Je marche dans le 13ᵉ arrondissement puis je repars pour à Belleville . Le Nouvel An lunaire ne s’impose pas,il se prépare, il s’installe. Rien d’agressif, rien de tapageur. Des lanternes rouges accrochées aux devantures, des vitrines soignées, l’odeur du canard laqué et des raviolis vapeur qui s’échappe des restaurants.
Des familles, beaucoup de familles. Des grands-parents, des enfants bien habillés, des commerçants souriants. La fête est là, mais elle ne déborde pas.
Dans le 13, devant chez Tang, le défilé attire la foule, les tambours résonnent, les dragons ondulent. Pourtant, même au cœur du spectacle, je ressens une discipline collective presque étonnante : on attend, on observe, on photographie, on applaudit. Peu de cris, peu de débordements. À Belleville, l’ambiance est plus populaire, plus brute, mais le même esprit demeure : une joie contenue, une fierté calme. On célèbre entre soi, mais on n’exclut personne. Le quartier devient une invitation, pas une revendication.
Ce qui frappe, surtout, c’est ce que je ne vois pas. Pas de slogans, pas de colère, pas de mise en scène victimaire. Cette population, pourtant marquée par une histoire d’exil, de travail dur et parfois de discriminations silencieuses, ne réclame rien sur la place publique. Elle montre au lieu de protester. Elle transmet par la culture, par la réussite scolaire, par l’économie locale, par la famille.
Pourquoi cette discrétion ? Peut-être parce que l’intégration, ici, n’est pas un mot politique mais une stratégie de vie. On avance sans bruit, on respecte les règles du pays d’accueil, on investit dans l’éducation, dans le commerce, dans la durée. On ne cherche pas à transformer la société par la confrontation, mais par la présence continue. Cela n’a rien de soumis : c’est un choix. Un choix de stabilité, de respect mutuel, parfois aussi de prudence.
Contrairement à certaines communautés plus visibles ou plus revendicatives, cette population semble avoir fait le pari que la reconnaissance vient après, jamais avant. Qu’elle se gagne, lentement. Le Nouvel An lunaire en est l’illustration parfaite : une fête identitaire, forte de symboles millénaires, mais offerte à la ville entière, sans exigence, sans discours moralisateur.
En quittant Belleville, je me dis que cette discrétion est peut-être une force mal comprise. À une époque où tout se crie, se négocie et s’affronte, il existe encore des manières d’être françaises sans le proclamer.
Le dragon s’éloigne, les lanternes s’éteindront dans quelques jours, et le quartier redeviendra silencieux. Mais l’intégration, elle, continuera — patiente, invisible, efficace.
e Nouvel An chinois (également appelé Nouvel An lunaire ou Fête du Printemps) en 2026 tombe le mardi 17 février 2026. Il marque le début de l’année du Cheval de Feu (ou Year of the Fire Horse) selon le zodiaque chinois.
Les festivités durent traditionnellement 15 jours, jusqu’à la Fête des Lanternes (mi-mars environ), avec de nombreuses animations à Paris et en Île-de-France dès fin janvier/début février.
Voici les principales dates et événements confirmés ou annoncés pour Paris en 2026 :
• Défilé sur les Champs-Élysées : Le grand événement phare a lieu le dimanche 1er février 2026 (en avant-première par rapport à la date officielle du 17 février). Il commence vers 14h ou 14h30 (souvent au niveau du Fouquet’s ou George V), remonte l’avenue jusqu’à l’Arc de Triomphe. Au programme : danses du lion et du dragon, costumes traditionnels, performances, et une nouveauté cette année avec des robots intégrés au cortège (plus de 600 participants attendus, environ 200 000 spectateurs). C’est gratuit et ouvert à tous.
• Parade traditionnelle dans le 13e arrondissement (Chinatown / Quartier asiatique) : Prévue le dimanche 1er mars 2026(date à confirmer selon les sources). Départ souvent entre 13h et 14h-15h, parcours autour de l’avenue de Choisy, Porte de Choisy et avenue d’Ivry. Danses, dragons, lions, musique, et ambiance festive dans les rues.
• Autres animations : De mi-février à début mars, attendez-vous à des spectacles (danses, ateliers calligraphie, lanternes), marchés, expositions et menus spéciaux dans les restaurants asiatiques (surtout 13e, Belleville, Marais, etc.). Des événements annexes ont lieu aussi en banlieue (Aubervilliers, Val-de-Marne, etc.).
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