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lundi 2 février 2026

Le Projet Mizpe Ramon. JBCH N° 2602 - 845

 Qui l'eût cru, en 1974, l'Agence Juive avait projeté de m'affecter à un poste de développement économique pour la région entourant la ville de Mizpe Ramon ...  


Mais habiter dans un Algeco,avec une température de 50 degrés n'était pas une sinécure ... divers éléments dont le décès de mon correspondant Claude Aziot sur une route à l'entrée d'Eilat avait différé mon projet ... et mon destin... 





Le projet Mitzpe Ramon (aussi appelée Mitzpe Ramon ou Mizpe Ramon), situé dans le désert du Néguev en Israël, incarne une ambition stratégique majeure pour le pays au XXIe siècle : devenir un acteur incontournable de l’économie spatiale civile et de l’innovation deep-tech. Piloté par la société Creation-Space, ce campus « Space City » marque le passage de la phase conceptuelle à l’opérationnelle, annoncé fin janvier 2026 lors d’un événement en présence du ministre de l’Économie Nir Barkat, de la ministre de l’Innovation Gila Gamliel et du maire Elia Winter.




Ce développement s’inscrit dans une vision où Israël exploite ses atouts uniques – excellence technologique, écosystème start-up (« Startup Nation ») et géographie extrême – pour se positionner dans la nouvelle course spatiale : exploration lunaire et martienne, économie spatiale (New Space), et technologies duales (dual-use) applicables sur Terre et dans l’espace.




Le campus de Mitzpe Ramon : un hub pour l’extrême et l’innovation spatiale. Mitzpe Ramon, isolée et entourée du cratère Ramon (qui ressemble fortement au paysage martien ou lunaire), offre un « terrain naturel » idéal pour simuler les conditions extrêmes de l’espace : poussière fine, radiations simulées, températures extrêmes, isolement. Le site est déjà utilisé depuis des années via des projets comme D-MARS (Desert Mars Analog Ramon Station).





Le campus inclura : Laboratoires de simulation martienne et lunaire.de Salles de contrôle pour missions spatiales. des Infrastructures de robotique, agritech et préparation aux lancements. des Espaces académiques et un centre de conférences international pour attirer chercheurs et étudiants du monde entier.




L’approche repose sur les technologies à double valeur (dual-value) : solutions développées pour des marchés terrestres (agriculture en zone aride, robotique autonome, IA pour environnements hostiles) mais adaptables aux missions spatiales futures (bases lunaires, colonisation de Mars). Cela réduit les coûts, accélère la commercialisation et attire investisseurs.





Le projet bénéficie d’un investissement majeur (environ 100 millions de shekels, soit ~25-30 M€), financé par : Autorité israélienne pour l’innovation. Agence spatiale israélienne (Israel Space Agency). Ministère de l’Économie et de l’Industrie. Partenaires philanthropiques et privés : Jewish National Fund USA (JNF-USA), fondation Miraz (ou Mirage), CreationsVC, etc.




Alliance avec NVIDIA : l’IA au cœur de l’espace  NVIDIA, géant de l’IA et des GPU, est partenaire technologique clé. Il fournit consultation professionnelle et intègre ses outils (via le programme Inception) dans l’accélérateur EXPAND de Creation-Space. Le troisième cycle d’EXPAND (lancé fin 2025) cible les start-ups en IA, robotique et systèmes autonomes, avec un engagement annuel de 3 millions de dollars via CreationsVC.





NVIDIA apporte son expertise en calcul haute performance, essentiel pour : des Simulations spatiales complexes. un traitement de données massives (satellites, rovers). une  IA embarquée pour missions autonomes.

Un point mentionné dans des discussions : des projets exploratoires sur des data centers lunaires ou en orbite, où l’IA de NVIDIA pourrait optimiser l’énergie et le calcul en environnement spatial extrême.

Le quantique : complémentarité émergente Bien que le projet Creation-Space ne mentionne pas explicitement le quantique comme pilier central, Israël est leader mondial dans ce domaine (avec des acteurs comme Quantum Machines, qui collabore avec NVIDIA sur NVLink pour le calcul hybride quantique-classique). 



Le campus deep-tech de Mitzpe Ramon, orienté robotique, simulation et IA, pourrait intégrer le quantique pour :

 L' Optimisation de trajectoires spatiales ultra-précises. La  Cryptographie quantique pour communications sécurisées spatiales. LesSimulations moléculaires pour matériaux spatiaux (résistants aux radiations).




L’alliance NVIDIA ouvre la porte à des hybrides quantique-AI (comme DGX Quantum), renforçant la compétitivité israélienne dans le spatial quantique-enabled.

Pourquoi indispensable au XXIe siècle ? : Dans un monde où l’espace devient un domaine économique (prévisions : marché >1 000 milliards $ d’ici 2040), Israël doit sécuriser sa place : Indépendance stratégique : Moins dépendant des grandes puissances (USA, Chine, Europe) pour l’accès à l’espace. un Leadership technologique :



 Capitaliser sur IA (NVIDIA), quantique et dual-use pour exporter et créer emplois qualifiés dans le Néguev (renforcer la périphérie). Une Résilience nationale : Technologies duales profitent à la défense, agriculture désertique, cybersécurité. Un Positionnement global : Attirer talents et investissements internationaux, via un « laboratoire de terrain » unique.







Comme l’a dit Dr. Roy Naor (PDG et cofondateur de Creation-Space, planétologue formé à la NASA) : le modèle transforme idées en produits rapides, attire capitaux et emplois, et positionne Israël comme porte d’entrée vers l’espace.


Ce projet transforme Mitzpe Ramon en « ville de l’espace » – un symbole de l’ambition israélienne à conquérir non seulement le désert, mais les étoiles.


Je n'aurai jamais cru en 1974 que Mizpe Ramon habiterait un des plus luxueux hotel du monde, le "Béréchit", et la station de départ pour faire qu'Israël soit un des leaders de la recherche spatiale et plus !














dimanche 1 février 2026

George Gershwin un juif a New York ... une musique Universelle JBCH N° 2602 - 844

George Gershwin : l’odyssée d’un compositeur juif américain


Un de mes compositeurs préféré : George Gershwin, né Jacob Gershowitz le 26 septembre 1898 à Brooklyn, New York, dans une famille juive d’immigrants russes, est l’un des compositeurs les plus emblématiques de la musique américaine. 


Ses parents, Morris et Rose Gershwin, avaient quitté l’Empire russe pour fuir les persécutions antisémites, apportant avec eux une culture vivante, rythmée par les chants traditionnels et le Yiddish. Très tôt, le jeune Gershwin se plonge dans les sons de la ville : le tumulte de New York, les chants des rues juives, les airs populaires et les rythmes naissants du jazz et du blues qui allaient plus tard nourrir sa créativité.




Gershwin commence à apprendre le piano dans l’enfance, principalement en autodidacte, mais montre un talent prodigieux pour l’improvisation et l’harmonie. Il est rapidement attiré par la musique populaire new-yorkaise et écrit ses premières chansons pour des revues et comédies musicales dès l’adolescence. Son parcours illustre parfaitement le melting-pot culturel de l’Amérique de l’époque : l’influence européenne classique – qu’il découvre grâce à Debussy, Ravel ou Chopin – se mêle aux rythmes afro-américains du ragtime et du jazz. Cette synthèse devient la signature de son style et préfigure une révolution musicale.





Dans les années 1920, Gershwin commence à expérimenter la fusion du jazz et de la musique classique, créant un style hybride qui n’avait pas encore de nom. Rhapsody in Blue, composée en 1924, marque un tournant : l’œuvre combine la liberté rythmique du jazz avec la sophistication harmonique de l’orchestre symphonique. Elle est jouée lors d’un célèbre concert à New York, et le succès est immédiat. L’originalité de Gershwin réside dans sa capacité à traduire l’énergie urbaine et populaire en une musique symphonique raffinée, tout en conservant une sensibilité issue de sa culture juive.





Cette volonté d’universalité se retrouve également dans An American in Paris (1928), œuvre inspirée par son voyage en France. Gershwin y explore les sons de la vie moderne, les bruits de la ville, les mélodies françaises, et combine orchestration classique et rythme jazz. Il joue avec la polyphonie, les contrepoints et les modulations, créant une musique qui, tout en restant profondément américaine, dialogue avec les traditions européennes.




