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mercredi 25 février 2026

Israël Ethiopie une alliance de 3000 ans. JBCH N° 2602 - 903

Le président israélien Isaac Herzog a entamé une visite d’État officielle en Ethiopie, atterrissant à Addis Abeba où il a été accueilli par le ministre des Affaires étrangères  et par l’ambassadeur d’Israël. Au programme : des entretiens avec le président Taye Atske Selassie et le Premier ministre Abiyi Ahmed Ali  , ainsi qu’une rencontre avec des représentants de la communauté juive locale.


Au-delà du protocole, cette visite confirme une réalité géopolitique ancienne : le « pays de la reine de Saba » demeure l’un des alliés africains les plus constants d’Israël. Avec plus de 120 millions d’habitants, l’Éthiopie est aujourd’hui l’un des poids lourds démographiques et stratégiques du continent. Sa croissance rapide, ses besoins immenses en infrastructures et son ambition régionale en font un partenaire clé dans la Corne de l’Afrique.





Les relations entre Jérusalem et Addis-Abeba s’inscrivent dans le temps long. Elles se sont construites autour de la sécurité, de la défense, du renseignement et du développement agricole. Israël a accompagné l’Éthiopie dans la modernisation de ses techniques d’irrigation, la gestion des ressources hydriques et la formation agricole — des domaines où l’expertise israélienne est reconnue mondialement.




L’enjeu de l’eau est central. L’Éthiopie a bouleversé l’équilibre régional avec la construction du Grand Barrage de la Renaissance sur le Nil Bleu, projet titanesque destiné à transformer le pays en hub énergétique africain. Ce barrage, l’un des plus vastes du continent, cristallise les tensions avec l’Égypte et le Soudan, mais il incarne aussi l’ambition d’autonomie énergétique éthiopienne. Dans ce contexte, le savoir-faire israélien en matière de gestion de l’eau et d’optimisation des ressources hydrauliques constitue un levier de coopération stratégique.


Sur le plan sécuritaire, la Corne de l’Afrique demeure une zone sensible : instabilité somalienne, tensions internes éthiopiennes, rivalités entre puissances du Golfe, présence croissante d’acteurs extérieurs. Israël voit dans l’Éthiopie un partenaire stable capable de contribuer à l’équilibre régional.




La dimension maritime renforce encore l’importance du partenariat. L’Éthiopie, enclavée depuis l’indépendance de l’Érythrée en 1993, cherche activement un accès pérenne à la mer. C’est ici qu’intervient le rapprochement récent entre Israël et le Somaliland entité non reconnue internationalement mais stratégique, située sur le golfe d’Aden, face aux routes maritimes les plus fréquentées du monde.





Une coopération triangulaire pourrait offrir à l’Éthiopie un accès portuaire sur la mer Rouge, tout en renforçant la présence israélienne indirecte dans cette zone névralgique du commerce mondial. La mer Rouge est devenue un théâtre majeur de rivalités : sécurité des détroits, routes énergétiques, projection navale.


Dans cette recomposition, un acteur inquiète particulièrement : la Turquie : Ankara a multiplié ces dernières années les implantations militaires et les accords économiques dans la région, notamment en Somalie. La stratégie turque combine aide humanitaire, influence religieuse, coopération militaire et investissements dans les infrastructures portuaires. Pour Israël comme pour l’Éthiopie, cette présence croissante modifie l’équation stratégique.


Mais l’alliance ne se limite pas à la sécurité. L’Éthiopie demeure un pays aux richesses largement sous-exploitées : potentiel agricole immense, ressources minières, barrages hydroélectriques, paysages spectaculaires des hauts plateaux aux vallées du Rift. Son patrimoine historique, berceau d’une des plus anciennes civilisations chrétiennes du monde, attire un tourisme encore fragile mais prometteur.





Israël, de son côté, y voit un partenaire économique à long terme : innovation agricole, technologies médicales, cybersécurité, formation professionnelle. La diaspora éthiopienne en Israël constitue également un pont humain et culturel unique entre les deux nations.


