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mardi 11 août 2026

Excellents résultats pour Milei. JBCH N° 2608 - 072

 Chronique · Économie & Amérique latine

Javier Milei : un pari économique en passe d'être gagné ?

Au début du XXe siècle, l'Argentine comptait parmi les pays les plus riches du monde. Un siècle de péronisme et de pseudo-populismes successifs l'a menée au bord de la ruine. 

Trois ans après l'arrivée de Javier Milei au pouvoir, les indicateurs macroéconomiques virent enfin au vert, mais la partie 'est pas encore gagnée.

Il faut avoir cette histoire en tête pour mesurer ce qui se joue à Buenos Aires : un pays qui, il y a un siècle, figurait parmi les plus riches de la planète, rattrapé par des décennies de dérèglement monétaire, de dépense publique incontrôlée et de démagogie électorale entretenue par le péronisme et ses avatars. 

C'est ce passif que Javier Milei a promis de solder à coups de tronçonneuse budgétaire depuis son arrivée au pouvoir.

Les indicateurs macroéconomiques passent au vert

Après une inflation de 211 % en 2023, le taux annuel est retombé à environ 30 %. Le PIB a rebondi de 4,4 % en 2025 après deux ans de récession, et le FMI anticipe 3,5 % de croissance en 2026. 

Les réserves de change ont franchi le seuil des 50 milliards de dollars début août, un niveau inédit depuis 2019. Le risque pays est retombé sous les 500 points, et l'écart entre le taux officiel et le dollar parallèle s'est réduit à environ 5 %.





Des réformes structurelles engagées

L'excédent primaire est rétabli, la réforme du travail a été adoptée, et le régime d'incitations aux investissements (RIGI) attire des projets dans l'énergie, les mines et l'agroalimentaire, notamment autour du gisement de Vaca Muerta. Le FMI valide cette orthodoxie budgétaire et monétaire, saluant la refonte proposée de la Banque centrale.



Un siècle de démagogie ne se solde pas en trois ans de rigueur budgétaire, même réussie.

Des défis considérables demeurent

Ce qui reste fragile

  • Social : plus de 44 % des emplois sont informels, et la reprise du pouvoir d'achat reste inégale
  • Financier : l'Argentine doit 57 milliards de dollars au FMI, avec un « mur » de remboursements à partir de 2028 (9,5 milliards par an jusqu'en 2031)
  • Politique : le recul sur la libéralisation de l'achat de terres par les étrangers montre la résistance persistante du Sénat

Le verdict

Milei a indéniablement stabilisé l'économie argentine et restauré la crédibilité internationale du pays. Mais la « seconde mi-temps » s'annonce plus difficile : il faut désormais convertir cette stabilité macroéconomique en prospérité microéconomique — emplois formels, financement des PME, hausse des salaires réels.

Le pari est en voie d'être gagné sur le plan macroéconomique, mais reste suspendu à la capacité de transformer ce rebond en cycle de croissance durable.







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