Dans les années 1930, Gershwin pousse encore plus loin ses expérimentations avec Porgy and Bess (1935), souvent considéré comme le premier opéra véritablement américain. Inspiré par la vie des Afro-Américains de Charleston, il met en scène des histoires locales avec des airs de jazz, de blues et de spirituals. La musique y devient narrative, profondément expressive, mêlant le théâtre, le chant et la danse. Gershwin y démontre sa maîtrise de l’orchestre et de la voix, tout en affirmant un style personnel qui dépasse les genres traditionnels.



Tout au long de sa carrière, Gershwin conserve un lien avec ses origines juives, bien que de manière indirecte. Sa sensibilité aux mélodies populaires, sa capacité à intégrer les influences culturelles diverses et son talent pour l’adaptation des rythmes du quotidien témoignent d’une formation enracinée dans la diaspora. Sa musique reflète un dialogue constant entre tradition et modernité, entre héritage et innovation.





Malgré une carrière écourtée par sa mort prématurée en 1937, à seulement 38 ans, Gershwin laisse une œuvre impressionnante : des pièces pour piano, des comédies musicales, des opéras et des compositions orchestrales qui continuent d’influencer les musiciens du monde entier. Son nom reste associé à l’émergence d’un style musical véritablement américain, capable d’unir jazz, classique et culture populaire dans une harmonie universelle. Sa réputation mondiale repose sur cette capacité unique à transcender les frontières culturelles, transformant ses racines juives et new-yorkaises en un langage musical universel.


L’odyssée de Gershwin est celle d’un compositeur qui, par son génie, a su faire de la musique un pont entre les peuples, les cultures et les époques. Il est le symbole d’une Amérique en pleine mutation, d’une culture juive intégrée dans le tissu de la nation et d’une musique capable de toucher tous les publics, des salles de concert classiques aux clubs de jazz, des États-Unis à l’Europe et au-delà. 


Gershwin demeure un exemple de créativité inter-culturelle, de maîtrise technique et de sensibilité poétique, inspirant encore aujourd’hui des générations de compositeurs et de mélomanes.





La fête des garçons ... Yithro. JBCH N° 2602 - 843

Je me souviens encore du marché Central de Tunis  avec des milliers de pigeons en cage et entourés de shohatim pour les égorger, afin qu'ils soient cashers. 


En effet, chez les Juifs tunisiens, la paracha Yithro ne se limite pas au récit biblique du Sinaï. Elle a donné naissance à une tradition singulière, presque inconnue ailleurs : la « fête des garçons », ou Séoudat Yithro, où l’on dresse une table de remerciement et où le pigeon règnait en maître dans les assiettes





L’origine de ce rite se perd dans la mémoire communautaire, on parle de 1785, mais le récit qui revient, de Tunis à la Goulette, à la Marsa pour mon ami Jean,  et même de Djerba pour mon ami Hervé, parle d’une épidémie de "croupe"meurtrière frappant surtout les jeunes garçons juifs. 




Les familles regardaient, les médecins étaient impuissants, ces enfants mâles  qui mouraient les uns après les autres, tandis que les voisins musulmans semblaient étrangement épargnés. Devant l’hécatombe, les sages de la communauté auraient décrété un sursaut de prières, de jeûnes et de supplications. 


Lorsque le fléau se serait soudain arrêté, un jour de la semaine de Yithro, on aurait fixé ce moment comme un rendez‑vous annuel de gratitude.



Reste à comprendre pourquoi le pigeon s’est imposé comme symbole. La version la plus rationnelle renvoie à la médecine populaire : sa chair, tendre et légère, était considérée comme particulièrement adaptée aux convalescents et aux enfants affaiblis. 



Maïmonide évoque   l’usage symbolique ou médicinal des pigeons dans le contexte de la médecine médiévale, notamment pour leur chair jugée légère et bénéfique aux convalescents. Dans ses traités, il recommande surtout une alimentation saine, où la viande de pigeon pouvait être prescrite aux malades affaiblis.




Dans bien des maisons, on servait déjà du bouillon de pigeon aux petits malades ;  une lecture plus mystique, parlant d’un pigeon blanc apparu sur le toit d’une synagogue au moment où l’épidémie cessa, ou d’un rêve où un juste ordonnait de « sacrifier un pigeon pour chaque garçon » afin de stopper le mal.






Qu’importe, au fond, laquelle de ces versions est historiquement exacte. Ce que la Séoudat Yithro raconte, c’est la manière dont une communauté du Maghreb a transformé une peur collective en rituel de protection. 