La visite d’Isaac Herzog intervient dans un moment charnière. La guerre à Gaza, les tensions au Liban, les rivalités avec l’Iran et ses alliés redessinent les priorités israéliennes. En Afrique, Jérusalem cherche à consolider un réseau d’alliances pragmatiques fondées sur la sécurité et le développement.


Pour Addis-Abeba, le partenariat avec Israël offre expertise technologique, coopération militaire et soutien diplomatique dans un environnement régional instable. Pour Israël, l’Éthiopie représente un pivot stratégique au cœur de la Corne de l’Afrique et à proximité immédiate des routes maritimes vitales reliant l’Asie à l’Europe.





Au-delà des discours officiels, cette visite traduit une convergence d’intérêts : stabilité régionale, maîtrise des flux maritimes, développement agricole et énergétique. Dans une Afrique de plus en plus courtisée par les grandes puissances, l’alliance israélo-éthiopienne s’inscrit comme un axe discret mais structurant.


Le « pays de la reine de Saba » appelé Koush à l'époque dU Roi  Salomon, n’est pas seulement une référence biblique. Il est devenu un acteur clé d’un échiquier stratégique où se croisent ambitions africaines, intérêts moyen-orientaux et rivalités globales.





Le grand hypocrite : le quai d'Orsay JBCH N° 2602 - 902

La France joue-t-elle un double jeu au Proche-Orient ? La question revient avec insistance depuis plusieurs semaines, à mesure que Paris multiplie les déclarations critiques à l’égard d’Israël tout en réaffirmant son soutien à la reconnaissance d’un État palestinien. 



Pour ses détracteurs, la diplomatie française serait devenue incohérente : sévère avec Jérusalem,   aveugle – avec Ramallah. Pour le Quai d’Orsay, il n’y a pourtant qu’une ligne constante : défendre le droit international et préserver la perspective de deux États vivant côte à côte en paix et en sécurité, avec une belle tendance amoureuse pour le clan arabe ! 





Depuis les attaques du 7 octobre 2023, attribuées au Hamas et unanimement qualifiées d’actes terroristes par Paris, la position française officielle n’a pas varié sur ce point. Le Hamas est considéré comme une organisation terroriste, et ses actions sont condamnées sans ambiguïté. Mais dans le même temps, la France distingue clairement le Hamas de l’Autorité palestinienne présidée par Mahmoud Abbas, qu’elle considère comme un interlocuteur politique légitime dans la perspective d’un règlement négocié.




C’est précisément cette distinction qui alimente la polémique. Les critiques estiment que l’Autorité palestinienne demeure structurellement ambivalente : rhétorique de paix sur la scène internationale, mais ambiguïtés persistantes dans ses textes fondamentaux, ses mécanismes d’indemnisation des prisonniers ou sa capacité réelle à désarmer les factions armées. La récente mise en avant d’un projet constitutionnel palestinien a ravivé ces interrogations. Certains observateurs y voient des formulations problématiques : références religieuses appuyées, statut symbolique des « martyrs », absence explicite de reconnaissance d’Israël dans certaines versions commentées. Pour eux, reconnaître un État sur cette base reviendrait à fermer les yeux sur des ambiguïtés lourdes de conséquences.



À Paris, on rétorque que la reconnaissance d’un État palestinien ne constitue pas un blanc-seing idéologique mais un levier diplomatique. L’objectif affiché reste la relance d’un processus politique gelé depuis des années. Dans cette lecture, soutenir la structuration institutionnelle palestinienne permettrait d’isoler davantage le Hamas et de renforcer une autorité civile susceptible de gouverner la bande de Gaza à terme. La stratégie repose sur une hypothèse : seule une perspective politique crédible peut marginaliser durablement les acteurs armés.


Le problème, soulignent les détracteurs, est que cette hypothèse a déjà été testée par le passé, avec des résultats mitigés. La fracture entre le Hamas à Gaza et l’Autorité palestinienne en Cisjordanie demeure profonde. Les capacités sécuritaires de Ramallah sont limitées. Et la société palestinienne reste traversée par des courants contradictoires. Dès lors, la crainte exprimée par certains analystes est celle d’un décalage entre l’intention diplomatique française et la réalité politique locale.





