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lundi 5 octobre 2026

Mélenchon piégé ?? JBCH N° 2610 - 205

Éditorial · Réfléchissez, il est encore temps





JBCH Octobre 2026 N° 205

Mélenchon, l’apprenti sorcier piégé par ses propres flammes


Il a cru pouvoir chevaucher la colère. C’est désormais elle qui le chevauche. voici avec précision ce que beaucoup refusent encore de voir.



« Le porte-parole, c’est fini. » Selon les deux auteurs, la formule de Rima Hassan, au soir des législatives de 2024, n’était pas un bon mot : c’était un faire-part. 

Celui d’un tribun qui ne commande plus rien et d’un mouvement qui a laissé entrer chez lui ceux qui ne reconnaissent aucun chef, aucune règle, aucune limite.

L’extrême gauche d’hier avait au moins la discipline de ses chapelles trotskistes. 

Celle d’aujourd’hui est une nébuleuse sans visage, nourrie aux réseaux, aux squats et à la violence vécue comme une fête. 




LFI en a fait ses troupes de choc, recruté ses figures, adopté son vocabulaire. Elle découvre que ces gens-là n’obéissent qu’à leur propre logique : celle de l’embrasement.


Qui sème l’affrontement permanent ne récolte pas le pouvoir : il récolte le chaos, et ce chaos ne lui appartient pas.




Le plus écœurant reste le calcul électoral. D’un côté, une jeunesse diplômée et confortable en mal de frissons révolutionnaires ; de l’autre, des quartiers populaires et des Français issus de l’immigration, traités non comme des citoyens mais comme une réserve de voix et de colère. 

Chacun sert d’outil à l’autre. Ce cynisme tient dans l’opposition ; il volera en éclats au premier jour d’exercice du pouvoir.

En normalisant le lexique de la rupture et la conflictualité comme horizon, Mélenchon ne prépare pas une alternative : il pratique une stratégie de la tension qui ronge les institutions démocratiques elles-mêmes. 




Il a tendu le piège. Il s’y est pris. Le drame est qu’il risque d’y entraîner la République avec lui.

JBCH

© JBCH Octobre 2026     D’après l’analyse de Gaël Brustier et Philippe Fabry, « Alerte aux décoloniaux : Jean-Luc Mélenchon face au piège qu’il s’est lui-même tendu ».

L'Alya accélérée des juifs de France JBCH N° 2610 - 204

 





Éditorial · Juifs de France

L'Alya des Français juifs : le grand départ

Ce n'est pas une impression. C'est un mouvement de fond que l'on voit rue par rue, synagogue par synagogue.

JBCH Réflexions ...  N° 204        tant qu'il est encore temps ! · 5 octobre 2026
~ 440 000Juifs en France aujourd'hui, contre plus de 500 000 au début des années 2000
× 3l'Alya depuis la France entre 2023 et 2025
8 500départs vers Israë

De Sarcelles…

Il y a eu d'abord le départ de la banlieue nord. Sarcelles, la « petite Jérusalem », Garges-lès-Gonesse, Saint-Denis, Sarcelles-Lochères. 

Là où toute une génération séfarade arrivée d'Algérie, du Maroc et de Tunisie avait tout reconstruit après 1962. Les écoles, les boucheries cacher, les oratoires au pied des immeubles.

Puis sont venues les insultes dans les cages d'escalier, les caillassages à la sortie du Talmud Torah, les assassinats d'Ilan Halimi et bien d'autres ..  les enfants qui ne pouvaient plus porter de kippa ni d'étoile de David pour aller au collège. 

On a plié. On a enlevé les mezouzot des portes d'entrée. Pas par peur soudaine, mais par fatigue.


Ilan halimi 


… à Boulogne

Alors on s'est replié vers l'ouest. Le 17e, les Batignolles,  puis Levallois, Neuilly, Boulogne. et Issy les Moulineaux On pensait que ce serait l'étape finale, celle de la sécurité. Boulogne compte près de 20 000 juifs avec 5 lieux de cultes permanents, selon la Mairie ! 

Un appartement plus cher, mais une école juive, voire même catholique  à pied, un trajet sans avoir à se cacher. Boulogne-Billancourt est devenue ce dernier sas. On s'y retrouve tous.

Et aujourd'hui, même de Boulogne, on part.



Nous sommes moins nombreux, et surtout moins visibles.


Ce que disent les chiffres

La communauté juive serait passée de 750 000 personnes à beaucoup moins en vingt ans. La réalité statistique est débattue, parce que la France ne compte pas les religions. 

