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vendredi 23 janvier 2026

Elon Musk pourrait racheter Ryanair JBCH N° 2601 - 816

Le problème entre Ryanair et Elon Musk, qui a dégénéré en une guerre de trolls publique mi-janvier 2026, tourne autour du refus de la compagnie aérienne low-cost d’installer Starlink, le service internet par satellite de SpaceX (filiale de Musk), sur sa flotte de plus de 650 Boeing 737.



Tout commence le 14 janvier 2026 : Michael O’Leary, PDG de Ryanair depuis des décennies et connu pour son franc-parler, déclare à Reuters que l’entreprise écarte définitivement Starlink pour équiper ses avions en Wi-Fi à bord. Raisons invoquées : les antennes Starlink créeraient un drag aérodynamique (résistance à l’air) estimé à 1-2 %, augmentant la consommation de carburant de plusieurs millions d’euros par an  jusqu’à 250 millions de dollars selon les calculs internes de Ryanair. 



De plus, après 12 mois de discussions avec Starlink, O’Leary estime que moins de 10 % des passagers low-cost paieraient pour ce service (contre 90 % selon Musk), rendant l’investissement non rentable. Ryanair préfère des solutions Wi-Fi plus classiques ou low-cost.




Musk, vexé, réagit immédiatement sur X (ex-Twitter) : il qualifie O’Leary d’« utter idiot » (idiot total), d’« imbecile » et même d’« insufferable, special needs chimp » (chimpanzé insupportable avec besoins spéciaux). Il accuse Ryanair d’être « mal informé » et affirme que les antennes Starlink n’occasionnent aucun drag significatif sur les avions – un point technique que O’Leary conteste vigoureusement, le traitant de « stupide ».




La surenchère s’emballe : Musk lance un sondage sur X (« Dois-je racheter Ryanair ? »), où 76,5 % des répondants disent oui, et plaisante sur le fait de remplacer O’Leary par « quelqu’un dont le vrai prénom est Ryan ». O’Leary riposte en conférence de presse à Dublin le 21 janvier : il balaie la menace de rachat (impossible selon les règles européennes limitant la propriété étrangère des compagnies aériennes à 49 % max pour le contrôle), traite Musk d’« idiot » en retour, mais invite ironiquement le milliardaire à investir en actions (« ce serait un excellent placement, meilleur que sur X »). Ryanair lance même une promo « Great Idiots Seat Sale » spécialement « pour Elon et les autres idiots sur X », boostant les réservations de 2-3 % en quelques jours selon O’Leary.




Ce clash, typique des deux personnalités explosives, reste du show business : O’Leary y voit une pub gratuite massive pour Ryanair, tandis que Musk défend l’image de Starlink (déjà adopté par Lufthansa, British Airways et d’autres). Pas de conséquences opérationnelles majeures pour l’instant  Ryanair maintient son refus, et Musk n’a pas les moyens légaux de prendre le contrôle. 



La querelle illustre parfaitement le choc entre le monde pragmatique et low-cost de l’aviation européenne et l’approche disruptive (et souvent impulsive) de Musk. En attendant, les deux camps s’enrichissent en visibilité : O’Leary parle d’un « boost merveilleux » pour les ventes, et Musk alimente son feed X




Elections : Les Partis arabes en israël montent une liste unique. JBCH N° 2601 - 815

Les partis arabes israéliens s’unissent 


Israël , 2 millions de citoyens arabes, vivant dans une démocratie dans laquelle ils ont tous les droits , et peuvent légalement éviter la conscription.


Dans un contexte de polarisation accrue en Israël, les quatre principaux partis arabes – Ra’am (Liste arabe unie, islamiste conservateur dirigé par Mansour Abbas), Hadash-Ta’al (alliance gauchiste et nationaliste arabe dirigée par Ayman Odeh et Ahmad Tibi) et Balad (nationaliste laïc) ont signé, le 22 janvier 2026, un engagement historique pour reformer la Liste commune (Joint List) en vue des élections législatives prévues d’ici octobre 2026. 


