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lundi 20 avril 2026

Le Pakistan ennemi d'Israël se croit négociateur ! JBCH N° 2026 - 1024

Peut-on faire confiance au Pakistan ? La question traverse toute son histoire contemporaine, tant ce pays incarne une ambiguïté stratégique permanente.

Né en 1947 de la partition sanglante de l’Inde britannique, sur une base religieuse en rupture avec la vision universaliste de Mahatma Gandhi, le Pakistan s’est construit comme un État identitaire musulman. 





Cette origine marque encore aujourd’hui sa politique : rivalité obsessionnelle avec l’Inde, conflits répétés, et militarisation profonde de la société. Puissance nucléaire depuis la fin des années 1990, il reste engagé dans une confrontation latente avec New Delhi, faisant du sous-continent l’une des zones les plus dangereuses du globe.





Sur le plan idéologique, le pays oscille entre nationalisme, islam politique et influence de courants religieux rigoristes. Cette réalité nourrit une réputation persistante d’antisémitisme dans certains segments de la société et du discours public. Elle se traduit aussi par un fait rarement mentionné : la présence juive y est quasiment inexistante. Alors que des communautés existaient encore au XXe siècle, on estime aujourd’hui qu’il ne reste que quelques dizaines de Juifs au Pakistan, parfois contraints à la discrétion, voire à l’anonymat.





Sur le terrain sécuritaire, le Pakistan traîne un passif lourd. Depuis la guerre d’Afghanistan des années 1980, une partie de son appareil sécuritaire a été accusée d’avoir toléré, instrumentalisé ou laissé prospérer des groupes jihadistes. La présence passée d’Oussama ben Laden sur son territoire a symbolisé ce double jeu : allié officiel de Washington, mais zone refuge pour des réseaux terroristes.





Géopolitiquement, Islamabad avance sur plusieurs tableaux. Allié stratégique de la Chine, il s’inscrit dans une logique de contrepoids à l’Inde et d’intégration aux nouvelles routes de la soie. Dans le même temps, ses relations avec l’Iran sont complexes, mêlant tensions frontalières et coopération pragmatique, notamment sur les questions sécuritaires et énergétiques.



Parallèlement, le Pakistan entretient une alliance nouvelle avec l’Arabie saoudite, renforcée par un accord de défense mutuelle signé en 2025. Celui-ci prévoit une solidarité militaire en cas d’agression et pourrait même s’inscrire dans une logique de « parapluie nucléaire » pakistanais au profit de Riyad  . Ce partenariat illustre une constante : le Pakistan agit moins comme un arbitre que comme un acteur engagé dans des alliances militaires structurantes.


Sur le plan intérieur enfin, le contraste est frappant : puissance nucléaire, armée influente, ambitions régionales… mais économie fragile, inégalités profondes et niveau de vie souvent faible pour une grande partie de la population.






Dans ces conditions, qualifier le Pakistan de puissance « neutre » relève davantage du langage diplomatique que de la réalité. Les États-Unis et bien d’autres puissances ne lui font pas confiance au sens moral du terme : ils composent avec lui, faute d’alternative. 


Car malgré ses contradictions, le Pakistan demeure un acteur incontournable, à la fois instable, stratégique et impossible à ignorer.



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