On peut reprendre le récit de Marco Polo — mais cette fois en lecture critique, presque polémique — pour établir un parallèle “à charge” avec le régime iranien contemporain.
Dans Le Devisement du monde, le Vieux de la Montagne apparaît comme un manipulateur absolu : il fabrique une illusion du paradis pour soumettre des jeunes hommes, les couper de la réalité et les transformer en instruments de mort.
Qu’il ait réellement utilisé le haschich ou non importe finalement peu : l’essentiel est ailleurs. Il construit une machine idéologique où la croyance est instrumentalisée pour produire l’obéissance totale.
Si l’on adopte une grille de lecture critique, certains observateurs voient dans l’Iran des mollahs une forme moderne — étatique — de ce mécanisme.
Depuis la Révolution iranienne de 1979, le pouvoir repose sur une théocratie où le religieux structure le politique. Le discours officiel valorise le martyre, la soumission à l’autorité religieuse et la lutte contre les “ennemis de Dieu”. Cette logique peut rappeler, sur le plan symbolique, la promesse de salut utilisée par le Vieux de la Montagne pour obtenir une loyauté absolue.
Mais surtout, les critiques actuelles ne portent pas sur un mythe médiéval : elles s’appuient sur des faits documentés. Des organisations comme Amnesty International décrivent une répression systématique : arrestations massives, torture, disparitions forcées et procès iniques visant à briser toute contestation.
Le Parlement européen dénonce également une “utilisation intentionnelle et disproportionnée de la force” contre des manifestants, avec des exécutions et une politique de terreur d’État.
Plus récemment encore, des informations font état d’un recours massif à la peine de mort, avec plus de 1 600 exécutions en 2025, souvent après des procédures expéditives.
Parallèlement, des coupures d’Internet et une censure poussée servent à isoler la population et à dissimuler les violences.
Dans cette perspective critique, la comparaison devient plus claire :
- chez les Assassins, un petit groupe fanatisé, coupé du monde, prêt à mourir sur ordre ;
- dans l’Iran actuel, selon ses détracteurs, un appareil d’État qui encadre toute une société par la peur, la propagande et la répression.
La différence majeure reste cependant l’échelle et la nature : les Assassins étaient une secte marginale opérant dans l’ombre, tandis que l’Iran est un État puissant, avec une population diverse dont une partie importante conteste activement le régime, parfois au prix de sa vie.
Au fond, la comparaison “à charge” ne dit pas seulement quelque chose sur l’Iran : elle révèle une constante historique. Lorsqu’un pouvoir prétend détenir la vérité absolue religieuse ou idéologique il peut être tenté de transformer la foi en instrument de contrôle.
Et c’est précisément ce que dénoncent aujourd’hui de nombreux Iraniens eux-mêmes, dans les rues comme dans la diaspora.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire