Économie & matières premières
Le monde à prix variable : panorama des matières premières
Du café aux métaux industriels, en passant par le gaz et le pétrole, tour d'horizon d'un marché mondial tendu par la géopolitique, le climat et la demande chinoise.
Le végétal d'abord. Le cacao reste installé sur des niveaux historiquement élevés, la faible offre ivoirienne continuant de resserrer le marché après l'envolée spectaculaire de 2024. Le café suit une trajectoire comparable, porté par les mêmes tensions climatiques sur les grands bassins de production.
Le blé et les céréales, eux, racontent une histoire inverse : des récoltes abondantes en Europe et en Ukraine ont d'abord pesé sur les cours, avant que les canicules à répétition de cet été ne relancent la pression sur le blé tendre, l'orge et le maïs. L'indice général des prix agricoles n'en progresse pas moins nettement cette année, tiré par le renchérissement des engrais azotés — lui-même lié à la hausse du gaz européen et aux tensions au Moyen-Orient.
Le minéral : l'or refuge, le cuivre stratégique
Du côté des métaux précieux, l'or campe sur des niveaux élevés, porté par une demande refuge alimentée par les incertitudes géopolitiques et les achats continus des banques centrales ; l'argent et le platine suivent, dans une moindre mesure.
Les métaux industriels racontent la même histoire que l'énergie : le cuivre, tiré par la demande chinoise et les besoins massifs de la transition électrique , câbles, batteries, réseaux, reste sur une tendance structurellement haussière, de même que le nickel et le minerai de fer, malgré des prévisions d'excédent qui pourraient tempérer la hausse d'ici la fin de l'année.
Le gaz et le pétrole, baromètres de la tension
Le Brent évolue autour de 85 à 90 dollars le baril, une fourchette élevée directement liée à l'instabilité autour de l'Iran : la région a longtemps concentré plus d'un tiers du transport maritime mondial de brut, et la moindre alerte sur le détroit d'Ormuz suffit à faire bondir les cours.
Le gaz européen (TTF) illustre cette nervosité de façon spectaculaire : parti d'environ 27 €/MWh en décembre, il a dépassé 60 €/MWh au plus fort des tensions de mars, avant de refluer partiellement sans jamais retrouver son niveau initial. Le gaz américain (Henry Hub), moins exposé à la géopolitique moyen-orientale, reste comparativement stable.
Tendances 2026
| Cacao | Niveaux records |
| Café | En forte hausse |
| Blé / céréales | Volatil, pression estivale |
| Or | Proche de ses sommets |
| Cuivre | Tendance haussière structurelle |
| Brent | ≈ 85-90 $/baril |
| Gaz TTF (Europe) | Volatil, 27→60+ €/MWh |
Les moteurs communs
Géopolitique : tensions Iran / détroit d'Ormuz, guerre en Ukraine.
Climat : El Niño 2026, canicules européennes, sécheresses en Côte d'Ivoire.
Demande structurelle : Chine et transition énergétique pour les métaux industriels.
Coûts des intrants : flambée des engrais azotés, indexés sur le gaz.
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