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mercredi 25 février 2026

Le grand hypocrite : le quai d'Orsay JBCH N° 2602 - 902

La France joue-t-elle un double jeu au Proche-Orient ? La question revient avec insistance depuis plusieurs semaines, à mesure que Paris multiplie les déclarations critiques à l’égard d’Israël tout en réaffirmant son soutien à la reconnaissance d’un État palestinien. 



Pour ses détracteurs, la diplomatie française serait devenue incohérente : sévère avec Jérusalem,   aveugle – avec Ramallah. Pour le Quai d’Orsay, il n’y a pourtant qu’une ligne constante : défendre le droit international et préserver la perspective de deux États vivant côte à côte en paix et en sécurité, avec une belle tendance amoureuse pour le clan arabe ! 





Depuis les attaques du 7 octobre 2023, attribuées au Hamas et unanimement qualifiées d’actes terroristes par Paris, la position française officielle n’a pas varié sur ce point. Le Hamas est considéré comme une organisation terroriste, et ses actions sont condamnées sans ambiguïté. Mais dans le même temps, la France distingue clairement le Hamas de l’Autorité palestinienne présidée par Mahmoud Abbas, qu’elle considère comme un interlocuteur politique légitime dans la perspective d’un règlement négocié.




C’est précisément cette distinction qui alimente la polémique. Les critiques estiment que l’Autorité palestinienne demeure structurellement ambivalente : rhétorique de paix sur la scène internationale, mais ambiguïtés persistantes dans ses textes fondamentaux, ses mécanismes d’indemnisation des prisonniers ou sa capacité réelle à désarmer les factions armées. La récente mise en avant d’un projet constitutionnel palestinien a ravivé ces interrogations. Certains observateurs y voient des formulations problématiques : références religieuses appuyées, statut symbolique des « martyrs », absence explicite de reconnaissance d’Israël dans certaines versions commentées. Pour eux, reconnaître un État sur cette base reviendrait à fermer les yeux sur des ambiguïtés lourdes de conséquences.



À Paris, on rétorque que la reconnaissance d’un État palestinien ne constitue pas un blanc-seing idéologique mais un levier diplomatique. L’objectif affiché reste la relance d’un processus politique gelé depuis des années. Dans cette lecture, soutenir la structuration institutionnelle palestinienne permettrait d’isoler davantage le Hamas et de renforcer une autorité civile susceptible de gouverner la bande de Gaza à terme. La stratégie repose sur une hypothèse : seule une perspective politique crédible peut marginaliser durablement les acteurs armés.


Le problème, soulignent les détracteurs, est que cette hypothèse a déjà été testée par le passé, avec des résultats mitigés. La fracture entre le Hamas à Gaza et l’Autorité palestinienne en Cisjordanie demeure profonde. Les capacités sécuritaires de Ramallah sont limitées. Et la société palestinienne reste traversée par des courants contradictoires. Dès lors, la crainte exprimée par certains analystes est celle d’un décalage entre l’intention diplomatique française et la réalité politique locale.





Parallèlement, la France critique régulièrement la politique israélienne en Cisjordanie, notamment l’expansion des implantations et les mesures perçues comme compromettant la viabilité territoriale d’un futur État palestinien. Paris estime que ces décisions fragilisent la solution à deux États et risquent d’installer une situation irréversible sur le terrain. Cette position s’inscrit dans une continuité diplomatique ancienne, partagée par plusieurs partenaires européens.


Mais dans le climat actuel, toute critique adressée à Israël est immédiatement interprétée, par certains milieux, comme une prise de parti hostile. À l’inverse, toute initiative favorable à la reconnaissance palestinienne est perçue comme une concession unilatérale. La polarisation extrême du débat rend difficile une lecture nuancée.





Au fond, la diplomatie française marche sur une ligne étroite. Elle tente de maintenir une cohérence : condamnation du terrorisme, soutien au droit d’Israël à la sécurité, opposition aux mesures jugées contraires au droit international, appui à la création d’un État palestinien réformé et démilitarisé. La question centrale est celle de la crédibilité des partenaires et de la faisabilité concrète de cette architecture politique.





Le « double jeu » dénoncé par certains relève donc moins d’une contradiction officielle que d’un pari stratégique contesté. Paris fait le choix de croire qu’un cadre institutionnel palestinien renforcé peut contribuer à la stabilité régionale. Ses opposants pensent qu’il s’agit d’une illusion diplomatique qui ignore des dynamiques idéologiques profondes.






Dans un conflit aussi ancien et chargé symboliquement, chaque geste est interprété comme un signal politique. La France, puissance moyenne mais voix influente en Europe et au Conseil de sécurité, sait que ses positions pèsent. mais l'histoire retiendra la fragilité mentale de son président ... et la veulerie de son Quai d'Orsay depuis de Gaulle ..; 


Reste à savoir si cette ligne d’équilibre peut encore produire des résultats tangibles, ou si elle restera perçue, par une partie de l’opinion, comme une posture déséquilibrée dans un jeu diplomatique où la confiance est devenue rare.


Grave echec pour la France ... 


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