Le jeudi soir précédant le Chabbat Yithro, on réunit les garçons, on leur fait réciter les Dix Commandements, on partage le pigeon rôti, on bénit l’avenir. 


Dans un monde où la transmission juive nord‑africaine est souvent réduite à quelques recettes de cuisine, cette coutume rappelle que chaque plat a une mémoire : celle d’une angoisse ancienne, conjurée par la foi, la solidarité et un oiseau devenu, à sa manière, messager de vie.






samedi 31 janvier 2026

TOU BICHVAT lundi 2 Février. JBCH N° 2601 - 842

La Torah serait le premier grand traité écologiste, elle enseigne le respect de la nature à travers le principe de.  « Bal Tach’hit », qui interdit le gaspillage et la destruction inutile. Elle ordonne de préserver les arbres, même en temps de guerre, soulignant leur valeur vitale.


L’homme est présenté comme le gardien de la Création, responsable devant Dieu de son équilibre. Les lois agricoles (jachère, repos de la terre) rappellent que la terre n’est pas une propriété absolue.


Ainsi, l’écologie biblique repose sur une éthique de responsabilité, de mesure et de transmission aux générations futures




La signification de Tou Bichvat (le Nouvel An des arbres, le 15 Chevat, célébré le 2 février 2026) est profondément ancrée dans l’idée de régénération et de renouveau naturel.

 Cette fête marque le moment où, en Israël, la sève commence à monter dans les arbres après l’hiver : les premiers bourgeons apparaissent (notamment sur les amandiers), annonçant le passage de la dormance hivernale à une nouvelle cycle de croissance et de fructification.




C’est un symbole de renaissance cyclique de la nature : les arbres “renaissent” chaque année, porteurs de fruits nouveaux, de vie renouvelée, et rappellent la connexion profonde entre l’humain, la Terre et le divin. 





Dans la tradition juive, cela s’accompagne d’une responsabilité écologique (gardiens de la création, stewardship), avec des pratiques comme la plantation d’arbres, le Seder de fruits (les 7 espèces d’Israël), et une prise de conscience environnementale accrue aujourd’hui — souvent comparé à un “Jour de la Terre juif”.


Tou Bichvat parle plutôt d’une renaissance progressive et saisonnière : pas de destruction préalable, mais un réveil naturel après un repos hivernal. La nature ne “meurt” pas vraiment ; elle se repose, se régénère de l’intérieur (la sève monte), et repart. C’est plus une renaissance continue et harmonieuse 




En janvier 2026, les feux de forêt font rage dans plusieurs régions du monde, aggravés par le changement climatique (sécheresses prolongées, températures records). Par exemple :


Dans ce contexte de forêts littéralement réduites en cendres par des mégafeux,Tou Bichvat offre un contrepoint inspirant : même après la destruction (incendies, sécheresse), la nature a une capacité innée à se régénérer — comme le phénix, mais de façon plus réaliste et collective. Les arbres brûlés libèrent des nutriments pour de nouvelles pousses ; les écosystèmes résilients (avec biodiversité) rebondissent plus vite. La fête invite à agir : planter des arbres (en Israël via le KKL ou ailleurs), protéger les forêts, et adopter une stewardship écologique pour favoriser cette régénération
plutôt 
que d’attendre une catastrophe.

Tou Bichvat c'est le nouvel an des fruits, la renaissance de la Nature. En créant le KKL, les juifs ont rétabli l'équilibre de la nature dans les terres qui étaient soit en desserrance, soit marécageuses. 


Une politique de l'eau a été mise en place, aujourd'hui Israël exporte de l'eau, ce n'est pas un miracle, c'est le dur labeur d'un peuple qui n'a peur de rien sans oublier que  dans l’actualité dramatique des feux de forêt,  elle évoque une renaissance espérée et possible après les cendres à condition que l’humain accompagne le cycle naturel au lieu de l’entraver. Une
fête 
d’espoir et d’action .

Le prochain conflit viendra de Turquie via la corne de l'Afrique. JBCH N° 2601 - 841

J'écris cet article parceque je vois poindre le prochain adversaire du peuple juif c'est la Turquie dont les ancêtres, les Ottomans  avaient accueilli avec générosité les juifs expulsés d'Espagne.


