Rechercher dans ce blog

jeudi 8 octobre 2026

Bardella disciple antisémite des Le Pen JBCH N° 2610 - 216






Bardella : entre antisémitisme et déni

Par Richard Prasquier,
[8 octobre 2026]

« Le juif veut dominer les autres peuples, les écraser et les voler »… Ce sont parmi d’autres, les messages Messenger envoyés par un jeune homme de 17 ans à l’un de ses amis de l’époque, qui ne l’est manifestement plus maintenant qu’il en a envoyé le contenu à Mediapart

Ces accusations piochées dans une rhétorique complotiste éculée proviennent de Jordan Bardella, aujourd’hui l’homme politique le plus populaire de France. Il les qualifie de faux grossiers et a déposé plainte, mais Mediapart a dévoilé le processus de vérification de ces informations et sa démonstration est implacable.

Ce ne sont pas des copies d’écran facilement falsifiables,mais des données personnelles de l’interlocuteur de Bardella qui en a fait la demande à Meta, la maison mère de Facebook, au titre du règlement européen sur la protection des données, le RGPD.

Le fichier d’archives contient des éléments d’authentification tels que la date d’u message et indique le nom du compte Facebook des interlocuteurs. Un huissier a constaté que ce fichier n’a pas été secondairement altéré.

Il reste à Jordan Bardella soit de démontrer que le compte à son nom ne lui appartenait pas, ce qui sera difficile en raison des détails biographiques personnels qui y sont retrouvés, soit de prouver que les serveurs de Meta ont été hackés, ce qui pour les experts est très improbable. La plainte pour faux et usage de faux déposée en plus de la plainte pour diffamation contre Mediapart risque de ne pas prospérer.

En janvier 2024 l’émission Complément d’enquête avait, sur un faisceau d’indices, accusé Jordan Bardella d’avoir détenu un compte tweeter qui entre 2015 et 2017 publiait des messages racistes. Comme les tweets sont publics, un lecteur n’a pas accès aux données privées. Pour démontrer que le pseudonyme incriminé n’était pas le sien, Bardella aurait dû déposer plainte. Il ne l’a pas fait.




Il y a aujourd’hui une très haute vraisemblance qu’il soit bien l’émetteur des messages publiés par Mediapart…

Qu’il ait été antisémite ne surprend pas.

On n’entrait pas au Front National de Jean-Marie Le Pen, dont les fondateurs en 1972 étaient presque tous d’anciens Waffen SS, d’anciens collaborateurs ou des négationnistes, sans partager leur état d’esprit. De plus, au Forum, ce local parisien où le jeune Bardella se formait politiquement, le maître à penser était Alain Soral, même après son départ du FN en 2009.

L’homme de confiance de Bardella, François Paradol, son directeur de cabinet actuel, appartient à cette mouvance soralienne qui, au nationalisme antisémite, combine un parfum anticapitaliste avec un antisionisme absolument véhément, et une sympathie pour l’islamisme. Frédéric Chatillon, vieil ami de Marine Le Pen coche ces mêmes cases

Marine Le Pen a adopté une autre voie, essentiellement identitaire et hostile à l’immigration, représentée par Philippe Olivier qui a remplacé Chatillon comme mentor de Jordan Bardella, et celui-ci, qui fut assez longtemps le compagnon de sa fille, a emprunté cette nouvelle ligne.

Elle s’est accompagnée, on le sait, d’une répudiation de l’antisémitisme et d’un soutien marqué à Israël, contrastant avec la diabolisation à laquelle ce pays doit faire face. Jordan Bardella a habilement suivi ces transformations et en fut souvent l’interprète. Le Ministre de la Diaspora israélien est monté au créneau pour le défendre.

Les sondages indiquent que c’est dans l’électorat du RN que les préjugés antisémites classiques profonds sont le plus forts. 

Mais ils indiquent aussi, dans l’enquête IFOP-AJC-FONDAPOL, que deux fois plus de sympathisants LFI que de sympathisants RN soutiennent les actes d’agression contre les Juifs, présumés soutiens d’Israël.

Il existe une vieille tradition juive suivant laquelle on juge moins l’homme à ce qu’il dit qu’à ce qu’il fait.

– Au milieu des rafles, Bousquet déclara à son interlocuteur du Consistoire qu’il n’était pas antisémite, et ce radical-socialiste disait peut-être vrai? 

Entre un non antisémite qui déporte les Juifs par ambition personnelle et un antisémite qui essaie de les sauver, le choix moral est simple…

 © Richard Prasquier Octobre 2026     Mabatim Versailles 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire