Éditorial · Réfléchissez, il est encore temps
JBCH OctoBre 2026 218
Dix mots pour inverser le 7 octobre : le lexique de la propagande du Hamas
Les bourreaux deviennent victimes, les victimes deviennent bourreaux. La méthode n’est pas nouvelle : les propagandes totalitaires du XXe siècle l’ont théorisée, Goebbels en tête.
Répéter, simplifier, accuser l’adversaire de ses propres crimes. Le Hamas l’a appliquée à la lettre, et une grande partie de la presse mondiale l’a relayée.
Le 7 octobre 2023, le Hamas a commis le plus grand massacre de Juifs depuis la Shoah : 1 200 morts, des familles brûlées vives, des femmes violées, 251 otages. En quelques semaines, pourtant, le récit mondial s’est retourné.
L’agresseur est devenu l’accusé, et l’accusé le résistant. Comment ? Par les mots. Pourtant tout a été filmé avec des caméras go-pro par les assassins !
Ce retournement repose sur une technique ancienne : l’inversion accusatoire. On attribue à l’ennemi ses propres intentions, on lui colle le vocabulaire le plus chargé moralement, celui de la Shoah et de la décolonisation, et l’on répète jusqu’à ce que le mot remplace le fait.
Goebbels en avait fait une doctrine : ce n’est pas la vérité qui compte, c’est la répétition. Voici les dix mots de cette guerre-là.
Faire des descendants des victimes de la Shoah les nouveaux nazis : c’est le cœur de l’opération.
Le lexique de l’inversion
Faminel’arme
Génocidele renversement suprême
Apartheidl’import sud-africain
Colonialisme de peuplementl’effacement de l’histoire
Nettoyage ethniquela démographie démentie
Prison à ciel ouvertle camp imaginaire
Blocus, siège illégalla cause oubliée
Résistancele blanchiment
Martyrsla sanctification
Tueur d’enfantsle vieux mythe
Image de propagande , images fausses
La caisse de résonance
Ces mots n’auraient eu aucune portée s’ils étaient restés dans les communiqués du Hamas. Ils ont conquis le monde parce qu’ils ont été repris sans vérification, sans mise en contexte, sans contradiction.
Par les réseaux sociaux d’abord, où les images invérifiables circulent plus vite que les démentis. Puis par une large part de la presse internationale et des télévisions, qui ont adopté le vocabulaire de l’accusation comme s’il allait de soi.
Souvenons-nous de l’hôpital al-Ahli, en octobre 2023 : « 500 morts dans une frappe israélienne », titraient tous les grands médias du monde entier sur la seule foi du ministère de la Santé du Hamas. qui n'a jamais existé.
Quelques jours plus tard, les analyses établissaient qu’une roquette du Djihad islamique, tombée sur le parking, était la cause probable. Les rectificatifs ont été discrets ; le mal était fait.
Le mensonge fait le tour du monde pendant que la vérité met ses chaussures.
Le résultat est sous nos yeux. Le drapeau dit « palestinien », héritier de celui de la révolte arabe de 1916, flotte dans les cortèges lycéens, les universités, les stades, souvent brandi par des jeunes qui ignorent tout de l’histoire et des buts du Hamas.
Et derrière lui a déferlé un antisémitisme que l’on croyait relégué aux livres d’histoire : plus de 1 500 actes antisémites recensés en France en 2024, des étudiants juifs chassés d’amphithéâtres, des synagogues sous protection militaire.
Reprendre la bataille des mots
Reconnaître la souffrance des civils de Gaza ne nous oblige pas à adopter le vocabulaire du Hamas. On peut pleurer les morts sans signer le réquisitoire de leurs bourreaux.
C’est même la condition d’un débat honnête : appeler une guerre une guerre, un terroriste un terroriste, et un massacre un massacre.
Il appartient aux journalistes de vérifier avant de publier, aux enseignants d’enseigner l’histoire avant les slogans, aux responsables politiques de nommer les choses.
Car la guerre des mots précède toujours l’autre. Elle prépare les esprits, désigne les coupables et rend la haine respectable.
© JBCH Octobre 2026




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