Parallèlement, la France critique régulièrement la politique israélienne en Cisjordanie, notamment l’expansion des implantations et les mesures perçues comme compromettant la viabilité territoriale d’un futur État palestinien. Paris estime que ces décisions fragilisent la solution à deux États et risquent d’installer une situation irréversible sur le terrain. Cette position s’inscrit dans une continuité diplomatique ancienne, partagée par plusieurs partenaires européens.


Mais dans le climat actuel, toute critique adressée à Israël est immédiatement interprétée, par certains milieux, comme une prise de parti hostile. À l’inverse, toute initiative favorable à la reconnaissance palestinienne est perçue comme une concession unilatérale. La polarisation extrême du débat rend difficile une lecture nuancée.





Au fond, la diplomatie française marche sur une ligne étroite. Elle tente de maintenir une cohérence : condamnation du terrorisme, soutien au droit d’Israël à la sécurité, opposition aux mesures jugées contraires au droit international, appui à la création d’un État palestinien réformé et démilitarisé. La question centrale est celle de la crédibilité des partenaires et de la faisabilité concrète de cette architecture politique.





Le « double jeu » dénoncé par certains relève donc moins d’une contradiction officielle que d’un pari stratégique contesté. Paris fait le choix de croire qu’un cadre institutionnel palestinien renforcé peut contribuer à la stabilité régionale. Ses opposants pensent qu’il s’agit d’une illusion diplomatique qui ignore des dynamiques idéologiques profondes.






Dans un conflit aussi ancien et chargé symboliquement, chaque geste est interprété comme un signal politique. La France, puissance moyenne mais voix influente en Europe et au Conseil de sécurité, sait que ses positions pèsent. mais l'histoire retiendra la fragilité mentale de son président ... et la veulerie de son Quai d'Orsay depuis de Gaulle ..; 


Reste à savoir si cette ligne d’équilibre peut encore produire des résultats tangibles, ou si elle restera perçue, par une partie de l’opinion, comme une posture déséquilibrée dans un jeu diplomatique où la confiance est devenue rare.


Grave echec pour la France ... 


mardi 24 février 2026

Le 7 Octobre est aussi une attaque psychologique contre la société occidentale ... JBCH N° 2026 - 901

Comment le Hamas a bâti, en vingt ans, une machine d’influence mondiale


Pendant deux décennies, le Hamas n’a pas seulement préparé des actions militaires. 


Dans l’ombre, l’organisation a patiemment construit une stratégie globale de guerre psychologique, médiatique et idéologique, visant à affaiblir Israël, à influencer les sociétés occidentales et à imposer son récit au nom de l’islamisme radical.




Cette entreprise de long terme a été rendue possible par un soutien financier massif, notamment en provenance du Qatar dont les fonds ont permis de financer infrastructures, réseaux numériques, relais médiatiques et campagnes internationales. Officiellement destinés à l’aide humanitaire, ces flux ont également servi à bâtir un appareil sophistiqué de propagande.


Une enquête récente du média israélien Ynet, fondée sur des documents internes saisis à Gaza, révèle l’ampleur de ce dispositif. Ces archives, analysées par le Centre Meir Amit d'information sur le renseignement et le terrorisme, décrivent une stratégie pensée sur plusieurs années, structurée et validée au plus haut niveau du mouvement.



Au cœur de ces documents figure un « plan opérationnel 2022 », validé par le sinistre Ali al Amoudi   , proche de Sinwar Ce plan fixe des objectifs clairs : renforcer le narratif arabe à l’étranger, délégitimer Israël, bloquer toute normalisation régionale et mener une offensive psychologique permanente.


Le Hamas y affirme que le champ médiatique est aussi stratégique que le champ militaire. La bataille, selon ses propres termes, ne se gagne pas uniquement avec des roquettes, mais avec des images, des récits, des émotions et des symboles.





Ainsi est né un arsenal numérique moderne : vidéos scénarisées, infographies virales, caricatures, campagnes sponsorisées sur les réseaux sociaux, tribunes dans la presse étrangère, contenus satiriques et messages ciblés. Une partie de ces campagnes visait directement le public israélien, pour miner le moral et accentuer les divisions internes.


D’autres ciblaient les opinions occidentales, en jouant sur les notions de droits humains, de justice sociale et de victimisation. Le discours était soigneusement adapté aux sensibilités locales, transformant une organisation armée en acteur supposément « militant » ou « résistant ».




Les documents montrent également la volonté de structurer un réseau médiatique international, présenté comme indépendant mais piloté en coulisses. Des plateformes en anglais, en français et en espagnol ont été développées, avec le recrutement d’auteurs étrangers favorables à la cause du Hamas.


Parallèlement, le mouvement a investi le monde universitaire. Dans plusieurs grandes universités occidentales, des groupes militants, conférences et cercles de réflexion ont relayé des éléments de langage proches de ceux produits à Gaza. Sans toujours en avoir conscience, certains milieux académiques sont devenus des amplificateurs du discours islamiste.


Cette pénétration intellectuelle s’est appuyée sur des concepts attractifs : anticolonialisme, intersectionnalité, déconstruction, critique du capitalisme. Le Hamas a su intégrer ces codes pour se présenter comme une force « progressiste », masquant sa nature autoritaire, religieuse et violente


Le plan prévoit aussi la création de « listes noires » visant les personnalités arabes accusées de rapprochement avec Israël. Journalistes, intellectuels, entrepreneurs ou responsables politiques favorables à la coopération régionale étaient exposés à des campagnes de diffamation, de harcèlement et de menaces.




L’objectif : dissuader toute normalisation, maintenir un climat de peur et verrouiller le débat public dans le monde arabe comme en Judée-Samarie. La pression communautaire devenait ainsi une arme stratégique.


Dans le même temps, des influenceurs musulmans et arabes à forte audience étaient mobilisés pour diffuser les messages du mouvement, souvent sans revendication directe, sous couvert de causes humanitaires ou sociales.


Rien de tout cela n’aurait été possible sans des moyens financiers considérables. Les fonds en provenance du Golfe ont permis de former des équipes spécialisées en communication, d’acheter des technologies, de financer des campagnes publicitaires et de rémunérer des relais à l’étranger.


Contrairement à une image souvent véhiculée, cette propagande n’a rien d’improvisé. Elle repose sur des études d’opinion, des analyses de données, des tests de messages et une adaptation permanente aux évolutions du débat mondial.




Le Hamas a ainsi fonctionné comme une véritable entreprise idéologique, avec ses départements, ses budgets, ses objectifs chiffrés et ses indicateurs d’impact.


Au-delà d’Israël, les documents montrent une ambition plus large : affaiblir les sociétés occidentales de l’intérieur. En exploitant les fractures culturelles, les tensions identitaires et les débats sur la liberté d’expression, le mouvement cherche à installer un climat de culpabilité et de paralysie morale.


L’objectif n’est pas seulement de gagner une bataille diplomatique, mais de délégitimer progressivement les valeurs démocratiques, en les retournant contre elles-mêmes.


Cette stratégie s’inscrit dans une vision islamiste globale, où l’information devient une arme, l’université un champ de bataille, et les réseaux sociaux un terrain de conquête.


Longtemps, cette dimension a été sous-estimée par les gouvernements occidentaux. Focalisés sur la menace militaire, ils ont négligé l’ampleur du front informationnel. Aujourd’hui, les documents capturés à Gaza lèvent le voile sur une réalité dérangeante : l’attaque du Hamas est aussi cognitive, culturelle et politique. pour inverser les preuves, dans les esprits, malgré la réalité des images et des témoignages.