Mais les fourchettes sérieuses sont parlantes : le démographe Sergio DellaPergola et le CRIF estiment aujourd'hui la population juive de France à environ 440 000 personnes, contre plus de 700 000 il y a vingt ans. 

Et une part bien plus réduite garde un lien, même ténu, avec la synagogue.

Au-delà du chiffre exact, la tendance est incontestable : nous sommes moins nombreux, et surtout moins visibles.




Pourquoi l'Alya définitive, maintenant ?

Ce n'est plus l'Alya sioniste et idéaliste des années 70. C'est une Alya de sécurité. Les familles que je croise à Boulogne me le disent avec des mots simples : « Je ne veux pas que mon fils se demande s'il doit enlever son Maguen David pour prendre le métro. »

Les chiffres de l'Alya le confirment. Autour de 2 000 départs par an dans les années 2000, un pic d'environ 7 900 en 2015, l'année de l'Hyper Cacher. 

Puis, après un creux, la vague est repartie avec le 7 octobre : 1 097 olim en 2023, 3 357 en 2025, plus de trois fois plus. Plus de 8 500 Français juifs sont partis pour Israël depuis le pogrom. 

Et les ouvertures de dossiers auprès de l'Agence juive progressent encore de 30 % cette année.





L'autre Alya : MiamiPour ceux qui ne font pas l'Alya en Israël, il y a l'autre destination : la Floride. Daniel Rouach la décrivait ce matin sur Radio J comme une « Mini-Israël », où 429 entreprises israéliennes pèseraient 7,3 milliards de dollars. Même logique : chercher un endroit où être juif ne demande pas d'explication.



Pas une fuite, un réflexe

De Sarcelles à Boulogne, de Boulogne à Netanya ou à Miami, ce n'est pas une fuite. C'est le même réflexe juif de toujours : quand une terre devient trop lourde, on prend les livres, les enfants, et on reconstruit ailleurs.

Mais ce départ est aussi un échec français. Un Président qui change avec l'argent qatari, et un choix anti-sioniste délibéré.

Une République qui laisse partir ses citoyens parce qu'ils ne peuvent plus être eux-mêmes dans la rue perd bien plus qu'une communauté : elle perd une part de sa promesse.

Et quand les juifs quittent un pays, c'est tout un pan social qui s'effondre, et toute une économie dynamique qui disparait. et des Prix Nobel qui fleuriront ailleurs ! 

Le grand départ a déjà commencé. La question n'est plus de savoir s'il aura lieu, mais qui restera pour éteindre la lumière de la dernière synagogue de banlieue.
© JBCH  Octobre 2026  ...   Sources : Agence juive, via Times of Israel (octobre 2026) ; Sergio DellaPergola, American Jewish Year Book ; Daniel Rouach, Radio J.

dimanche 4 octobre 2026

Le Monde d'après, d'après Mark Zuckerberg. JBCH N° 2610 - 203






 LE MONDE D'APRES ... d'après Mark Zukcerberg


JBCH réflexions le 4 Octobre 2026.   N° 204


 Le monde d'après selon Mark Zuckerberg ne ressemble pas à une révolution tonitruante. Il ressemble à un glissement silencieux.


Avec Muse, Meta ne cherche plus à fabriquer un meilleur assistant qui répond à nos questions. L'entreprise veut façonner une présence qui vit entre nos intentions et nos actes. 

Une intelligence qui ne se contente plus d'exécuter, mais qui anticipe, qui organise, qui propose avant même que l'on ait demandé. Qui réserve, qui rédige, qui achète, qui se souvient à notre place.

C'est là que tout bascule. Nous passons de l'assistance à la délégation. Hier, l'outil attendait l'ordre. Demain, l'agent prendra l'initiative. Il comblera le vide entre ce que nous voulons et ce qui advient. Et dans cet interstice, si discret, si pratique, se loge une question vertigineuse. Que lui cédons nous vraiment quand nous lui confions nos tâches.

Car Muse n'est pas un simple logiciel. On lui donne une voix, un visage, une personnalité. On le rend familier, attachant, presque intime. Et plus il nous ressemble, plus nous baissons la garde. 

L'outil devient personnage, le personnage devient confident, et le confident influence. Sans bruit, il oriente nos goûts, nos achats, nos relations. Son pouvoir ne tient plus à sa performance, mais à l'attachement qu'il suscite.