L’axe de rivalité Turquie-Israël se situera dans un premier temps dans la Corne de l’Afrique, en lien avec la Somalie et le Somaliland, puis au proche Orient  : Le prophète Ezekhiel il y a 3000 ans, dans Gog de Magog,  pointait du doigt cet ennemi venu du Nord.



Turquie–Israël : la Corne de l’Afrique, nouveau terrain de confrontation stratégique





Le déploiement de chasseurs F-16 turcs en Somalie ne peut être lu uniquement à l’aune de la lutte contre le terrorisme jihadiste. Il s’inscrit dans une recomposition géopolitique plus vaste où la rivalité croissante entre la Turquie et Israël trouve désormais un prolongement direct dans la Corne de l’Afrique, région clé reliant la mer Rouge, le golfe d’Aden et l’océan Indien.




Depuis plus d’une décennie, Ankara s’est imposée comme un acteur central en Somalie. Présente à travers la gestion du port et de l’aéroport de Mogadiscio, la Turquie y a bâti sa plus grande base militaire à l’étranger, Camp TURKSOM, et s’est érigée en principal partenaire sécuritaire du gouvernement fédéral somalien. Cette implantation s’accompagne désormais d’une montée en gamme militaire : la présence de F-16 marque une volonté claire de verrouiller l’espace aérien et stratégique somalien, dans un environnement régional de plus en plus disputé.





Car la Somalie ne se résume plus à un État fragile confronté à Al-Shabaab. Elle est devenue un pivot géostratégique, au cœur des tensions autour des routes maritimes vitales de la mer Rouge, aujourd’hui fragilisées par la guerre à Gaza, les attaques houthies et la militarisation croissante des détroits. Dans ce contexte, la Corne de l’Afrique attire les ambitions croisées des États-Unis, de la Chine, des monarchies du Golfe… et désormais plus frontalement d’Israël.





C’est ici qu’intervient le facteur Somaliland. Cette région sécessionniste du nord de la Somalie, non reconnue internationalement mais stable et stratégiquement située face au Yémen, fait l’objet d’un intérêt accru de la part d’Israël. Des contacts politiques et sécuritaires se sont intensifiés ces derniers mois, laissant entrevoir une alliance émergente, fondée sur des convergences sécuritaires : surveillance maritime, lutte contre les menaces iraniennes et houthies, sécurisation des voies commerciales menant à Eilat et au canal de Suez.


Israël et le Somaliland



Pour Israël, le Somaliland représente un point d’appui discret mais précieux dans un arc maritime sous tension, alors que ses relations avec la Turquie se sont fortement dégradées depuis la guerre à Gaza. 



Pour Ankara, en revanche, cette dynamique constitue une ligne rouge stratégique. La Turquie soutient fermement l’intégrité territoriale somalienne et voit dans toute reconnaissance ou consolidation du Somaliland une remise en cause directe de son influence à Mogadiscio.





Le déploiement de F-16 apparaît dès lors comme un signal politique autant que militaire. Il vise à rappeler que la Turquie demeure la puissance tutélaire du gouvernement somalien et qu’elle entend empêcher toute recomposition régionale défavorable à ses intérêts. En creux, le message s’adresse autant aux Émirats arabes unis – historiquement actifs au Somaliland – qu’à Israël, dont la présence dans la zone, même indirecte, est perçue comme un défi stratégique.





Cette rivalité s’inscrit dans une opposition plus large entre deux visions du Moyen-Orient élargi. D’un côté, une Turquie qui se présente comme protectrice des causes musulmanes sunnites et multiplie les bases militaires de la Méditerranée orientale à l’Afrique de l’Est. De l’autre, un Israël qui cherche à sécuriser ses lignes maritimes et à contourner ses adversaires régionaux par une diplomatie de points d’appui périphériques.





À ce stade, aucun affrontement direct n’est envisageable. Mais la militarisation progressive de la Corne de l’Afrique, combinée à l’enchevêtrement des alliances et des conflits du Moyen-Orient, transforme la région en espace de confrontation indirecte. 


Les F-16 turcs dans le ciel somalien, tout comme les manœuvres diplomatiques israéliennes au Somaliland, témoignent d’une même réalité : la Corne de l’Afrique n’est plus une périphérie oubliée, mais un nouvel échiquier stratégique, où Ankara et Jérusalem avancent désormais à visage découvert.