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mercredi 25 février 2026

L'alliance Inde Israël au plus haut JBCH N° 2602 - 905


L’alliance entre Israël et l’Inde se consolide effectivement de manière impressionnante, et la visite actuelle de Narendra Modi en Israël, le 25 février 2026, en est une illustration éclatante.


C’est la deuxième visite officielle du Premier ministre indien dans le pays, marquant un tournant stratégique et symbolique fort.


Dès son arrivée à l’aéroport Ben Gourion, Modi a été accueilli chaleureusement par Benjamin Netanyahu et son épouse Sara, avec une cérémonie protocolaire et des échanges amicaux qui soulignent la profondeur personnelle et politique de cette relation.



La Knesset aux couleurs de l'Inde



Modi s’est ensuite entretenu avec Netanyahu, avant de prononcer un discours historique devant la Knesset (le parlement israélien) – une première pour un dirigeant indien.




Les domaines de coopération que vous mentionnez sont au cœur de cette dynamique :

  • Le port de Haïfa : Israël a confié la gestion du terminal principal du port à une entreprise indienne (Adani Ports), un symbole concret de l’investissement bilatéral et de la confiance mutuelle dans les infrastructures stratégiques.
  • Centres de recherche sur la sécurité à Bangalore : Bangalore, hub technologique indien, accueille des collaborations croissantes avec des firmes israéliennes en cybersécurité, IA appliquée à la défense et R&D sécuritaire. Des partenariats impliquant des entreprises comme Rafael, Elbit ou Israel Aerospace Industries renforcent cette présence.
  • Amélioration de l’agriculture : Israël reste un leader mondial en technologies agraires (irrigation goutte-à-goutte, agriculture de précision). Des projets conjoints en Inde ont transformé des régions arides, et cette coopération s’intensifie avec des initiatives bilatérales en innovation agricole.
  • Armes de défense : Israël est devenu l’un des principaux fournisseurs d’armement pour l’Inde (drones Heron/Searcher, missiles Barak-8, systèmes radar, etc.). Les accords récents portent sur la co-production et le transfert de technologie, avec des deals massifs (plusieurs milliards de dollars) pour des systèmes de défense aérienne, drones et armes de précision.
  • Futur avion commun de sixième génération : Bien que les discussions les plus avancées portent sur des co-développements en drones, missiles, IA, cybersécurité et systèmes anti-missiles (y compris potentiellement des intercepteurs de nouvelle génération ou lasers), l’idée d’une collaboration aérospatiale avancée (avions de combat de prochaine génération, intégration de technologies stealth, avionique) est dans l’air. Israël cherche des partenaires pour ses programmes next-gen, et l’Inde, avec son ambition d’autonomie via « Make in India », est un candidat naturel pour des projets conjoints en aéronautique de pointe.


Cette visite intervient dans un contexte régional tendu (tensions États-Unis-Iran, menaces balistiques), où les deux pays partagent des intérêts convergents en matière de sécurité.



Au-delà des aspects militaires, les liens économiques, technologiques et humains explosent : commerce bilatéral en hausse, I2U2 (Inde-Israël-USA-Émirats), corridors comme IMEC, et une amitié personnelle entre Modi et Netanyahu.




En deux pages de style journalistique, on pourrait titrer : « Modi à Jérusalem : quand l’Inde et Israël écrivent le futur de la défense et de l’innovation » Ou encore : « De Haïfa à Bangalore, l’axe indo-israélien redessine la géopolitique asiatique ».

C’est sans doute l’un des plus beaux succès diplomatiques et économiques d’Israël ces dernières années : transformer une relation discrète en partenariat stratégique global, avec l’Inde comme allié majeur et fiable. Un modèle de realpolitik gagnant-gagnant. 🇮🇱🤝🇮🇳




Amalek n'a jamais réussi à éliminer les juifs ... JBCH N° 2602 - 904

Depuis l’Antiquité, la tradition juive voit en Amalek l’incarnation d’une haine irrationnelle et persistante contre le peuple juif. D’attaquer les infirmes à Rephidim à la menace d’Haman l’Agagite dans le Livre d’Esther, Amalek est décrit non seulement comme une nation disparue, mais comme un archétype moral. 


C'est celui qui attaque gratuitement les faibles et raille ce qui est sacré. La Torah en fait un commandement essentiel de se souvenir et de ne pas oublier Zachor — afin de préserver la moralité et la vigilance.




