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mardi 10 février 2026

Les futures puces IA seront conçues en Israël. JBCH N° 2602 - 864


Israël est en train de se positionner comme l’un des futurs piliers mondiaux des puces dédiées à l’intelligence artificielle. L’annonce de l’implantation en Israël d’un centre de recherche et développement de la société américaine Astera Labs marque une étape stratégique dans cette montée en puissance. 


Réparti entre Tel-Aviv et Haïfa, ce nouveau pôle de R&D ambitionne de jouer un rôle clé dans la conception des infrastructures matérielles qui feront fonctionner l’IA de demain.


Astera Labs n’est pas un fabricant de puces grand public, mais un acteur essentiel de l’écosystème invisible de l’intelligence artificielle : la connectivité. Ses technologies permettent aux processeurs d’IA, aux accélérateurs graphiques et aux centres de données de communiquer à très haute vitesse, sans goulets d’étranglement. À l’heure où les modèles d’IA deviennent toujours plus massifs et gourmands en calcul, cette couche matérielle est devenue critique. Sans elle, même les puces les plus puissantes – notamment celles de Nvidia – ne peuvent exprimer leur plein potentiel.



Le centre israélien, dirigé par Guy Azrad, ancien cadre de Google et de Marvell, et par Idou Bukshpan, spécialiste des ASIC et des réseaux avancés, devrait recruter à terme plusieurs centaines d’ingénieurs. Il travaillera sur des solutions de connectivité de nouvelle génération, destinées aux centres de données hyperscale et aux infrastructures d’IA avancées. L’objectif est clair : concevoir en Israël des briques technologiques indispensables au fonctionnement des futures usines de calcul mondial.







Au-delà d’Astera Labs, cette implantation s’inscrit dans une dynamique plus large. Israël dispose déjà d’un écosystème unique dans les semi-conducteurs, avec des centres de R&D majeurs d’Intel, Nvidia, Apple, Amazon et Google. En attirant des acteurs spécialisés dans les puces d’infrastructure d’IA, le pays ne se contente plus de développer des algorithmes ou des logiciels : il se positionne au cœur même du matériel stratégique de l’intelligence artificielle.



Ce que construit Israël, c’est donc un rôle de cerveau matériel de l’IA mondiale. Un lieu où se conçoivent les architectures invisibles mais décisives qui relient les puces entre elles, optimisent les flux de données et rendent possible l’industrialisation de l’intelligence artificielle. Un marché estimé à près de 20 milliards de dollars d’ici 2030, et appelé à devenir aussi stratégique que l’énergie ou les télécommunications.




En misant sur la connectivité des puces et les infrastructures de calcul, Israël confirme une orientation claire : ne pas seulement utiliser l’IA, mais en façonner les fondations physiques. 


Une puissance discrète, profondément technologique, mais appelée à peser lourd dans l’équilibre industriel et géopolitique du XXIᵉ siècle.


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