Cette décision, prise à l’issue d’une rencontre à Sakhnin lors d’une grande manifestation contre la criminalité dans les communautés arabes, marque un tournant après des années de fragmentation.




La Liste commune, qui avait réuni ces formations de 2015 à 2020 et culminé à 15 sièges (troisième force à la Knesset), s’était disloquée avant les scrutins de 2021 et 2022. Ra’am avait rompu en 2021 pour poursuivre une stratégie pragmatique d’entrée dans les coalitions gouvernementales – devenant même partenaire du gouvernement Bennett-Lapid en 2021, une première pour un parti arabe indépendant. Les autres, plus radicaux ou opposés à toute collaboration avec des gouvernements sionistes, avaient couru séparément, perdant en influence : Hadash-Ta’al a obtenu 5 sièges, Ra’am 5, et Balad a échoué à franchir le seuil électoral en 2022.




Malgré des divergences idéologiques profondes – Ra’am est islamiste et prêt à négocier des budgets pour les communautés arabes en échange de soutien tactique ; Hadash est communiste et binational ; Ta’al et Balad sont nationalistes palestiniens, souvent anti-sionistes –, la pression populaire a prévalu. Des sondages récents montrent que 62 % des électeurs arabes participeraient massivement si la liste unifiée se reformait, contre seulement 51 % en cas de dispersion. La communauté arabe (21 % de la population israélienne) souffre d’un sentiment d’exclusion chronique, aggravé par les discours racistes de certains politiciens juifs qui refusent toute coalition incluant des partis arabes.




Comme le souligne Gershon Baskin dans sa chronique « Encountering Peace » du Jerusalem Post du 22 janvier 2026, cette exclusion ouverte par des partis d’opposition comme Yesh Atid ou Yisrael Beytenu – qui jurent ne jamais gouverner avec des Arabes – questionne la nature démocratique d’Israël. Baskin plaide pour une coopération judéo-arabe réelle, non comme tactique électorale mais comme fondement d’une égalité civique et d’une paix future avec les Palestiniens. Sans cette alliance, argue-t-il, la gauche israélienne ne peut espérer renverser le bloc netanyahouen.




La réunification vise à maximiser les voix arabes (souvent sous-mobilisées) et à peser comme faiseur de roi. Si la Liste commune retrouve 10-12 sièges, elle pourrait bloquer Netanyahu ou forcer l’opposition centriste-gauche (Yesh Atid, Democrats, etc.) à reconsidérer son refus de partenariat arabe – un tabou que Mansour Abbas avait brisé en 2021. Mais les tensions persistent : Ra’am veut conserver une flexibilité pour rejoindre une coalition modérée, tandis que les autres exigent une ligne ferme contre l’occupation.





Cette union fragile, née de la nécessité face au seuil électoral de 3,25 % et à la menace d’un nouveau gouvernement de droite extrême, pourrait redessiner le paysage politique israélien. 


Elle rappelle que les citoyens arabes, loyaux à l’État tout en revendiquant l’égalité, refusent d’être relégués à l’opposition éternelle. 


Pour la première fois depuis longtemps, leur voix unie pourrait devenir décisive – non pour détruire Israël, mais pour le forcer à affronter ses contradictions démocratique


https://www.facebook.com/watch/?v=1152671743710470


On doit bannir le terme Cisjordanie. JBCH N° 2601 - 814

La Floride franchit une étape symbolique forte en faveur de la terminologie historique liée à Israël. Le 22 janvier 2026, la commission des opérations gouvernementales de la Chambre des représentants de l’État a adopté, par 16 voix contre 1, le projet de loi CS/HB 31 (Recognizing Judea and Samaria Act), parrainé par les républicains Debra Tendrich et Chase Tramont. Un texte jumeau, SB 1106, déposé au Sénat par Ralph Massullo, suit un parcours parallèle.





