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lundi 7 septembre 2026

Jules Braunschvig JBCH N° 2609 - 156

Figures de l'Alliance.    JBCH N° 2609 - 156

Jules Braunschvig

Un industriel au service de l'éducation juive et de l'Alliance israélite universelle


Sainte-Marie-aux-Mines, 21 juin 1908 — Jérusalem, 19 octobre 1993

J'ai eu le bonheur d'être invité chez lui à Jérusalem avec mon ami Harry Heller. Sa fille était présente et elle parlait de la nouvelle pièce qu'elle avait mis en scène : Du Côté de Meknes" Ce jour, un vendredi soir nous avions chanté le traditionnel "Chalom Alekhem"

Jules Braunschvig n'était pas un homme d'appareil. C'était un industriel, héritier d'une maison de négoce familiale installée à Casablanca, que la guerre et l'engagement communautaire ont peu à peu détourné des seules affaires. 

Sous-lieutenant d'intendance sur le front de Lorraine en 1940, il est fait prisonnier après la débâcle et passe cinq ans en captivité en Allemagne. Cette expérience forge chez lui une conviction qui ne le quittera plus : la survie du judaïsme passe par l'éducation.

Dès 1932, encore jeune chef d'entreprise à Casablanca, il entre au comité central de l'Alliance israélite universelle, alors présidée par l'orientaliste Sylvain Lévi   poursuivant ainsi une voie déjà tracée par son père. 


Il en devient rapidement l'homme de terrain au Maghreb : représentant de l'institution au Maroc, artisan de sa commission des écoles, et, très tôt, de l'accueil des réfugiés.

De 1945 à 1955, il fait passer les effectifs des écoles de l'Alliance au Maroc de 12 000 à 32 000 élèves.

Libéré en 1945, il consacre l'essentiel de son énergie au développement de l'éducation juive marocaine dans la décennie qui précède l'indépendance. En 1946, avec le rabbin Rouche.



Il fonde l'École normale hébraïque de Casablanca, toujours active aujourd'hui.

Après 1956 et le départ progressif des Braunschvig du Maroc, il poursuit cette œuvre sous d'autres formes, en France comme à l'international.



Vice-président puis président

Aux côtés de René Cassin, président de l'Alliance de 1943 à sa mort en 1976, Braunschvig occupe la vice-présidence pendant trente ans. 




C'est lui qui, dans l'ombre du prix Nobel de la paix, tient l'institution au quotidien et la relie à ses réseaux nord-africains. 

En 1976, il lui succède naturellement à la présidence, qu'il occupe jusqu'en 1985, avant de céder la place à Ady Steg et de devenir président honoraire jusqu'à sa mort, à Jérusalem, en 1993.

Chevalier de la Légion d'honneur dès 1951, marié en 1947 à Gladys Tolédano  issue d'une vieille famille séfarade de Tanger   



Jules Braunschvig aura incarné, entre le comptoir de Casablanca et les bureaux parisiens de l'Alliance, une génération de notables juifs pour qui l'engagement communautaire ne se distinguait pas du sens du devoir.


  © JBCH Septembre 2026.          Idées, société, éducation France

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