La lecture de Parashat Zachor avant Pourim rappelle que cette hostilité n’est pas seulement historique, mais symbolique : dès que le mal se cache sous des motifs idéologiques pour détruire ou déshumaniser, il prend une forme d’“Amalek”. Haman, “Agagite”, incarne cette continuation de haine qui ne cherche ni justice ni raison, mais l’anéantissement du peuple juif. Face à lui, Esther et Mordekhaï montrent que la réponse est l’unité et la solidarité : rassembler un peuple dispersé affaibli devient la victoire morale la plus profonde.


Cette idée s’étend à travers l’histoire. Chaque fois que des mouvements ou des régimes ont ciblé les Juifs avec une volonté d’extermination — comme lors de l’Holocauste nazi — des penseurs juifs ont utilisé l’imagerie d’Amalek pour nommer une haine qui dépasse la simple opposition politique ou militaire. Ce n’est pas une généalogie littérale, mais une analogie morale : lorsque la violence vise à déshumaniser, humilier et annihiler une communauté, elle rejoint le modèle d’Amalek qui attaque sans cause et sans pitié.



Dans les temps modernes, des événements tragiques comme l’attaque du 7 octobre 2023, menée par des terroristes armés contre des civils israéliens, ont ravivé ces réflexions. Dans de nombreux discours juifs contemporains, cette attaque brutale est qualifiée symboliquement comme une résurgence d’une hostilité irrationnelle : une agression qui ne se limite pas à un conflit territorial mais cherche à effacer une population entière. 



Cela ne signifie pas que l’ensemble d’un peuple ou d’une culture est assimilé à Amalek, mais que l’idéologie qui pousse à commettre des massacres aveugles évoque, pour beaucoup, le même refus de la dignité humaine que celle dénoncée dans la Torah.



La mémoire juive place un poids extraordinaire sur le souvenir. Se souvenir de la sortie d’Égypte, recevoir la Torah au Mont Sinaï, célébrer Pourim sont des actes moraux, pas seulement historiques. Zachor ne signifie pas nourrir la haine : il appelle à la lucidité, à reconnaître les forces qui ciblent les vulnérables et à cultiver la responsabilité morale. Oublier le mal, c’est devenir naïf. Le rappeler, c’est renforcer la vigilance et l’engagement pour la justice et la paix.




Amalek existe aussi comme métaphore intérieure — la tentation du doute, de la cynisme, de l’indifférence. La Torah enseigne que combattre ces forces ne signifie pas adopter leur violence, mais les affronter par l’unité, la justice, la compassion et la clarté morale. Cela exige de défendre les vulnérables, de promouvoir l’unité de son peuple et de s’opposer à toute idéologie qui banalise la violence.


À l’approche de Pourim, alors que l’on se rassemble comme Esther le commandait, le rappel de Zachor nous guide vers la consolidation de la solidarité, le courage moral et la responsabilité active. Car se souvenir, ce n’est pas vivre dans la haine, mais agir pour que le mal ne se répète jamais sans être confronté.



Israël Ethiopie une alliance de 3000 ans. JBCH N° 2602 - 903

Le président israélien Isaac Herzog a entamé une visite d’État officielle en Ethiopie, atterrissant à Addis Abeba où il a été accueilli par le ministre des Affaires étrangères  et par l’ambassadeur d’Israël. Au programme : des entretiens avec le président Taye Atske Selassie et le Premier ministre Abiyi Ahmed Ali  , ainsi qu’une rencontre avec des représentants de la communauté juive locale.


Au-delà du protocole, cette visite confirme une réalité géopolitique ancienne : le « pays de la reine de Saba » demeure l’un des alliés africains les plus constants d’Israël. Avec plus de 120 millions d’habitants, l’Éthiopie est aujourd’hui l’un des poids lourds démographiques et stratégiques du continent. Sa croissance rapide, ses besoins immenses en infrastructures et son ambition régionale en font un partenaire clé dans la Corne de l’Afrique.





Les relations entre Jérusalem et Addis-Abeba s’inscrivent dans le temps long. Elles se sont construites autour de la sécurité, de la défense, du renseignement et du développement agricole. Israël a accompagné l’Éthiopie dans la modernisation de ses techniques d’irrigation, la gestion des ressources hydriques et la formation agricole — des domaines où l’expertise israélienne est reconnue mondialement.




