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mardi 11 août 2026

Une communauté "juive" en Nouvelle Guinée ! JBCH N° 2608 - 070

Reportage · Communautés juives émergentes

Un Shabbat inattendu au cœur de la jungle papouasienne


La Papouasie-Nouvelle-Guinée entretient des relations diplomatiques avec Israël depuis 1978 et a franchi une étape majeure en 2023 en ouvrant son ambassade à Jérusalem, reconnaissant ainsi Jérusalem comme capitale d’Israël.



En 2026, les liens se renforcent encore avec l’annonce de l’ouverture par Israël d’un bureau de représentation en Papouasie-Nouvelle-Guinée.
J'ai tenu à en savoir plus sur ce pays du bout du monde, entre l'Indonésie et l'Australie ... 


Cinq cents personnes attendent sur la berge, coiffées de kippot, drapées de tallitot, dansant et chantant des airs juifs au son du shofar. 

Au milieu de la jungle, loin de tout aéroport digne de ce nom, la tribu des Gogodala accueille deux visiteurs israéliens comme des frères retrouvés.

Repères

  • Les Gogodala : environ 25 000 personnes réparties sur une trentaine de villages, delta du fleuve Fly, Papouasie-Nouvelle-Guinée
  • Les visiteurs : Ari Greenspan et Ari Zivotofsky, chercheurs et voyageurs israéliens
  • L'organisation : Kulanu, association qui accompagne les communautés juives émergentes à travers le monde
  • Accès à Balimo : deux vols par semaine seulement, suivis d'un trajet en pirogue

Un peuple en quête de ses origines

Ari Greenspan et Ari Zivotofsky sont venus rencontrer ce peuple qui revendique une descendance des dix tribus perdues d'Israël. 

Leur intérêt a été éveillé par une vidéo YouTube montrant des centaines d'habitants en jupes d'herbe et peinture de guerre entonnant le Shema. 

L'organisation Kulanu, qui soutient les communautés juives émergentes, avait déjà tissé des liens avec les Gogodala en 2013, lors d'une visite du professeur Tudor Parfitt.


L'accueil de Balimo

À Balimo, accessible seulement deux fois par semaine par un petit avion de douze places suivi d'une longue course en pirogue, le village a préparé un accueil solennel. 

Un grand abri ouvert arborait des étoiles de David et un panneau de bienvenue rappelant le premier passage de Kulanu. 

Discours, paroles de Torah, chants. Les hôtes offrent des bougies de havdalah et des housses à challah ; les Gogodala, eux, drapent les visiteurs de foulards bleu et blanc faits main. Partout flottent des drapeaux israéliens. 

Beaucoup parlent de « Yabi Saba », leur nom pour Jérusalem, et affirment vouloir un jour rejoindre la terre de leurs ancêtres.


Cinq cents personnes sur la berge, coiffées de kippot, chantant au son du shofar, au milieu de la jungle papouasienne.

Entre judaïsme et christianisme, une identité en construction


Le chef charismatique Tony Waisa a réintroduit les prières du samedi et pousse à une pratique plus clairement juive, même si une partie de la tribu reste réticente. 

Entre judaïsme et christianisme, l'identité est encore en construction. Mais le sentiment d'appartenance au peuple d'Israël est palpable.



Le retour impossible

Le retour vers Port Moresby devait se faire le vendredi. L'avion est annulé. Le plus proche appareil se trouve à Daru, « six heures en aval ». 

Ces six heures se transforment en vingt-quatre : escales dans des villages isolés, mer ouverte, vagues menaçantes, tout cela à bord d'une fragile pirogue. 

Arrivés vendredi à 12 h 30, le vol de l'après-midi est à son tour annulé. Pas de nourriture casher, vêtements trempés, aucun lit prévu.

Un Shabbat improvisé au bout du monde

Tony Waisa, stupéfait de découvrir que ses hôtes refusent de voyager le samedi, répète : « Quel témoignage que cette observance du Shabbat ! » 



Et voilà que, dans ce bout du monde, trois petits groupes de Gogodala observant le Shabbat se révèlent. Dans une maison, un pupitre orné d'une étoile de David, un drapeau israélien et le Shema affiché au mur. 

Des hommes coiffés de kippot arrivent. Le Shabbat se déroule là, improvisé, austère et d'une intensité rare.

Quel témoignage que cette observance du Shabbat !— Tony Waisa, chef de la communauté gogodala de Balimo

Une histoire encore en train de s'écrire

L'avenir de cette communauté reste ouvert. Leur équilibre entre traditions juives et héritage chrétien évolue encore. 


Mais le désir d'appartenance est réel. Et Kulanu, fière d'accompagner ce mouvement mondial de « retour » et de ré-émergence, y voit une page de plus dans une histoire encore en train de s'écrire.


D'après le récit de voyage d'Ari Greenspan et Ari Zivotofsky chez les Gogodala de Papouasie-Nouvelle-Guinée, avec le soutien de l'organisation Kulanu.                   JBCH Août 2026

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