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mardi 4 août 2026

Le Syndrome européen de Ceuta. JBCH N° 2606 - 049

Europe & migrations4 août 2026

Ceuta, Sánchez et l'appel d'air que l'Europe refuse de nommer


Plus de soixante mille personnes ont tenté de franchir la frontière de Ceuta en quelques heures. Derrière l'onde de choc, une question que Madrid et Bruxelles éludent : la régularisation massive espagnole a-t-elle envoyé le mauvais signal ? 

C'est un véritable cauchemar pour une Europe incapable de s'unir sur un sujet si critique. L'Europe, ce jour a eu peur de l'Espagne à la Finlande


Le 31 juillet, environ 60 000 personnes ont tenté de franchir à la nage la barrière séparant le Maroc de l'enclave espagnole de Ceuta. La majorité a été refoulée ou a rebroussé chemin, mais l'image restera : une frontière européenne submergée en quelques heures. 

La droite espagnole et européenne a immédiatement désigné un coupable : le plan de régularisation massive lancé par Pedro Sánchez, qu'elle juge responsable d'un appel d'air.





Sur le fond, la chronologie est plus complexe que l'accusation directe : le dispositif, clos le 30 juin, exigeait une présence en Espagne prouvée depuis au moins cinq mois avant le 1er janvier 2026 — aucun des arrivants de Ceuta n'aurait donc pu, à la lettre, en bénéficier. Mais l'argument de l'appel d'air ne porte pas sur l'éligibilité juridique : il porte sur le signal envoyé. Et ce signal-là, personne à Madrid ne l'a mesuré.


Illustration de principe — la barrière frontalière de Ceuta, franchie en masse le 31 juillet 2026.

Un million de demandes, une facture politique

Le plan initial visait 500 000 régularisations. Au 30 juin, plus d'un million de dossiers avaient été déposés — 1,3 million selon la police nationale espagnole. 

Sánchez, empêtré dans des scandales de corruption touchant son entourage et son parti, en a fait l'étendard de son gouvernement, justifiant la mesure par le vieillissement démographique et les besoins de l'économie. 

Vox dénonce une « invasion », et le Parti populaire, d'abord favorable, a pris ses distances.





Une frontière ne se défend pas seulement par des textes de loi : elle se défend par la cohérence du signal envoyé à ceux qui l'observent de l'autre côté.


C'est là que la faiblesse européenne se révèle : chaque État agit seul, sans coordination réelle, pendant que Frontex affiche une baisse de 26 % des passages irréguliers aux frontières de l'UE en 2025,  un chiffre qui contredit le récit de la vague submersive, mais qui n'empêche en rien qu'un événement local comme Ceuta expose, en une nuit, l'absence de doctrine commune.

Repères

La séquence 2026

27 janvier : annonce du plan de régularisation.

16 avril – 30 juin : dépôt des dossiers, plus d'1 million de demandes.

31 juillet : tentative de franchissement massif à Ceuta, ~60 000 personnes.

2025, UE : -26 % de passages irréguliers selon Frontex.

L'illusion du PIB, selon Lacalle

Pour l'économiste Daniel Lacalle, la croissance espagnole doit beaucoup à la combinaison dépense publique / fonds européens / immigration : le PIB agrégé progresse, mais le PIB par habitant, la productivité et les salaires réels stagnent.

Il compare les déséquilibres accumulés à ceux de la Grèce avant 2008 — un avertissement que les bons chiffres officiels masquent plus qu'ils ne rassurent.


JBCH  Août 2024

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