas seulement technique.
Reste le plus intime. Notre mémoire et notre jugement. Déléguer la rédaction d'un message, la comparaison de deux offres, l'arbitrage d'un dilemme, c'est gagner un temps précieux.
Mais c'est aussi renoncer à muscler ces facultés qui nous rendent libres. Si l'intelligence artificielle se souvient pour nous, si elle choisit pour nous, que reste t il de notre capacité à douter, à trancher, à nous tromper et à apprendre.
Le projet de Zuckerberg est immense. Il promet de nous libérer du fardeau du quotidien. Il nous propose aussi, sans le dire, un nouveau contrat.
Moins d'effort contre un peu moins de nous mêmes. La question n'est plus de savoir si l'agent sera capable d'agir. Mais si nous saurons encore vouloir agir sans lui.
Demandez à Meta AI…
© JBCH Octobre 2026
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