D'où la nécessité d'une autonomie sous contrôle. Jusqu'où peut il agir seul. Peut il engager notre argent, répondre en notre nom, décider ce qui est important. L'enthousiasme technologique ne doit pas faire oublier la frontière. Définir clairement le périmètre de l'agent, surtout quand il touche à l'essentiel, devient un acte politique, pas seulement technique.

Reste le plus intime. Notre mémoire et notre jugement. Déléguer la rédaction d'un message, la comparaison de deux offres, l'arbitrage d'un dilemme, c'est gagner un temps précieux. 

Mais c'est aussi renoncer à muscler ces facultés qui nous rendent libres. Si l'intelligence artificielle se souvient pour nous, si elle choisit pour nous, que reste t il de notre capacité à douter, à trancher, à nous tromper et à apprendre.

Le projet de Zuckerberg est immense. Il promet de nous libérer du fardeau du quotidien. Il nous propose aussi, sans le dire, un nouveau contrat. 

Moins d'effort contre un peu moins de nous mêmes. La question n'est plus de savoir si l'agent sera capable d'agir. Mais si nous saurons encore vouloir agir sans lui.



Demandez à Meta AI…

© JBCH Octobre 2026

Paracha Berechit et Simha Tora. JBCH N° 2026 - 202




 La Paracha de la semaine : BÉRÉCHIT 

Le recommencement qui n'est jamais un retour en arrière


JBCH N° 202                          le 4 octobre 2026



En souvenir du 7 Octobre 2023 , ou nous étions Perla & moi en Galilée à Moreshet chez Kotiel et Penny ! Drôle jour de fête !!! 

Ce jour ou Amalekh a voulu à nouveau tuer le peuple juif !



Nous sommes le 4 octobre 2026, 23 Tichri 5787, et c'est Sim'hat Torah. 

Aujourd'hui en Israël et dans la diaspora, nous dansons avec la Torah qui se termine et qui recommence dans le même souffle. 

Et Chabbat prochain, nous lirons Béréchit  

La première Paracha ... Celle qui contient tout.



1. Sa place dans la Torah : 

Pourquoi commencer par le début du monde?


Les Sages demandent : pourquoi la Torah ne commence-t-elle pas par la première mitsva donnée à Israël? Rachi, dès le premier verset, répond : "Au commencement, Dieu créa". 

Si les nations du monde disent à Israël "vous êtes des voleurs, vous avez pris la terre de Canaan", Israël répondra : toute la terre appartient à D.ieu, c'est Lui qui l'a créée, et c'est Lui qui décide à qui la donner. 

Béréchit n'est donc pas un livre d'histoire ou de science. C'est l'acte de propriété du monde. 

Sans Béréchit, toute la Torah est un code juridique sans légitimité. Avec Béréchit, nous comprenons que la Torah n'est pas venue organiser un peuple déjà existant, mais créer un monde pour que ce peuple y accomplisse sa mission.

C'est aussi la seule Paracha où l'homme est créé seul, avant même le peuple juif. Pour nous enseigner que l'humanité précède la particularité.


2. Sa philosophie : Le drame de la liberté


La philosophie de Béréchit tient en trois crises qui sont les nôtres aujourd'hui :

a) Bara - Créer ex-nihilo. Le verbe hébreu "Bara" n'est utilisé que pour D.ieu. L'homme "fait", "forme", "produit". Il ne crée jamais du néant. C'est l'humilité fondamentale que le monde moderne a oubliée.

b) Tselem Elohim - A l'image de D.ieu. "Faisons l'homme à notre image" (1:26). Quelle image? Nos Sages disent : la capacité de choisir. Les animaux suivent leur instinct. L'homme peut aller contre son instinct. C'est tout le drame du jardin d'Eden. D.ieu crée le premier homme libre, et donc le premier homme capable de se tromper.

c) Ayeka - Où es-tu? Après la faute, D.ieu ne demande pas "Qu'as-tu fait?" mais "Où es-tu?" (3:9). C'est la question existentielle par excellence. Ce n'est pas une question géographique, c'est une question de positionnement moral. Où en es-tu dans ta vie? C'est la première séance de Téchouva de l'histoire.

Et puis il y a Caïn. Le premier meurtre n'est pas pour de l'argent ou du pouvoir, mais par jalousie spirituelle. "Et D.ieu se tourna vers Hével (Abel) et son offrande, mais vers Caïn il ne se tourna pas" (4:4-5). 