Selon les analystes du Centre Meir Amit, cette guerre des perceptions était planifiée bien avant les escalades récentes. Elle constitue le socle idéologique qui rend possible la radicalisation, la mobilisation et la justification de la violence.


Face à cette machine d’influence, les démocraties sont confrontées à un dilemme : défendre la liberté d’expression sans devenir naïves face à des stratégies de manipulation.


Le cas du Hamas illustre comment une organisation criminelle peut, grâce à des financements étrangers, à des réseaux universitaires et à des outils numériques, façonner une partie du débat mondial et tromper tous les démocrates et toute la gauche !


Plus qu’un conflit régional, cette guerre informationnelle révèle une bataille pour les esprits, les valeurs et les récits. Une bataille silencieuse, menée depuis vingt ans, et dont les effets continuent de se faire sentir bien au-delà de Gaza, jusqu’au cœur des sociétés occidentales.






Santé, et guerre des brevets dans les objets connectés. JBCH N° 2602 - 900

La guerre des brevets 

Et l’univers des objets connectés santé


 



Les bagues connectées, montres et bracelets de suivi santé sont devenus les nouveaux symboles du mouvement « Make America Healthy Again ». 


Portées par un engouement croissant du public et par le soutien affiché du secrétaire à la Santé, Robert.F. Kennedy Jr. ces technologies suscitent aujourd’hui une concurrence féroce entre les géants du secteur.


L’an dernier, Kennedy a déclaré vouloir que chaque Américain porte un objet connecté d’ici la fin de la décennie, promettant une vaste campagne nationale de promotion. Résultat : le marché s’emballe. Plus de 1,3 million d’appareils ont été vendus sur les sept premiers mois de 2025, soit une hausse de 35 %,.





Mais derrière cette croissance se cache une véritable guerre juridique. Les entreprises multiplient les procédures pour protéger leurs innovations. « Ces litiges redéfinissent l’origine et le prix des produits de demain », analyse un avocat spécialisé en propriété intellectuelle.


Depuis juin, cinq enquêtes ont été ouvertes pour violation de brevets, contre seulement deux en 2024. Parmi les groupes concernés figurent Apple et Google, mais aussi la start-up finlandaise Ouraet le géant sud-coréen Samsung.





Oura et Samsung s’affrontent actuellement autour de leurs bagues connectées, chacun accusant l’autre de contrefaçon. Les deux groupes demandent l’interdiction d’importation des produits concurrents. Une décision qui pourrait bloquer des millions d’appareils, la majorité étant fabriquée à l’étranger.


Ce type de conflit n’est pas nouveau. En 2023, certaines montres Apple avaient été temporairement interdites à la vente après une plainte de Masimo concernant la mesure du taux d’oxygène dans le sang. Apple avait finalement été condamné à verser 634 millions de dollars.





Le secteur est particulièrement vulnérable, car les capteurs, écrans et interfaces fonctionnent souvent sur des principes similaires. Avec des dizaines de milliers de brevets déposés dans le monde, les risques de chevauchement sont élevés.


« Nous avons investi énormément pour créer une propriété intellectuelle unique », souligne le PDG d’Oura, dans une interview accordée à Politico « Le système juridique existe aussi pour nous protéger. »


Oura assure ne pas craindre de rupture d’approvisionnement pendant l’examen des plaintes. Samsung, de son côté, n’a pas souhaité commenter.


Alors que les objets connectés s’imposent comme des outils centraux de prévention et de suivi médical, l’industrie entre dans une nouvelle phase : celle d’une bataille mondiale pour le contrôle des technologies de la santé numérique. 


Entre innovation, régulation et rivalités judiciaires, l’avenir du « corps connecté » se joue désormais aussi dans les tribunaux.




lundi 23 février 2026

Anthropic et le Pentagone JBCH N° 2602 - 899

Anthropic et le Pentagone : 

Ultimatum sur l’IA Claude


Le Pentagone s’apprête à un face-à-face tendu avec Dario Amodei, PDG d’Anthropic, autour de l’utilisation militaire de Claude, le modèle d’IA le plus avancé et le seul autorisé dans les systèmes classifiés américains. 


