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samedi 1 août 2026

Riche dans son sous-sol , pauvre à cause de son dogmatisme JBCH N° 2608 - 043

Énergie & souveraineté1er août 2026

Le gaz qu'on interdit chez nous, le pétrole qu'on refuse même de chercher

La France importe massivement du gaz de schiste des États-Unis et du Canada alors que son propre sous-sol en regorge. Et pendant ce temps, elle ferme aussi la porte à toute recherche pétrolière sur son territoire.

La loi Jacob de 2011 interdit la fracturation hydraulique sur le territoire français — seule technique connue pour extraire le gaz de schiste. Le sous-sol français n'a pourtant rien d'un désert géologique : bassin parisien et bassin du Sud-Est renfermeraient, selon l'Agence américaine de l'énergie, de l'ordre de 3 900 milliards de mètres cubes de gaz techniquement récupérable. 

Ce gaz-là reste sous nos pieds. Celui que nous brûlons vient d'ailleurs : la France est la première capacité européenne d'importation de GNL, et le gaz américain — composé à environ 80 % de schiste selon l'EIA elle-même — en représentait déjà près de la moitié en 2023.

La loi Hulot de 2017 est allée plus loin encore : elle a mis fin à la délivrance de tout nouveau permis de recherche d'hydrocarbures, gaz et pétrole confondus, avec extinction programmée des concessions existantes d'ici 2040. 

Officiellement pour tenir l'objectif de neutralité carbone. Dans les faits, la France a choisi de fermer les yeux sur ce qu'elle a sous les pieds pour continuer d'importer ce que d'autres extraient à sa place, avec les mêmes techniques et les mêmes conséquences environnementales, simplement délocalisées.



On ne défend pas le climat en interdisant chez soi ce que l'on continue d'acheter, par cargos entiers, à l'autre bout du monde. On déplace le problème, on ne le résout pas.


C'est là que le double discours écologiste s'effondre : interdire la recherche sur son propre sol, au nom du principe, tout en finançant à quinze ans les mêmes technologies chez le fournisseur américain, ce n'est pas une politique climatique, c'est une politique d'affichage. 




Le gaz brûlé est le même, le CO2 émis est le même : seule la dépendance stratégique change, de Moscou hier à Houston aujourd'hui.

Repères

Deux lois, une même logique

2011, loi Jacob : interdiction de la fracturation hydraulique.

2017, loi Hulot : fin des nouveaux permis d'exploration d'hydrocarbures, extinction des concessions d'ici 2040.

Production pétrolière française : environ 1 % de la consommation nationale, bassins parisien et aquitain.

Importations gazières : GNL américain ≈ 49 % des importations françaises (2023), ~80 % issu du schiste.

L'autre son de cloche

Les défenseurs de ces lois répondent que la faible part de la production française (1 % de la consommation) rend l'argument de souveraineté marginal, et que les risques justifiant l'interdiction — nappes phréatiques, sismicité, fuites de méthane — ne disparaissent pas parce que le gisement est petit. Pour eux, la réponse à la dépendance importée est la sobriété et les renouvelables, pas la réouverture des forages.

Si la France ouvre les robinets et change ces lois absurdes ... On aura créé près d'un million d'emplois, et une balance des paiements positive pour des dizaines d'années. Pauvre France !

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