La philosophie nous dit : le meurtre commence quand on croit que l'amour de D.ieu est une quantité limitée. Si Il t'aime, Il ne m'aime plus. 

Toute l'idolâtrie de la comparaison est là.


3. Son rapport vis-à-vis de la Kabbale : 

Le secret du Tsimtsoum



Aucune Paracha n'est plus kabbalistique que Béréchit. Le Zohar s'ouvre par : "Béréchit - Bara Chit" - Au commencement, Il créa six.

Le Ari Zal explique le concept fondamental sans lequel on ne comprend rien : le Tsimtsoum. Pour que le monde existe, l'Infini (Ein Sof) a dû se contracter, se retirer pour laisser un vide, un "halal". 

Béréchit, ce n'est pas D.ieu qui entre dans le monde, c'est D.ieu qui se retire pour que le monde puisse respirer. C'est l'acte d'amour suprême : le retrait du parent pour que l'enfant existe.

Puis vient la lumière : "Yehi Or Que la lumière soit" (1:3). 

Le Zohar enseigne que cette lumière n'est pas celle du soleil  créé au 4ème jour; c'est le Or HaGanouz, la lumière originelle avec laquelle Adam voyait d'un bout du monde à l'autre. 

D.ieu l'a cachée pour les Tsadikim du futur.

Les 10 paroles de la création (Vayomer Elohim 10 fois) correspondent aux 10 Sefirot. 

Le monde est construit comme un arbre : Keter (volonté de créer), 'Hokhma (l'étincelle), Bina (le plan), et ainsi de suite jusqu'à Mal'hout 

(la réalisation : "Et ce fut soir et ce fut matin").

La faute d'Adam, en Kabbale, c'est la Chévirat HaKélim, la brisure des vases.

 L'homme a voulu prendre la lumière sans le vase, le fruit sans l'arbre, la connaissance sans la sainteté. 

Depuis, notre travail est le Tikoun, ramasser les étincelles tombées dans ce monde.



4. Le rapport avec l'actualité civile en Israël et dans le monde - Octobre 2026


Et c'est ici que Béréchit nous brûle les lèvres.

Nous sommes en octobre 2026. Trois ans après le 7 octobre 2023. Sim'hat Torah est à nouveau tombé un Chabbat. Pour des milliers de familles en Israël, ce jour n'est plus seulement une fête, c'est une cicatrice et une renaissance. Lire Béréchit maintenant, c'est refuser le discours de la fin du monde.

En Israël, l'actualité civile est celle de la reconstruction. Au propre comme au figuré. On reconstruit des kibboutzim, on reconstruit un contrat social. Le débat qui déchire encore le pays, judiciaire, identitaire, guerre et paix est exactement le débat de Béréchit : sommes-nous frères? Caïn dit "Suis-je le gardien de mon frère?" (4:9). La réponse israélienne de 2026, après la douleur, est : oui. Le mouvement de volontariat, de 'hessed, de reconstruction du Néguev occidental est la réponse juive à Caïn.

Dans le monde, Béréchit résonne avec deux crises majeures :

La crise écologique. 

"Et D.ieu prit l'homme et le plaça dans le jardin d'Eden pour le travailler et le garder" (2:15) - Léovda Ouléchomra. Nous ne sommes pas propriétaires de la terre, nous en sommes les gardiens. Le monde parle de climat comme d'un problème technique. Béréchit nous dit que c'est un problème théologique. Si nous détruisons le jardin, nous nous expulsions nous-mêmes.

La crise de l'Intelligence Artificielle. 

L'homme crée à son tour une intelligence "à son image". Il ne faut pas oublier qu'en 1580, le Maahal de Prague avait créé le Golem, 

Pour la première fois, nous comprenons un peu ce que signifie "Tselem". Allons-nous faire comme D.ieu et laisser de la place à l'autre, ou comme l'homme qui veut tout contrôler? 

Béréchit nous met en garde : toute création sans morale devient un déluge. C'est la Paracha de la semaine prochaine, Noa'h, mais elle est déjà inscrite dans Béréchit.

Béréchit nous apprend enfin que tout recommencement est possible. La Torah aurait pu commencer par le Sinaï. 

Elle commence par un échec : l'expulsion, le meurtre, le déluge qui arrive  pour nous dire : votre histoire n'est pas définie par vos chutes, mais par votre capacité à dire, après chaque destruction : "Béréchit" - Au commencement.

Ce n'est jamais le même commencement. C'est un commencement plus profond.

  'Hag Saméa'h.