Selon des sources d’Axios, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a convoqué Amodei demain matin pour ce que les responsables qualifient de « réunion décisive » : il s’agit d’un rendez-vous où il faudra trancher ou se retirer.




Claude représente un enjeu stratégique : capable de traiter des données sensibles pour la défense et le renseignement, il est au cœur des systèmes militaires classifiés. Le Pentagone ne veut pas perdre cet accès, mais il est furieux qu’Anthropic refuse de lever entièrement ses safeguards, alors que Washington exige que tous les laboratoires d’IA rendent leurs modèles disponibles pour « tous usages légaux ».





Anthropic affirme rester ouvert au dialogue : la société serait prête à relâcher certaines restrictions, tout en bloquant l’usage de Claude pour la surveillance de masse des Américains et le développement de armes autonomes. « Nous sommes engagés à utiliser l’IA de pointe pour la sécurité nationale américaine », précise un porte-parole. Du côté du Pentagone, cette approche est jugée trop restrictive : chaque utilisation devant être validée par la société complique la rapidité et l’efficacité opérationnelle.






La tension monte : le Pentagone pourrait qualifier Anthropic de « risque pour la chaîne d’approvisionnement », annulant ses contrats et forçant les partenaires à garantir qu’ils n’utilisent pas Claude. D’autres mesures coercitives sont à l’étude pour obliger la société à céder.




Remplacer Anthropic ne serait pas simple : peu de laboratoires disposent actuellement de modèles aussi performants pour les missions sensibles. Demain, le rendez-vous pourrait bien décider du futur de Claude dans l’armée américaine, et plus largement, des relations entre l’État et les entreprises pionnières de l’IA.



La vérité enfin ! Blog de Dov Zerah JBCH N° 2602 - 898


LA VÉRIITÉ FAIT SON CHEMIN À GAZA






 
Bonjour
Cordialement
 
Atlantico : Les nouvelles données publiées par le Hamas sur les victimes à Gaza modifient-elles, selon vous, la lecture juridique et politique des accusations de « génocide » portées contre Israël ? En quoi ces chiffres sont-ils déterminants dans l’analyse au regard de la Convention de 1948 ?
 
Dov Zerah : D’une manière générale, tout chiffre produit par le Hamas est sujet à question. Depuis 2007, le décompte des morts est utilisé comme un instrument de propagande dans la guerre informationnelle menée contre Israël.
Ces chiffres de décompte sont censés être présentés par le ministère de la santé. Or, personne ne connait, ni n’a vu un ministre de la santé, n’a assisté à une conférence de presse.
Le Hamas n’a jamais donné une quelconque précision sur sa méthode de comptabilisation ; ce nouveau décompte est-il le résultat d’une nouvelle méthode ? Pour actualiser son décompte, le Hamas n’a pu tenir compte de la situation dans les zones sous contrôle israélien représentant 53 % de la bande.
Il n’existe aucun organisme indépendant permettant de vérifier ce décompte et éventuellement le valider.
 
Sur le plan juridique, l’accusation de génocide ne repose pas sur le nombre de morts. La Convention de 1948 exige la démonstration d’une intention spécifique de détruire un groupe en tant que tel. Or, à ce jour, aucune preuve d’une telle intention n’a été établie, nonobstant certaines déclarations arrogantes du ministre la défense israélien Yoav Gallant ou des initiatives tonitruantes de certaines groupes extrémistes essayant d’empêcher l’aide de pénétrer dans le territoire.
Même si les chiffres évoluent, même s’ils sont révisés, cela ne change pas le questionnement. Nous n’avons aucune preuve de volonté d’extermination, ni stratégie d’anéantissement systématique, ni de famine organisée. Jour après jour, depuis le cessez le feu, aucun indice de famine n’a été produit alors que les terroristes peuvent circuler dans 47 % de la bande de Gaza et que l’internet fonctionne sans restriction.
Les destructions sont massives, trop importantes. Les morts sont nombreux, tragiquement trop nombreux. Mais cela ne suffit pas pour autant à qualifier juridiquement un génocide.
 
Atlantico : Comment analyser la provenance et la fiabilité des chiffres diffusés par le Hamas ? Qui collecte ces données, comment sont-elles vérifiées, et peut-on les recouper avec des sources indépendantes ?  
 
Dov Zerah : Le Hamas n’a communiqué aucun détail sur sa méthode. Comment distingue-t-on un terroriste d’un civil ? Sur quels critères ? C’est un des sujets les plus controversés. Comment différencier le terroriste armé du civil, alors que des familles gazaouies ont hébergé des otages, que des appartements et même des chambres d’enfants ont été utilisés par des terroristes pour tirer des missiles ou viser des soldats israéliens, que des hôpitaux, des mosquées, des structures éducatives… et même les locaux de l’UNWRA ont servi de bases du mouvement terroriste…
 
Avec l’islamisme radical, le Monde est confronté depuis le 11 septembre 2001 à des guerres asymétriques. Souvenons-nous de la bataille de Mossul ou de la guerre en Afghanistan.
Les terroristes armés sont imbriqués dans la population, retranchés dans des écoles, des mosquées, des hôpitaux. Comment prendre en considération les membres du Hamas qui occupent des fonctions dans l’administration du territoire ? Comment catégoriser le père de famille qui héberge un combattant ? Comment qualifier un directeur d’hôpital membre du Hamas ? Dans ces conditions, la vérification indépendante est extrêmement difficile. Les chiffres sont présentés comme des certitudes, alors qu’ils sont en réalité invérifiables.
 
Atlantico : Si l’on retient les chiffres évoqués (68 800 morts, dont 25 000 combattants et environ 10 000 morts naturelles), le ratio civils/combattants serait proche de 1:1. Dans un contexte de guerre urbaine dense comme Gaza, que signifie un tel ratio d’un point de vue militaire et stratégique ? L'armée israélienne a-t-elle fait évoluer sa stratégie militaire et sa méthode d'action dans le cadre de la guérilla en milieu urbain à Gaza ?
 
Dov Zerah : Ce ratio reposant sur des chiffres invérifiables, il serait audacieux de tirer toute conclusion.
Ensuite, par rapport à quoi compare-t-on ? À quelle guerre conventionnelle ? Ou même à quelle guerre asymétrique ? Nous ne sommes pas face à une armée régulière opposée à une autre armée régulière. Nous sommes face à une organisation armée retranchée dans un tissu urbain extrêmement dense, utilisant des tunnels, stockant des armes dans des habitations, tirant depuis des zones résidentielles.
Le droit international humanitaire a été pensé pour des guerres classiques. Or nous sommes confrontés depuis une vingtaine d’années à des guerres hybrides.
 
L’armée israélienne a fait évoluer ses méthodes au fil du conflit, en fonction des circonstances du terrain, notamment face aux tunnels et aux modes opératoires du Hamas.
Tsahal prévient la population avant tout bombardement par haut-parleur, tract, annonce sur les réseaux sociaux… Elle affirme soumettre ses frappes à un contrôle juridique préalable. Chaque bombardement est censé faire l’objet d’un examen juridique approfondi et n’est effectué qu’après accord du conseiller juridique. Est-ce parfait ? Peut-on le vérifier totalement ? Non. Mais il y a une intention affichée de respecter un cadre juridique et d’éviter les effets collatéraux.
 
Atlantico : Dans quelle mesure faut-il distinguer, au sein des victimes civiles, celles résultant directement des frappes israéliennes de celles dues à des tirs de roquettes internes, à des exécutions ou à d’autres violences intra-palestiniennes, comme des exécutions ? Cette distinction est-elle suffisamment prise en compte dans le débat public international ?
 