L’enjeu de l’eau est central. L’Éthiopie a bouleversé l’équilibre régional avec la construction du Grand Barrage de la Renaissance sur le Nil Bleu, projet titanesque destiné à transformer le pays en hub énergétique africain. Ce barrage, l’un des plus vastes du continent, cristallise les tensions avec l’Égypte et le Soudan, mais il incarne aussi l’ambition d’autonomie énergétique éthiopienne. Dans ce contexte, le savoir-faire israélien en matière de gestion de l’eau et d’optimisation des ressources hydrauliques constitue un levier de coopération stratégique.


Sur le plan sécuritaire, la Corne de l’Afrique demeure une zone sensible : instabilité somalienne, tensions internes éthiopiennes, rivalités entre puissances du Golfe, présence croissante d’acteurs extérieurs. Israël voit dans l’Éthiopie un partenaire stable capable de contribuer à l’équilibre régional.




La dimension maritime renforce encore l’importance du partenariat. L’Éthiopie, enclavée depuis l’indépendance de l’Érythrée en 1993, cherche activement un accès pérenne à la mer. C’est ici qu’intervient le rapprochement récent entre Israël et le Somaliland entité non reconnue internationalement mais stratégique, située sur le golfe d’Aden, face aux routes maritimes les plus fréquentées du monde.





Une coopération triangulaire pourrait offrir à l’Éthiopie un accès portuaire sur la mer Rouge, tout en renforçant la présence israélienne indirecte dans cette zone névralgique du commerce mondial. La mer Rouge est devenue un théâtre majeur de rivalités : sécurité des détroits, routes énergétiques, projection navale.


Dans cette recomposition, un acteur inquiète particulièrement : la Turquie : Ankara a multiplié ces dernières années les implantations militaires et les accords économiques dans la région, notamment en Somalie. La stratégie turque combine aide humanitaire, influence religieuse, coopération militaire et investissements dans les infrastructures portuaires. Pour Israël comme pour l’Éthiopie, cette présence croissante modifie l’équation stratégique.


Mais l’alliance ne se limite pas à la sécurité. L’Éthiopie demeure un pays aux richesses largement sous-exploitées : potentiel agricole immense, ressources minières, barrages hydroélectriques, paysages spectaculaires des hauts plateaux aux vallées du Rift. Son patrimoine historique, berceau d’une des plus anciennes civilisations chrétiennes du monde, attire un tourisme encore fragile mais prometteur.





Israël, de son côté, y voit un partenaire économique à long terme : innovation agricole, technologies médicales, cybersécurité, formation professionnelle. La diaspora éthiopienne en Israël constitue également un pont humain et culturel unique entre les deux nations.


La visite d’Isaac Herzog intervient dans un moment charnière. La guerre à Gaza, les tensions au Liban, les rivalités avec l’Iran et ses alliés redessinent les priorités israéliennes. En Afrique, Jérusalem cherche à consolider un réseau d’alliances pragmatiques fondées sur la sécurité et le développement.


Pour Addis-Abeba, le partenariat avec Israël offre expertise technologique, coopération militaire et soutien diplomatique dans un environnement régional instable. Pour Israël, l’Éthiopie représente un pivot stratégique au cœur de la Corne de l’Afrique et à proximité immédiate des routes maritimes vitales reliant l’Asie à l’Europe.





Au-delà des discours officiels, cette visite traduit une convergence d’intérêts : stabilité régionale, maîtrise des flux maritimes, développement agricole et énergétique. Dans une Afrique de plus en plus courtisée par les grandes puissances, l’alliance israélo-éthiopienne s’inscrit comme un axe discret mais structurant.


Le « pays de la reine de Saba » appelé Koush à l'époque dU Roi  Salomon, n’est pas seulement une référence biblique. Il est devenu un acteur clé d’un échiquier stratégique où se croisent ambitions africaines, intérêts moyen-orientaux et rivalités globales.





Le grand hypocrite : le quai d'Orsay JBCH N° 2602 - 902

La France joue-t-elle un double jeu au Proche-Orient ? La question revient avec insistance depuis plusieurs semaines, à mesure que Paris multiplie les déclarations critiques à l’égard d’Israël tout en réaffirmant son soutien à la reconnaissance d’un État palestinien. 



Pour ses détracteurs, la diplomatie française serait devenue incohérente : sévère avec Jérusalem,   aveugle – avec Ramallah. Pour le Quai d’Orsay, il n’y a pourtant qu’une ligne constante : défendre le droit international et préserver la perspective de deux États vivant côte à côte en paix et en sécurité, avec une belle tendance amoureuse pour le clan arabe ! 