© JBCH Octobre 2026


"Tu casses, tu paies." JBCH N° 2610 - 201

 Éditorial · Ordre républicain

Gabriel  Attal "Tu casses, tu payes"



Tu casses, tu paies



Arc de Triomphe saccagé, Trocadéro incendié, mobilier urbain pulvérisé : la facture finit toujours chez le contribuable. Le temps de l'impunité doit s'achever, et quand le casseur est mineur, ses parents doivent répondre.

JBCH  N° 201 · 4 octobre 2026

Il y a des images qu'un pays ne devrait jamais s'habituer à voir. L'Arc de Triomphe tagué et pillé en décembre 2018, au-dessus de la tombe du Soldat inconnu. 

Et le 30 mai dernier, la victoire du PSG en Ligue des champions fêtée à coups de vitrines brisées, de commerces pillés et de voitures en flammes jusqu'au Trocadéro.

Chaque fois, le même rituel : indignation, promesses, puis l'oubli. Et la facture, toujours la même destinataire : la collectivité, c'est-à-dire vous et moi.





Enfin un texte

Le gouvernement a présenté le 16 septembre en Conseil des ministres le projet de loi dit « casseurs-payeurs ». Son principe est simple et juste : ceux qui participent à un groupement violent ou restent dans un attroupement après les sommations pourront être tenus solidairement responsables des dégâts, jusqu'à 10 000 euros chacun. Le recouvrement par l'État sera facilité.

Il était temps. La loi de 2019 posait déjà le principe, mais elle se heurtait à l'identification des auteurs et ne récupérait que des sommes dérisoires. Désormais, se fondre dans la foule ne protégera plus.

Un monument de la République n'est pas un défouloir. C'est notre patrimoine commun.



Condamner, sans trembler

Mais payer ne suffit pas. Celui qui dégrade un monument public, une mairie, une école, un mémorial, ne commet pas une simple « incivilité ». Il s'attaque à ce qui nous appartient à tous, à ce que la nation a bâti et transmis. 

Il doit être poursuivi et condamné, avec des peines réellement exécutées, et des travaux d'intérêt général sur les lieux mêmes qu'il a souillés.

Et les parents des mineurs

Reste la question qui fâche : beaucoup de casseurs sont mineurs. Le droit civil rend déjà les parents responsables de plein droit des dommages causés par leurs enfants. Encore faut-il l'appliquer, et systématiquement. 

Un mineur de 15 ans qui casse à minuit n'est pas un orphelin de la République : il a des parents qui ne savaient pas où il était, ou qui ont laissé faire.

Que ces parents paient la réparation, quitte à étaler les versements. Ce n'est pas de la cruauté, c'est de la responsabilité. L'autorité parentale est un droit ; elle est d'abord un devoir.




Le débat qui reste ouvertPlusieurs députés veulent aller plus loin et suspendre les allocations familiales des parents de mineurs condamnés. Le gouvernement s'y dit défavorable. Le texte doit passer d'abord au Sénat avant d'arriver à l'Assemblée.
La liberté de manifester et la joie de célébrer ne sont pas des permis de détruire. Le message doit être clair pour chaque casseur, et pour ses parents s'il est mineur : ce que tu brises, tu le répares. Ce que tu salis, tu le paies.
© JBCH octobre 2026 d'après le  projet de loi relatif à la réparation des dommages résultant de violences ou de dégradations commises dans l'espace public (Conseil des ministres, 16 septembre 2026) ; Banque des Territoires ; Assemblée nationale.

Vers l'abandon de Parcoursup ? JBCH N° 2610 - 200

Éditorial · Éducation



PISA, Parcoursup : 

une jeunesse trahie deux fois

Une école qui n'apprend plus à lire ni à compter, puis une machine qui trie les bacheliers au bout de la chaîne : la colère des étudiants n'est pas un caprice. C'est la facture de vingt ans de renoncement.

JBCH RéfexIOns      N° 200               4 octobre 2026
458points en maths à PISA 2025, −16 en trois ans
100points d'écart entre élèves favorisés et défavorisés
1 046 000candidats sur Parcoursup en 2026, un record

PISA : la sirène hurle

Le 8 septembre, l'OCDE a publié les résultats de PISA 2025. 

Le verdict est sans appel. Nos élèves de 15 ans obtiennent 458 points en mathématiques et 456 en compréhension de l'écrit, sous la moyenne de l'OCDE. 

