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jeudi 22 janvier 2026

Board of Peace selon Trump. JBCH N° 2601 - 811

                          Le « Board of Peace » de Donald Trump


Davos (Suisse) – En marge du Forum économique mondial, Donald Trump a officiellement lancé cette semaine le « Board of Peace », une nouvelle structure internationale présentée comme un instrument de médiation et de stabilisation des conflits, en particulier au Moyen-Orient. 




La cérémonie de signature de la charte, retransmise s’est conclue par une déclaration solennelle de la Maison-Blanche affirmant que l’organisme est désormais « en pleine force juridique ».


L’annonce a immédiatement suscité interrogations et scepticisme dans les milieux diplomatiques : le Board of Peace est-il une organisation internationale durable ou une initiative politique à la légitimité incertaine ?




Sur le plan formel, la signature d’une charte par plusieurs États confère au Board of Peace une existence juridique minimale. Toutefois, les contours précis de l’organisation restent largement indéterminés. À ce stade, ni le mode de financement, ni la structure administrative, ni les mécanismes de décision contraignants n’ont été rendus publics de manière exhaustive.




Contrairement aux grandes organisations internationales issues de traités multilatéraux ratifiés par les parlements nationaux, le Board of Peace repose sur un engagement politique volontaire, sans garantie de continuité en cas de retrait des États signataires.



Une possible concurrence à l’ONU Officiellement, l’initiative se veut complémentaire de l’Organisation des Nations unies. Donald Trump a insisté sur une coopération avec les institutions existantes, notamment dans les processus de médiation. Toutefois, l’absence de mandat onusien et de supervision internationale alimente les critiques.


Plusieurs diplomates européens évoquent en privé le risque d’une structure parallèle, susceptible d’affaiblir le multilatéralisme traditionnel en contournant les cadres de légitimité de l’ONU, en particulier le Conseil de sécurité.



Une gouvernance très personnalisée Autre point sensible : la centralisation du pouvoir au sein de l’organisation. Le rôle de Donald Trump apparaît prépondérant, tant dans l’orientation stratégique que dans la sélection des partenaires. Cette personnalisation tranche avec les pratiques collégiales habituellement observées dans les institutions internationales, où la rotation des responsabilités et l’équilibre régional constituent des principes clés. Cette configuration nourrit les doutes quant à l’indépendance réelle du Board of Peace et à sa capacité à s’imposer comme arbitre crédible dans des conflits complexes.



À ce stade, le Board of Peace apparaît donc moins comme un successeur de l’ONU que comme un instrument diplomatique expérimental, porté par une vision politique spécifique. Sa pérennité dépendra de sa capacité à produire des résultats concrets, à élargir sa reconnaissance internationale et à clarifier son cadre juridique.


En l’état, il s’agit d’une organisation naissante, juridiquement existante mais politiquement fragile, dont l’avenir reste incertain dans un ordre international déjà marqué par la fragmentation et la défiance envers les institutions globales.



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