Depuis les attaques du 7 octobre 2023, attribuées au Hamas et unanimement qualifiées d’actes terroristes par Paris, la position française officielle n’a pas varié sur ce point. Le Hamas est considéré comme une organisation terroriste, et ses actions sont condamnées sans ambiguïté. Mais dans le même temps, la France distingue clairement le Hamas de l’Autorité palestinienne présidée par Mahmoud Abbas, qu’elle considère comme un interlocuteur politique légitime dans la perspective d’un règlement négocié.




C’est précisément cette distinction qui alimente la polémique. Les critiques estiment que l’Autorité palestinienne demeure structurellement ambivalente : rhétorique de paix sur la scène internationale, mais ambiguïtés persistantes dans ses textes fondamentaux, ses mécanismes d’indemnisation des prisonniers ou sa capacité réelle à désarmer les factions armées. La récente mise en avant d’un projet constitutionnel palestinien a ravivé ces interrogations. Certains observateurs y voient des formulations problématiques : références religieuses appuyées, statut symbolique des « martyrs », absence explicite de reconnaissance d’Israël dans certaines versions commentées. Pour eux, reconnaître un État sur cette base reviendrait à fermer les yeux sur des ambiguïtés lourdes de conséquences.



À Paris, on rétorque que la reconnaissance d’un État palestinien ne constitue pas un blanc-seing idéologique mais un levier diplomatique. L’objectif affiché reste la relance d’un processus politique gelé depuis des années. Dans cette lecture, soutenir la structuration institutionnelle palestinienne permettrait d’isoler davantage le Hamas et de renforcer une autorité civile susceptible de gouverner la bande de Gaza à terme. La stratégie repose sur une hypothèse : seule une perspective politique crédible peut marginaliser durablement les acteurs armés.


Le problème, soulignent les détracteurs, est que cette hypothèse a déjà été testée par le passé, avec des résultats mitigés. La fracture entre le Hamas à Gaza et l’Autorité palestinienne en Cisjordanie demeure profonde. Les capacités sécuritaires de Ramallah sont limitées. Et la société palestinienne reste traversée par des courants contradictoires. Dès lors, la crainte exprimée par certains analystes est celle d’un décalage entre l’intention diplomatique française et la réalité politique locale.





Parallèlement, la France critique régulièrement la politique israélienne en Cisjordanie, notamment l’expansion des implantations et les mesures perçues comme compromettant la viabilité territoriale d’un futur État palestinien. Paris estime que ces décisions fragilisent la solution à deux États et risquent d’installer une situation irréversible sur le terrain. Cette position s’inscrit dans une continuité diplomatique ancienne, partagée par plusieurs partenaires européens.


Mais dans le climat actuel, toute critique adressée à Israël est immédiatement interprétée, par certains milieux, comme une prise de parti hostile. À l’inverse, toute initiative favorable à la reconnaissance palestinienne est perçue comme une concession unilatérale. La polarisation extrême du débat rend difficile une lecture nuancée.





Au fond, la diplomatie française marche sur une ligne étroite. Elle tente de maintenir une cohérence : condamnation du terrorisme, soutien au droit d’Israël à la sécurité, opposition aux mesures jugées contraires au droit international, appui à la création d’un État palestinien réformé et démilitarisé. La question centrale est celle de la crédibilité des partenaires et de la faisabilité concrète de cette architecture politique.





Le « double jeu » dénoncé par certains relève donc moins d’une contradiction officielle que d’un pari stratégique contesté. Paris fait le choix de croire qu’un cadre institutionnel palestinien renforcé peut contribuer à la stabilité régionale. Ses opposants pensent qu’il s’agit d’une illusion diplomatique qui ignore des dynamiques idéologiques profondes.






Dans un conflit aussi ancien et chargé symboliquement, chaque geste est interprété comme un signal politique. La France, puissance moyenne mais voix influente en Europe et au Conseil de sécurité, sait que ses positions pèsent. mais l'histoire retiendra la fragilité mentale de son président ... et la veulerie de son Quai d'Orsay depuis de Gaulle ..; 


Reste à savoir si cette ligne d’équilibre peut encore produire des résultats tangibles, ou si elle restera perçue, par une partie de l’opinion, comme une posture déséquilibrée dans un jeu diplomatique où la confiance est devenue rare.


Grave echec pour la France ...