En trois ans, la France a perdu 16 points en maths et 18 en lecture. Ailleurs aussi le niveau baisse, mais chez nous la chute en mathématiques est presque deux fois plus forte que la moyenne.

Le pays de Descartes et de Pascal fait désormais moins bien que la moyenne en mathématiques. Et le plus grave est ailleurs : un gouffre d'environ 100 points sépare les élèves des milieux favorisés de ceux des milieux défavorisés. L'école républicaine, censée corriger le destin, le grave dans le marbre.


L'école ne corrige plus les inégalités : elle les certifie.

Parcoursup, la machine à trier

Créé en 2018 par la loi Orientation et réussite des étudiants, Parcoursup a remplacé APB et son tirage au sort indigne. Le principe : le lycéen formule ses vœux, chaque formation classe les candidats selon ses propres critères, notes, appréciations, lettre de motivation, puis les propositions aidées par l'IA tombent au fil de l'été.

Sur le papier, c'était la fin de la loterie. Dans les faits, c'est devenu une épreuve d'angoisse collective. Plus d'un million de candidats cette année, plus de 14 millions de vœux. 

Des critères locaux opaques, des « attendus » que personne ne sait vraiment lire. Selon FO, plus de 126 000 candidats étaient encore sans affectation à la mi-juillet, sans compter les 37 000 qui avaient quitté la plateforme. 

Une génération apprend à 17 ans qu'un algorithme (IA) a jugé son dossier insuffisant, sans jamais savoir pourquoi.




Pourquoi la révolte

Car voilà le drame : Parcoursup trie à l'arrivée des élèves que l'école a mal formés au départ. On fait payer à 18 ans les défaillances accumulées depuis le CP. Le bon élève d'un lycée de centre-ville, conseillé par des parents qui connaissent les codes, s'en sort. 

Le lycéen de banlieue, souvent premier de sa famille à viser le supérieur, sans réseau et mal orienté, se retrouve affecté par défaut, loin de chez lui ou nulle part.




Ce sont d'abord ces jeunes-là, ceux des quartiers populaires, qui paient le prix fort. Leur colère serait légitime, si elle ne se faisait pas déborder par des "Blacks Blocks".  ou les islamistes, et ne faisait pas de compétitions sur Snapchat ou TikTok ... 

 


L'abrogation, de LFI à CiottiLFI réclame depuis des années l'abrogation de Parcoursup et soutient la mobilisation. Mais elle n'est pas seule : en février 2026, les députés d'Éric Ciotti ont déposé leur propre proposition de loi pour supprimer la plateforme. Quand les deux bords extrêmes se rejoignent sur un constat, le centre ferait bien de l'entendre.


LFI, ou la colère captée

La France insoumise a flairé l'occasion. Assemblées générales, appels à la mobilisation, tribunes enflammées : elle se pose en porte-voix de la jeunesse des banlieues. 

Mais il y a une différence entre défendre ces jeunes et les instrumentaliser. LFI vend l'abrogation comme une victoire politique ; elle ne dit presque rien de l'effondrement du niveau qui la rend nécessaire. Supprimer le thermomètre ne guérit pas la fièvre.





Abroger, et faire justice

Le pouvoir n'aura guère le choix : pour apaiser le mouvement, il devra lâcher Parcoursup. Soit. Mais une abrogation sèche ne serait qu'une capitulation. Le remplacer exige une vraie justice d'orientation :

  • des places en nombre suffisant dans les filières demandées, au lieu de suppressions discrètes ;
  • des critères de sélection publics, nationaux et compréhensibles ;
  • une place garantie dans le supérieur pour les meilleurs élèves de chaque lycée, quel que soit le quartier ;
  • une orientation sérieuse dès la seconde, par des conseillers formés et disponibles.

Et surtout, le chantier qu'aucun gouvernement n'ose ouvrir : reconstruire les fondamentaux à l'école primaire. 

Lire, écrire, compter. Tout le reste en découle.

La jeunesse a été trahie deux fois : par une école qui ne lui apprend plus l'essentiel, puis par une plateforme qui lui reproche de ne pas le savoir. Abroger Parcoursup calmera la rue. Relever l'école rendra justice. Le premier est une concession, le second un devoir.
© JBCH Octobre 2026.      appuiyé sur :  OCDE, PISA 2025 (8 septembre 2026) ; ministère de l'Enseignement supérieur (session Parcoursup 2026) ; FNEC FP-FO (juillet 2026) ; Assemblée nationale, proposition de loi n° 2488.