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samedi 8 août 2026

Jérusalem réunifiée, capitale éternelle d'Israël JBCH N° 2608 - 062

Proche-Orient & histoire6 août 2026

Judée-Samarie : 

Histoire, Souveraineté   

L'un des plus médiatisé des différends territoriaux du monde contemporain, où s'affrontent continuité archéologique millénaire et droit international moderne.

Le débat sur la Judée-Samarie est au cœur de l'un des plus anciens différends territoriaux du monde contemporain. 

Cette région, où se trouvent Hébron, Béthel, Silo, Jéricho et les hauteurs dominant Jérusalem, constitue le berceau historique de l'ancien royaume d'Israël. 

Les découvertes archéologiques : inscriptions hébraïques, monnaies, fortifications, sceaux royaux, vestiges du Premier et du Second Temple témoignent d'une présence israélite remontant à plus de trois millénaires.

Après la destruction du Second Temple par Rome en l'an 70, puis la révolte de Bar Kokhba en 132-135, une grande partie de la population juive fut massacrée et dispersée, par les romains  sans toutefois disparaître totalement de la région. 



Au fil des siècles, l'Empire byzantin, les califats arabes, les Croisés, les Mamelouks puis l'Empire ottoman administrèrent successivement ces territoires. Durant une grande partie de cette période, la région demeura peuplée par les juifs, qui étaient traités en dhimmis avec de vastes espaces ruraux, des terres incultes et des zones désertiques.

À la fin de l'Empire ottoman, la Société des Nations confia au Royaume-Uni le Mandat sur la Palestine, dont l'objectif était notamment l'établissement d'un foyer national juif, conformément à la Déclaration Balfour de 1917. 

Mais en 1922, la partie orientale du mandat fut détachée arbitrairement et en contradiction avec les accords de San Rémo paraphés par la SDN pour former la Transjordanie. La partie occidentale conserva un statut particulier jusqu'à la fin du mandat britannique.



De 1948 à 1967

À l'issue de la guerre de 1948, la Transjordanie a envahi  la Judée-Samarie ainsi que de la partie orientale de Jérusalem en éliminant tous les juifs. Cette annexion ne fut reconnue que par un très petit nombre d'États. 

Pendant cette période, de nombreux lieux saints juifs furent détruits ou devinrent inaccessibles, plusieurs synagogues furent brulées dans la vieille ville de Jérusalem et le quartier juif fut vidé de ses habitants, les habitations volées par des arabes.


En juin 1967, à l'issue de la guerre des Six Jours, Israël prit le contrôle de la Judée-Samarie et de Jérusalem. Depuis lors, les autorités israéliennes soutiennent avec raison que ces territoires constituent la partie essentielle de leur patrimoine historique, religieux et culturel. 

Elles rappellent que les principaux récits bibliques, les premières institutions politiques hébraïques et les plus anciens centres spirituels du judaïsme sont situés dans cette région.

Les implantations civiles israéliennes se sont développées à partir de la fin des années 1960. Pour leurs partisans, elles représentent le retour légitime d'une population sur sa terre ancestrale, et plusieurs décennies d'interdiction d'accès à certains sites. 

Elles sont également présentées comme un élément stratégique destiné à garantir la sécurité des principaux centres urbains israéliens et à empêcher le retour à une situation jugée vulnérable.

Deux lectures profondément différentes continuent de s'opposer : le droit international contemporain d'un côté, la continuité historique et archéologique de l'autre.

Une grande partie de la communauté internationale (l'ONU avec 57 pays musulmans) considère toutefois ces implantations comme contraires au droit international et estime que le statut définitif de ces territoires doit être réglé par des négociations, mais ne précise pas avec qui! 

Israël conteste cette interprétation juridique, faisant valoir que la Judée-Samarie n'appartenait à aucun État souverain reconnu avant 1967, que l'occupation jordanienne n'avait reçu aucune reconnaissance  , et que les dispositions du Mandat de la Société des Nations conservent, selon certains juristes, une valeur historique et juridique



Jérusalem, cœur du différend


La vieille ville de Jérusalem occupe une place singulière dans ce débat. Elle abrite le Mur occidental, vestige du Second Temple, ainsi que le mont du Temple, lieu le plus sacré du judaïsme. 

Depuis 1967, Israël affirme garantir l'accès aux lieux saints des différentes religions, tout en revendiquant Jérusalem comme sa capitale indivisible. De nombreux États continuent arbitrairement de considérer que le statut de la ville  n'appartient pas à Israël ! 

Les pressions diplomatiques exercées par les puissances occidentales et par les Nations unies reposent sur leur interprétation du drôle de "droit international," sur les résolutions adoptées depuis plusieurs décennies et sur leur volonté déclarée de parvenir à une autre solution  

Israël, de son côté, fonde sa position sur des arguments historiques, archéologiques, religieux, sécuritaires et juridiques, estimant que son lien avec la Judée-Samarie est antérieur de plusieurs millénaires aux configurations politiques modernes.


La lecture du droit international

Résolutions de l'ONU, quatrième Convention de Genève, principe de l'inadmissibilité de l'acquisition de territoire par la force : le statut des implantations et le règlement final doivent, selon cette lecture, résulter d'une négociation politique.

La lecture israélienne

Continuité historique et archéologique, absence de souveraineté reconnue avant 1967, valeur persistante du Mandat de la Société des Nations, impératifs de sécurité : autant d'arguments mobilisés pour légitimer la présence israélienne.

Ainsi, deux lectures profondément différentes continuent de s'opposer : l'une privilégie les principes contemporains du "droit international" et les résolutions diplomatiques ; l'autre met en avant la continuité historique, l'archéologie, les textes anciens et l'absence, avant 1967, d'une souveraineté internationalement reconnue sur ces territoires. 

Cette divergence demeure l'un des principaux points de fracture des relations internationales au Proche-Orient. Cependant après la reconnaissance des USA de Jérusalem comme capitale d'Israël, et la construction de leur ambassade sur ce lieu, puis d'une vingtaine de pays ont décidé de suivre cet exemple au grand dam de la France qui se croit y régner comme aux temps des croisades?




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