Le projet vise à interdire l’usage du terme « West Bank » (traduit en français par « Cisjordanie ») dans tous les documents officiels de l’administration floridienne : directives, règlements, communiqués de presse, publications institutionnelles et autres matériaux produits par les agences étatiques. À la place, l’expression « Judée-Samarie » (Judea and Samaria) deviendrait obligatoire. Il interdit également l’allocation de fonds publics pour produire des documents employant « West Bank ». Si adopté définitivement, le dispositif entrerait en vigueur le 1er juillet 2026.




Les promoteurs, dont le représentant Chase Tramont (ancien enseignant d’histoire), défendent cette mesure comme une correction historique : « Judée-Samarie » renvoie à une appellation biblique et antique remontant à plus de 3 000 ans, tandis que « Cisjordanie » aurait été introduit en 1950 par la Jordanie après son annexion de la zone (1948-1967), dans le but, selon eux, d’effacer les liens juifs avec cette terre. Tramont insiste : « Les mots ont un sens. Nous devons enseigner des faits, pas une propagande politiquement dirigée. »




Certaines dispositions initiales ont été amendées en commission, notamment l’obligation stricte pour les manuels scolaires et bibliothèques publiques d’adopter systématiquement « Judée-Samarie » dès juillet 2026 (elle sera appliquée progressivement lors des renouvellements habituels des matériels). Des exceptions limitées pour certains usages spécifiques ont aussi été supprimées.




Le texte doit maintenant passer devant la commission des affaires de l’État avant un possible vote en séance plénière à la Chambre, puis au Sénat. Cette initiative s’inscrit dans une vague plus large de législations pro-israéliennes dans plusieurs États américains depuis 2023-2024, visant à promouvoir l’usage de « Judée-Samarie » plutôt que « West Bank », terme dominant dans les documents fédéraux américains et internationaux (ONU, UE, etc.), qui désigne le territoire occupé par Israël depuis 1967.




Critiques et opposants y voient une forme de contrôle du langage, d’ingérence politique dans l’histoire et d’alignement partisan sur la narrative israélienne, au détriment d’une description neutre du statut juridique actuel ( errritoire administré)



I serait temps qu'on remette les priorités dans l'ordre ...Ce territoire juif depuis l'antiquité, laissé à l'abandon et repris à l'envahisseur dit jordanien en 1948 est un tout petit territoire biblique. 


Les juifs y ont subi de nombreux progroms comme à Hébron  en août 1929, qui a vu le massacre de 67 Juifs par des émeutiers arabes, malgré des décennies de coexistence. Il a entraîné l’évacuation presque totale de la communauté juive historique de la ville. 


Sans oublier le Traité de San Remo qui, sous l'égide de la Société des Nations l'accordait de jure au peuple juif.




Syrie : Les Kurdes massacrés avec l'aide de la Turquie. JBCH N° 2601 - 813

Un analyste kurde, s’exprimant sous couvert d’anonymat pour des raisons de sécurité, estime que les événements en cours dans le nord de la Syrie constituent pour les Kurdes un moment existentiel comparable, dans leur portée symbolique, à l’attaque du 7 octobre pour Israël. Dans un entretien accordé au Jerusalem Post, il appelle l’État hébreu à intervenir diplomatiquement — et éventuellement militairement — en faveur des forces kurdes.




Selon cet analyste, l’offensive récente des forces du gouvernement syrien de transition, soutenues par des milices tribales et des groupes à forte filiation jihadiste, a profondément modifié l’équilibre militaire dans les zones autrefois contrôlées par les Forces démocratiques syriennes (SDF), dominées par les Kurdes. Ces dernières, qui avaient joué un rôle central dans la défaite territoriale de l’État islamique aux côtés des États-Unis, font aujourd’hui face à ce qu’il qualifie de « guerre d’extermination ».




« Ce n’est pas une guerre entre deux armées régulières. C’est une campagne visant à écraser une population perçue comme illégitime », affirme-t-il.


Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montreraient des violences commises contre des civils kurdes par des partisans de Damas. Dans plusieurs régions, des habitants qui n’avaient pas quitté leurs villages pendant quinze années de guerre civile fuient désormais, craignant des massacres, des décapitations et des représailles collectives.




L’analyste décrit les forces engagées aux côtés de Damas comme un mélange d’unités de l’armée officielle et de milices tribales « liées par des réseaux de parenté à d’anciens groupes jihadistes, pour lesquels la guerre est synonyme de vengeance, de pillage et de domination ».




Dans ce contexte, il affirme que les Kurdes appellent Israël — ainsi que la communauté juive internationale — à user de leur influence politique aux États-Unis et en Europe afin de bloquer ce qu’ils perçoivent comme une campagne de nettoyage ethnique en gestation.        « C’est notre 7 octobre. Le moment où la survie même du peuple kurde est menacée », dit-il.


Au-delà de l’argument moral, l’analyste avance un raisonnement stratégique : une victoire totale du gouvernement d’Ahmed al-Sharaa, soutenu par Ankara, renforcerait un axe hostile à Israël. Elle pourrait également, selon lui, encourager Damas à s’en prendre à d’autres minorités, notamment les Druzes du sud de la Syrie — que Jérusalem a déjà promis de protéger. Il estime qu’Israël aurait intérêt à empêcher l’établissement d’un contrôle jihadiste ou islamiste homogène sur la Syrie, y compris par des frappes ciblées contre des rassemblements militaires ou tribaux impliqués dans les offensives contre les Kurdes.


« Même si une telle politique devait susciter des critiques à court terme, elle servirait les intérêts stratégiques d’Israël à moyen et long terme », conclut-il.






jeudi 22 janvier 2026

Darius Milhaud. le compositeur francais juif du XX ème siècle JBCH N° 2601 - 812

Figure majeure de la musique du XXᵉ siècle, Darius Milhaud occupe une place singulière dans l’histoire culturelle française : celle d’un compositeur universel, profondément enraciné dans une identité juive assumée et féconde. 


Né à Marseille en 1892 dans une  famille juive issue du Comtat Venaissin, Milhaud se définissait lui-même comme « Français de Provence et de religion israélite », une formule qui résume à elle seule la cohérence de son parcours artistique et spirituel.





Membre du célèbre Groupe des Six, Milhaud fut l’un des compositeurs les plus prolifiques de son temps, avec 443 numéros d’opus, explorant tous les genres : opéras, ballets, symphonies, concertos, musique de chambre et œuvres vocales. Son langage musical, immédiatement reconnaissable, repose sur la polytonalité et la polyrythmie, nourries d’influences multiples : jazz américain, rythmes brésiliens découverts lors de son séjour à Rio, musiques africaines, mais aussi traditions juives provençales et bibliques.


C’est précisément dans cette dernière dimension que se révèle une facette essentielle de Milhaud. Dès la Première Guerre mondiale, il compose des œuvres d’inspiration juive, comme les Poèmes juifs (1916), ancrés dans les traditions judéo-comtadines. Mais c’est surtout à partir de la Seconde Guerre mondiale, marquée par l’exil forcé aux États-Unis en 1940 et par la Shoah  qui coûta la vie à plus de vingt membres de sa famille que sa conscience juive s’intensifie et s’élargit. 




Cette blessure historique irrigue des œuvres majeures telles que Kaddish, Service sacré pour le samedi matin, David, Le Dibbouk ou encore Ani Maamin, composé sur un texte d’Elie Wiesel, véritable cri musical face à l’anéantissement.




Loin de tout folklore, Milhaud ne cherche pas à illustrer le judaïsme de manière décorative. Des œuvres comme Le Candélabre à Sept Branches (1951) montrent au contraire un compositeur fidèle à son écriture moderne, mais capable d’y insuffler une profondeur spirituelle saisissante. 



Évoquant les grandes fêtes du calendrier juif sans recourir à des thèmes liturgiques explicites, cette pièce pour piano incarne un judaïsme intériorisé, méditatif, universel. Comme le soulignait le musicologue François-René Tranchefort, la musique de Milhaud est à la fois « sombre et colorée, chaude, intime et profonde ».




