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lundi 23 février 2026

La vérité enfin ! Blog de Dov Zerah JBCH N° 2602 - 898


LA VÉRIITÉ FAIT SON CHEMIN À GAZA






 
Bonjour
Cordialement
 
Atlantico : Les nouvelles données publiées par le Hamas sur les victimes à Gaza modifient-elles, selon vous, la lecture juridique et politique des accusations de « génocide » portées contre Israël ? En quoi ces chiffres sont-ils déterminants dans l’analyse au regard de la Convention de 1948 ?
 
Dov Zerah : D’une manière générale, tout chiffre produit par le Hamas est sujet à question. Depuis 2007, le décompte des morts est utilisé comme un instrument de propagande dans la guerre informationnelle menée contre Israël.
Ces chiffres de décompte sont censés être présentés par le ministère de la santé. Or, personne ne connait, ni n’a vu un ministre de la santé, n’a assisté à une conférence de presse.
Le Hamas n’a jamais donné une quelconque précision sur sa méthode de comptabilisation ; ce nouveau décompte est-il le résultat d’une nouvelle méthode ? Pour actualiser son décompte, le Hamas n’a pu tenir compte de la situation dans les zones sous contrôle israélien représentant 53 % de la bande.
Il n’existe aucun organisme indépendant permettant de vérifier ce décompte et éventuellement le valider.
 
Sur le plan juridique, l’accusation de génocide ne repose pas sur le nombre de morts. La Convention de 1948 exige la démonstration d’une intention spécifique de détruire un groupe en tant que tel. Or, à ce jour, aucune preuve d’une telle intention n’a été établie, nonobstant certaines déclarations arrogantes du ministre la défense israélien Yoav Gallant ou des initiatives tonitruantes de certaines groupes extrémistes essayant d’empêcher l’aide de pénétrer dans le territoire.
Même si les chiffres évoluent, même s’ils sont révisés, cela ne change pas le questionnement. Nous n’avons aucune preuve de volonté d’extermination, ni stratégie d’anéantissement systématique, ni de famine organisée. Jour après jour, depuis le cessez le feu, aucun indice de famine n’a été produit alors que les terroristes peuvent circuler dans 47 % de la bande de Gaza et que l’internet fonctionne sans restriction.
Les destructions sont massives, trop importantes. Les morts sont nombreux, tragiquement trop nombreux. Mais cela ne suffit pas pour autant à qualifier juridiquement un génocide.
 
Atlantico : Comment analyser la provenance et la fiabilité des chiffres diffusés par le Hamas ? Qui collecte ces données, comment sont-elles vérifiées, et peut-on les recouper avec des sources indépendantes ?  
 
Dov Zerah : Le Hamas n’a communiqué aucun détail sur sa méthode. Comment distingue-t-on un terroriste d’un civil ? Sur quels critères ? C’est un des sujets les plus controversés. Comment différencier le terroriste armé du civil, alors que des familles gazaouies ont hébergé des otages, que des appartements et même des chambres d’enfants ont été utilisés par des terroristes pour tirer des missiles ou viser des soldats israéliens, que des hôpitaux, des mosquées, des structures éducatives… et même les locaux de l’UNWRA ont servi de bases du mouvement terroriste…
 
Avec l’islamisme radical, le Monde est confronté depuis le 11 septembre 2001 à des guerres asymétriques. Souvenons-nous de la bataille de Mossul ou de la guerre en Afghanistan.
Les terroristes armés sont imbriqués dans la population, retranchés dans des écoles, des mosquées, des hôpitaux. Comment prendre en considération les membres du Hamas qui occupent des fonctions dans l’administration du territoire ? Comment catégoriser le père de famille qui héberge un combattant ? Comment qualifier un directeur d’hôpital membre du Hamas ? Dans ces conditions, la vérification indépendante est extrêmement difficile. Les chiffres sont présentés comme des certitudes, alors qu’ils sont en réalité invérifiables.
 
Atlantico : Si l’on retient les chiffres évoqués (68 800 morts, dont 25 000 combattants et environ 10 000 morts naturelles), le ratio civils/combattants serait proche de 1:1. Dans un contexte de guerre urbaine dense comme Gaza, que signifie un tel ratio d’un point de vue militaire et stratégique ? L'armée israélienne a-t-elle fait évoluer sa stratégie militaire et sa méthode d'action dans le cadre de la guérilla en milieu urbain à Gaza ?
 
Dov Zerah : Ce ratio reposant sur des chiffres invérifiables, il serait audacieux de tirer toute conclusion.
Ensuite, par rapport à quoi compare-t-on ? À quelle guerre conventionnelle ? Ou même à quelle guerre asymétrique ? Nous ne sommes pas face à une armée régulière opposée à une autre armée régulière. Nous sommes face à une organisation armée retranchée dans un tissu urbain extrêmement dense, utilisant des tunnels, stockant des armes dans des habitations, tirant depuis des zones résidentielles.
Le droit international humanitaire a été pensé pour des guerres classiques. Or nous sommes confrontés depuis une vingtaine d’années à des guerres hybrides.
 
L’armée israélienne a fait évoluer ses méthodes au fil du conflit, en fonction des circonstances du terrain, notamment face aux tunnels et aux modes opératoires du Hamas.
Tsahal prévient la population avant tout bombardement par haut-parleur, tract, annonce sur les réseaux sociaux… Elle affirme soumettre ses frappes à un contrôle juridique préalable. Chaque bombardement est censé faire l’objet d’un examen juridique approfondi et n’est effectué qu’après accord du conseiller juridique. Est-ce parfait ? Peut-on le vérifier totalement ? Non. Mais il y a une intention affichée de respecter un cadre juridique et d’éviter les effets collatéraux.
 
Atlantico : Dans quelle mesure faut-il distinguer, au sein des victimes civiles, celles résultant directement des frappes israéliennes de celles dues à des tirs de roquettes internes, à des exécutions ou à d’autres violences intra-palestiniennes, comme des exécutions ? Cette distinction est-elle suffisamment prise en compte dans le débat public international ?
 
Dov Zerah : Cette distinction est essentielle, et elle est largement absente du débat public.
Rappelons-nous l’exemple emblématique avec l’explosion de l’hôpital Al-Ahli Arab à Gaza le 17 octobre 2023, immédiatement attribuée à Israël avec un bilan de 471 morts, selon le ministère gazaoui de la santé, avant même toute vérification. Il s’est avéré, grâce à une vidéo diffusée par une télévision arabe qu’il s’agissait d’une roquette du Jihad islamique palestinien tombée sur place.
Comment comptabilise-t-on ces morts ? Sont-ils imputés à Israël ? Sont-ils distingués ? Le débat public international retient souvent un chiffre global, sans ventilation des causes.
Or, dans un conflit où les terroristes prennent la population comme bouclier, il est indispensable de distinguer les responsabilités. Sinon, on bascule dans une lecture purement politique et une instrumentalisation des chiffres à des fins de propagande.
 
Atlantico : Peut-on considérer que l’accusation de génocide a été instrumentalisée dans la bataille politique et médiatique autour du conflit ? En quoi la révision des chiffres change-t-elle — ou non — la dynamique du débat international ?
 
Dov Zerah : Oui, il y a eu, il y a une instrumentalisation.
L’accusation de génocide a été utilisée comme un outil de délégitimation d’Israël, une volonté de relativiser la Shoah.
Elle a trouvé de nombreux relais politiques, notamment à travers la procédure engagée par l’Afrique du Sud devant la Cour internationale de Justice.
Le fait que l’Afrique du Sud ait saisi ce sujet est intéressant. Tout d’abord, Prétoria renvoie la balle à Jerusalem qui avait soutenu le régime d’apartheid jusqu’à sa fin en 1991.
Parallèlement, le président sud-africain, Cyril Ramaphosa essaie de se refaire une virginité face aux accusations de racisme antiblanc ; en le recevant à la Maison blanche, Donald Trump l’a piégé en lui montrant une vidéo démontrant des violences contre la minorité blanche dans son pays. Ces discriminations visent à masquer les difficultés internes résultant de la persistance du ralentissement économique et plus globalement de la contestation du pacte social interne post apartheid ; le pouvoir de l’African national congress (ANC) créé par Nelson Mandela est notamment contesté par la corruption généralisée, « la capture d’État » mis en évidence par le rapport d’une commission spéciale.
 
Que dire de la posture turque et plus particulièrement d’Erdogan pour faire oublier son refus de reconnaître le génocide arménien qui a fait plus d’un million et demi de morts ?
 
Au-delà de la polémique sur les chiffres, le véritable enjeu pour l’avenir est l’adaptation du droit international pour intégrer les modifications consécutives à l’émergence des guerres asymétriques. L’ONU aurait dû s’emparer de ce sujet pour faire évoluer les règles. Or, l’organisation n’a rien fait, se contentant de fustiger Israël.
 
Atlantico : Pensez-vous que l’ONU a manqué l’opportunité du défi adressé à la communauté nationale, à la gouvernance mondiale ?
 
Dov Zerah : L’État juif est le seul pays de l’ONU à bénéficier d’un « traitement privilégié », celui d’avoir la très grande majorité des résolutions de l’AG le clouant au pilori.
C’est devenu « un marronnier » pour les États arabes et islamiques, avec la complicité du secrétariat général et de certains pays européens, de montrer du doigt l’État juif.
Rappelons-nous la résolution de 1974 assimilant le sionisme au racisme.
Dans la même veine, l’UNESCO n’a pas hésité à nier les liens entre Israël et Jérusalem d’une part et les Juifs d’autre part… 
 
Pour ne citer qu’un exemple qu’a dit l’ONU des méthodes saoudiennes dans leurs interventions militaires au Yémen, des bombardements des hôpitaux… ?
 
Ce parti pris anti israélien de l’ONU a entrainé le discrédit de l’organisation et explique la tentative de Donald Trump de la marginaliser, voire de l’écarter, avec la création de son conseil pour la paix. Aujourd’hui, c’est en son sein avec les principaux pays arabes et islamiques, que se négocie et se décide la reconstruction de la bande de Gaza et les paramètres de la fin de conflit.
 
Dov ZERAH
DHAREZ

 

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