Dov Zerah : Cette distinction est essentielle, et elle est largement absente du débat public.
Rappelons-nous l’exemple emblématique avec l’explosion de l’hôpital Al-Ahli Arab à Gaza le 17 octobre 2023, immédiatement attribuée à Israël avec un bilan de 471 morts, selon le ministère gazaoui de la santé, avant même toute vérification. Il s’est avéré, grâce à une vidéo diffusée par une télévision arabe qu’il s’agissait d’une roquette du Jihad islamique palestinien tombée sur place.
Comment comptabilise-t-on ces morts ? Sont-ils imputés à Israël ? Sont-ils distingués ? Le débat public international retient souvent un chiffre global, sans ventilation des causes.
Or, dans un conflit où les terroristes prennent la population comme bouclier, il est indispensable de distinguer les responsabilités. Sinon, on bascule dans une lecture purement politique et une instrumentalisation des chiffres à des fins de propagande.
 
Atlantico : Peut-on considérer que l’accusation de génocide a été instrumentalisée dans la bataille politique et médiatique autour du conflit ? En quoi la révision des chiffres change-t-elle — ou non — la dynamique du débat international ?
 
Dov Zerah : Oui, il y a eu, il y a une instrumentalisation.
L’accusation de génocide a été utilisée comme un outil de délégitimation d’Israël, une volonté de relativiser la Shoah.
Elle a trouvé de nombreux relais politiques, notamment à travers la procédure engagée par l’Afrique du Sud devant la Cour internationale de Justice.
Le fait que l’Afrique du Sud ait saisi ce sujet est intéressant. Tout d’abord, Prétoria renvoie la balle à Jerusalem qui avait soutenu le régime d’apartheid jusqu’à sa fin en 1991.
Parallèlement, le président sud-africain, Cyril Ramaphosa essaie de se refaire une virginité face aux accusations de racisme antiblanc ; en le recevant à la Maison blanche, Donald Trump l’a piégé en lui montrant une vidéo démontrant des violences contre la minorité blanche dans son pays. Ces discriminations visent à masquer les difficultés internes résultant de la persistance du ralentissement économique et plus globalement de la contestation du pacte social interne post apartheid ; le pouvoir de l’African national congress (ANC) créé par Nelson Mandela est notamment contesté par la corruption généralisée, « la capture d’État » mis en évidence par le rapport d’une commission spéciale.
 
Que dire de la posture turque et plus particulièrement d’Erdogan pour faire oublier son refus de reconnaître le génocide arménien qui a fait plus d’un million et demi de morts ?
 
Au-delà de la polémique sur les chiffres, le véritable enjeu pour l’avenir est l’adaptation du droit international pour intégrer les modifications consécutives à l’émergence des guerres asymétriques. L’ONU aurait dû s’emparer de ce sujet pour faire évoluer les règles. Or, l’organisation n’a rien fait, se contentant de fustiger Israël.
 
Atlantico : Pensez-vous que l’ONU a manqué l’opportunité du défi adressé à la communauté nationale, à la gouvernance mondiale ?
 
Dov Zerah : L’État juif est le seul pays de l’ONU à bénéficier d’un « traitement privilégié », celui d’avoir la très grande majorité des résolutions de l’AG le clouant au pilori.
C’est devenu « un marronnier » pour les États arabes et islamiques, avec la complicité du secrétariat général et de certains pays européens, de montrer du doigt l’État juif.
Rappelons-nous la résolution de 1974 assimilant le sionisme au racisme.
Dans la même veine, l’UNESCO n’a pas hésité à nier les liens entre Israël et Jérusalem d’une part et les Juifs d’autre part… 
 
Pour ne citer qu’un exemple qu’a dit l’ONU des méthodes saoudiennes dans leurs interventions militaires au Yémen, des bombardements des hôpitaux… ?
 
Ce parti pris anti israélien de l’ONU a entrainé le discrédit de l’organisation et explique la tentative de Donald Trump de la marginaliser, voire de l’écarter, avec la création de son conseil pour la paix. Aujourd’hui, c’est en son sein avec les principaux pays arabes et islamiques, que se négocie et se décide la reconstruction de la bande de Gaza et les paramètres de la fin de conflit.
 
Dov ZERAH
DHAREZ