Aujourd’hui encore, l’œuvre de Darius Milhaud résonne comme un pont entre les cultures, les continents et les traditions. Compositeur français, juif, méditerranéen et mondial, il a su faire de son identité non pas une frontière, mais une source inépuisable de création. 


À ce titre, il demeure l’un des grands témoins artistiques du XXᵉ siècle, dont la musique continue de porter mémoire, humanisme et espérance.


Scaramouche

Board of Peace selon Trump. JBCH N° 2601 - 811

                          Le « Board of Peace » de Donald Trump


Davos (Suisse) – En marge du Forum économique mondial, Donald Trump a officiellement lancé cette semaine le « Board of Peace », une nouvelle structure internationale présentée comme un instrument de médiation et de stabilisation des conflits, en particulier au Moyen-Orient. 




La cérémonie de signature de la charte, retransmise s’est conclue par une déclaration solennelle de la Maison-Blanche affirmant que l’organisme est désormais « en pleine force juridique ».


L’annonce a immédiatement suscité interrogations et scepticisme dans les milieux diplomatiques : le Board of Peace est-il une organisation internationale durable ou une initiative politique à la légitimité incertaine ?




Sur le plan formel, la signature d’une charte par plusieurs États confère au Board of Peace une existence juridique minimale. Toutefois, les contours précis de l’organisation restent largement indéterminés. À ce stade, ni le mode de financement, ni la structure administrative, ni les mécanismes de décision contraignants n’ont été rendus publics de manière exhaustive.




Contrairement aux grandes organisations internationales issues de traités multilatéraux ratifiés par les parlements nationaux, le Board of Peace repose sur un engagement politique volontaire, sans garantie de continuité en cas de retrait des États signataires.



Une possible concurrence à l’ONU Officiellement, l’initiative se veut complémentaire de l’Organisation des Nations unies. Donald Trump a insisté sur une coopération avec les institutions existantes, notamment dans les processus de médiation. Toutefois, l’absence de mandat onusien et de supervision internationale alimente les critiques.


Plusieurs diplomates européens évoquent en privé le risque d’une structure parallèle, susceptible d’affaiblir le multilatéralisme traditionnel en contournant les cadres de légitimité de l’ONU, en particulier le Conseil de sécurité.



Une gouvernance très personnalisée Autre point sensible : la centralisation du pouvoir au sein de l’organisation. Le rôle de Donald Trump apparaît prépondérant, tant dans l’orientation stratégique que dans la sélection des partenaires. Cette personnalisation tranche avec les pratiques collégiales habituellement observées dans les institutions internationales, où la rotation des responsabilités et l’équilibre régional constituent des principes clés. Cette configuration nourrit les doutes quant à l’indépendance réelle du Board of Peace et à sa capacité à s’imposer comme arbitre crédible dans des conflits complexes.



À ce stade, le Board of Peace apparaît donc moins comme un successeur de l’ONU que comme un instrument diplomatique expérimental, porté par une vision politique spécifique. Sa pérennité dépendra de sa capacité à produire des résultats concrets, à élargir sa reconnaissance internationale et à clarifier son cadre juridique.


En l’état, il s’agit d’une organisation naissante, juridiquement existante mais politiquement fragile, dont l’avenir reste incertain dans un ordre international déjà marqué par la fragmentation et la défiance envers les institutions globales.



mercredi 21 janvier 2026

Les USA offrent des visas aux juifs anglais JBCH N° 2601 - 810

L’antisémitisme en Grande-Bretagne a atteint des niveaux alarmants ces dernières années, avec une violence qui s’exprime de plus en plus ouvertement et physiquement. Selon le rapport du Community Security Trust (CST) pour janvier-juin 2025, 1 521 incidents antisémites ont été enregistrés au Royaume-Uni sur cette période – le deuxième total le plus élevé jamais observé pour un premier semestre. 





Cela représente une baisse de 25 % par rapport aux 2 019 incidents du premier semestre 2024, mais reste très élevé, avec plus de 200 cas par mois en moyenne. Parmi ces incidents, 76 agressions violentes ont été recensées en 2025 (dont trois qualifiées d’« extrême violence » impliquant des armes comme des couteaux, bouteilles ou marteaux). Le pic mensuel s’est produit en juin 2025 avec 326 incidents.





Un événement particulièrement choquant illustre cette escalade : l’attaque terroriste contre la synagogue Heaton Park Hebrew Congregation à Manchester le 2 octobre 2025 (pendant Yom Kippour). Un assaillant a foncé en voiture sur des fidèles, puis les a poignardés ; deux personnes ont été tuées et plusieurs blessées, avant que l’assaillant ne soit abattu. Cet acte, qualifié de terrorisme antisémite, marque la première attaque mortelle de ce type contre une synagogue britannique depuis des décennies et a provoqué une hausse de 28 % des insultes antisémites en ligne dans les jours suivants.





Les causes de cette violence incluent : Une polarisation idéologique profonde : l’antisémitisme provient à la fois de l’extrême droite (conspirationnisme sur le « pouvoir juif ») et de l’extrême gauche (discours anti-élites dérapant vers des stéréotypes). Des événements comme des festivals (ex. : chants antisémites à Glastonbury en 2025) normalisent ces discours dans des milieux culturels. Une propagation en ligne et une banalisation : 38 % des incidents se déroulent sur internet, mais ils débordent dans la vie réelle (graffitis, menaces, harcèlement). Le CST note que l’antisémitisme est devenu « ambiant », avec 35 % des Juifs britanniques se sentant en insécurité et 47 % le percevant comme un « très gros problème ». Une réponse institutionnelle perçue comme insuffisante : malgré des financements accrus pour la sécurité des synagogues et écoles, beaucoup de Juifs estiment que les autorités minimisent la haine ou réagissent trop lentement. Cela renforce le sentiment d’abandon.





En France, la situation montre des parallèles troublants, même si les chiffres absolus diffèrent en raison de la taille des communautés (environ 300 000 Juifs au Royaume-Uni vs. 450-500 000 en France). En 2024, 1 570 actes antisémites ont été recensés (légère baisse par rapport à 1 676 en 2023, mais quadruple par rapport à 2022), avec un pic de violence physique (plus de 10 % des cas sont des agressions corporelles, un record). Au premier semestre 2025, 646 incidents ont été signalés – une baisse de 27 % par rapport à 2024, mais une hausse de 112 % par rapport à 2023. Les tendances incluent agressions physiques, vandalismes, harcèlement et incidents en milieu scolaire (12 % des cas en 2024).



Les causes communes sont une polarisation extrême (extrêmes gauche et droite), une normalisation des discours haineux en ligne et dans l’espace public, et une insécurité perçue élevée (plus de 50 % des Juifs français envisagent de partir, avec des records d’aliyah). La France bénéficie de réponses étatiques plus structurées (plans nationaux, enquêtes renforcées), mais l’antisémitisme « ambiant » persiste.





La proposition d’asile américain pour les Juifs britanniques, évoquée par Robert Garson (avocat de Trump), s’appuie précisément sur ce sentiment que le Royaume-Uni n’est plus « safe » pour les Juifs, avec des références à des attaques comme celle de Manchester et à une « ambiance » de persécution. Cela reflète une peur réelle d’escalade violente.



Est-ce bientôt le tour de la France ? Les tendances convergent fortement : les deux pays voient une haine antisémite durable, amplifiée par polarisation et réseaux sociaux. 


Sans actions décisives contre les discours extrêmes, l’éducation et l’intégration, la violence pourrait s’intensifier en France comme elle l’a fait au Royaume-Uni. L’enjeu reste européen : protéger les communautés juives exige une vigilance accrue sur les racines idéologiques de cette haine